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Plan d'Allaitement pour Veaux Laitiers : Optimisation de la Croissance et Réduction des Coûts

L'allaitement du veau laitier est une étape cruciale qui influence la croissance, la santé et la performance future de l'animal. Bien que l'allaitement naturel soit la méthode la plus instinctive pour les troupeaux allaitants, plusieurs options existent pour les élevages laitiers, allant de l'utilisation de lait entier à des aliments d'allaitement, en passant par des plans mixtes. Le choix du plan d'allaitement doit être mûrement réfléchi, en tenant compte des objectifs de croissance, des contraintes économiques et des spécificités de l'élevage.

Les Différentes Options d'Allaitement

Lait Entier : La Référence en Termes de Valeur Énergétique

Le lait entier est considéré comme la référence en raison de sa haute valeur énergétique, essentielle pour assurer une croissance optimale des veaux. Il est important de maintenir une certaine constance dans l'utilisation du lait entier, en évitant les changements brusques liés à sa disponibilité (notamment le lait non livrable). Même si les mâles, au lieu d’être vendus âgés de 8 jours, quittent l’exploitation au bout de 15 jours à 3 semaines, ils peuvent également consommer du lait entier.

Aliments d'Allaitement : Une Alternative Maîtrisée

Les aliments d'allaitement représentent une alternative intéressante au lait entier. Ils peuvent être formulés à base de poudre de lait écrémé (PLE), offrant une meilleure digestibilité et favorisant un processus de digestion similaire à celui du lait maternel. La proportion de PLE utilisée dans ces aliments peut varier de 10 à 60 %. Il faut veiller au rapport protéines/MG (1,3 pour optimiser la croissance) et à la qualité de la protéine. Les poudres de lactosérum, quant à elles, ne caillent pas dans la caillette.

Le lait en poudre est généralement moins cher (-200¤/T).

Plans Mixtes : Flexibilité et Adaptation

Les plans mixtes combinent l'utilisation de lait entier et d'aliments d'allaitement, permettant une plus grande flexibilité et une adaptation aux ressources disponibles.

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Facteurs Clés pour un Allaitement Réussi

Outre le choix du type de lait, plusieurs facteurs contribuent à la réussite de l'allaitement des veaux laitiers :

Le Sevrage : Un Moment Délicat

L'âge de sevrage est une question importante. Une enquête réalisée dans les élevages du Grand Ouest indique que le sevrage intervient plutôt en moyenne à 11 semaines. Aux Trinottières, le sevrage intervient à 8 semaines. « Ce choix résulte de contraintes liées aux essais sur les veaux et au logement en cases individuelles. » Au-delà de 8 semaines, la réglementation bien-être précise que les veaux ne doivent plus être logés en cases individuelles. Il est conseillé de viser un sevrage précoce à 9 semaines. Il est toujours possible d’allonger un peu pour les veaux un peu plus légers à la naissance ou les veaux à diarrhées, mais il ne faut pas en faire une règle générale. Les veaux sont sevrés à 8 semaines depuis 2007. Cela ne pénalise pas leur croissance à partir du moment où ils consomment deux kilos de concentré. Une fois sevré, le veau doit puiser dans le concentré et le fourrage la même quantité de protéine et d’énergie qu’il buvait dans le lait. Si tel n’est pas le cas, le sevrage marque un coup d’arrêt à sa croissance, et ouvre la porte à des problèmes qui risquent de se greffer à ce déficit de croissance.

L'Aliment Concentré : Un Complément Essentiel

L'aliment concentré joue un rôle crucial dans la transition alimentaire du veau. L'aliment concentré 1er âge doit être appétent et très riche sur le plan énergétique, si possible autour de 1 UFL. Des aliments d'initiation tels que le BOP FORM II attirent une consommation précoce et constituent un apprentissage à l'alimentation solide. La distribution quotidienne d'un aliment "frais" est une clé de réussite de cet apprentissage. Quel que soit le concentré, il doit être distribué à volonté et renouvelé tous les jours pour rester bien appétent. En plan simplifié à six repas par semaine, il faut en distribuer davantage le dimanche. Le repère des deux kilos de concentrés ingérés par veau au sevrage est plus important que l’âge ou le poids. En pratique, un apport de blé finement broyé est un régime à risque d'acidose pour les animaux.

Le Fourrage : Un Apport de Fibres Indispensable

Le fourrage est indispensable pour assurer le bon fonctionnement du rumen du veau. Il faut plutôt choisir de la paille car le foin - s'il est de bonne qualité - risque d'être trop consommé au détriment des concentrés. Ce fourrage est mis à disposition à volonté dans un râtelier (jamais au sol).

L'Eau : Une Nécessité Souvent Sous-Estimée

Les veaux boivent de l’eau dès leur plus jeune âge, pas seulement à partir de deux mois ! « Nous avons été surpris des consommations d’eau de boisson pendant la phase lactée. En moyenne sur deux ans, les veaux ont bu 58 litres d’eau en huit semaines, soit plus de deux litres par jour par veau ! Ils commencent à boire dès la deuxième semaine (0,5 l/j). »

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La Préparation et la Distribution des Buvées

La préparation de la buvée collective peut se faire dans une poubelle de 50 litres. Reportez-vous à un abaque adapté pour déterminer exactement le volume d’eau chaude nécessaire. Celui-ci doit être revu à la hausse pour avoir la quantité juste de lait au final car un kilo de poudre ne correspond pas à un litre. « Par exemple, pour préparer un volume de buvée de dix litres, il faut deux kilos de poudre et 8,7 litres d’eau, soit un volume total supérieur à dix litres. » L’idéal est d’avoir un tableau de consignes à jour pour toute la semaine. Attention à la température de dilution et de buvée. « Lors de la préparation, il faut créer un choc thermique avec une eau à 60 °C pour bien dissoudre la matière grasse de la poudre. Pour la buvée, visez 45°C plutôt que 40°C. » Un peson (30 euros) n’est pas du luxe pour mesurer avec précision les volumes d’eau et de poudre. C’est plus adapté qu’une boîte dont le poids risque de varier selon si la poudre provient du haut ou du fond du sac. Un pichet doseur permet de distribuer le juste volume. Petite astuce pour un malaxage efficace : plutôt que le fouet, utilisez un malaxeur à peinture monté sur perceuse et brassez pendant deux minutes. Un brassage pas assez long ou pas assez rapide ne permet pas un choc mécanique suffisant pour bien dissoudre la matière grasse. Adopter une seule concentration de 200 g de poudre par litre de buvée a l’avantage de permettre une préparation unique de la buvée, quel que soit l’âge des veaux présents. « Nous préparons le volume de lait reconstitué dans un même récipient en nous référant à un abaque spécifiquement conçu pour une concentration de 200 g par litre de buvée. » (voir tableau). En fonction du nombre de veaux présents et de leur âge, on connaît le volume de buvée à préparer. L’abaque précise le volume d’eau nécessaire et la quantité de poudre à ajouter.

La Simplification : Un Repas par Jour ?

« Un repas par jour, on savait déjà que cela fonctionnait bien avec le lait entier, et on a pu constater que c’était également le cas avec un aliment d’allaitement", affirme David Plouzin. Même une simplification à six repas par semaine, avec suppression de la buvée du dimanche soir, s’avère possible sans compromettre les résultats. Avec du lait entier, les éleveurs ont seulement un volume à gérer, selon l’âge du veau. Avec un aliment d’allaitement, il faut gérer à la fois un volume et une concentration de poudre. Ce qui complique la préparation et multiplie les risques d’erreur. « Nous préférons opter pour un protocole simple avec une concentration unique à 200 g par litre de buvée dès le départ, et adapter les volumes à chaque tranche d’âge. »

La Quantité de Poudre : Un Facteur Déterminant

Il faut tabler sur 45 kg d’aliment d’allaitement par veau sur la durée de la phase lactée pour qu’il parvienne à doubler son poids de naissance. En 2016, une quantité de poudre de 33 kg par veau avait donné des poids au sevrage décevants (75 kg). Au niveau économique, la cible de 45 kg de poudre est cohérente avec l’objectif de 90 euros de coût d’allaitement à ne pas dépasser.

Hygiène et Prévention

L’hygiène est primordiale pour prévenir les maladies chez les veaux. Pendant une semaine, chaque veau aura le même seau, lavé, rincé et mis à égoutter après chaque buvée. Kévin prépare d’abord une buvée de 2 à 3 litres de lait maternel stocké en bouteilles et réchauffé au bain-marie.

Exemple d'un Plan d'Allaitement Innovant : L'Expérience de Kévin Rémy

Installé en 2012, Kévin Rémy, le président du réseau EDF France, a mis en place un plan d’allaitement à volonté et un sevrage prévu au plus tôt après onze semaines de vie.

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Préparation au Vêlage et Colostrum de Qualité

Tout commence par la préparation au vêlage des taries, une pratique associée à une meilleure qualité du colostrum. À la naissance, la qualité de ce colostrum est mesurée avec un réfractomètre. Le cas échéant, un stock congelé permet de pallier un défaut de qualité. L’éleveur s’astreint à distribuer le colostrum au plus vite (sauf si le vêlage a lieu en pleine nuit). Lors des deux premiers repas de colostrum, il n’hésite pas à proposer 5 litres au nouveau-né, même si celui-ci n’en boira finalement que 3 litres.

Lait Maternel et Transition Progressive

Pendant la première semaine en case individuelle, les veaux ont le lait maternel, conservé au réfrigérateur : la buvée est toujours réchauffée au bain-marie (jamais le chauffe-lait directement dans le lait pour ne pas cuire les matières grasses, mais aussi parce que cet équipement peut être un nid à bactéries) ; dans un seau à tétine dédié à chaque veau ; tête relevée pour assurer une meilleure fermeture de la gouttière œsophagienne. « Au minimum, ils reçoivent 2,5 litres de lait entier matin et soir, précise Kévin. Mais, selon les comportements individuels, je peux ajouter du lait issu du Dal, si j’observe que le veau a encore faim. Tant que le veau a soif, il boit ! » Les plus voraces peuvent ainsi boire 5 litres par repas et en moyenne 4 litres matin et soir. La part de lait entier diminue progressivement au profit d’un programme 100 % poudre de lait à 6 jours. Puis, les veaux passent en cases collectives au Dal.

Alimentation Solide et Mash Fermier

S’ils ont de l’eau fraîche à disposition dès le premier jour, ce n’est qu’une fois en case collective que les veaux ont accès à l’aliment solide. Il s’agit d’un mash fermier, préparé deux fois par semaine et composé de foin de RGA-trèfle - récolté en botte carrée et passé dans l’ensileuse pour obtenir des brins de 3 à 4 cm -, de pulpe surpressée, très appétente (27 % MS), de maïs grain broyé, d’orge, soja et minéraux (4 % de minéral vache laitière + 1 % de lithothamne et 0,2 % de sel).

Plan d'Allaitement Inspiré du Concept 40 Fit

Dans cet environnement, Kévin programme un plan d’allaitement inspiré du concept 40 Fit, développé par le constructeur de Dal Förster-Technik et le fabricant de poudre Elvor : il consiste à offrir au veau de la poudre de lait à volonté pendant trente-cinq jours (poudre HP d’Elvor à 27 % de protéines, 21 % de matière grasse et 40 % de PLE). La seconde phase correspond à un sevrage progressif qui s’étale également sur une période de trente-cinq jours.

  • du lait sans restriction de volume pendant quarante jours : « Le Dal autorise une buvée de 2 litres toutes les deux heures.
  • Un sevrage progressif pendant trente-cinq à quarante jours : après cette période de lait à volonté, les veaux passent graduellement de 12 à 2 litres sur trente-cinq à quarante jours.

Avec le dernier lot, Kévin teste un sevrage différent, avec une consommation de poudre de 95 à 110 kg/veau.

Suivi des Performances et Résultats

À ce moment, ils consomment l’équivalent de 2,5 kg à 3 kg de mash et cela augmente rapidement par la suite. Cet aliment fermier constitue le plat unique qui sera distribué aux génisses à volonté jusqu’à l’âge de 6 mois, pour un poids objectif de 250 kg. Après cette date, la ration est composée en grande partie d’ensilage d’herbe, auquel s’ajoutent du méteil et parfois un peu de maïs. Kévin envisage même de prolonger la phase d’allaitement au Dal de dix jours, en vue d’un sevrage encore plus progressif. Ici, les veaux sont pesés à la naissance, à la mise au Dal, lors de l’écornage et à la sortie de la nurserie. La croissance obtenue avec ce mode de rationnement permet aujourd’hui d’inséminer entre 11 et 13 mois, voire dès 10,5 mois. En gagnant 3 mois d’âge au vêlage, Kévin économise 130 € de coût alimentaire par génisse, sans compter le coût de la main-d’œuvre et de bâtiment. Cela rentabilise la poudre de lait et renforce les performances de ses génisses.

Impact Économique de l'Allaitement sur la Production Laitière

Pour une exploitation de 65 vaches laitières livrant 500 000 litres de lait par an qui élève toutes ses femelles et dont 50 % des vêlages ont lieu sur le dernier trimestre, passer les veaux mâles et femelles au lait entier permet de réduire ses livraisons de 6 500 litres. Soit une de réduction équivalente à 1,3 % du volume annuel. Au final, dans des systèmes avec des vêlages d’automne, 40 à 60 % des veaux sont en phase lactée au cours du dernier trimestre. La mise en œuvre de l’aide à la réduction temporaire de la production laitière intervient dans la période de pic des vêlages. Pour élever une génisse avec du lait entier, 350 à 400 litres de lait sont nécessaires, colostrum non compris.

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