La mise bas chez la chienne est un processus naturel, mais qui peut parfois être compliqué par des problèmes tels que la rétention placentaire. Cet article vise à fournir une information complète sur les causes, le diagnostic et les traitements de la rétention placentaire chez la chienne.
Préparation à la mise bas
Au terme d’environ 60 jours de gestation chez la chienne, elle est prête à mettre bas. C’est un moment qu’il faut savoir préparer. L’environnement de la chienne doit être confortable, bien-sûr, mais pensez aussi à bien le préparer pour la sécurité et le confort des chiots à venir. La préparation à la mise-bas comporte aussi la préparation du lieu dédié à cette mise-bas. La chienne doit pouvoir avoir accès à la zone de maternité une semaine avant la date prévue de mise-bas afin de pouvoir s’habituer au lieu. Pour les chiennes à poils longs il sera intéressant de couper les poils pouvant limiter l’accès aux mamelles si besoin est. La chienne pourra aussi être lavée avec es produits adaptés si cela semble nécessaire.
Détermination de la date de mise bas
La durée de la gestation chez la chienne est variable selon que l’on considère la date d’ovulation ou la date de saillie (qui donne une durée apparente). Pour connaître une date de mise-bas la plus précise possible, il est impératif de réaliser un suivi de chaleurs. Si la date d’ovulation n’est pas connue, il sera possible d’estimer une date de mise-bas grâce aux mesures de foetométrie. Celles-ci sont réalisables par échographie abdominale et seront d’autant plus précises qu’elles sont prises précocement et répétées au cours de la gestation pour affiner le calcul (au moins autour de 25 jours et 40 jours pour estimer le format des vésicules puis des diamètres bipariétaux). Les races géantes ont, de plus, tendance à présenter des durées de gestation plus longues.
Surveillance et signes avant-coureurs
Etre disponible pour assister la chienne pendant sa mise-bas est la clef d’une mise-bas réussie. Cela permet également de réagir le plus rapidement possible en cas de problème. En effet, 25% de la mortalité néonatale est en lien avec une dystocie ou une mise-bas de longue durée (Gill, 2001). Avant le 35ème jour, il est difficile de savoir si une chienne est gestante. S'il y a eu une saillie, le mieux est de consulter son vétérinaire, lequel peut réaliser une échographie abdominale vers le 25ème jour. L'avis de Bulle Bleue : L'imagerie est indispensable puisqu'elle permet de déterminer la viabilité et le nombre de chiots à naître, et donc de se préparer à accueillir la portée de petits. Avec le calcul de la gestation, ou tout simplement grâce aux indications du vétérinaire, il est possible de déterminer quand se déroulera la mise-bas. Si vous vous y êtes préparé, alors tout devrait bien se passer. La veille, vous saurez que c'est le moment lorsque votre chienne aura perdu son appétit et qu'elle cherchera soit à être vos côtés, soit à s'isoler, en fonction de son caractère.
- Modifications comportementales et lactation : Les modifications comportementales et le démarrage de la lactation sont des signes d’une mise-bas proche. Concernant le comportement, dans les jours précédents la mise-bas, la chienne peut commencer à « préparer le nid » : elle rassemble ses jouets et prend possession d’une zone dédiée. Quelques jours avant la mise bas, votre chienne va commencer à haleter et à s'agiter, c'est-à-dire bouger pour trouver un espace confortable où accueillir ses chiots. Elle préfèrera un endroit très calme, plutôt obscur et toujours situé à l’écart du passage et des bruits. Vous pouvez l’aider en mettant une caisse de mise bas ou un coussin profond à sa disposition. Ces accessoires doivent être suffisamment grands pour contenir toute la petite famille à venir, et être équipés de rebords pour que les futurs chiots n’en tombent pas. Attention à éviter les courants d’air ou la baisse de température, car les chiots ne sont pas capables de réguler leur propre température corporelle.
- Température rectale : Concernant la température rectale, une baisse de la température rectale est observée dans plus de 90 % des cas à condition de prendre la température de la chienne 4 à 5 fois par jour (nuit comprise). Cette baisse est d’environ 1°C par rapport à la moyenne des jours précédents dans les 8 à 24 (maxi 48h) heures avant le début du travail. Prendre la température rectale de la chienne toutes les 5 à 6h en démarrant 4 à 5 jours avant la date présumée de la mise-bas, cela permettra de connaître les variations de la chienne sur la journée. Lorsque la température chute de 1°C, surveiller la chienne en permanence. La chute de température est liée à la chute de progestérone. Cette chute hormonale correspond au déclenchement de la mise-bas. La veille du travail, on observe au moins 1°C de moins chez la chienne, à condition de vérifier plusieurs jours avant.
- Dosage de progestérone : Ainsi, le seul moyen de savoir qu’une chienne est à terme lorsqu’aucune date d’ovulation n’est connu est le dosage de progestérone. Les données de la littérature indiquent que la mise-bas se produit dans les 24 à 48h lorsque le taux de progestérone est inférieur à 2ng/mL (attention il existe quelques variations en fonction de la machine de dosage utilisée). Ainsi, une chienne (ayant une portée de plusieurs chiots) ayant dépassé le terme estimé doit avoir un dosage de progestérone. Si celui-ci est supérieur à 2ng/mL, il est possible de conclure qu’elle n’est pas à terme.
Suivez bien l’évolution de la gestation ainsi que les modifications de l’état de la chienne, et essayez de connaître la date de la mise-bas. S’il vous semble que la date prévisible est dépassée, n’hésitez pas à consulter votre vétérinaire. La date normale de mise-bas se situe autour du 63ème jour de gestation.
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Déroulement normal de la mise bas
La mise bas chez la chienne n'est pas bien différente des autres mammifères, êtres humains inclus. Cela a beau être naturel et merveilleux, cela n'en est pas moins épuisant et douloureux. La mise bas peut mettre entre 30 minutes et 4 heures environ, parfois davantage, selon le déroulement de l'accouchement.
La mise-bas se déroule en trois phases distinctes :
- Première phase : Préparation à la mise-bas, la chienne présente des contractions utérines uniquement (non perceptibles à l’œil), elle peut être inquiète et chercher de l’attention ou au contraire s’isoler. Cette phase est rapide chez les multipares mais peut durer plusieurs heures chez les primipare. Les premiers signes annonciateurs qui apparaissent, en même temps que l'agitation, sont les contractions utérines, lesquelles vont accompagner la dilation du col de l'utérus.
- Deuxième phase : Expulsion des chiots. Cette phase a une durée dépendante du nombre de chiots. Elle dure en général entre 4 et 16 heures. Pendant la phase de la mise bas, les contractions utérines vont devenir plus fortes et même devenir visibles au niveau de l'abdomen. La température corporelle de votre chienne va remonter et, peu de temps après, les chiots commenceront à naître. Moins de 12 heures après la « perte des eaux », les chiots sont donc expulsés un par un, à des intervalles de quelques minutes à une demi-heure. Si ce délai dépasse 1 heure, contactez rapidement le service d'urgences vétérinaires.
- Troisième phase : Expulsion des placentas. Chez la chienne, cette phase est très souvent concomitante à la précédente. Les placentas sont expulsés entre chaque chiot ou dans les minutes qui suivent l’expulsion du dernier chiot.
Lors de la deuxième phase, les chiots sont expulsés. Chez la chienne, il est important de savoir que le petit peut se présenter aussi bien par les pattes avant (présentation antérieure), ce qui représente 60% des naissances, que par les pattes arrières (présentation postérieure) dans 40% des cas. Les présentations normales du chiot.
Interventions possibles pendant la mise bas
- La faire marcher et faire téter les premiers chiots sortis : cela permet la synthèse, par la femelle, d’ocytocine, hormone induisant des contractions utérines et nécessaire au bon déroulement de la mise-bas
- Laisser la mère se reposer et se balader. Pendant la mise-bas, la chienne a le droit de sortir faire ces besoins. Cependant, ces sorties doivent évidemment être réalisées sous surveillance rapprochée afin que la mise-bas ne se poursuive pas dehors, dans un endroit non contrôlé. Ces sorties permettront à la mère de marcher et favoriseront les contractions utérines
- Lui proposer à manger et à boire : la mère a le droit de manger pendant la mise-bas. Si un grand nombre de chiots sont attendus ou que des signes de fatigues apparaissent, il est possible de donner un peu d’énergie à la chienne, même si elle ne veut pas manger, en appliquant miel ou confiture sur ses gencives.
Au bout de quelques jours, n’hésitez pas à reprendre les activités habituelles avec votre chienne : sorties, jeux… même si son attention sera naturellement portée sur ses chiots. La phase de la mise bas est impressionnante mais se déroule rarement mal.
Rétention placentaire : Définition et causes
La rétention placentaire se produit lorsque le placenta ou une partie de celui-ci n'est pas expulsé dans les délais normaux après la naissance d'un ou de plusieurs chiots.
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Les causes de problèmes à la mise-bas peuvent avoir une origine maternelle ou une origine fœtale. Chez la chienne, environ 75% des causes de dystocies sont d’origine maternelles. L’inertie utérine est souvent diagnostiquée lorsque les repères temporels définis plus haut ne sont pas respectés. Les défauts de présentation/position/posture du chiot sont aussi des causes importantes de dystocie. Les races miniatures sont prédisposées aux dystocies. Chez les races géantes, le problème peut venir du surnombre de petits. L’utérus, s’il est trop distendu, peut être dans l’incapacité à se contracter, provoquant ainsi une inertie utérine primaire. Des inerties utérines secondaires sont également possible chez les chiennes à grandes portées liées à un épuisement.
Particularité des portées avec un chiot unique
Chez la chienne, la présence d’un chiot unique n’est jamais souhaitée. En effet, la proportion de dystocie lors de portée unique est élevée. Le déclenchement de la mise-bas implique une cascade de réactions hormonales et physiques. Cependant, le point initial est dépendant des fœtus. Pour simplifier et imager le processus, le déclenchement est sous contrôle des fœtus une fois leur maturité atteinte. Ainsi, chez une grande chienne, le signal d’un chiot unique n’est parfois pas détectable par la mère. La prise en charge de la gestation avec chiot unique est donc très compliquée. En effet, on pourrait penser que le problème se résout rapidement grâce à une césarienne programmée. Ceci est possible à condition de connaître la date d’ovulation. Connaissant cette date, il est possible de réaliser la césarienne en toute sécurité car le chiot sera à maturité le jour choisi. Si la date d’ovulation n’est pas connue, être certain de la maturité fœtale le jour de la césarienne n’est pas possible. Le facteur de certitude défini en première partie de cette fiche, la chute de progestérone, n’est également pas utilisable dans ce cas particulier. En effet, si la mise-bas ne se déclenche pas seule, c’est justement parce que la progestérone ne chute pas. Ainsi, on ne peut donc pas utiliser ce dosage. Evidemment, lors d’un suivi, le dosage sera tout de même réalisé car si ce syndrome est fréquent, il existe tout de même un certain nombre de chiennes qui chutent en progestérone et mettent-bas naturellement. Lorsque la date d’ovulation n’est pas connue, il faudra donc dater approximativement la mise-bas grâce aux mesures de foetométrie puis réaliser des échographies de contrôle toutes les 12 à 24h.
Diagnostic de la rétention placentaire
Il est important de vérifier qu’il y a autant de placentas que de chiots, s’il en manque, il peut être retenu dans l’utérus, ce qui cause une infection (métrite) dans les jours qui suivent : écoulement malodorant, fièvre, abattement.
Pour détecter une anomalie de la mise-bas le plus rapidement possible il est fondamental de connaître quelques repères temporels. Ces données sont définies dans la littérature. Il ne s’agit évidemment que de repères mais il est important de les suivre et, si jamais l’un d’eux n’était pas respecté, de pouvoir faire un contrôle chez le vétérinaire pour s’assurer que la mise-bas se déroule correctement et que tous les chiots vont bien malgré le dépassement des délais prévus. Les pertes vertes correspondent à l’utéroverdine. Cette utéroverdine est un signe de décollement placentaire. Ainsi, lorsqu’un chiot est expulsé il est normal qu’il y ait des pertes vertes puisque son placenta s’est décroché. Par contre, si des pertes sont observées sans qu’il n’y ait d’expulsion de chiot, ou a fortiori, sans que la mère ne démarre d’effort expulsif, cela signifie qu’un placenta au moins est décollé et donc qu’un chiot va rapidement être en souffrance s’il n’est pas expulsé. Rouge foncé ou verdâtre normal 1-3 semaines.
Traitements
Lorsqu’elle est suspectée, il est impératif de consulter votre vétérinaire traitant.
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Cependant, en cas de présentation du chiot à la vulve, il est possible de tenter, à la maison, d’aider la chienne. Le premier impératif lorsqu’un chiot est coincé, est de lubrifier la filière pelvienne. Il faut, dans un second temps, s’assurer que le chiot a une posture normale : que la tête et les deux pattes avant sont allongées en présentation antérieure ou que la queue et les deux pattes arrières sont allongées en présentation postérieure. Il ne faut jamais tirer le chiot en agrippant uniquement la queue ou un membre, cela peut casser. Il faut soit tirer délicatement sur la tête en plaçant les doigts en arrière des mandibules, soit tirer délicatement sur les deux pattes arrière comme indiqué sur la figure suivante. La traction doit toujours se faire à l’occasion d’une contraction de la mère. N'essayez surtout pas de le débloquer vous-mêmes : vous risquez de causer des lésions irréversibles au chiot ou à la mère.
63,8 à 65% des dystocies sont traitées par césarienne. Certaines races de chien brachycéphales telles que le Bouledogue français ou le Bulldog anglais ont besoin d'une césarienne pour donner vie.
Comportement de la chienne après la mise bas
Avant la mise bas, la chienne va chercher à se constituer une sorte de nid ; une couche confortable et à l'écart du passage, où elle pourra protéger et prendre soin de sa portée. Pour lui offrir un environnement sans stress, vous pouvez investir dans une caisse de mise bas. La taille doit être adaptée, et le fond protégé par des serviettes ou des draps propres qui pourront être lavés juste après.
La plupart des chiennes mangent le placenta : elles peuvent en manger un ou deux, mais il est déconseillé de la laisser en manger davantage, cela pourrait provoquer des troubles digestifs.
Gestation extra-utérine
Photos 1 Images échographiques en différentes coupes de la masse abdominale. Structure sphérique sans lien apparent avec les organes aux alentours. Juliette ROOS ECAR Resident Small Animals CHUVA Ecole vétérinaire d'Alfort Reproduction La présence de foetus en dehors des voies génitales a fait l'objet de plusieurs cas publiés dans l'espèce féline. Si les vraies gestations extra-utérines (développement foetal hors de l'utérus) sont décrites chez la femme, leur existence chez la chatte n'a jamais été établie à notre connaissance. Les foetus sont plutôt des découvertes fortuites au stade de foetus momifié. La présence de foetus momifiés intra-abdominaux chez la chatte ne semble pas être anecdotique, comme le montre ce cas clinique. Une chatte européenne stérilisée de 4 ans est présentée pour un bilan de santé suite à une ovario-hystérectomie réalisée trois mois auparavant. Avant celle-ci, elle avait eu deux gestations. La première, deux ans et demi auparavant, s'est soldée par une mise bas prématurée avec des petits à terme, dont la cause n'a pas été recherchée. La seconde est allée à son terme normalement avec mise bas naturelle de quatre chatons vivants. Lors du cycle suivant, une nouvelle gestation a été constatée et une ovario-hystérectomie a été réalisée (vers 30 jours de gestation). L'intervention chirurgicale s'est déroulée sans incident. Aucune anomalie de l'utérus ou des ovaires n'a été détectée par le chirurgien. La chatte est en bon état général lors de sa présentation. L'examen clinique révèle une palpation abdominale souple et non douloureuse mais avec présence d'une masse ferme d'environ 3 cm de diamètre dans l'abdomen moyen qui semble mobilisable et non adhérente aux organes environnants. Le diagnostic différentiel d'une masse abdominale comporte principalement les affections suivantes : organomégalie, tumeur, hématome, corps étranger. Observation d'une masse encapsulée Différents examens complémentaires ont été réalisés pour déterminer l'origine de cette masse : - échographie abdominale (photos n° 1) : observation d'une masse sphérique hétérogène de 2 cm de diamètre avec des parties calcifiées ; aucun lien avec les organes autour n'a été identifié, la masse semble encapsulée ; certaines zones semblant calcifiées, il a été décidé de réaliser une radiographie abdominale ; - radiographies abdominales : observation d'une masse encapsulée contenant ce qui pourrait être des os (photo n° 2) ; cette image ainsi que les images échographiques évoquent un foetus momifié ou un nodule de Bate ( nodular fat necrosis ) ; malgré la forte suspicion de foetus momifié, aucun diagnostic de certitude ne peut être fait avec ces examens d'imagerie ; Laparotomie exploratrice - le bilan biochimique pré-anesthésique en vue d'une laparotomie exploratrice (urémie, créatininémie, phosphatases alcalines, alanine aminotransférases, protéinémie, albuminémie, glycémie) et l'hématocrite sont sans anomalie. Une laparotomie exploratrice est décidée. Une masse encapsulée d'aspect nacré ne présentant aucune adhérence avec les organes environnants est retirée puis envoyée au laboratoire pour analyse histologique (photos n° 3). Elle révèle la présence de cellules typiques de placenta, de peau, d'os et de cartilage caractéristiques d'un foetus momifié. L'exérèse n'a eu aucune conséquence sur la vie de l'animal. Les gestations extra-utérines vraies, ou ectopiques, représentent environ 1 % des gestations chez la femme et sont la cause d'approximativement 10 % des décès lors de grossesse et de 16 % des cas d'hémorragie [1]. Il s'agit de gestations se déroulant hors de l'utérus. Elles se classent en deux sous-catégories : les gestations tubaires (dans la trompe de Fallope, qui représentent environ 95 % des gestations extra-utérines humaines) et les gestations abdominales. Gestations tubaires chez les primates Ces dernières se classent également en deux catégories. D'une part sont décrites les gestations abdominales primaires lors desquelles le foetus n'a eu aucun lien avec l'utérus et la placentation se retrouve alors sur d'autres organes abdominaux (mésentère, péritoine ou tout organe abdominal) [2]. Ce cas de figure intervient notamment lorsque l'ovule (qui peut être fertilisé dans l'abdomen) ou l'embryon s'échappe de l'oviducte et peut être la conséquence de manipulations chirurgicales, par exemple une hystérectomie dans la période proche d'une copulation [1, 3, 4]. D'autre part sont décrites les gestations abdominales secondaires qui se définissent comme des gestations débutant au sein de l'utérus avec passage du foetus dans la cavité abdominale suite à une rupture utérine. Le placenta peut alors être retenu dans l'utérus, réimplanté ailleurs dans l'abdomen ou être totalement détaché. Il s'agit d'un avortement intra-abdominal. Chez l'animal, les gestations tubaires sont très rares et décrites uniquement chez les primates [1, 5]. La poursuite du développement d'une gestation abdominale, observée chez la femme, est rarement décrite chez l'animal et les cas publiés sont majoritairement des gestations abdominales secondaires. Pas de cicatrice sur l'utérus La lapine peut présenter une gestation abdominale avec développement des foetus jusqu'à l'obtention de foetus proches du terme [6, 7]. Cette similitude entre les deux espèces s'explique par un mode de placentation similaire (hémochoriale). Chez les espèces n'ayant pas ce type de placentation, la possibilité d'une vie extra-utérine semble très peu probable. A notre connaissance, aucune publication n'a fait la preuve d'un développement placentaire extra-utérin chez la chatte. Néanmoins, il s'agit de l'espèce chez laquelle il existe le plus grand nombre de case reports le suspectant. Des cas ont également été décrits chez la chienne, la brebis, la jument, la vache, la truie, le hamster et le rat [5, 7-11]. Dans notre cas, aucune cicatrice n'a été visualisée sur l'utérus. Ceci est très fréquent, le myomètre ayant une forte capacité de régénération. De plus, au vu de l'état de momification, le foetus ne devait pas être issu de la dernière gestation qui était peu avancée (foetus non ossifiés alors qu'un squelette a été trouvé au sein de la momie). Souvent une découverte fortuite Nous pouvons suspecter que la sortie du foetus de l'utérus a été consécutive à un traumatisme lors de la première gestation ayant probablement provoqué la mise bas prématurée. Le foetus était encapsulé dans une structure lisse sans adhérence aux autres organes. La formation de ce type de structure, parfois calcifiée, avec possibilité de conservation stérile à l'intérieur de l'abdomen, est également bien décrite chez la femme. On parle de lithopédion, ou stone child , qui peut rester plusieurs années sans signe clinique (le cas le plus long étant d'environ 65 ans) [12]. Ainsi, la présence de foetus momifiés intra-abdominaux chez la chatte ne semble pas être anecdotique. Il s'agit le plus souvent de découverte fortuite, l'animal ne montrant aucun signe clinique associé à leur présence. Le myomètre ayant des capacités de régénération très rapide, les marques de rupture utérine ne sont souvent pas visibles macroscopiquement.
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