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PIB par Habitant et les Pays les Moins Avancés (PMA) : Défis et Perspectives

Introduction

Les Pays les Moins Avancés (PMA) représentent un groupe de nations confrontées à des défis socio-économiques majeurs. Identifiés par l'ONU depuis 1971, ces pays se caractérisent par un faible revenu par habitant, des faiblesses structurelles et une forte vulnérabilité économique. Cet article se propose d'examiner en détail la situation des PMA, en mettant en lumière leurs défis, leurs perspectives de développement et l'impact du PIB par habitant sur leur trajectoire.

Définition et Caractéristiques des PMA

Les PMA, définis par l'ONU, sont des pays confrontés à des défis significatifs en matière de développement. En 2024, cette liste comprend 46 pays, principalement situés en Afrique (33), en Asie-Pacifique (12), et Haïti dans les Antilles. Ces nations, abritant environ 880 millions de personnes (12 % de la population mondiale), se distinguent par :

  • Faible revenu par habitant : Indicateur clé reflétant la pauvreté et le faible niveau de vie.
  • Faible développement humain : Mesuré par des indicateurs de santé, d'éducation et de niveau de vie.
  • Vulnérabilité économique : Sensibilité aux chocs économiques, aux catastrophes naturelles et aux crises.

45% de la population des PMA vit dans l'extrême pauvreté (moins de 1,25 dollar par jour). Les inégalités entre les sexes sont importantes et au détriment des femmes. Ils sont très vulnérables aux crises économiques et aux catastrophes.

Critères d'Évaluation des PMA

Le Comité des politiques de développement de l’ONU révise, tous les trois ans, les critères d'évaluation pour déterminer si un pays doit être inclus ou retiré de la liste des PMA. Ces critères sont basés sur trois indices principaux :

  1. Indice de revenu : Basé sur le Revenu National Brut (RNB) par habitant. Un pays est considéré comme PMA si son RNB est inférieur à 1 222 dollars.
  2. Indice de capital humain : Composé de deux sous-indices mesurant la santé (mortalité infantile et maternelle, retard de croissance) et l'éducation (taux de scolarisation, taux d'alphabétisation des adultes, parité des sexes dans la scolarisation).
  3. Indice de vulnérabilité économique et environnementale : Évalue la vulnérabilité économique (part de l'agriculture dans le PIB, enclavement, concentration des exportations, instabilité des exportations) et la vulnérabilité environnementale (population vivant dans des zones à risque).

Défis Socio-Économiques des PMA

Les PMA sont confrontés à une multitude de défis qui entravent leur développement :

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  • Pauvreté extrême : Une part importante de la population vit avec moins de 1,25 dollar par jour.
  • Inégalités : Fortes disparités entre les sexes, les régions (urbaines/rurales) et les groupes sociaux.
  • Faible diversification économique : Dépendance à l'agriculture, à l'extraction minière ou à l'exportation de matières premières.
  • Instabilité politique : Conflits, corruption et faiblesse des institutions.
  • Vulnérabilité aux chocs externes : Catastrophes naturelles, crises économiques mondiales et fluctuations des prix des matières premières.
  • Endettement : Dépendance à l'aide extérieure et aux prêts, souvent assortis de conditions contraignantes.
  • Intégration limitée dans la mondialisation : Faible participation au commerce international et aux investissements étrangers.

Les économies des PMA sont insuffisamment développées et diversifiées (majoritairement orientées vers l'agriculture vivrière) et peu intégrées dans la mondialisation. Ces pays souffrent souvent de troubles politiques (guerres, coups d'État, etc.) Ces pays connaissent la corruption, sont davantage exposés aux catastrophes (Haïti en 2010), etc. Certains de ces pays sont enclavés géographiquement, ils sont isolés et ne disposent pas d'une façade littorale pour importer et exporter des marchandises.

Le PIB par Habitant : Un Indicateur Clé

Le PIB par habitant est un indicateur économique essentiel pour évaluer le niveau de vie et le développement économique d'un pays. Il représente la valeur totale des biens et services produits dans un pays au cours d'une année, divisée par le nombre d'habitants. Un faible PIB par habitant est souvent associé à :

  • Faible niveau de vie : Accès limité aux biens et services essentiels (alimentation, logement, santé, éducation).
  • Pauvreté généralisée : Difficulté pour une grande partie de la population à satisfaire ses besoins fondamentaux.
  • Faible développement humain : Espérance de vie réduite, taux d'alphabétisation bas et accès limité à l'éducation.
  • Vulnérabilité économique : Sensibilité aux chocs économiques et aux crises.

Les PMA ne contribuent qu'autour de 1% au PIB mondial et sont à l'origine de 1% des exportations internationales. C'est-à-dire qu'un huitième de la population mondiale (celle des PMA) produit moins d'un centième du PIB mondial total. Ils ne reçoivent que 2% des IDE, même si cette part augmente.

Perspectives de Développement et Exemples de Réussite

Malgré les défis, certains PMA ont connu des progrès significatifs en matière de développement économique et social. Le Bangladesh est un exemple notable.

Le cas du Bangladesh

Historiquement agraire, profitant de la fertilité du delta du Gange, l’économie du Bangladesh (PIB de 460 Mds USD pour 175 M d’habitants) a connu un tournant industriel à partir des années 90 avec le développement du secteur du prêt-à-porter. Grâce à ses quelques cinq millions d’employés faiblement rémunérés, il assure aujourd’hui près de 90% des exportations, soit environ 40 Mds USD. Ce modèle s’appuie sur une économie peu diversifiée mais a néanmoins permis au pays de connaître un taux de croissance annuel moyen supérieur à 6% sur les cinq dernières années, de diviser le taux de pauvreté par deux et de quadrupler son PIB par habitant en moins de vingt ans pour atteindre environ 2700 USD en 2025, désormais à hauteur du voisin indien (2900 USD). Le Bangladesh a obtenu en 2021, année de célébration du cinquantenaire de l’indépendance, la confirmation par le PNUD de sa sortie de la catégorie des PMA. Ce reclassement sera formalisé en novembre 2026, après une transition étendue pour cause de COVID-19.

Néanmoins, le Bangladesh risque d’être particulièrement exposé aux conséquences de sa sortie des PMA. Le principal obstacle pour le pays concerne la perte de son accès préférentiel à de nombreux marchés, particulièrement le marché européen (régime « Tout sauf les armes ») qui absorbe près de 50% de ses exportations textiles, mais pour lequel le Bangladesh pourra profiter pendant une transition de 3 ans. La réimposition progressive de droits de douanes pourrait entraîner une baisse potentielle de 14% de ses exportations selon l’OMC.

Après avoir bien résisté à la crise du COVID-19, l’économie bangladaise a été, depuis le début du conflit en Ukraine, fortement affectée par la hausse des tensions sur ses équilibres extérieurs, alimentant l’inflation et réduisant ses réserves de change. L’importance du déficit commercial (15 Mds USD en 2024), un faible niveau d’IDE (3,2 Mds USD nets) et des transferts des expatriés décevants (22 Mds USD) ont contribué à la hausse des tensions sur la monnaie et les réserves de changes, passées de 46 à 19 Mds USD, soit de 5,8 à 2,3 mois d’importations, entre 2021 et 2024. Cette pression sur le taka a mené à une forte dévaluation face au dollar, de 83 Tk/USD en 2021 à 120 Tk/USD aujourd'hui. La situation s'est dégradé sous l’effet du contexte international, mais le déficit commercial est quoiqu’il en soit structurellement déficitaire, oscillant entre 4 et 6% du PIB. Les entreprises bangladaises sont performantes à l’export, mais les exportations restent peu diversifiées, avec 85% de prêt-à-porter dont les 5 plus gros pays-client de la filière représentent 60% des achats.

Historiquement maintenue sous la barre des 6%, l’inflation s’établit désormais durablement autour de 9% depuis septembre 2022, portée par la hausse des prix des matières énergétiques. De plus, la faible croissance couplée à la baisse de l’emploi total (4% des travailleurs ont perdu leur emploi entre juillet et décembre 2024), et à une inflation à près de 10% depuis plus de deux ans et demi, a fait replonger une partie de la population dans la pauvreté.

Concernant le secteur bancaire, il est aujourd’hui en grande difficulté après avoir souffert pendant plusieurs années des conséquences d'une mauvaise gouvernance sous le gouvernement Hasina, exploitée par l'élite politique et économique pour s’enrichir. La restructuration du secteur bancaire (PNP) est ainsi un enjeu majeur sur les prochaines années, notamment considérant le taux de prêts non-performants estimé aujourd’hui à environ 35% par la Bangladesh Bank. Bien que la Banque centrale ait entrepris plusieurs réformes pour endiguer la dégradation de la stabilité financière, la situation de certaines banques demeure particulièrement alarmante. Dans le cadre de la nouvelle Bank Resolution Ordinance 2025, qui renforce ses pouvoirs en matière de restructuration des institutions financières en difficulté, la Bangladesh Bank envisage notamment de fusionner cinq banques islamiques en crise - Social Islami Bank, Global Islami Bank, First Security Islami Bank, Union Bank et EXIM Bank - dans le cadre d’un ambitieux plan de stabilisation du secteur bancaire.

Stratégies de Développement

Pour améliorer leur situation économique et sociale, les PMA peuvent adopter diverses stratégies :

  • Diversification économique : Réduire la dépendance à l'agriculture et aux matières premières en développant l'industrie et les services.
  • Investissement dans le capital humain : Améliorer l'éducation, la santé et la formation professionnelle.
  • Bonne gouvernance : Lutter contre la corruption, renforcer les institutions et promouvoir l'état de droit.
  • Intégration régionale : Renforcer le commerce et la coopération avec les pays voisins.
  • Attraction des investissements étrangers : Créer un environnement favorable aux entreprises et aux investisseurs.
  • Gestion durable des ressources naturelles : Exploiter les ressources de manière responsable et protéger l'environnement.

Le Rôle de la Communauté Internationale

La communauté internationale a un rôle crucial à jouer pour soutenir les PMA dans leur développement. Cela peut se faire à travers :

  • Aide financière : Fournir une aide accrue et mieux ciblée pour soutenir les efforts de développement des PMA.
  • Allègement de la dette : Réduire le fardeau de la dette des PMA pour libérer des ressources pour le développement.
  • Accès aux marchés : Accorder aux PMA un accès préférentiel aux marchés des pays développés.
  • Transfert de technologie : Faciliter le transfert de technologies appropriées aux PMA.
  • Coopération technique : Fournir une assistance technique pour renforcer les capacités des PMA.

Sortie de la Catégorie des PMA

Lorsqu'un pays dépasse les seuils d'inclusion pour au moins deux des trois critères d'évaluation, il peut sortir de la liste des PMA. Plusieurs pays ont réussi cette transition, notamment le Botswana (1994), le Cap-Vert (2007), les Maldives (2011), les Samoa (2014), la Guinée Équatoriale (2017), le Vanuatu (2020), le Bhoutan (2023) et São Tomé-et-Principe (2024). Cependant, la sortie de la catégorie des PMA peut également entraîner des défis, tels que la perte de certains avantages commerciaux et financiers.

Néanmoins, le Bangladesh risque d’être particulièrement exposé aux conséquences de sa sortie des PMA. Le principal obstacle pour le pays concerne la perte de son accès préférentiel à de nombreux marchés, particulièrement le marché européen (régime « Tout sauf les armes ») qui absorbe près de 50% de ses exportations textiles, mais pour lequel le Bangladesh pourra profiter pendant une transition de 3 ans. La réimposition progressive de droits de douanes pourrait entraîner une baisse potentielle de 14% de ses exportations selon l’OMC.

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