Une interruption volontaire de grossesse (IVG) est une décision personnelle et peut être réalisée de manière médicamenteuse ou chirurgicale. Quelle que soit la méthode, il est essentiel de suivre les recommandations médicales pour minimiser les risques de complications. Cet article aborde spécifiquement les risques associés à la baignade en piscine après une IVG et fournit des conseils pour une récupération en toute sécurité.
IVG : Aperçu des Méthodes et Suivi Médical
L’interruption volontaire de grossesse (IVG) peut se réaliser de manière médicamenteuse ou chirurgicale. En France, l’IVG médicamenteuse consiste à prendre deux médicaments, chargés d’interrompre la grossesse.
IVG Médicamenteuse
Une IVG médicamenteuse repose sur la prise successive de deux médicaments, mieux connue sous le nom de « pilule abortive ». Le premier médicament provoque généralement des saignements, et le deuxième peut être à l’origine de douleurs pelviennes.
- Effets secondaires courants : Douleurs pelviennes, saignements (parfois plus abondants que les règles habituelles et accompagnés de caillots), nausées, sensibilité des seins.
- Risques : Échec de l’IVG (dans environ 5 % des cas), hémorragie abondante, risque d’infection.
- Signes d’échec : Persistance des symptômes de la grossesse.
L’expulsion du sac gestationnel a généralement lieu dans les 4 heures suivant la prise du deuxième comprimé (60 % des cas). Elle se distingue lorsque les saignements vaginaux sont plus importants. Il est important de noter que même si les saignements surviennent après la prise du premier médicament, cela ne certifie pas que la grossesse a été interrompue.
IVG Chirurgicale
Dans le cadre d’une IVG chirurgicale, le praticien dilate le col pour passer une canule plastique à l’intérieur, reliée à un dispositif qui permet d’aspirer le contenu utérin.
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Suivi Post-IVG
Après une IVG médicamenteuse ou chirurgicale, une consultation de contrôle est obligatoire 14 à 21 jours après l’intervention. Cette consultation permet de vérifier le retour à l’état normal des organes génitaux et peut être effectuée par un gynécologue ou un médecin traitant. En plus de l’examen clinique, le médecin ou la sage-femme pourra vous proposer de réaliser une prise de sang pour doser les β-hCG ou une échographie. Tous ces examens et consultations sont pris en charge à 100% par l’Assurance maladie sans aucune avance de frais que vous soyez majeure ou mineure.
Risque d’Infection Après une IVG
Une interruption volontaire de grossesse (IVG) expose à un risque d’infection, tout comme un avortement spontané. C’est pourquoi il est recommandé aux femmes qui en ont subi d’éviter les rapports sexuels jusqu’à l’arrêt de tout saignement. Cette durée est généralement d’une dizaine de jours, mais peut aller jusqu’à deux semaines.
Pour éviter toute infection, il est conseillé de :
- Ne pas utiliser de tampons.
- Ne pas avoir de rapports sexuels avec pénétration.
- Ne pas prendre de bain, ne pas nager ni vous baigner (la douche est cependant autorisée).
- Ne pas faire de douche vaginale.
Si vous êtes soignée pour une infection, ou encore une lésion vaginale ou utérine en rapport avec l’avortement, vous devrez vous assurer d’être bien guérie avant de reprendre une activité sexuelle normale.
Pourquoi Éviter la Piscine Après une IVG ?
L’essentiel à retenir : le col de l’utérus restant dilaté après l’intervention, l’eau de la piscine permet aux bactéries de remonter et de provoquer une infection utérine. Pour garantir une bonne cicatrisation, il est impératif d’éviter toute immersion (bain, piscine, mer) pendant environ deux semaines.
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Vous rêvez de vous détendre dans l’eau chaude, mais l’impératif de ne pas prendre de bain après une IVG existe pour une raison médicale bien précise que vous ne devez surtout pas ignorer. Ce geste anodin expose votre utérus en pleine cicatrisation à des bactéries nocives, augmentant drastiquement le risque d’infection.
Explication Médicale
Que l’intervention soit médicamenteuse ou chirurgicale, le résultat mécanique est identique : votre col de l’utérus a été forcé. Cette vulnérabilité n’est heureusement pas définitive. Votre organisme lance immédiatement un processus de réparation pour que le col se referme et rétablisse sa protection naturelle, mais ça ne se fait pas en une heure. Durant ce laps de temps critique, la moindre imprudence se paie cash.
Même dans une piscine qui semble propre, l’eau grouille de bactéries et de micro-organismes, souvent bourrée de chlore agressif pour la flore vaginale. Le problème est physique : en immersion, cette eau chargée peut s’infiltrer par le col béant et remonter jusqu’à la cavité utérine. La sanction immédiate porte un nom : l’endométrite, une infection sérieuse de la paroi utérine qui exige des antibiotiques costauds.
Avec les cachets, les contractions forcent le col à s’ouvrir pour laisser passer le contenu utérin. Tant que l’expulsion n’est pas complète, cette porte reste entrebâillée aux bactéries extérieures. Ici, le col a été dilaté mécaniquement. Même si l’utérus est vide, la zone a subi un traumatisme physique.
Combien de Temps Attendre ?
La règle d’or ? Attendez l’arrêt des saignements francs avant de plonger dans votre baignoire. Comptez au moins 10 à 15 jours de patience. Ne jouez pas aux devinettes. Comptez deux semaines minimum pour être tranquille. Attention, moins de sang ne signifie pas guérison. Ces délais sont des moyennes. Chaque corps réagit différemment. N’anticipez pas la reprise et respectez la consigne de ne pas prendre de bain après une IVG sans l’accord explicite de votre soignant.
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Alternatives et Précautions
Savoir ce qu’il ne faut pas faire, c’est bien. Savoir par quoi le remplacer, c’est mieux. Bonne nouvelle, la douche est autorisée et même chaudement recommandée. En revanche, la piscine, le spa et la mer sont encore plus dangereux que la baignoire. L’eau y est partagée, souvent bourrée de chlore agressif pour la flore, et chargée de micro-organismes. Évitez les jets trop chauds sur la poitrine si vos seins sont douloureux.
Gestion des Saignements et de la Douleur
Des saignements variables, parfois plus abondants que des règles et accompagnés de caillots, sont fréquents. C’est le signe mécanique que l’utérus se contracte et se vide progressivement. Pour la douleur, l’ibuprofène est souvent recommandé par les soignants. Il faut éviter l’aspirine qui peut augmenter les saignements.
Quand Consulter un Médecin ?
Certains symptômes ne doivent jamais être pris à la légère, surtout si la consigne de ne pas prendre de bain après une IVG a été négligée. Une douleur anormale, une fièvre ou un saignement excessif ne sont jamais des signes à banaliser. Au moindre doute, il ne faut pas hésiter une seconde.
Si ces saignements, de type règles périodiques, durent plus de 15 jours, cela doit être signalé au médecin. Notez aussi que ces pertes doivent être olfactivement neutres. Si tel n’était pas le cas, il faudrait consulter en urgence.
Complications Possibles Après une IVG
Les IVG constituent généralement des interventions sécurisées. Le risque de problèmes ou de complications pendant ou après un avortement est par conséquent très faible.
Les complications possibles (˂ 0,2 %) ou les problèmes consécutifs à un avortement sont les suivants :
- Saignements prolongés dans la période qui suit l’intervention.
- Saignements excessifs ou lésions de l’utérus (causées pendant l’intervention).
- Infections.
- Test de grossesse positif lors de la consultation de contrôle.
Saignements Prolongés
Dans la période qui suit un avortement, si des saignements prolongés ou abondants se produisent, cela est généralement dû à la présence dans l’utérus de tissus restés en place malgré l’intervention ou l’IVG médicamenteuse. Si ces tissus résiduels ne sont pas expulsés spontanément, une nouvelle intervention devra être réalisée afin de les éliminer. Dans ce cas, le médecin peut décider de recourir à un traitement médicamenteux additionnel ou à une (nouvelle) IVG chirurgicale par aspiration.
Saignements Excessifs ou Lésions de l’Utérus
Dans de rares cas (< 0,2 %), des pertes de sang excessives surviennent pendant ou immédiatement après un avortement instrumental réalisé au cours du deuxième trimestre de la grossesse (à partir de 13 semaines). Des lésions de l’utérus ou des problèmes de coagulation sanguine peuvent être à l’origine de cette complication. Une nouvelle intervention en milieu hospitalier peut alors s’avérer nécessaire.
Infections
L’intervention est réalisée dans des conditions d’hygiène telles que le risque infectieux est très faible. Par précaution supplémentaire, des antibiotiques peuvent être prescrits pour prévenir les infections.
Si, après l’intervention, vous avez de la fièvre (plus de 38,5°C pendant plus d’une journée) et des maux de ventre, il se peut qu’il y ait une infection. Dans ce cas, il faut en informer immédiatement le médecin traitant au plus vite.
Test de Grossesse Positif Lors de la Consultation de Contrôle
La positivité du test s’explique généralement par la présence dans l’utérus de tissus restés en place après l’avortement. Dans de rares cas seulement, il s’agit d’une grossesse persistante. Le risque de présence dans l’utérus de tissus résiduels après une IVG médicamenteuse est d’environ 5 à 6 %. Le risque de présence dans l’utérus de tissus résiduels après une IVG chirurgicale par aspiration est d’environ 1 à 2 %. Dans ces cas, le médecin décide, en concertation avec la patiente, de recourir à un traitement médicamenteux supplémentaire ou à une (nouvelle) IVG chirurgicale par aspiration.
Fertilité Après une IVG
Il n’est pas scientifiquement prouvé que les IVG entraînent une baisse de la fertilité. De plus, les avortements causent rarement des adhérences utérines. C’est généralement une infection qui est à l’origine de la stérilité. En effet, dans la période qui suit un avortement, une fausse couche ou un accouchement, vous êtes davantage susceptible de contracter une infection utérine.
Curetage Après une IVG ou Fausse Couche
Une fausse couche ou une interruption volontaire de grossesse nécessitent parfois la réalisation d’un curetage. Dans le domaine médical, le curetage désigne le geste chirurgical qui consiste à retirer (au moyen d’un instrument ressemblant à une cuillère, généralement nommé “curette”) tout ou une partie d’un organe d’une cavité naturelle. On emploie généralement ce terme au sujet de l’utérus.
On peut réaliser un curetage à des fins de diagnostic, par exemple pour effectuer une biopsie de l’endomètre, mais aussi, et surtout, à des fins thérapeutiques, pour éliminer les résidus d’endomètre qui n’auraient pas été évacués naturellement. C’est notamment le cas lorsqu’une fausse couche spontanée ou provoquée n’a pas permis l’expulsion complète de l’embryon (ou du fœtus), l'évacuation du placenta et de l’endomètre. Par extension, le terme de curetage est employé pour parler de la technique d’aspiration, qui est moins invasive, moins douloureuse et moins à risque pour la femme qu’un curetage “classique”.
S’il faut réaliser un curetage pour éliminer des résidus de placenta ou d’endomètre, c’est parce que ces tissus peuvent à terme entraîner des complications, telles qu’une hémorragie, une infection ou une infertilité. Mieux vaut donc les retirer avec soin, après avoir laissé un peu de délai pour une éventuelle expulsion naturelle, ou à l’aide de médicaments.
Comment se Passe un Curetage ?
Un curetage de l’utérus se réalise au bloc opératoire, sous anesthésie locale ou générale. Elle est conduite par un chirurgien gynécologue, qui peut parfois administrer un produit pour dilater le col de l’utérus avant l’intervention afin de pouvoir plus facilement accéder à la cavité utérine. Courte, l’intervention s’effectue le plus souvent en ambulatoire, avec une sortie le jour-même.
Lorsqu’il y eu fausse couche ou une IVG, le col de l’utérus s’est ouvert. De la même façon qu’il peut mettre plusieurs heures ou jours à s’ouvrir, le col de l’utérus peut mettre un certain temps à se refermer. Lorsque le col est ouvert, l’utérus peut être exposé à des germes, ce qui peut occasionner une infection. Par ailleurs, si des douleurs intenses, de la fièvre ou des saignements abondants surviennent quelques jours après un curetage, mieux vaut en informer son gynécologue.
Risques du Curetage
Le curetage réalisé avec une “curette” est un geste invasif, qui, comme tout geste au niveau de l’utérus, peut créer des adhérences dans la cavité utérine. Il arrive alors, dans de rares cas, que ces blessures et adhérences rendent difficile la survenue d’une nouvelle grossesse, ou encore qu’elles gênent l’évacuation des règles. On appelle syndrome d’Asherman, ou synéchie utérine, une maladie utérine caractérisée par la présence d’adhérences dans l’utérus, et pouvant survenir à la suite d’un curetage mal conduit.
Grossesse Après un Curetage
Une fois que l’on s’est assuré via une échographie qu’aucun résidu de muqueuse utérine (ou endomètre) ou de placenta n’avait échappé au curetage, et que la cavité utérine est donc saine, rien en théorie ne s’oppose à la survenue d’une nouvelle grossesse. En pratique, c’est à chaque femme et à chaque couple de savoir s’ils se sentent prêts à retenter de mener à bien une grossesse.
Physiquement, des saignements et des douleurs de type douleurs menstruelles peuvent avoir lieu dans les jours qui suivent le curetage. Et psychologiquement, il peut être important de prendre le temps. Car une fausse couche ou une IVG peuvent être vécues comme des épreuves difficiles. Pour une IVG, l’aspect psychologique est aussi fondamental. IVG ou fausse couche, chaque femme et chaque couple vit cet événement à sa façon.
Médicalement, une grossesse après un curetage bien réalisé ne présente pas plus de risques qu’une grossesse classique. Il n’y a pas plus de risque de fausse couche après un curetage.
Reprise de l’Activité Sexuelle Après une IVG
Après une IVG médicamenteuse ou chirurgicale, il est recommandé d’attendre une dizaine de jours avant la reprise des rapports sexuels avec pénétration. En effet, si le col de l’utérus n’est pas refermé il existe un risque que des germes puissent remonter du vagin vers l’utérus et soient à l’origine d’une infection. Pour les mêmes raisons il est également recommandé de ne pas utiliser de tampons durant cette période. Si vous ne souhaitez pas de grossesse il est nécessaire d’utiliser une contraception dès la reprise des rapports sexuels après une IVG (une grossesse est possible même avant la reprise de vos règles).
Contraception Après une IVG
Au cours des différentes consultations effectuées pour réaliser l’IVG, vous recevez une information détaillée sur les méthodes contraceptives disponibles et pouvez échanger avec le médecin ou la sage-femme afin de choisir la contraception qui vous convient le mieux.
Aucune méthode n’est contre-indiquée après une IVG, sauf cas particulier. Seuls les moyens de contraception nécessitant des manipulations vaginales (anneau vaginal, cape cervicale, etc.) ne sont pas recommandés immédiatement après l’intervention, pendant le premier cycle suivant l’IVG.
La contraception que vous avez choisie peut être mise en place dès la réalisation de l’IVG. Un dispositif intra-utérin (au cuivre ou à la progestérone) peut être posé immédiatement après la réalisation de l’IVG instrumentale (sauf en cas d’épisode infectieux) ou lors de la visite de suivi pour une IVG médicamenteuse.
Une contraception hormonale, œstroprogestative (pilule, patch transdermique) ou progestative (pilule, implant, injection intra musculaire) peut être débutée :
- Le jour même ou le lendemain d’une IVG instrumentale.
- Le jour de la prise de misoprostol - prise du 2e médicament - pour une IVG médicamenteuse.
Les préservatifs externes (dits masculins) ou internes (dits féminins) peuvent être utilisés dès la reprise des rapports sexuels. Ce sont les seuls contraceptifs qui protègent des infections sexuellement transmissibles, dont le VIH-Sida.
Aspects Psychologiques
Le vécu d’une IVG est personnel et varie d’une femme à l’autre. C’est souvent le contexte de sa réalisation et l’accompagnement autour de l’IVG qui peuvent avoir un impact psychologique. Par ailleurs, les discours moralisateurs ou culpabilisants peuvent contribuer au mauvais vécu d’une IVG. Vous pouvez également vous tourner vers un psychologue ou encore vers des associations, comme le Planning familial, qui peuvent vous apporter un soutien important. A plus long terme, un accompagnement psychologique par un professionnel peut également être mis en place si vous en ressentez le besoin.
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