Les pays nordiques, souvent perçus comme des modèles de bien-être social, présentent des approches singulières en matière de périnatalité. Cet article explore les spécificités de l'accouchement dans ces régions, en mettant en lumière les études réalisées et les perspectives d'évolution.
L'accouchement à domicile aux Pays-Bas : Une tradition en mutation
Les Pays-Bas se distinguent par leur système unique qui offre aux femmes la possibilité d'accoucher à domicile. Cette pratique, autrefois courante, a connu une évolution significative au fil des décennies.
Un héritage culturel et institutionnel
Dans les années 1970 et 1980, l'accouchement à domicile était une pratique répandue aux Pays-Bas. Cette tendance typiquement néerlandaise trouve ses racines dans l'esprit d'un peuple qui a su conserver une tradition séculaire, contrairement à d'autres pays européens. Le gouvernement néerlandais a toujours encouragé l'accouchement à domicile, le considérant comme un processus naturel. De nos jours, il est gratuit, et les frais liés à la présence de la sage-femme et de l'infirmière de maternité sont remboursés.
Les actrices de l'accouchement à domicile
Plusieurs acteurs interviennent lors d'un accouchement à domicile aux Pays-Bas :
- La sage-femme : Elle assure le suivi de la grossesse et assiste la femme lors de l'accouchement.
- L'infirmière de maternité : C'est une caractéristique unique des Pays-Bas. Elle reste au domicile pendant huit jours pour aider la jeune mère à récupérer et à s'occuper du nouveau-né.
- La doula : Ce phénomène récent accompagne la femme pendant la grossesse, l'accouchement et la période postnatale.
Évolution et recrudescence récente
Au cours des dernières années, on a observé une diminution des accouchements à domicile, suivie d'une recrudescence actuelle. Cette tendance est attribuée à plusieurs facteurs :
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- L'influence des "mommy influencers" sur les réseaux sociaux, qui partagent leurs expériences d'accouchement à domicile.
- Une critique croissante des routines hospitalières jugées déshumanisantes.
- Une meilleure prise en charge de la douleur lors d'un accouchement à domicile.
- Une prise de conscience des avantages d'un accouchement naturel.
Les raisons du choix d'un accouchement à domicile
Pour les femmes néerlandaises, mettre un enfant au monde est un processus naturel. Si elles sont en bonne santé et que leur grossesse se déroule normalement, elles ne voient pas la nécessité d'aller à l'hôpital. L'hôpital est perçu comme un symbole de médicalisation.
Les conditions pour accoucher à domicile
Pour pouvoir accoucher à domicile, la femme enceinte doit remplir certaines conditions :
- Être en bonne santé et avoir une grossesse sans complications.
- Avoir au moins 37 semaines de grossesse.
- Son lieu de vie doit avoir de l'eau courante et ne pas être situé à un étage supérieur au premier, avec un escalier non hélicoïdal.
Si une femme enceinte sans indications médicales choisit finalement d'accoucher à l'hôpital, sa propre sage-femme supervisera l'accouchement, qui se fera en ambulatoire. Si elle décide d'accoucher à la maison et demande à être transférée à l'hôpital pour recevoir un analgésique, cela reste possible.
Une baisse et une reprise
Depuis une vingtaine d'années, on observe une diminution des accouchements à domicile. Il y a 60 ans, près de 80 % des femmes accouchaient à la maison. Il y a une dizaine d'années, ce chiffre était tombé à 23 %, et en 2020, seulement 13 % des femmes accouchaient encore à la maison. Cependant, on constate une recrudescence actuelle de cette pratique.
Sécurité et critiques des protocoles hospitaliers
Des études ont montré que l'accouchement à la maison offre autant de sécurité pour le nourrisson et la parturiente qu'à l'hôpital. De plus, à la maison, la femme ne court pas le risque de maladies nosocomiales. Les femmes commencent à être critiques à l'égard des protocoles hospitaliers, qu'elles jugent déshumanisants. Elles revendiquent le droit pour leur bébé de ne pas être pressé de naître.
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La péridurale dans les pays nordiques : Un recours moins fréquent
Contrairement à la France, où la péridurale est devenue la norme, les pays nordiques ont une approche plus mesurée de cette anesthésie.
Une culture de l'accouchement naturel
Dans les pays nordiques, la confiance en la physiologie est plus grande, et la technique est utilisée uniquement en cas de besoin. Pendant l'accouchement, la femme peut se promener, boire et manger, aller aux toilettes, écouter de la musique ou prendre un bain.
L'acceptation de la douleur
Dans la culture calviniste des Pays-Bas, il est accepté que donner la vie fasse mal. La langue néerlandaise distingue la douleur normale, que l'on peut soulager, de la souffrance, qui nécessite des antidouleurs.
Un taux de péridurale plus faible
Même à l'hôpital, le recours à l'anesthésie péridurale reste marginal aux Pays-Bas (18 %, contre 76 % en France).
Les bénéfices de la péridurale
Une étude a montré que la péridurale peut réduire le risque de complications sérieuses jusqu'à 35 %, notamment les crises cardiaques, l'éclampsie et les hystérectomies.
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Les dispositifs de prévention et de suivi de la grossesse au Danemark : Un point faible
Un aspect négatif au Danemark est la faiblesse des dispositifs de prévention et de suivi durant la grossesse. De nombreuses femmes enceintes passent leur grossesse sans aucune échographie, et si la future mère souhaite en passer une, il doit y avoir une raison médicale valable pour que l'examen soit accepté.
Les alternatives à l'hôpital au Danemark
Comme en Allemagne et aux États-Unis, il existe au Danemark des lieux gérés par des sages-femmes, moins médicalisés que les hôpitaux, où les futures mères ne présentant pas de grossesse ni d'accouchement difficiles peuvent donner naissance.
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