La piqûre de tique chez l'enfant est un sujet préoccupant pour de nombreux parents, car elle peut entraîner la transmission de maladies comme la maladie de Lyme. Cet article a pour but d'informer sur les symptômes à surveiller, les traitements disponibles et les mesures de prévention efficaces pour protéger les enfants.
Qu'est-ce qu'une piqûre de tique ?
Le terme « piqûre de tique » est couramment utilisé pour désigner le contact prolongé entre une tique et la peau d’un hôte. En réalité, il s’agit plutôt d’une morsure avec fixation prolongée. La tique explore la surface de la peau à la recherche d’un endroit propice, comme une zone fine, humide et peu exposée aux frottements. Elle s’ancre ensuite dans la peau grâce à un organe spécialisé appelé rostre, qui agit comme un harpon. Une fois fixée, la tique commence à prélever du sang lentement, un processus qui peut durer de quelques heures à plusieurs jours.
Zones du corps les plus fréquemment touchées
Les tiques ne piquent pas n’importe où par hasard. Elles sont attirées par les endroits où la peau est fine, chaude, peu exposée à la lumière et où elles peuvent rester fixées plusieurs heures sans être dérangées. Chez l’enfant, la tique est souvent trouvée derrière les oreilles ou dans les cheveux. Il est donc important d’inspecter minutieusement son enfant après chaque retour d’excursion en milieu naturel. Les endroits de prédilection d’une tique sont les aines, les aisselles, les derrières de genoux, les derrières d’oreille voire le cuir chevelu… Bref, des endroits peu visibles.
Symptômes à surveiller après une piqûre de tique
La piqûre de tique est souvent discrète, indolore et sans réaction immédiate évidente. Cependant, il est important de surveiller la zone de morsure pendant au moins un mois pour dépister l’apparition d’un érythème.
Réaction locale
Une rougeur peut apparaître dans les 6 à 24 heures après la piqûre. Cette réaction est normale et due à la salive de la tique. Elle ne signifie pas forcément qu’il y a eu contamination par une bactérie. Surveillez-la, mais ne paniquez pas.
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Érythème migrant
Si une plaque rouge inflammatoire, classiquement en “cocarde”, apparaît dans les jours ou les semaines suivant la piqûre, il peut s’agir d’un érythème migrant, le symptôme caractéristique de la maladie de Lyme. Cette plaque s’étend formant une plaque circulaire rouge plus claire au centre, chaude, de plusieurs centimètres de diamètre. Si une telle plaque apparaît, il ne faut pas attendre. Ce n’est pas une piqûre de moustique ni une simple allergie. Consultez un médecin. La présence de plusieurs macules érythémateuses, notamment chez un enfant, évoque un érythème migrant multiple (EMM), rare en France. L'EM et l'EMM peuvent s'accompagner de signes généraux. Aucun examen complémentaire ne doit être réalisé : la sérologie est le plus souvent négative et l'histologie peu spécifique.
Autres symptômes
D’autres symptômes inexpliqués (troubles neurologiques, douleurs inexpliquées, douleurs articulaires, etc.) peuvent également apparaître dans les 30 jours suivant la morsure. En cas de syndrome grippal (fièvre, frissons, maux de tête, courbatures), il est important de consulter un médecin.
Symptômes neurologiques et neuro-psychiatriques
Les manifestations les plus courantes et pourtant les plus subtiles de la maladie de Lyme chez les enfants sont émotionnelles, cognitives et comportementales. Le changement de personnalité, soudain ou progressif, est un symptôme important à surveiller. Les symptômes neurologiques et/ou neuro-psychiatriques sont souvent les premiers et les seuls signes d’infection. Trouble de mémoire, concentration, anxiété, dépression, irritabilité sont extrêmement fréquents ainsi que le déclin à l’école et au travail.
Quand consulter un médecin ?
Il est recommandé de consulter un médecin en cas de morsure dans les cas suivants :
- La personne mordue est une femme enceinte.
- Il s’agit d’une personne immunodéprimée.
- Il s’agit d’un enfant de moins de 8 ans.
- La tique est restée implantée plus de 36 heures ou n’a pas pu être retirée.
- S’il est impossible de savoir depuis quand la tique était accrochée à la peau et si elle était gorgée de sang.
- Si une plaque rouge qui ne gratte pas se développe autour d’une ancienne zone de piqûre.
Traitement
Un traitement antibiotique est inutile après une piqûre de tique, sauf situation particulière (par exemple, grossesse ou déficit immunitaire du fait d’une maladie ou d’un traitement). Si un érythème migrant apparaît, il devra être traité par antibiotiques pendant 14 jours, sans nécessiter d’examen complémentaire. Le traitement de première ligne chez l’enfant est oral pendant 14 jours par la doxycycline (4 mg/kg/j en 2 prises) ou l’amoxycilline (50 mg/kg/j en 3 prises). La doxycycline est contre indiquée avant l’âge de 8 ans. En cas de contre-indication à la doxycycline, notamment chez la femme enceinte aux 2e et 3e trimestres de grossesse : azithromycine 1 g en dose de charge, puis 500 mg par jour pendant 15 jours. Il est inutile de répéter le traitement.
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Comment retirer une tique ?
Il est important d’enlever le plus vite possible toutes les tiques en utilisant un tire-tique adapté à la taille de la tique, ou une pince à épiler :
- Saisir la tique le plus près possible de la peau.
- Tirer doucement, mais fermement, en évitant de casser le rostre (appareil buccal de la tique).
- Éviter de presser l’abdomen de la tique pour diminuer le risque de transmission de la maladie.
- Ne pas forcer pour enlever la tête de la tique si celle-ci est restée implantée, car cette partie ne peut plus transmettre la maladie.
- Désinfecter la peau avec de l’eau et du savon, ou avec de l’alcool modifié ou encore un antiseptique.
- Se laver les mains.
Il est recommandé de consulter un professionnel de santé si la tique est profondément enfoncée dans la peau. Bon à savoir : ne pas utiliser d’éther, de pétrole ou tout autre produit chimique pour enlever la tique. Cela peut entrainer une régurgitation de la tique et une libération de la bactérie qu’elle contient.
Prévention des piqûres de tiques
La prévention est essentielle pour éviter les piqûres de tiques et la transmission de maladies.
Protection vestimentaire
Porter des vêtements couvrants (protection de la tête et du cou, en particulier chapeau chez les enfants) et des chaussures fermées. Avant de partir en randonnée en forêt ou dans les broussailles, équipez-vous de vêtements qui recouvrent les bras, les jambes et le cou, et de chaussures montantes. Après la balade, faites une vérification sur et sous vos vêtements : les tiques ont tendance à aller se cacher dans les endroits où la peau est fine (aisselles, aines, plis des genoux, cuir chevelu, etc.). Évitez les bordures de sentier : c’est là que les tiques vous accrochent.
Répulsifs
Des répulsifs peuvent être utilisés en complément et pour des expositions occasionnelles : DEET (seule molécule à disposer d'une AMM), KBR3023, IR35/35, PMDRBO (principe actif de l'eucalyptus citronné). Ces répulsifs ne sont pas recommandés chez les femmes enceintes et les enfants de moins de 24 mois.
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Imprégnation vestimentaire
Une imprégnation vestimentaire par des insecticides est aussi possible. La perméthrine, notamment, peut être appliquée en pulvérisations sur la face externe des vêtements ; son effet dure 6 semaines.
Inspection du corps
Au retour d’une promenade ou d’une randonnée dans les zones à forte prolifération de tiques, il est primordial de procéder à un examen minutieux de tout le corps. Une inspection plus profonde doit être faite sur les zones du corps où la peau est fine : les aisselles ; les plis du genou ; les organes génitaux ; le nombril ; les conduits auditifs ; le cou ; le cuir chevelu. Il est recommandé de recommencer l’inspection du corps le lendemain, car si les tiques sont bien présentes, elles seront gorgées de sang et donc, beaucoup plus visibles. Une inspection bien faite peut vous éviter une semaine d’antibiotiques. Ça prend 3 minutes.
Entretien du jardin
Un jardin entretenu = un jardin où la tique a peu de chances de s’installer. Vous avez un jardin, une cour, un petit espace vert ? Si vous ne l’entretenez pas, la tique s’y installe comme chez elle.
Maladies transmises par les tiques
En Europe, le risque principal associé aux piqûres de tique est la maladie de Lyme, ou borréliose de Lyme. Elle est due essentiellement à la bactérie Borrelia burgdorferi, mais également à des Borrelia plus rares. Ces borrélies sont contenues dans la salive de tiques infectées et sont transmises à l’homme par l’intermédiaire de la piqûre. Il existe un autre danger, beaucoup plus rare en France, mais plus grave : l’encéphalite à tiques. Cette infection touche le système nerveux central. Deux autres maladies, plus rares mais bien réelles, peuvent aussi être transmises par les tiques : la babésiose et l’anaplasmose. Ces maladies sont provoquées par des micro-organismes différents : un parasite pour la babésiose, une bactérie pour l’anaplasmose. Ces maladies sont traitables, mais elles passent souvent inaperçues car leurs symptômes ressemblent à ceux d’une grippe.
Signalement TIQUE
Le gouvernement a mis sur pied une application « Signalement TIQUE » pour permettre aux personnes qui ont été mordues, de le signaler. Cela contribue au programme de surveillance des tiques. Cette application est disponible aussi bien sur IOS que sur Android. Toutes les étapes du signalement sont détaillées sur le site internet qui y est dédié.
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