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Plaidoyer pour un congé paternité prolongé : arguments et enjeux

L'allongement du congé paternité est un sujet de débat important en France, soulevant des questions liées à l'égalité des sexes, à l'implication des pères dans la vie familiale et à la répartition des tâches parentales. Cet article explore les arguments en faveur d'une durée accrue du congé paternité, en examinant son impact potentiel sur les familles, les entreprises et la société dans son ensemble.

L'évolution du congé paternité en France

Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant est un congé indemnisé par la Sécurité sociale réservé aux pères. En France, le congé paternité a connu des évolutions significatives au fil du temps. Instauré en 2002, il complétait les trois jours obligatoires du congé de naissance, instaurés en 1946 et rémunérés par l’employeur. Ce droit a pour but initial de favoriser l'implication des pères dans les tâches parentales. La réforme de 2021 a marqué une étape importante, portant la durée du congé à 25 jours [5], à l’issue du congé de naissance de 3 jours, dont une semaine obligatoire. Selon le bilan démographique de l'Insee publié le 13 janvier 2026, la France compte 69,1 millions d'habitants au 1er janvier 2026. Parmi les faits marquants du bilan démographique de la France en 2025, le solde naturel est négatif pour la première fois depuis 1945. La fécondité continue de baisser mais l'espérance de vie augmente. A la suite de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, un nouveau congé de naissance va s'ajouter au congé de paternité à partir de juillet 2026. Chaque parent pourra prendre ce congé simultanément ou en alternance avec l’autre parent.

Le succès mitigé du congé paternité actuel

Depuis son instauration, le congé paternité a connu un succès certain, mais des disparités persistent. L'étude de l'Institut national d'études démographiques (Ined), publiée fin janvier 2026, dresse le bilan du dispositif, plus de quatre ans après la réforme entrée en vigueur en juillet 2021. Cette réforme a globalement permis d'accroître la présence des pères auprès de leur nouveau-né et de la mère. 81% des pères ont utilisé le congé de paternité entre 2021 et 2023. L’usage du congé de paternité a davantage progressé dans les catégories qui l’utilisaient le moins. L’Ined constate que la réforme de 2021 coïncide avec une hausse de son utilisation chez les non-titulaires du baccalauréat. Le taux d’utilisation des indépendants est lui aussi en nette augmentation mais pour une autre raison.

Toutefois, certains pères ne le posent pas, en raison de contraintes familiales et professionnelles. La situation familiale joue peu. La prolongation de la durée du congé a connu un vif succès, pour lesquelles le congé a été utilisé au-delà de la semaine obligatoire. La présence des pères auprès des nouveau-nés et de la mère, et de la prolonger. Encore fortes, en particulier selon la situation professionnelle. Subsistent, le recours au congé de paternité est en voie d’être généralisé. Est désormais entré dans les mœurs de la très grande majorité des pères.

Les inégalités d'accès au congé paternité

L’utilisation du congé de paternité dépend en partie du diplôme des pères : "les peu diplômés prenant un peu moins ce congé que les diplômés du supérieur". Les pères salariés du secteur public et les salariés du secteur privé en contrats à durée indéterminé (CDI) sont ceux qui l’utilisent le plus, suivis par les salariés en contrat à durée déterminée (CDD). Les indépendants y recourent beaucoup moins, de même que les pères au chômage avant la naissance, bien que le congé de paternité permette de prolonger leurs droits aux indemnités de chômage.

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Avant la réforme de 2021, une proportion significative de pères indiquait « ne pas avoir souhaité » poser leur congé de paternité. Les raisons de non-recours dépendent du statut d’emploi et du diplôme. La charge de travail est perçue comme un frein à l’usage du congé, en particulier pour les indépendants qui peuvent avoir plus de difficultés pour se faire remplacer ou suspendre leur activité.

Arguments en faveur d'un allongement du congé paternité

Plusieurs arguments plaident en faveur d'un allongement du congé paternité, touchant à la fois les aspects familiaux, professionnels et sociétaux.

Renforcer l'implication paternelle

L’allongement du congé paternité permettrait aux pères d’être présents auprès de leur enfant (et de la mère) [4]. Il favorise l’investissement paternel dans les tâches parentales [6]. Il est important de noter que la présence du second parent durant les premiers mois de l’enfant favorise, selon de nombreuses études, une meilleure répartition des tâches domestiques dans le couple par la suite.

Favoriser l'égalité des sexes

Un congé paternité plus long contribuerait à réduire les inégalités professionnelles entre femmes et hommes [1]. En effet, l’une des principales causes des inégalités économiques que subissent les femmes est l'assignation aux tâches domestiques et à la maternité. Le “risque maternité” conduit certains employeurs à préférer embaucher et promouvoir des hommes, moins touchés par les obligations de la parentalité. Un rapprochement de la durée du congé paternité sur celle du congé maternité contribuerait à atténuer les inégalités liées aux conséquences d’une interruption de carrière à la naissance d’un enfant.

Changer les normes sociales

L’allongement du congé paternité pourrait contribuer à transformer les normes de paternité. Il est désormais une norme sociale de la paternité. En impliquant davantage les pères, on permettrait aux mères de s’extraire de cette condition qui les étouffe parfois, en les traitant avec équité face à leurs responsabilités parentales.

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Soutenir la santé maternelle et infantile

Allonger le congé paternité et à le rendre obligatoire pourrait avoir un enjeu sanitaire. Gérer un nourrisson de quelques jours ou quelques semaines seule est tout sauf reposant. Enfin, la présidente du collectif souligne le risque d’effondrement psychique après un accouchement (baby-blues, dépression post-partum…).

Les défis et obstacles à l'allongement du congé paternité

Malgré les arguments en faveur d'un allongement, des défis et obstacles doivent être pris en compte.

Les contraintes financières

Les contraintes financières sont un motif fréquemment avancé pour expliquer le non-recours au congé de paternité, amplifiées par l'inflation. Il est donc essentiel de garantir une indemnisation adéquate pendant le congé.

Les résistances culturelles et professionnelles

Le congé parental est encore considéré par la société comme “une affaire de femme”. Aujourd’hui encore, les hommes sont soumis à de nombreux stéréotypes liés à la paternité et subissent parfois des stigmatisations dans le milieu professionnel. L'appréhension d’un regard réprobateur de la hiérarchie ou des collègues peut également dissuader certains pères de prendre un congé.

Le coût économique

La question du coût représenté par un allongement significatif (de quelques mois) du congé paternité a été évoquée. Une somme conséquente surtout avec un gouvernement qui semble vouloir limiter voire diminuer la dépense publique.

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Comparaison européenne

Si la situation est loin d’être égalitaire en France, des pays se distinguent par une meilleure répartition du congé parental. Les modalités sont propres à chaque système mais le congé parental a été rendu obligatoire dans l’Union européenne en 2010 et une directive adoptée en 2019 garantit quatre mois de congé parental pour chaque parent, dont deux non transférables. Néanmoins, le droit européen ne garantit aucune rémunération. « Les pays scandinaves mais aussi l’Allemagne et ceux du Sud, comme l’Espagne, ont réussi à trouver un meilleur équilibre genré dans le congé parental », constate Mme Périvier. Pour les parents allemands et scandinaves, le niveau d’indemnisation est fondé sur le salaire passé.

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