Cet article explore la signification de l'expression "poisson fécond je tombe dans la boue", en s'appuyant sur des concepts philosophiques, artistiques et symboliques. Nous examinerons comment cette image peut être interprétée à travers le prisme de l'histoire de l'art, de la religion, de la psychologie et des symboles culturels, en nous appuyant sur des données diverses et variées.
L'Espace et la Représentation : Une Introduction
Un peintre ne peint jamais quelque chose, il peint toujours un espace. Il peint l’espace-temps, mais un espace. Transmettre ou reproduire un espace-signal sur la toile se fait par analogie, en modulant quelque chose. Le premier espace-signal considéré était l’espace égyptien, où la forme et le fond sont appréhendés sur le même plan. En corrélation directe, on se demandait quel était le type de modulation apte à transmettre cet espace, soit sur une surface, soit sur une surface à peine approfondie du type bas-relief. La réponse était simple : par analogie.
Un autre type d’espace, où le plan du fond et le plan de la forme se distinguent et se séparent, est l'espace grec. Il serait faux de dire que le monde grec est le monde de la lumière ; le monde égyptien serait beaucoup plus le monde de la lumière. De même, on le définit parfois philosophiquement comme étant le monde des essences, ce serait beaucoup plus le monde égyptien qui serait le monde des essences, où la figure individuelle cernée par le contour, par le contour cristallin géométrique, définit l’essence stable et séparée.
La Chute et la Fertilité : Symbolisme du Poisson dans la Boue
L'image d'un "poisson fécond" qui "tombe dans la boue" est riche en symbolisme. Le poisson, traditionnellement associé à la fertilité, à l'abondance et à la vie, se retrouve confronté à la boue, symbole de souillure, d'impureté et de difficulté. Cette juxtaposition crée une tension intéressante qui peut être interprétée de différentes manières.
Fertilité Compromise : La boue peut représenter un obstacle à la fertilité du poisson. Elle peut symboliser des difficultés, des épreuves ou des défis qui entravent la réalisation du potentiel créatif ou reproducteur.
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Renouveau et Transformation : Paradoxalement, la boue peut aussi être associée à la création et au renouveau. Dans certaines cultures, la boue est considérée comme un élément fertile qui nourrit la vie. Tomber dans la boue peut donc être interprété comme une étape nécessaire pour une transformation ou une renaissance.
Humilité et Réalité : La chute dans la boue peut symboliser une descente de l'idéal vers le réel, une confrontation avec les aspects les moins reluisants de la vie. Elle peut représenter l'humilité, la reconnaissance de ses propres limites et la nécessité de s'adapter aux circonstances.
L'Influence de l'Espace Grec et de la Renaissance
L’espace grec et l’espace Renaissance se définissent par la distinction des plans. Ce qui suffit pour le distinguer de l’espace égyptien. Mais, il ne suffit pas de dire que les plans sont distincts, ça ne définirait pas suffisamment l’espace grec, ça ne le distinguerait pas des espaces ultérieurs, ça ne le distinguerait pas de l’espace byzantin, ça ne le distinguerait pas de l’espace du XXe siècle, ou du XIXe en tout cas. Il faut ajouter que c’est un espace où les plans se sont distingués, donc, où la forme et le fond ne sont pas sur le même plan, mais c’est aussi un espace où il y a un primat déterminant de l’avant-plan.
L’avant-plan reçoit la forme. En règle générale, vous avez cet espace comme un Haut grec et à la Renaissance qui est vraiment un espace où les plans sont distincts avec primat de l’avant-plan, et cet avant-plan peut être extraordinairement complexe. Mais l’avant-plan, c’est le lien où se détermine la forme, et la forme se détermine à l’avant-plan, sur l’avant-plan. Dès lors, il va y avoir quelque chose de fondamental, un changement, par exemple, dans le statut du contour.
Si vous vous donnez un espace volume déterminé par l’avant-plan, vous donnez en même temps le primat de la forme. La forme se détermine à l’avant-plan, et vous changez le statut du contour. Le contour prenait une autonomie par rapport à la forme et par rapport au fond, c’est par là que c’était le contour cristallin. C’est un contour géométrique cristallin. Et en effet, il prenait nécessairement une indépendance puisque le contour c’était ce qui rapportait la forme au fond et le fond à la forme sur un seul et même plan.
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Au contraire, on saute dans l’espace grec, distinction des plans avec primat de l’avant plan où c’est d’abord la forme, et alors le contour, ça devient quoi ? Ça devient l’autodétermination de la forme au premier plan, à l’avant plan, sur l’avant plan. Le contour dépend directement de la forme. Qu’est-ce que c’est ça le contour dépend directement de la forme ? Et toutes ces notions s’engendrent les unes à partir des autres, c’est ça qu’on appellera le contour organique. Quand le contour dépend de la forme, a perdu son indépendance égyptienne, il est devenu le contour organique. Et l’essence, dès lors, est elle-même essence organique. Ça n’est plus l’essence séparée, isolée, isolée par le contour autonome des égyptiens.
Le Contour Organique et la Ligne Collective
L’art grec invente quelque chose comme le groupe, l’harmonie du groupe. La peinture de la Renaissance invente la ligne collective. La ligne collective, à savoir, qu’un troupeau de moutons ait une ligne. Il faut que la ligne soit organique pour que le troupeau ait une ligne. A ce moment là, on entre dans tout un domaine qui est celui du rythme, parce que dans quel rapport sera la ligne collective du troupeau de moutons, et un autre type de ligne collective, la ligne collective d’un nuage. Dans quelle résonnance ces deux lignes sont-elles ? Les lignes collectives vont entrer dans des rapports harmoniques. L’essence chez les grecs ça n’est plus l’essence individuelle, ça n’est plus l’essence séparée.
L’essence séparée ça n’est plus l’essence individuelle du groupe. La ligne est devenue organique, elle est devenue collective. Quand on parle de la belle individualité grecque, ce qu'on dit vaut pour le fond égyptien qui reste vivant chez les grecs. Dans la mesure où les grecs parlent pour leur compte, ils nous disent d’autres choses. Dans le monde sublimaire, les formes sont strictement inséparables de matière, d’une matière quelconque qu’elles informent, et toute la hiérarchie du monde aristotélicien, ce sera les types de formes en corrélation avec les types de matière informée.
Un organisme, c’est une unité, mais c’est un monde pour lequel, il n’y a plus d’unité isolée ; toute unité est une unité d’une diversité. C’est toujours l’un d’un divers, le monde grec. C’est toujours une unité, il n’y a jamais d’unité absolue. Ils saisissent tous les degrés de l’Un, tous ces degrés variables, toute cette gradation dans laquelle l’Un ou la forme s’enfoncent de plus en plus dans une matière où toutes ces élévations par lesquelles la matière tend de plus en plus vers la forme. Alors quand il faut un organisme, c’est une unité, d’accord, mais c’est une unité de parties différenciées.
Couleurs et Symboles : Le Cheval dans les Songes
Dans la clef d’Achmet, les songes où interviennent des animaux n’apparaissent qu’à la fin du manuscrit. Cette dernière place paraît d’autant plus signifiante que les premiers chapitres sont consacrés aux thèmes religieux. Nature divine et nature animale sont ainsi proclamées aux antipodes l’une de l’autre. Cependant, par le jeu d’opposition des deux extrêmes de cette échelle de valeur, le triomphe de la première se soutient et s’alimente du rejet de la seconde qui en est d’autant plus dévaluée.
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Le prestige des chevaux se révèle d’emblée dans la clef d’Achmet par le fait qu’ils sont évoqués les premiers, en trois chapitres : les chevaux ; les chevaux et jumens·, des couleurs des chevaux. Cette insistance est d’autant plus évidente qu’un seul chapitre est accordé à chacun des autres animaux. Le Moyen Âge a pu être considéré comme l’âge d’or du cheval : « les chansons de geste, les chroniques et les romans courtois résonnent des prouesses des chevaliers » sur leurs nobles montures. Si cet animal cristallise ainsi l’imaginaire, il occupe aussi une place essentielle dans la réalité : « chasse, voyage, transport, commerce, guerre, sont tributaires de la présence du cheval ».
La première caractéristique mentionnée est celle de la race, par le biais de la référence au pays d’origine de l’animal. Le cheval de Arabie ouvre et clôt le premier chapitre traitant des chevaux. Les deuxième et septième songes du manuscrit B l’évoquent également. Ils reviennent enfin au cours du second chapitre, qui débute par l’évocation d’un cheval égyptien. Vers la fin du troisième chapitre, il est à nouveau fait allusion à une jument égyptienne. Ce sont là les seules races précisées, ce qui leur octroie un statut privilégié.
La race est importante, c’est que d’elle dépendent les qualités du cheval, sa biauté, son alure, son volume, le fait qu’il soit bien pellu, ait longue queu, soit grant et gras. Ces critères répondent à une longue tradition. D’après Isidore de Séville, reprenant lui-même les propos de Palladius, quatre points sont à examiner chez le cheval de race : la forme, la beauté, les qualités et la couleur […] le corps doit être vigoureux et solide […] la crinière et la queue fournie […] il doit être hardi, avoir les pattes pleines de feu, les membres frémissants. Ce cheval de prix est l’apanage du roi, de la reine, des princes, des nobles. L’adjectif noble revient comme un leitmotiv pour qualifier tour à tour l’animal, le personnage symbolisé et le rêveur, scellant ainsi une alliance aux allures de prédestination.
À ce cheval de parade, associé à homme et femme de grant lignée et noble est opposé le cheval de commun, de people, celui qui appartient à l’homme de mendre et plus basse honneur. Cet humble animal est préposé aux travaux et déplacements quotidiens, tandis que ceux qui traient le char royal symbolisent haulte office.
Les caractéristiques du cheval possédé témoignent aux yeux de tous de la classe sociale et des qualités de son propriétaire. S’il advient dans la littérature médiévale et plus précisément chez Chrétien de Troyes qu’un noble chevauche un roncin, c’est là un signe de déchéance sociale et morale. Au noble sur son cheval prestigieux sont associés dignité et très grant renommée, serviteurs pour sa dominacion, hautesse. Celui qui trône sur un char tiré par des chevaux aura joie et exaltacion en tout son peuple.
Les atteintes à l’intégrité de cet animal remarquable sont appréhendées et déplorées. Le cheval dont la queue est mutilée ou petite, celui qui cloche, qui est devier, ou defferé, présage tribulacion, souffreté, povreté et empeschement, domage. La démarche du cheval doit être non seulement élégante, mais équilibrée, assurée, car elle symbolise le destin de celui qui le chevauche. Le thème du fer perdu induisant la boiterie du cheval, ruinant les projets de son cavalier se trouve également chez Chrétien de Troyes : c’est pour cette raison que Gauvain doit renoncer à poursuivre la biche blanche derrière laquelle il s’élançait.
La castration du cheval, citée à deux reprises dans les songes Daniel, est interprétée chaque fois comme une perte de biens. Puissance sexuelle et possessions matérielles sont déclarées conjointes, l'avoir symbolisant aussi bien la virilité que la richesse et le pouvoir liés au statut social. Cependant, celui qui les exhibe triomphalement et fait ainsi parade de sa supériorité, suscite convoitises, agressions et révoltes. Un revers de fortune est toujours à craindre et la toute-puissance s’avère aussi menacée et fragile qu’une statue aux pieds d’argile, ce que traduisent les songes de chevaux blecié, qui chieent, périssent, lugubres présages de dignité humiliée, de gloire perdue et de tribulacion en tous genres.
Une place de choix est faite à la couleur, le troisième chapitre sur les chevaux lui étant entièrement consacré. Dans les songes Daniel, la couleur des chevaux est également prise en considération alors que leur race n’est pas précisée.
Dans la clef d’Achmet, un cheval à narines et pieds blancs promet que plus grant sera la puissance du seigneur. Si le blanc n’est ici que détail dans une robe d’une autre couleur, il n’en n’est pas moins important et accentue la valeur du présage. Au Moyen Âge les balzanes sont connotées très positivement et symbolisent dans certains textes fidélité et courage. Un cheval entièrement blanc vu en songe par le roi symbolise la reine. Le blanc est couleur royale et représente la noblesse, la grandeur, le pouvoir associé à la féminité la plus prestigieuse.
Cependant, dès le songe suivant, apparaît un cheval de couleur blanche et grise. Il évoque la royne ou aucune de ses damoiselles, et se le roy songe qu’il ait un tel cheval signifie diminucion de dignité. Le manuscrit B apporte quelques précisions : chival techchelée de blaunk et de gris, amenuisance de foi signifie. Par l’association au gris et à la tâche, la fragilité du blanc, sa propension à être aisément altéré est mise en évidence. Le symbolisme de la tâche est précisé dans ce même chapitre par le songe d’une jument égyptienne et sauvage et sanz tache interprété comme une femme riche, vierge et noble. Absence de tache et virginité ont partie liée, de même que richesse et noblesse. Le blanc taché est synonyme de souillure sexuelle, de faute morale, incompatible avec l’idéal de pureté féminine. La dignité des Grands et l’intégrité féminine sont à tout instant susceptibles d’être affectées, leurs sorts semblent solidaires. Il est précisé que si la faute vient ternir l’éclat de la vertu, c’est qu’il y a eu diminution de foi. Lorsque la foi fléchit, lorsque le discours religieux est remis en question, féminité et noblesse perdent leur prestige, leur rayonnement. La religion est non seulement leur sauvegarde, mais plus encore ce qui les fonde et les transcende.
Après les menaces évoquées par le cheval blanc et gris, surgit une réassurance par l’intermédiaire du cheval de couleur de roses que le roy a acoustumé de chevauchier. Cette couleur lui présage que sa femme est en sa joie et plaisance, plaisance qui est à la fois plaisir et jouissance. Mais faire plaisir c’est aussi en quelque sorte dépendre du bon plaisir de quelqu’un, faire sa volonté. L’acte de chevaucher symbolise une relation sexuelle, celle qui est évoquée ici participe de l’ordre établi. L’union du roi et de la reine, du mari dominant sa femme, est source de bonheur et de vie, pour eux-mêmes, mais aussi pour tous ceux que menaçait le spectre de la tache évoquée peu avant.
Chez le cheval de race, la couleur fauve est très prisée. Elle est mentionnée après le blanc, dès le premier chapitre avec le songe d’un cheval fauve de Arabie. Isidore de Séville met la couleur fauve au premier rang et en décline toute la gamme : bai, doré, rouge clair, châtain, louvet, isabelle. D’après le manuscrit B, elle se dit aussi sor et évoque le lustré, le brillant du pelage tout en rimant avec or et trésor. Cette couleur de puissance et de lumière peut présager boin message, alegretez. Qu’il soit déclaré rous ou bais, du cheval fauve émane le bonheur et la force vitale.
Cependant c’est une couleur aux connotations ambiguës. Le prince qui se voit chevaucher en songe un cheval fauve de Arabie se fait ensuite chevaucher par lui. De ce fait, l’interprète lui annonce qu’il mourra en bataille avant le terme du mois. Il mourut, en effet, lors d’une bataille entre les Arabes. Le cheval fauve de ce récit se montre d’abord docile, soumis, puis subitement inverse les rôles, asservissant son cavalier. La race du cheval et celle de l’ennemi sont identiques, la mort semble portée par le cheval fauve lui-même, ce qui lui confère une dimension des plus funestes.
Le fauve est un roux-brun à la tonalité variable ainsi qu’en témoigne toute la gamme d’adjectifs servant à le définir. Il peut de ce fait aller du chatoiement du rouge et du jaune d’or au fauve le plus sombre, obscure menace de la victoire des Ténèbres. Le cheval fauve est à la fois convoité et redouté, capable d’exalter l’homme comme de le menacer. Le roux a d’ailleurs la connotation péjorative d’hypocrisie, fausseté, mensonge, ruse et il n’est pas sans évoquer ce démon toujours prêt à tendre ses filets et à faire tomber l’homme dans ses pièges. Le fait que la bataille mortelle du songe précité se passe entre Arabes, donc entre frères, traduit bien le risque de retournement imprévu du symbolisme inhérent à la couleur fauve, positif et négatif étant intrinsèquement liés.
Une allusion au cheval noir n’est faite que vers la fin du deuxième chapitre : se le cheval est noir, la femme sera riche promet l’interprète, reliant ainsi positivement couleur noire, féminité et richesse.
Cependant, le cheval royal noir nige signifie femme riche et hargnieuse. Ce mauvais présage prend sa source dans les connotations négatives dont est affectée la femme dans l’imaginaire médiéval comme dans la négativité d’une couleur noire d’autant plus oppressante qu'elle est redoublée dans le texte de l’adjectif nige (nigre signifiant nègre, noir)· Il s’agit ici d’un noir dense, évocateur des ténèbres les plus profondes. De même une jument noire portant sujettes liées d’un costé et d’autre, entrant dans la maison du rêveur, lui annonce qu’il ara femme riche et au pié d’ycelle pluseurs de la maison mourront selon la multitude des saiettes. Décliné au féminin, le noir évoque la richesse mais aussi, à deux reprises, une colère et une agressivité féminine pouvant aller de la dispute harcelante au massacre sans pitié. Sous les auspices de la femme, noir et mort sont étroitement conjugués. L’ambiguïté dont est marquée en ces présages la couleur noire est caractéristique selon Michel Pastoureau « des systèmes symboliques et des modes de sensibilité médiévaux ».
À la fin du troisième chapitre, sont évoqués, en succession rapide, le cheval blanc et le cheval noir : Cil qui songe qu’il siet sur un cheval blanc ou bleve signifie honneur ou leesce pour luy ; se le cheval est noir, bien pour luy tant seulement. Si le blanc est présage d’honneur et de leesce comme attendu, le noir promet lui-même bien à venir. L’évocation du blanc appelle aussitôt celle du noir, mais l’opposition classique est ici harmonie. Le noir connaît d’ailleurs dès la première moitié du XIVe siècle, une formidable promotion dans les milieux princiers.
Entre le blanc et le noir est introduit le bleve, ancienne forme du mot bleu, ne renvoyant pas à une teinte précise d’aujourd’hui. Il signifie souvent blond, pâle, bleu, verdâtre. Son intermédiaire marque l’absence de rupture entre le blanc et le noir, une continuité, une interpénétration quasi-magique.
Ce jeu complexe d’oppositions et d’appariements mystérieux se retrouve dans les Songes Daniel. En effet, dans Des soinges et des esperimens des soinges, le cheval blanc apparaît le premier et signifie waing tandis que le cheval noir signifie mal. Dans Des somges, le noir, seule couleur citée, présage un grand deuil, le cheval noir est ainsi associé au mal et à la mort.
Par contre, dans Ce sont li songes, après le cheval blanc promesse de granz biens, surgit un cheval noir signifiant également joie.
Le caractère positif du noir s’explicite dans les songes où la symbolique des couleurs du cheval s’enrichit de celle des armes. En effet, selon l’interprète, la couleur du bouclier traduit les qualités du combattant : l’écu noir est déclaré sans ambages de bon augu…
La Fécondation et la Couvaison chez les Oiseaux : Un Parallèle Biologique
Dans les zones tempérées, la période de reproduction se déroule au printemps. L’accouplement est précédé d’un ensemble de manifestations particulières : la parade nuptiale. Le mâle, paré d’un nouveau plumage, souvent spécial (plumage de noce), cherche à captiver la femelle par l’étalage de sa parure, des danses, des combats avec d’autres mâles et, le plus souvent, par son chant dont toutes les qualités sont développées à ce moment-là. Souvent également, le mâle fait de petits cadeaux à sa belle. Lorsque le couple est constitué, celui-ci pourra durer jusqu’à la fin de l’été, mais rarement au-delà.
Chez la femelle l’ovaire apparaît comme une grappe constituée de cellules reproductrices qui arrivent à maturité successivement. Chez le mâle, l’organe d’accouplement, ou pénis, est absent sauf exception. Dans la majorité des cas, lors de l’accouplement, les spermatozoïdes arrivent dans le cloaque du mâle par les canaux déférents et sont émis dans le cloaque de la femelle. Ils remontent ensuite dans l’oviducte à la rencontre de l’ovule. La fécondation est donc interne. Le couple se mettra ensuite à la recherche d’un endroit caché, ou inaccessible, où la femelle pourra pondre ses œufs. La plupart des oiseaux construisent un nid sur une fourche de branche dans un arbre ou un arbuste, mais certains déposent leurs œufs dans un trou d’arbre (Mésange charbonnière), de mur d’immeuble ou sous un toit (Moineau domestique, Martinet noir). Enfin, les hirondelles élaborent des coupes en boue sous un plafond ou un rebord de fenêtre.
Les œufs doivent rester la plus grande partie du temps à une température constante voisine de celle du corps de l’oiseau. L’adulte qui couve les retourne régulièrement pour répartir la chaleur à l’intérieur. La partie ventrale de son corps, qui recouvre les œufs, perd alors ses plumes pour garantir la transmission d’un maximum de chaleur. Cette période d’incubation ne débute que lorsque tous les œufs sont pondus. Sa durée varie chez les petits oiseaux entre 10 et 15 jours (13 ou 14 jours chez la Mésange charbonnière et chez les grives).
La couvaison est pratiquée soit par la femelle seule, soit alternativement par le mâle et la femelle et parfois par le mâle seul. Il existe deux sortes de comportement des jeunes après l’éclosion : les espèces nidifuges dont les petits naissent avec un duvet et peuvent quitter le nid et s’alimenter seuls dès l’éclosion comme la Caille des prés ; les espèces nidicoles dont les oisillons naissent nus et aveugles et sont dépendants de leurs parents pendant un certain temps. Les parents n’ont alors de cesse de les nourrir. Par exemple, chez la Mésange charbonnière, la durée de nourrissage est de 17 heures par jour au cours desquelles les parents apportent 30 à 50 insectes par heure à leurs petits.
Ce parallèle biologique souligne l'importance de la protection et de la chaleur pour assurer la survie de la progéniture, même dans des environnements difficiles.
Perspective Biblique et Symbolique Animale
Selon la tradition biblique, Dieu ne créa les animaux qu’aux cinquièmes et sixièmes jours. Il fit d’abord apparaître les animaux aquatiques et les oiseaux : Il les bénit en disant : fructifiez et multipliez-vous. Il créa ensuite bestiaux, reptiles, bêtes sauvages. C’est aussi en ce sixième jour qu’il fit l’homme lui ordonnant de même : fructifiez et multipliez-vous. Il ajouta : soumettez-la, ayez autorité sur les poissons de la mer et sur les oiseaux des deux, sur tout vivant qui remue sur la terre. Il leur donna à tous pour nourriture herbes et plantes. Il demanda à l’homme de donner un nom aux animaux et chargea ceux-ci d’aider Adam. Dieu ne considère donc pas les animaux avec mépris. Il les regarde avec bienveillance. Cependant, l’homme créé à son image est d’essence supérieure et doit exercer son autorité sur le règne animal. Mais il n’est pas dit dans la Bible que cette autorité doive mener jusqu’à l’écrasement.
Néanmoins, le rôle tentateur dévolu au serpent le plus rusé de tous les animaux des champs jette une grande ombre sur le règne animal. Le serpent n’a-t-il pas été maudit de la sorte : sur ton ventre tu marcheras et tu mangeras de la poussière tous les jours de ta vie ! J’établirai une inimitié entre toi et la femme, entre ta race et sa race : celle-ci t’écrasera la tête et, toi, tu la viseras au talon ? Cette malédiction fera tache d’huile et à sa suite chaque animal sera frappé de suspicion voire d’opprobre.
Dans ses Étymologies, Isidore de Séville (vers 570-634) rappelle ce contexte biblique insistant sur la domination de l’homme sur les animaux. Deux siècles plus tard, Raban Maur (vers 776-856) écrivait : les animaux signifient les hommes bruts qui n’ont que des pensées terre-à-terre. S’il comparait les ruminants aux saints méditant les préceptes divins tous les autres animaux désignaient les pécheurs.
Dans tous les bestiaires du Haut Moyen Âge, comme dans ceux des XIIe et XIIIe siècles, un discours moral et théologique se soutient de la symbolique animale héritée du monde judéo-chrétien, de l’Antiquité païenne, des cultures celtes, germaniques et orientales tout en lui faisant subir les marques de l’époque. L’uniformité du discours des bestiaires se retrouve-t-elle dans les clefs des songes ? Quels animaux y sont évoqués ? Quelles caractéristiques ont pris valeur de symbole et de ces symboles quelle leçon est-il tiré ?
Cette perspective révèle une hiérarchie où l'homme domine les animaux, mais aussi une ambivalence envers le règne animal, oscillant entre bienveillance et suspicion.
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