La polyarthrite rhumatoïde (PR) est une maladie inflammatoire chronique, la plus fréquente des rhumatismes inflammatoires chroniques, d'étiologie multifactorielle. Cette affection auto-immune, où le système immunitaire attaque la membrane synoviale des articulations, peut connaître des poussées après l'accouchement, un phénomène à prendre en compte pour une prise en charge optimale.
Comprendre la Polyarthrite Rhumatoïde
La polyarthrite rhumatoïde (PR) est une inflammation (« -ite ») de plusieurs (« Poly ») articulations (« Arthr »), soit au même moment d’un seul coup (on parle de « poussée ») soit à différents moments de la vie. Elle se caractérise par un afflux de cellules immunes dans la synoviale, notamment des macrophages et des lymphocytes Th17, qui sécrètent des cytokines pro-inflammatoires comme l'IL1, l'IL6 et le TNFα. Cette cascade inflammatoire conduit à une inflammation chronique des articulations.
La PR peut survenir à tout âge, mais débute souvent autour de 50 ans. Elle est 3 fois plus fréquente chez les femmes avant 60 ans.
Symptômes
Les personnes atteintes de cette maladie souffrent en général des douleurs et d'un gonflement au niveau des articulations des mains, des pieds, des poignets, des coudes, des genoux et des chevilles. Pour certains cas, cette affection peut altérer d’autres parties du corps, notamment la peau, les yeux, les poumons, le cœur ou les vaisseaux sanguins. Avec le temps, elle s’étend sur la nuque, les mâchoires et les hanches.
Les symptômes de la polyarthrite rhumatoïde se manifestent par période entrecoupée ou par poussées de quelques semaines ou de plusieurs mois. Pendant ces périodes, la personne souffrante présente la déformation des doigts, connue sous le nom de « col de cygne » ou « boutonnière ». Sur les orteils, elle assiste également à l’apparition d’un phénomène appelé « marteau ». À cause de ces signes, elle commence à perdre l’habilité pendant la réalisation d’un simple mouvement. Il est ainsi de plus en plus difficile de tenir quelque chose avec les mains comme tourner une poignée de porte ou prendre un crayon.
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Une atteinte localisée aux poignets, à la base des doigts et entre les phalanges proches du poignet, mais aussi aux chevilles et aux bases des orteils peut être observée.
Diagnostic
Une fois qu’on a toutes les preuves qu’on a une PR, qu’on a validé le diagnostic de PR, on suit l’évolution de la maladie grâce au DAS28 (Disease Activity Score 28) et le Health Assessment Questionnaire (HAQ) validé au niveau international.
L’analyse de sang consiste à évaluer la vitesse de sédimentation érythrocytaire ou la progression de la protéine C-réactive. Les résultats de cette analyse permettent donc de déterminer la présence d’une inflammation articulaire. Le test sanguin sert également à révéler la présence d’un facteur rhumatoïde et d’un anticorps anti-peptide citrulliné cyclique (anti-CCP). Il souligne également l’indice de présence d’auto-anticorps dans le sang. En revanche, l’analyse d’urine est utile pour évaluer le taux d’acidité des tissus selon le pH urinaire. Il permet également d’obtenir les peptides urinaires, soit l’indice protéinique de l’urine.
En ce qui concerne les tests d’imagerie, les médecins utilisent souvent la radiographie, l’échographie, l’IRM, le scanner à rayons X ou la scintigraphie osseuse. Ces tests sont utiles pour repérer toutes formes de lésion articulaires comme les érosions ou la perte de cartilages ainsi que la corrosion des os au niveau des articulations. Les images obtenues à partir de ces méthodes indiquent donc le stade d’évolution de la maladie.
Causes et Facteurs de Risque
Plein de causes différentes peuvent déclencher des polyarthrites. La cause de la polyarthrite rhumatoïde peut être d’ordre génétique, biologique et environnemental. La première barrière immunitaire de l’organisme s’installe en général au niveau de la flore intestinale. La perturbation fonctionnelle de cette barrière pourrait engendrer plusieurs types d’affections, dont la polyarthrite rhumatoïde. Cette maladie résulte dans ce cas d’une dysbiose intestinale ou le trouble du microbiote intestinal. Selon les avis des médecins, la bactérie Proteus mirabilis pourrait survivre et traverser la muqueuse intestinale lorsque la défense immunitaire dans les intestins se dégrade. Par la suite, les déchets laissés par cet agent pathogène vont favoriser la création d’un terrain auto-immune. À cause de cela, le système immunitaire ne reconnaît plus les cellules de son propre organisme puisqu’il les confond avec la bactérie. Ce phénomène se manifeste pour la plupart des cas au niveau des articulations.
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Le trouble hormonal pendant la ménopause peut être la cause de la manifestation de la polyarthrite rhumatoïde chez les femmes d’un certain âge. Les investigations des scientifiques révèlent ainsi les rôles des hormones sexuelles de type œstrogène, progestérone ou testostérone. Pour les facteurs environnementaux, les professionnels de la santé mettent à la première ligne le tabagisme. Selon les études cliniques réalisées dernièrement, plus de 30 facteurs génétiques seraient impliqués dans l’apparition de cette maladie articulaire. On accuse dans ce cadre certains gènes tels que le HLA-DRB1 et le PTPN22.
En raison de leur rôle acidifiant, certains aliments sont considérés comme des facteurs aggravants de cette maladie. Ils accentuent le niveau de douleur et stimulent dans ce cas l’inflammation des articulations déjà affectées. On retrouve dans ce cadre les produits riches en acide urique comme les alcools blancs, les fruits de mer, les charcuteries, les abats, les lentilles, les viandes rouges, les sardines, etc. Le cas d’une intolérance alimentaire pourrait également augmenter les inflammations articulaires de type systémique. Les personnes intolérantes au gluten et aux laitages devront ainsi rester vigilantes en cas de polyarthrite rhumatoïde. Les aliments raffinés ou transformés possédant un indice glycémique assez élevé jouent aussi un rôle dans le développement de cette maladie articulaire. Pour cela, les personnes souffrantes devront contrôler leur consommation de riz blanc, de sucre blanc, etc. Dans l’hypothèse des causes alimentaires, les professionnels de la santé mettent dans leur ligne de mire le mode de cuisson des nourritures.
La Polyarthrite Rhumatoïde et la Grossesse
Bien qu’elle ait une prévalence sur les femmes, cette maladie n’apporte aucune conséquence sur la fertilité ou le projet de grossesse. Elle ne provoque pas de complication pendant l’accouchement. Au contraire, le fait de tomber enceinte pourrait améliorer la condition de vie d’une personne déjà atteinte de polyarthrite rhumatoïde. Pendant la grossesse, certains symptômes de cette affection s’atténuent ou même disparaîssent de manière définitive. Ce phénomène se manifeste en général vers la fin du 1er trimestre et il s’accentue aussi vers la fin de la grossesse.
Chez les femmes qui sont atteintes de polyarthrite rhumatoïde, de spondyloarthrite axiale ou de rhumatisme psoriasique, l’accouchement se passe dans les mêmes conditions que pour toutes les femmes. Il est fréquent que les enfants nés de mère souffrant de RIC aient un plus petit poids de naissance que la moyenne, mais cette différence est rapidement rattrapée dans les semaines suivant l’accouchement. Si vous craignez pour la santé future de votre enfant, discutez-en avec votre médecin, rhumatologue ou gynécologue.
Les Poussées Post-Partum
Dans les semaines qui suivent l’accouchement, il n’est pas rare que survienne une poussée inflammatoire à l’origine de l’aggravation des symptômes. Les poussées dites « post-partum » (« après l’accouchement ») sont un sujet de discussion fréquent sur les forums d’échange entre mamans atteintes de RIC. Selon les études, ces poussées post-partum sont observées chez environ un tiers des femmes souffrant de polyarthrite rhumatoïde, 50 à 60 % des femmes souffrant de spondyloarthrite axiale (30 % en cas de forme axiale de la maladie identifiable par radiographies) et 40 à 70 % des femmes atteintes de rhumatisme psoriasique.
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Toutes les études, qu’elles portent sur la polyarthrite rhumatoïde, la spondyloarthrite axiale ou le rhumatisme psoriasique sont en accord sur un point : le risque de poussée post-partum est plus élevé lorsque la maladie n’était pas suffisamment contrôlée par les traitements avant la grossesse et au moment de la conception.
Traitement de la Polyarthrite Rhumatoïde Post-Partum
La prise en charge vise simplement à ralentir l’évolution de la maladie, et limiter l’impact des symptômes sur la vie quotidienne des patients. Ainsi, le traitement médical a pour objectif principal le soulagement des douleurs. Celui-ci est obtenu grâce à des antalgiques, des anti-inflammatoires non stéroïdiens, ou encore de la cortisone. Des échelles d’évaluation de la douleur sont régulièrement utilisées par les médecins, afin d’ajuster les doses. Des traitements de fond, à savoir des immunosuppresseurs ou des inhibiteurs de l’inflammation, sont également disponibles et peuvent être proposés. Ceux-ci mettent généralement plusieurs semaines avant d’agir. En parallèle, l’accompagnement en kinésithérapie est d’une grande aide aux patients, notamment parce qu’il permet de maintenir un certain niveau d’activité physique.
Les poussées post-partum sont traitées comme les autres poussées. Il est donc toujours préférable de mettre en place un traitement efficace contre une poussée post-partum, même si cela signifie ne plus pouvoir allaiter son enfant du fait de sa toxicité potentielle sur le nouveau-né.
Antalgiques niveau 1 (AINS, paracétamol) ± niveau 2 (codéine, tramadol).
Il permet de réduire la fréquence, durée et intensité des symptômes, voire permet une rémission, et doit être prolongé tant qu’il est efficace et bien toléré. Le choix du traitement relève de l’avis du rhumatologue. MTX 1ère intention (10-20 mg / semaine, PO ou SC). Consultation rhumatologue tous les 3 mois initialement puis tous les 6-12 mois selon l’évolution.
Allaitement et Traitement
L’allaitement du nouveau-né est possible si les traitements reçus par la mère sont compatibles avec la santé de l’enfant (ceux-ci peuvent passer dans le lait maternel). Allaiter ou non son enfant ne semble pas avoir d’impact sur l’évolution de la polyarthrite rhumatoïde, de la spondyloarthrite axiale ou du rhumatisme psoriasique. Les études sur le sujet ont révélé des résultats contradictoires. En pratique, l’allaitement, lorsqu’il est possible, peut être rendu difficile par les capacités fonctionnelles de la mère, par exemple les difficultés qu’elle peut avoir à maintenir son bébé pendant toute la durée de la tétée. Des coussins d’allaitement existent qui permettent de placer le bébé à la bonne hauteur et de répartir son poids entre le bras et le dos de la mère.
Autres Approches Thérapeutiques
La kinésithérapie est une part essentielle de la prise en charge en cas de polyarthrite rhumatoïde. Le but principal de la rééducation elle-même est de limiter les conséquences fonctionnelles des poussées. Pour que les séances se passent bien, elles doivent être adaptées aux capacités et aux symptômes de chaque patient, c’est-à-dire notamment ne pas provoquer de douleurs, et rester relativement courtes avec de nombreuses pauses. Le programme de soins est flexible, et s’adapte aux nouvelles lésions possibles. Avant de démarrer les soins proprement dits, le kinésithérapeute procède toujours à un bilan de la douleur, ainsi qu’à un examen minutieux de chaque articulation. Cela permet de savoir dans quelle phase de la maladie se situe le patient (évolution, fin d’évolution, poussée…), et de choisir les techniques les plus adaptées.
L’hydratation est une alternative très efficace pour les personnes présentant une polyarthrite rhumatoïde. Elle permet d’améliorer le fonctionnement du système articulaire. Pendant les périodes de crise, les personnes affectées doivent rester au repos. Elles doivent engager d’autres personnes pour les assister au travail ou les aider à leurs domiciles. Il faut également éviter autant que possible de réaliser des mouvements inutiles ou laborieux. Pour améliorer la qualité de vie en cas de polyarthrite, les médecins indiquent souvent un régime alimentaire plus adapté. Pour cela, ils réfèrent la malade chez un nutritionniste ou un naturopathe pour mettre en place un régime hypotoxique. Ces méthodes apportent des effets positifs sur la condition de vie de la personne affectée. La douleur et la raideur des mouvements sont les signes principaux de la polyarthrite rhumatoïde. La réalisation de toutes formes d’activité physique est, pour cela, très difficile ou presque impossible. Toutefois, il faut réaliser des activités douces durant cette maladie afin de mobiliser en douceur les articulations. L’application d’un léger massage au niveau des articulations serait également une bonne idée pour stimuler les autres éléments de l’articulation.
Conseils pour Mieux Vivre avec la Polyarthrite Rhumatoïde
- Les poussées peuvent être craintes et déclencher de l’anxiété, du stress.
- Les solutions ? Tout ce qui vous permettra de vous sentir bien dans votre vie et bien dans votre corps vous sera bénéfique pour votre PR : Nourrissez vous avec des produits que vous aimez, qui sont bons pour votre corps (on prend les aliments NOVA 1 et 2, et Nutriscore A, B, C à fond), dépensez-vous, faites des sports que vous aimez, apportez-vous de la douceur (yoga, méditation, musique, même du chocolat !!).
- Prenez soin de votre sommeil : des horaires réguliers en semaine et pendant le weekend, un réveil dynamique (dès que le réveil sonne), manger moins de sucre le soir, éviter les excitants. Regardez tout ce qui est positif dans vos journées, et notez-les de manière visible dans votre habitation.
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