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PMA post-mortem et droits des femmes : Aspects légaux en France

L'Assistance Médicale à la Procréation (AMP), communément appelée Procréation Médicalement Assistée (PMA), est un domaine en constante évolution, tant sur le plan médical que légal. En France, les lois de bioéthique encadrent strictement ces pratiques, soulevant des questions complexes concernant les droits des femmes, la filiation et la succession, notamment dans le contexte spécifique de la PMA post-mortem. Cet article explore les aspects légaux de la PMA post-mortem pour les femmes en France, en tenant compte des évolutions législatives récentes et des débats éthiques qui persistent.

Introduction à la bioéthique et à la PMA en France

La bioéthique, définie comme l'ensemble des règles de conduite qu'une société s'assigne face aux dilemmes nés des avancées des sciences de la vie, est au cœur de la législation française en matière de PMA. La France a été parmi les premiers pays à codifier précisément les recommandations formulées au niveau national et à voter des lois sur l'ensemble du sujet. Le Comité Consultatif National d'Éthique (CCNE), créé en 1983, joue un rôle essentiel dans la réflexion et l'orientation des politiques bioéthiques.

Les lois de bioéthique françaises sont régulièrement révisées pour tenir compte des progrès scientifiques et des évolutions sociétales. Ces révisions sont l'occasion de débats approfondis sur des questions sensibles telles que l'accès à la PMA, la recherche sur l'embryon et la fin de vie. La loi de bioéthique du 2 août 2021 a marqué une étape importante en ouvrant l'accès à la PMA aux couples de femmes et aux femmes célibataires, une mesure qui a suscité de vives controverses.

Cadre légal de la PMA en France

L'Assistance Médicale à la Procréation (AMP) est encadrée par la loi de bioéthique, qui fixe les conditions et les limites de cette pratique. En France, il est possible de recourir à l’Assistance Médicale à la Procréation (AMP ou PMA), dans le respect des règles de bioéthique, dans les centres d’AMP publics ou privés.

La loi encadre la pratique et que des règles sont applicables, induisant des démarches administratives spécifiques. L’AMP ce sont aussi des aspects administratifs. Il est possible de bénéficier d’une prise en charge remboursée par la Sécurité Sociale, si vous remplissez les critères définis par la Loi et que vous effectuez les démarches auprès de la Sécurité Sociale. Il est aussi possible de faire une AMP que vous payez de votre poche sans remboursement, mais seulement dans les centres d’AMP privés.

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Les techniques d'AMP comprennent :

  • L'insémination artificielle (IA) : injection de sperme dans l'utérus de la femme.
  • La fécondation in vitro (FIV) : fertilisation des ovules en laboratoire, suivie du transfert des embryons dans l'utérus.
  • Le transfert d'embryons.

L'AMP est destinée à répondre à un projet parental. Tout couple formé d’un homme et d’une femme ou de deux femmes ou toute femme non mariée ont accès à l’assistance médicale à la procréation après les entretiens particuliers des demandeurs avec les membres de l’équipe médicale clinico-biologique pluridisciplinaire effectués selon les modalités prévues à l’article L. 2141-10. Seuls les embryons conçus dans le respect des principes fondamentaux énoncés aux articles 16 à 16-8 du code civil et des dispositions du présent titre peuvent entrer sur le territoire où s’applique le présent code ou en sortir.

Conditions d'accès à la PMA

La loi française définit les conditions d'accès à la PMA, notamment en termes d'âge, de statut marital et d'indication médicale. L’AMP se pratique dans des établissements autorisés et par des praticiens compétents pour ces activités. Les personnes bénéficiant d’une AMP doivent être en âge de procréer.

Avant la loi de 2021, l'accès à la PMA était réservé aux couples hétérosexuels souffrant d'infertilité médicalement constatée ou pour éviter la transmission d'une maladie grave à l'enfant ou à l'autre membre du couple. La loi du 2 août 2021 a élargi cet accès aux couples de femmes et aux femmes célibataires, une évolution majeure qui a suscité de nombreux débats.

Remboursement par la Sécurité Sociale

Il est possible de bénéficier d’une prise en charge remboursée par la Sécurité Sociale, si vous remplissez les critères définis par la Loi et que vous effectuez les démarches auprès de la Sécurité Sociale. Il est aussi possible de faire une AMP que vous payez de votre poche sans remboursement, mais seulement dans les centres d’AMP privés. Toutefois : Une FIV est décomptée = s’il y a au moins un transfert d’embryon. S’il n’y a pas de transfert la FIV n’est pas décomptée. Coûts d’une FIV : en moyenne 4 000 euros pris en charge par la Sécurité sociale.

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Déplacements de gamètes et d'embryons

Il est possible de déplacer vos gamètes et vos embryons entre les centres d’AMP en France, mais aussi depuis la France vers l’étranger ou inversement. Ce déplacement est possible s’il s’inscrit dans la poursuite du projet parental. Il y a des conditions à remplir et des démarches spécifiques a effectuer. Il faut pour cela recevoir une autorisation de la part de l’Agence de la Biomédecine. L’établissement médical qui vous suit, en France où à l’étranger doit remplir une demande d’autorisation auprès du directeur de l’agence de biomédecine.

La PMA post-mortem : un débat éthique et légal

La PMA post-mortem, qui consiste à utiliser les gamètes d'une personne décédée pour concevoir un enfant, est une question particulièrement délicate sur le plan éthique et légal. En France, cette pratique est strictement encadrée, voire interdite dans certains cas.

La situation actuelle en France

Actuellement, la loi de bioéthique en vigueur interdit l'insémination post-mortem, c'est-à-dire l'utilisation du sperme d'un homme décédé pour une insémination artificielle. Cette interdiction repose sur le principe selon lequel la PMA doit être réalisée dans le cadre d'un projet parental conjoint et que le consentement des deux membres du couple est nécessaire.

Cependant, des exceptions peuvent être envisagées dans le cas d'un homme malade qui aurait conservé son sperme avant un traitement susceptible de le rendre stérile. Dans ce cas, l'utilisation post-mortem du sperme peut être autorisée si l'homme a donné son consentement préalable de son vivant et si un projet parental est souhaité par les deux membres du couple.

Arguments pour et contre la PMA post-mortem

Les partisans de la PMA post-mortem mettent en avant le droit à la parentalité et le désir d'une femme de mener à bien un projet parental interrompu par le décès de son conjoint. Ils soulignent également que l'enfant né d'une PMA post-mortem aura droit à une filiation et à une succession, comme tout autre enfant.

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Les opposants à la PMA post-mortem soulèvent des questions éthiques concernant le bien-être de l'enfant, qui grandira sans père, et le risque de dérive vers une instrumentalisation de la procréation. Ils mettent également en avant le principe selon lequel la PMA doit être réalisée dans le cadre d'un projet parental conjoint et que le consentement des deux membres du couple est nécessaire.

Décision de la CEDH en septembre 2023

En septembre 2023, la Cour Européenne des Droits de l'Homme (CEDH) a validé la position française en matière de PMA post-mortem, estimant que l'interdiction ne violait pas l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme relatif au respect de la vie privée et familiale. Cette décision conforte le cadre légal français en la matière.

Droits successoraux des enfants nés de PMA

Les enfants nés de PMA ont les mêmes droits successoraux que les enfants conçus naturellement. Ils ont donc le droit d'hériter des biens de leurs parents, qu'ils soient issus d'une filiation biologique ou non.

Filiation et succession

En droit français, la filiation est établie par la présomption de paternité ou de maternité. Dans le cas des couples de femmes ayant eu recours à la PMA, la filiation est établie par une reconnaissance conjointe anticipée devant notaire, avant la conception de l'enfant.

PMA avec donneur

Dans le cas de la PMA avec donneur, où un tiers donneur est impliqué, la loi française prévoit des dispositions spécifiques en matière de droits successoraux. L'enfant né de PMA avec donneur a le droit de connaître l'identité de son donneur à sa majorité, mais cela n'affecte pas son droit d'hériter des biens de ses parents légaux.

PMA à l'étranger

Les enfants nés de PMA réalisée à l'étranger peuvent également bénéficier des droits successoraux en France, à condition que leur filiation soit reconnue conformément à la loi française. Cependant, des difficultés peuvent survenir en cas de législations différentes dans les pays concernés.

Autorisations d'absence pour parcours d'AMP

En 2016, l’Association obtenait les Autorisations d’absence pour parcours d’AMP. Ce dossier a été une des premières démarche que l’association a engagée dès 2013, en interpellant les politiques sur la difficulté de concilier un parcours d’AMP et une vie professionnelle. En 2016, nous avons eu la joie de voir aboutir ce travail, dans le cadre de la loi santé. Nos amendements ayant été votés par les parlementaires. En 2024, tout n’est pas réglé et les autorisations d’absences pour parcours d’AMP, ne sont pas utilisé.e.s par toutes les personnes en parcours d’AMP. Elles ne correspondent pas à toutes les situations non plus.

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