Loading...

Le Plan Rouge : Définition, Organisation et Intégration dans le Dispositif ORSEC

Le Plan Rouge est un plan d'urgence français conçu pour faire face à des situations impliquant un grand nombre de victimes dans un même lieu. Il vise à organiser et à coordonner les moyens de secours et de premiers soins afin d'assurer une prise en charge rapide et efficace des personnes touchées. Cet article explore en détail la définition du Plan Rouge, son organisation, son intégration dans le dispositif ORSEC, ainsi que les plans complémentaires qui peuvent être activés en fonction de la nature de la crise.

Introduction

Face à un accident catastrophique à effet limité (ACEL) impliquant de nombreuses victimes, une réponse coordonnée et rapide est essentielle. Le Plan Rouge, anciennement appelé "Plan ORSEC nombreuses victimes", a été créé pour répondre à ce besoin. Il s'agit d'un plan d'organisation des secours destiné à lutter contre les conséquences d'un ACEL et à assurer une prise en charge rapide et correcte des nombreuses victimes, tout en évitant un engorgement des hôpitaux. Ce plan est déclenché à la demande du premier commandant des opérations de secours (COS).

Définition du Plan Rouge

Le Plan Rouge est un plan d'urgence destiné à secourir un nombre important de victimes dans un même lieu, et à organiser les moyens de premiers soins par rapport à cette concentration des victimes. Il est à distinguer du plan blanc, qui est destiné à l'organisation des soins à l'arrière, ou du plan ORSEC, qui est destiné à faire face à l’insuffisance des moyens de secours (moyens dépassés).

Créé en 1978 par la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP), suite à des explosions lors d’un incendie (rue Raynouard, Paris 16e), ayant fait 13 morts et de très nombreux blessés, le Plan Rouge a pour objectif principal d'assurer une réponse coordonnée et efficace en cas d'accident impliquant un grand nombre de victimes. Il permet de mobiliser rapidement les ressources nécessaires, de mettre en place une organisation structurée sur le terrain et d'orienter les victimes vers les structures de soins adaptées.

Principes Fondamentaux du Plan Rouge

Le Plan Rouge repose sur plusieurs principes fondamentaux, parmi lesquels :

Lire aussi: Comparatif des Plans d'Épargne Enfant

  • L’organisation rationnelle des moyens : il faut éviter que les moyens ne se gênent mutuellement, préserver des réserves de moyens pour les autres situations d’urgence, organiser les divers intervenants et leurs actions par une hiérarchisation des mesures à prendre et des victimes à traiter.
  • Une double chaîne, l’une centrée sur la gestion globale du chantier et notamment du sinistre, l’autre sur la prise en charge des victimes.
  • L’installation d’un poste médical avancé (PMA), à proximité de la catastrophe pour les premiers soins.
  • Un double commandement : l’un sur le site qui se charge de la gestion des opérations de secours, l’autre distant qui se charge des renforts et de la logistique.

Organisation du Plan Rouge

Sous l’autorité du préfet, qui assure la direction des opérations de secours (DOS), le COS met en place deux chaînes de secours :

  • « Sauvetage incendie » : lutte contre le sinistre et ses effets immédiats et sauvetages et dégagements des victimes, commandée par les directeurs des services d’incendie et de sauvetage (DSIS). La chaîne incendie-sauvetage est essentiellement chargée de la lutte contre le sinistre initial. À ce titre, et parce que les premiers intervenants y seront totalement consacrés, elle concourt à la mission de recherche, de localisation, et de dégagement d’éventuelles victimes, en y associant la pratique des gestes de prompt secours.
  • « Secours médicaux » : prise en charge des victimes avant leur évacuation vers une structure hospitalière, commandée par le directeur des secours médicaux (DSM). La chaîne médicale comporte trois fonctions : le ramassage, qui assure, outre sa contribution aux gestes de prompt secours, le relevage et le transfert des victimes du lieu de l’événement vers le poste médical avancé (PMA), la catégorisation et la mise en condition des victimes et l’évacuation des victimes vers les structures de soins adaptées.

Les Différents Services Participants

Plusieurs services participent à la mise en œuvre du Plan Rouge, chacun ayant un rôle spécifique :

  • Les sapeurs-pompiers fournissent les spécialistes et le matériel pour les recherches, la désincarcération, le déblaiement ou les soins aux victimes, ainsi que du personnel médical et paramédical. Ils disposent d’une logistique pour activer leur PMA. Parmi eux, le chef d’agrès (FDF2) doit faire preuve de calme, de sang froid pour inspirer confiance à ses équipiers. Les chefs de groupe (FDF3), de colonne (FDF4) et de site (FDF5) ont de solides connaissances techniques.
  • Le service d’aide médicale urgente (SAMU) participe à la médicalisation des victimes. Son rôle consiste également à rechercher des places hospitalières en fonction de la nature et de la gravité des lésions des victimes et de fournir les éléments de la cellule d’urgence médico-psychologique (CUMP). Les SAMU disposent de réserves complémentaires à celles de leurs PMA appelés PSM de première génération capable de prendre en charge 25 blessés graves et de deuxième génération capable de prendre en charge 500 blessés graves pendant 24h.
  • Les associations agréées de sécurité civile, aux ordres du COS, peuvent apporter leur concours dans toutes les phases du dispositif. Les associations de secourisme sont plus axées sur l’accueil et l’hébergement des impliqués.
  • Les ambulanciers publics ou privés, aux ordres du DSM, participent essentielle- ment aux norias d’évacuation.
  • Les forces de police et de gendarmerie assurent le balisage et la sécurisation du site, l’accompagnement éventuel des ambulances, la mission d’identification des victimes et d’investigation pour déterminer, si nécessaire, les causes de la catastrophe.

En complément de ces services, des équipes spécialisées peuvent être mobilisées en fonction de la nature de la crise. Par exemple :

  • Le GRIMP (Groupe de Reconnaissance et d'Intervention en Milieu Périlleux) intervient sur des lieux très difficiles d’accès, en hauteur et en profondeur. L’IMP 1 est le premier niveau d’emploi pour un spécialiste du GRIMP. C’est un sauveteur. L’IMP 2 est le chef d’unité. Il coordonne l’intervention en veillant au respect des techniques et procédures du GRIMP. L’IMP 3 est le conseiller technique.
  • Les équipes cynotechniques utilisent des chiens pour détecter et localiser des personnes ensevelies ou égarées. Le CYN 1 est conducteur cynotechnique. Le CYN 2 est un chef d’unité. Le CYN 3 est le conseiller technique.
  • Les équipes de sauvetage aquatique interviennent lors d'accidents liés à l'eau. Le PLG 1 est scaphandrier autonome léger (SAL). Le PLG 2 est chef d’unité SAL.
  • L’équipe spécialisée en sauvetage-déblaiement intervient dans le cadre de catastrophes naturelles, d’explosion, d’effondrement de bâtiments, de désincarcérations. Le SDE 1 est un équipier sauveteur-déblayeur. Le SDE 2 est un chef d’unité. Le SDE 3 est le chef de section.
  • La CMIC (Cellule Mobile d'Intervention Chimique) intervient sur des pollutions liquides, terrestres ou gazeuses. Le RCH 1 est un équipier. Le RCH 2 est un chef d’équipe. Le RCH 3 est le chef de la CMIC. Le RCH 4 est le conseiller technique en risques chimiques.
  • La CMIR (Cellule Mobile d'Intervention Radiologique) intervient en cas de risques d'irradiation et de contamination. Le RAD 1 est équipier ou chef d’équipe reconnaissance. Le RAD 2 est équipier ou chef d’équipe intervention. Le RAD 3 est le chef de la CMIR. Le RAD 4 est le conseiller technique risques radiologiques.
  • Les équipes PMA participent à la mise en place de la structure et des matériels du PMA. Le PMA1 participe à la mise en place de la structure et des matériels du PMA. Le PMA2 (responsable d’équipe PMA) dirige 6 équipiers lors du montage et du fonctionnement du PMA. Le PMA3 est un conseiller technique spécialisé auprès du Commandement des Opérations de Secours (COS).

Les Zones d'Intervention

L'organisation des secours sur le terrain s'articule autour de plusieurs zones distinctes :

  • La zone de l’avant ou chantier : C'est la zone la plus proche du sinistre, où se déroulent les opérations de reconnaissance, de balisage, de repérage secouriste et de ramassage des victimes. Elle est placée sous l’autorité d’un officier ramassage désigné par le COS. On y opère : les reconnaissances, le balisage afin de limiter une zone d’accès réglementé, le repérage secouriste, le ramassage des victimes.
  • Le point de rassemblement des victimes (PRV) : Cette zone temporaire permet de rassembler en lieu sûr, proche du sinistre et accessible, les victimes valides ou invalides dégagées du chantier.
  • La noria de ramassage ou petite noria : Il s’agit du transport des blessés recueillis sur le site de la catastrophe ou le PRV vers le poste médical avancé (PMA). Le ramassage, qui comprend la relève et le transport des victimes jusqu’au Poste Médical Avancé. L’action de ramassage prolonge les actions de dégagement. Il porte une chasuble de couleur rouge portant l’inscription Officier Ramassage.
  • Le poste médical avancé (PMA) : Cette structure de regroupement, de catégorisation, d’identification et de soins des victimes avant leur évacuation vers un hôpital est installée dans une structure existante (gymnase, hall, etc.) ou dans une structure mobile type tente. Le regroupement des victimes est effectué au PMA, dont le responsable est un médecin (SP ou SAMU selon les départements), désigné par le DSM. d’effectuer la prise en charge des victimes de catégoriser les victimes et de faire donner les soins adaptés à la nature des blessures de faire rechercher les places hospitalières adaptées aux différentes pathologies (régulation médicale). une zone de regroupement des victimes indemnes, sous la responsabilité de secouristes une zone de prise en compte des impliqués médico-psychologiques, placée sous la responsabilité de médecins et/ou de psychiatres (CUMP). Le médecin du PMA porte une chasuble blanche portant l’inscription médecin PMA ; l’officier PMA une chasuble blanche portant l’inscription PMA. Le fonctionnement du PMA est assuré par : une direction opérationnelle comprenant un officier de sapeurs-pompiers « officier PMA » désigné par le COS et un « médecin chef PMA » désigné par le DSM ; des médecins ; des infirmiers ; des équipiers secouristes qui assistent le personnel médical et paramédical. Le poste médical avancé est un ensemble fonctionnel destiné à faire face à un afflue de victimes, dans le cadre d’un plan ORSEC départemental (ex-Plan rouge mis en place par la Préfecture à partir de 12 blessés graves). Il permet de regrouper les victimes en grand nombre pour, selon l’ampleur de la situation, les accueillir et les héberger ou bien les identifier, les enregistrer, les trier, leur délivrer les soins d’urgence puis les évacuer vers d’autres structures médicales lourdes.
  • La noria d’évacuation a pour objectif le transport de victimes, ayant bénéficié d’une mise en condition préalable au PMA, vers une structure hospitalière d’accueil. La mission évacuation consiste à concentrer et à gérer l’ensemble des vecteurs d’évacuation, en fonction des besoins exprimés par le médecin responsable du PMA. Cette mission est confiée à un officier, avec à sa disposition des sapeurs-pompiers, afin d’organiser l’espace. Les vecteurs d’évacuation peuvent être médicalisés ou non médicalisés. Il peut s’agir de véhicules de sapeurs-pompiers, associatifs, d’ambulances privées, d’hélicoptères…

Le Repérage Secouriste et le Tri des Victimes

Dans le cadre d’une SNV, il est indispensable de réaliser un repérage des victimes : c’est le « repérage secouriste ». Son but est de localiser et d’identifier l’ordre dans lequel les victimes doivent recevoir les gestes de secours indispensables. Le repérage secouriste passe par un bilan succinct (1 à 2 minutes maximum) des victimes, à savoir l’examen de la conscience, de la respiration et de la circulation. Il faut identifier rapidement les victimes en fonction de la présence ou non d’une détresse vitale et de l’urgence des gestes de secours à réaliser.

Lire aussi: Allaitement des Veaux: Guide

Pour éviter des examens successifs, il est possible de repérer les victimes à l’aide d’un code couleur sous la forme d’un bracelet, d’un ruban de toile ou d’un ruban adhésif, etc. Il se compose de quatre couleurs en fonction de l’état de gravité de la victime :

  • Noir : décédé ou arrêt cardio-respiratoire
  • Rouge : prise en charge prioritaire
  • Jaune : prise en charge différée
  • Vert : valide

Dès que l’équipier a terminé le repérage du secteur confié, il rend compte à son chef en indiquant le nombre de personnes triées et leur gravité. Ce bilan permet au chef d’équipe de réaliser et transmettre un bilan global et initial des victimes présentes sur les lieux du sinistre et d’attribuer une mission à chaque équipier secouriste en priorisant les victimes les plus graves.

Le SINUS

Le SINUS est un système de traçabilité et de suivi des victimes de leur point de découverte jusqu’à l’hôpital. Il est prévu qu'il devienne le système national. Il se compose de fiche médicale de l’avant qu’on met autour de la victime et d’étiquettes à code-barres identifiant ce qui lui appartient.

Intégration dans le Dispositif ORSEC

Le Plan Rouge est un élément du dispositif ORSEC (Organisation de la Réponse de Sécurité Civile). Le plan ORSEC nombreuses victimes (anciennement appelé « Plan rouge ») est un plan d’organisation des secours destiné à lutter contre les conséquences d’un ACEL (accident catastrophique à effet limité) et assurer une prise en charge rapide et correcte des nombreuses victimes, tout en évitant un engorgement des hôpitaux. Ce plan est déclenché à la demande du premier commandant des opérations de secours (COS).

Ce plan est un document unique présent chez toutes les directions secours et toutes les autorités, quels que soient leurs niveaux. Il décrit page après page les modalités générales d’organisation et de gestion d’une crise. Des fiches précisent par type d’incident ou d’accident les mesures spécifiques à mettre en place. Elles renseignent aussi bien des SMV, des ACEL que des catastrophes naturelles ou des ruptures (énergie, alimentation, eau potable…).

Lire aussi: Tout savoir sur l'aménagement d'une crèche

Plans Complémentaires

En fonction de la nature et de l'ampleur de la crise, d'autres plans peuvent être activés en complément du Plan Rouge :

  • Le Plan Blanc : Il peut être déclenché par le directeur ou le responsable de l’établissement de santé, qui en informe sans délai le représentant de l’Etat dans le département, ou à la demande de ce dernier. Dans tous les cas, le représentant de l’État dans le département informe sans délai le directeur général de l’agence régionale de santé, le service d’aide médicale urgente départemental et les représentants des collectivités territoriales concernées du déclenchement d’un ou plusieurs plans blancs. Le plan blanc est un plan de gestion de crise d’un établissement de santé. Le plan blanc est obligatoire pour tous les établissements de santé depuis 2004. Lors d’une crise au sein d’un établissement de santé, il existe plusieurs niveaux de réponses à la crise. On trouve tout d’abord à l’échelle d’un établissement le plan blanc qui permet d’adapter les moyens pour faire face à un afflux de patients ou de victimes. Cependant, si cette mesure n’est pas suffisante, le plan blanc élargi peut être activé au niveau départemental. Présentation de l'ensemble des éléments à prendre en compte pour mettre en place un plan blanc (élargi). Il s’agit d’un mode d’organisation que l’établissement a adopté. Le plan blanc est le plan de réponse d'un établissement hospitalier pour faire face à un afflux massif de victimes.
  • Le Plan Bleu : Le plan bleu est un plan de réponse à la crise dans les établissements accueillant des personnes âgées et handicapées.
  • Le Plan NOVI : Le Plan NOVI est mis en place dans les situations où un événement cause de nombreuses victimes. Plan de réponse de la sécurité civile, il permet de prendre en charge un grand nombre de victimes avant d'être acheminé vers l'établissement de santé. Le plan NOVI est un plan d’urgence pour secourir un nombre important de victimes dans un même lieu. Il fait partie des plans d’urgence élaborés dans le cadre du dispositif ORSEC : organisation de la réponse de sécurité civile.
  • Le Plan Vigipirate : Son origine remonte à 1978. Il a été actualisé à plusieurs reprises en 2000, en 2002, en 2003 et en 2006. C’est en 2003 qu’ont été adoptés les 4 niveaux d’alerte répertoriés par couleur (jaune, orange, rouge et écarlate).

tags: #pma #plan #rouge #définition

Articles populaires:

Share: