Introduction
La contraction utérine est une manifestation essentielle de la contractilité de l'utérus, permettant l'expulsion de son contenu. Bien que cruciale pendant l'accouchement, cette propriété existe aussi en dehors de la grossesse, se manifestant par exemple lors des dysménorrhées ou, de manière indolore, dès le troisième mois de grossesse (contractions de Braxton-Hicks). Après l'accouchement, les tranchées utérines témoignent également de contractions similaires, quoique de moindre intensité.
Contractilité et Rétractilité : Deux Propriétés Distinctes
Dans la définition de la contractilité, l'intermittence est une notion clé. Elle permet de distinguer, au moins en apparence, la contractilité d'une autre propriété de la fibre utérine : la rétractilité. Cette dernière, comme la contractilité, appartient surtout aux fibres du corps utérin et est permanente. C'est grâce à elle que l'utérus revient sur lui-même après la perte d'une partie ou de la totalité de son contenu.
Cazeaux affirmait que « La rétractilité est compagne de la contractilité, et ces deux propriétés s'exercent successivement lors du travail, pendant la déplétion graduelle de l'utérus. Si, en effet, après la contraction qui a produit l'expulsion d'une certaine partie des corps renfermés dans la cavité de l'organe, les parois de celle-ci ne se rétractaient pas promptement pour remplir le vide, il y aurait inertie de la matrice ». Les tranchées des suites de couches, plus fréquentes chez les multipares, seraient ainsi rendues nécessaires par une insuffisance de la rétractilité, particulièrement fréquente chez les femmes ayant des parois utérines affaiblies.
Faut-il pour autant conclure à l'identité de la contractilité et de la rétractilité, en considérant la seconde comme une forme de la première, l'une intermittente et l'autre permanente ? Cela ne semble pas justifié, car certains utérus se contractent bien mais se rétractent mal. De plus, une contraction prolongée au-delà de sa durée normale constitue une contracture. Fochier enseignait que le raccourcissement marqué de la contracture conserve un caractère non définitif et peut céder après un certain temps, permettant à la fibre de retrouver sa longueur normale. « La contracture est le résultat de la fusion de contractions successives et se traduit cliniquement par la tension permanente du muscle. On en observe tous les degrés suivant le point de la courbe de contraction à laquelle débute la contraction suivante. Plus celle-ci débute au voisinage du sommet de la courbe, plus la fusion est complète et la contracture du muscle utérin suit les mêmes lois que le tétanos physiologique du muscle strié ».
Après sa rétraction, la fibre musculaire ne revient pas tout à fait à sa longueur initiale, mais reste plus courte d'une quantité infinitésimale. Chaque contraction s'accompagne d'un raccourcissement très prononcé et temporaire (contraction) et d'un raccourcissement extrêmement faible, mais permanent (rétraction). Les rétractions élémentaires de chaque contraction s'additionnent pour constituer la rétraction totale. Il y a donc plus qu'une simple question d'intermittence ou de permanence.
Lire aussi: Physiologie de la contraction isométrique
Manifestations cliniques des contractions utérines
Les contractions utérines, sous l'effet desquelles le col utérin s'efface et s'ouvre (phase 1), permettent ensuite l'expulsion du fœtus (phase 2). Un accouchement est considéré comme prématuré s'il survient avant la 37ème semaine d'aménorrhée (SA). Il est dit naturel (ou physiologique) s'il se déroule sans intervention thérapeutique, respectant ainsi sa physiologie.
Les contractions utérines sont dues à l'activité du myomètre, composé de fibres musculaires lisses, de tissu conjonctif et de nombreux vaisseaux. Leurs caractéristiques principales sont les suivantes :
- Intermittentes et rythmées : L'utérus se relâche entre les contractions.
- Progressives en durée et en intensité : Au début du travail, elles surviennent toutes les 15 à 20 minutes et durent de 15 à 20 secondes. En fin de première phase, elles surviennent toutes les 2 à 3 minutes et durent 30 à 45 secondes.
- Douloureuses : La douleur apparaît après un certain temps et se termine avant la fin de la contraction. L'intensité de la douleur varie d'une femme à l'autre et augmente avec la progression du travail. La crainte et l'angoisse peuvent la majorer. La douleur est le plus souvent abdominale et pelvienne, mais peut aussi être ressentie dans la région lombaire, notamment dans les cas de variétés postérieures.
Il est important de distinguer les contractions utérines de travail des contractions de Braxton-Hicks, qui peuvent s'observer dès 20 SA et devenir douloureuses au cours du dernier mois de grossesse.
Le tonus de base, inférieur à 20 mm Hg (en moyenne de 10 à 18 mm Hg), objective l'activité permanente du muscle utérin. L'intensité de la contraction est définie par la pression maximale atteinte, tandis que l'amplitude correspond à la différence entre la pression maximale et le tonus de base.
Rôle des Contractions Utérines dans l'Accouchement
Les contractions utérines ne se contentent pas de commander l'effacement et la dilatation du col. Elles permettent également les mouvements de flexion et de rotation de la présentation, indispensables à l'expulsion du fœtus hors des voies génitales maternelles.
Lire aussi: Comprendre la physiologie de l'allaitement
Régulation et Déclenchement du Travail
L'utérus n'est pas inactif pendant la gestation. Son activité contractile, faible jusqu'à environ 30 semaines d'aménorrhée, augmente ensuite régulièrement. Des variations circadiennes marquées, culminant pendant la phase nocturne, ont été observées. L'entrée en travail apparaît non pas comme une rupture, mais comme une amplification de ces rythmes circadiens spontanés, évoluant vers un état irréversible.
Le mécanisme physiologique qui provoque le début du travail est appelé « parturition », c’est un phénomène encore assez mal compris. On pense qu’il résulte d’une combinaison de signaux venant de la mère et du fœtus au terme de la grossesse : la sécrétion de cortisol par le fœtus d’une part, la diminution de la progestérone et l’augmentation des prostaglandines maternelles d’autre part.
La régulation de la contraction utérine implique de nombreux facteurs endocrines, paracrines ou autocrines (hormones stéroïdes, neuromédiateurs, eicosanoïdes, ocytocines, relaxine). Il n'est cependant pas encore possible de déterminer si l'un d'entre eux joue un rôle prépondérant dans les mécanismes d'initiation des contractions menant à la parturition.
Perspectives Futures
L'approfondissement de la connaissance des mécanismes régulateurs de la contraction utérine est indispensable pour ouvrir de nouvelles perspectives pharmacologiques, permettant de mieux maîtriser la contractilité utérine.
Lire aussi: Informations Consultation Pédiatrique
tags: #physiologie #de #la #contraction #uterine #mecanisme