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La Position de l'Église Orthodoxe sur la Procréation Médicalement Assistée (PMA) et l'Orthodoxie Occidentale

Introduction

La procréation médicalement assistée (PMA) est un sujet complexe qui suscite de nombreux débats éthiques et religieux. Cet article explore la position de l'Église orthodoxe sur la PMA, ainsi que le concept d'Orthodoxie occidentale, en s'appuyant sur des sources historiques et théologiques.

La PMA à la Lumière des Religions Monothéistes

Les textes sacrés des trois religions monothéistes - judaïsme, christianisme, et islam - mettent en avant la procréation comme un but majeur de l'union physique entre un homme et une femme. La Genèse (1, 28) enjoint : "Croissez et multipliez, et remplissez la terre." La Torah rappelle fréquemment ce commandement, considéré comme le premier des 613 donnés par Dieu à Adam et Ève.

Différentes Perspectives Religieuses sur la PMA

  • Catholicisme : Même lorsque la procréation n'est pas possible, la vie conjugale conserve sa valeur. L'Église catholique s'oppose à la gestation pour autrui (GPA) et privilégie l'insémination artificielle à la fécondation in vitro (FIV), car elle considère cette dernière comme impliquant une "fabrication" ou une "marchandisation" de l'être humain.

  • Judaïsme : La principale objection halakhique à la PMA réside dans la transgression de "l'émission de semence en vain", c'est-à-dire l'éjaculation en dehors d'un rapport sexuel. Cependant, la plupart des décisionnaires contemporains autorisent la PMA lorsqu'il n'y a pas d'autre alternative, compte tenu de la peine et du désespoir que l'infertilité peut engendrer.

  • Islam : Bien que les courants de l'islam soient divers, la plupart des Églises protestantes laissent la liberté de choix entre les différentes techniques de PMA, certaines acceptant l'insémination artificielle avec donneur si nécessaire.

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La Position de l'Église Orthodoxe

L'Église orthodoxe adopte une position spécifique sur la PMA. Elle rejette la plupart des techniques de PMA et n'autorise aucune manipulation sur l'embryon. Cependant, certaines sources indiquent que l'Église orthodoxe autorise la FIV car elle estime qu'il ne lui revient pas de légiférer sur la vie privée de ses fidèles.

Principes et Attitudes

L'Association Orthodoxe d'Études Bio-Éthiques (A.O.E.B.E.) souligne que l'Église orthodoxe, de par sa structure ecclésiale, n'a pas de "magistère enseignant". Toute prise de position émane de l'Église entière, à partir d'une connaissance sérieuse des problèmes envisagés. L'A.O.E.B.E. réunit des scientifiques, médecins, paramédicaux, clercs, théologiens et fidèles orthodoxes confrontés aux questions posées par l'évolution de la médecine et de la recherche bio-médicale.

L'Orthodoxie Occidentale : Un Contexte Historique et Théologique

En 1937, Vladimir Lossky s'adresse aux membres de la Commission pour les affaires de l'Orthodoxie occidentale. Il identifie trois éléments clés pour la réalisation de l'Orthodoxie occidentale : le mouvement catholique-évangélique de Monseigneur Winnaert, la confrérie Saint-Photius, et la Patriarchie de Moscou.

Les Trois Piliers de l'Orthodoxie Occidentale selon Lossky

  1. Le Mouvement Catholique-Évangélique de Monseigneur Winnaert : Ce mouvement représente l'Occident en quête de la plénitude de vie dans l'Église. Monseigneur Winnaert, contrairement aux vieux-catholiques, cherchait loyalement la vraie tradition évangélique et désirait la catholicité, la tradition universelle. Pour lui, le problème catholique-évangélique devient le problème de l'Orthodoxie occidentale.

  2. La Confrérie Saint-Photius : Cette confrérie a posé la thèse de l'Orthodoxie occidentale. En 1926, elle a constaté la nécessité pour les orthodoxes résidant en Occident d'étudier et de vénérer les traditions orthodoxes du sol. Elle a proclamé la maxime : "Tout ce qui est antérieur à l'an 1054 est à nous." En 1927, Eugraph Kovalevsky a formulé le but essentiel de cette partie de la Confrérie comme un travail pour l'avènement de l'Orthodoxie occidentale.

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  3. La Patriarchie de Moscou : Le décret de juin 1936 du Patriarcat de Moscou est considéré comme la Grande Charte de l'Orthodoxie occidentale. La volonté de l'Église, accomplie par le Métropolite Éleuthère, a fait du groupe catholique-évangélique le premier noyau des orthodoxes occidentaux.

Le Rôle de l'Occident dans la Quête de l'Orthodoxie

Lossky souligne que l'état naturel pour chaque âme chrétienne est l'Orthodoxie. Il faudrait remonter à 1054 pour retracer l'histoire de cette fermentation orthodoxe en Occident séparé. À chaque tournant de l'histoire, on trouverait des phénomènes témoignant de cet élan vital vers la plénitude de l'Église perdue ou endommagée par l'erreur de Rome.

Les Limites des Tentatives de Réforme en Occident

Lossky note que cette fermentation orthodoxe en Occident séparé, en tant qu'elle restait dans les limites tracées par le grand schisme de Rome, était vouée à une destinée tragique, à une voie sans issue. L'intention première était toujours juste : sentiment de malaise spirituel, recherche de plénitude de vie dans l'Église. Mais lorsque cet élan vers la plénitude opposait un groupe de chrétiens occidentaux à Rome, sans les ramener à l'unité première de l'Église, une nouvelle séparation se produisait en Occident, un nouveau morcellement de l'Église de Rome.

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