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PMA : Quand et comment en parler ? Guide pour les parents

Faire un enfant reste un sujet intime pour le couple, souvent gardé secret. Cependant, les couples ayant recours à la Procréation Médicalement Assistée (PMA) sont partagés entre le désir d'en parler et la honte de révéler leur infertilité. Ce parcours, long et complexe, est source de moments difficiles, d'incompréhension, de doute, de solitude et de désarroi. Face à la tristesse, la colère et la fatigue, il est essentiel de savoir quand et comment aborder le sujet, tant avec son entourage qu'avec son enfant.

L'importance d'en parler avec son entourage

Parler de la PMA avec son entourage est indispensable, voire nécessaire. Cela permet de mieux faire comprendre vos réactions, vos pleurs et vos angoisses. Avoir une épaule sur laquelle pleurer, une confidente pour sécher vos larmes et apaiser votre colère, est essentiel. Il est important de verbaliser vos besoins et d'expliquer ce que vous attendez de vos proches : écoute, distraction ou conseils. Précisez les paroles et gestes qui vous aident et vous soutiennent, et ceux qui vous chagrinent et vous déstabilisent. Vous vous sentirez ainsi libérées et plus légères.

Le moment et les personnes à qui en parler sont un choix très personnel, dépendant du caractère et du parcours de chacun. Certaines personnes en ressentiront le besoin plus tôt que d'autres. Lorsque les annonces de grossesse deviennent trop difficiles à entendre, ou lorsque la compagnie des enfants de vos amis devient insupportable, il est temps de vous confier. En parlant, vous réaliserez que vous n'êtes pas seule dans ce parcours et vous contribuerez à banaliser le sujet.

Aborder le sujet de la PMA avec son enfant

Un jour, votre enfant vous demandera innocemment : « Mais au fait, comment on fait les bébés ? ». Les questions se bousculeront alors dans votre tête : comment raconter cela simplement ? Faut-il ou non parler de PMA ? Comment aborder le sujet et à quel âge ?

Les spécialistes de l'enfance s'accordent sur l'importance de ne pas cacher aux enfants nés d'une PMA la façon dont ils ont été conçus. Les secrets de famille sont lourds à porter et peuvent nuire à la confiance entre adultes et enfants. De plus, les enfants ont cette faculté de « sentir » les choses.

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L'enjeu et la manière d'aborder les choses diffèrent selon que l'enfant est issu d'une technique de procréation entre conjoints ou d'une filiation anonyme par don de sperme et/ou d'ovule. En France, la loi de Bioéthique de 2021 permet désormais de révéler aux enfants l'identité du donneur à leur majorité. Dans le cas d'un don de gamètes, il est important que l'enfant sache que son patrimoine génétique n'est pas le même que celui de ses parents.

Quand et comment en parler ?

Quelle que soit votre situation, il n'est pas toujours évident d'expliquer aux enfants ce qu'est la PMA. Voici quelques pistes pour vous aider à aborder le sujet :

  • Y a-t-il un moment opportun ? Souvent, vous vous dites que vous attendrez le moment où il sera en âge de comprendre. Cependant, ce moment n'existe pas. Les enfants comprennent des choses à tous les âges. C'est vers l'âge de trois ans que l'enfant commence à se poser des questions sur la sexualité et à poser la fameuse question : « Papa, maman, comment on fait des bébés ? ». Les spécialistes conseillent donc d'aborder le sujet entre 3 et 5 ans, avec des mots simples. Plus vous en parlerez tôt, plus vous serez à l'aise avec le sujet et plus votre enfant sentira que ce n'est pas un sujet « grave ».
  • Pas d'effet d'annonce. Évitez les effets d'annonce trop graves du type « il faut que je t'avoue quelque chose » ou « assis-toi, il faut qu'on parle ». Choisissez un moment de vie détendu, de jeu, de lecture, et introduisez le sujet naturellement. Si vous êtes en couple, vous devez avoir digéré cette épreuve pour pouvoir aborder le sujet avec votre enfant sereinement. Un double discours serait aussi dommageable que de ne rien dire.
  • Une partie de sa vie, ni plus ni moins. Une fois le sujet abordé et compris par votre enfant, il n'est pas nécessaire d'insister et de revenir sans cesse sur le sujet. Il ne faut pas que sa conception devienne un fardeau et que le discours tourne en boucle. Que l'enfant soit issu ou non d'un don, la PMA n'est pas son identité, mais une partie de sa vie. L'AMP ne sera pas non plus à l'origine de tous les maux de sa vie, déculpabilisez !
  • Un enfant plus que tout désiré. L'image des « petites graines » fonctionne très bien pour les plus petits. Adaptez le discours et expliquez que, parfois, la petite graine a besoin d'un peu d'aide pour grandir, et qu'il a fallu faire appel à un docteur pour réaliser votre rêve d'être parent. Utilisez des phrases simples comme : « Tu sais, parfois, il arrive qu'un papa et une maman ne puissent pas avoir un enfant facilement. Alors on demande à un docteur de nous “aider à faire pousser (ou donner)” des petites graines. » Expliquez que vous êtes les parents les plus heureux du monde parce que vous l'avez tellement attendu, espéré, imaginé, et que vous l'aimez plus que tout ! Un discours plein d'amour montrera à votre enfant que le plus important c'est bien qu'il ait été désiré. Les enfants nés d'un don de gamète doivent savoir que leur patrimoine génétique n'est pas le même que celui d'un ou de ses parents, mais qu'il est lui aussi le fruit d'un long combat.
  • La vérité et toute la vérité ? Vous ne devez pas toute la vérité à votre enfant sur le parcours médical, ses aléas ou le détail psycho-émotionnel. Certaines choses appartiennent aux adultes. Les enfants n'ont pas les épaules pour tout encaisser. Ne devancez pas les questions. Les enfants ne posent généralement des questions que lorsqu'ils savent qu'ils sont prêts à entendre la réponse et quand ils sentent que les parents peuvent y répondre. Le plus important est de signifier que l'enfant vient de l'amour des/du parent.

Et si l'enfant réagit mal ?

Il est rare que les enfants nés d'une PMA réagissent mal à cette annonce. Cependant, à l'adolescence, la révélation de sa conception peut devenir l'objet de chantage ou de prétexte pour se confronter à ses parents.

Qu'est-ce que la PMA ?

L'acronyme « PMA » est le raccourci fréquemment utilisé pour « Procréation Médicalement Assistée ». La PMA désigne l'ensemble du processus permettant de concevoir un enfant grâce à une aide médicale clinique et biologique. Elle permet notamment aux couples hétérosexuels souffrant d'infertilité, aux couples de femmes et aux femmes célibataires de pouvoir conduire un projet parental.

Les différentes techniques de PMA

  • Insémination Artificielle (IIU) : Cette technique consiste à déposer des spermatozoïdes préalablement sélectionnés en laboratoire directement dans l'utérus de la femme, afin de faciliter leur rencontre avec l'ovocyte. L'insémination intra-utérine avec le sperme du conjoint est recommandée en cas d'anomalies modérées du sperme. Une insémination artificielle avec le sperme d'un donneur aura lieu en cas d'infertilité masculine (azoospermie ou teratospermie sévère).
  • Fécondation In Vitro (FIV) : Contrairement à l'insémination artificielle, la fécondation in vitro a lieu dans un laboratoire. Les spermatozoïdes et les ovocytes peuvent provenir de l'un des membres du couple ou d'un donneur. Dans certains cas, ovocytes et spermatozoïdes peuvent provenir de donneurs pour une FIV. Lors d'une FIV, 50 000 spermatozoïdes sont placés au contact d'un ovocyte : la fécondation est spontanée.
  • FIV-ICSI (Injection Intracytoplasmique de Spermatozoïdes) : Dans certains cas, notamment en cas d'altérations du spermogramme, une ICSI peut être indiquée. Cette technique consiste à injecter un seul spermatozoïde directement dans l'ovocyte.

Les étapes d'un parcours PMA

  1. Consultation initiale : Il est indispensable que les deux membres du couple soient présents lors de cette consultation. Le gynécologue réalise un entretien avec le couple concernant le désir d’enfant, les antécédents médicaux, chirurgicaux et familiaux de chacun. Cet entretien est suivi d’un examen gynécologique auquel sont ajoutés des examens complémentaires chez la femme comme chez l’homme.
  2. Examens complémentaires :
    • Chez la femme : Examen sanguin (analyse du système endocrinien), échographie pelvienne (évaluation du CFA et estimation de la réserve ovarienne), hystérosalpingographie (analyse de l’utérus et des trompes).
    • Chez l’homme : Spermogramme (mise en évidence d’une infertilité d’origine masculine), spermocytogramme (étude de la qualité du sperme), spermoculture (recherche d’infections bactériennes).
  3. Réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) : Cette réunion a lieu en l’absence des patients. Elle réunit l’ensemble de l’équipe médicale (gynécologues et médecins biologistes).
  4. Réunion administrative et signature des consentements : Cette réunion est l’occasion de remplir le dossier administratif et de signer les consentements.
  5. Consultation de démarrage de traitement : Elle a lieu entre le premier et le troisième jour des règles. L’objectif de cette consultation est d’obtenir l’ordonnance donnant accès au traitement de stimulation ovarienne.
  6. Stimulation ovarienne : La phase de stimulation ovarienne a une durée moyenne de 2 à 3 semaines. Le bon déroulement de cette phase est contrôlé à partir du dixième jour, toutes les 48 heures par le gynécologue (échographie et dosages hormonaux).
  7. Déclenchement de l'ovulation : Lorsque les follicules ovariens ont atteint une taille suffisante et que les taux d’hormones sont jugés optimaux, l’ovulation est déclenchée.
  8. Insémination ou ponction ovocytaire : L’insémination des spermatozoïdes (dans le cas d’un protocole d’insémination intra-utérine) ou la ponction ovocytaire (dans le cas d’un protocole de fécondation in vitro) sera réalisée 36 heures après le déclenchement.
  9. Fécondation in vitro et culture embryonnaire (en cas de FIV) : Au laboratoire, dans les jours suivant la ponction, les embryons sont surveillés.
  10. Transfert d'embryon : Il est réalisé 2 à 5 jours après la ponction ou lors d’un cycle suivant en milieu hospitalier.
  11. Test de grossesse : Un dosage de ß-hCG est réalisé pour confirmer la grossesse.

Les chances de succès de la PMA

Les différentes techniques de PMA ne fonctionnent pas toujours. Tomber enceinte peut être immédiat (première tentative réussie) ou prendre plusieurs mois, voire plusieurs années. Pour chaque cycle de FIV, une femme âgée de moins de 37 ans a 25,6 % de chances de tomber enceinte selon l’Agence de Biomédecine. Il est important de noter qu’un échec n’est pas synonyme d’incapacité complète à réussir une PMA.

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Soutien psychologique pendant le parcours PMA

Pour un couple, le parcours PMA peut être une véritable épreuve dans laquelle il est souvent important d’être accompagné. N'hésitez pas à consulter un professionnel spécialisé en soutien psychologique pour la PMA.

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