La perte des eaux est un événement marquant de la grossesse, souvent entouré de questions et d'appréhensions. Si la majorité des femmes enceintes perdent les eaux pendant le travail, il arrive que cette rupture survienne plus tôt, nécessitant une attention particulière et une prise en charge adaptée. Cet article vise à informer les futures mamans sur les différentes facettes de la perte des eaux, de l'identification des signes à la conduite à tenir, afin d'aborder ce moment crucial avec sérénité.
Qu'est-ce que la poche des eaux ?
La poche des eaux, ou sac amniotique, est une membrane remplie de liquide amniotique qui entoure et protège le bébé in utero. Elle est constituée de deux membranes ovulaires accolées, l'amnios et le chorion, qui contiennent le liquide amniotique dans lequel baigne le fœtus à l'intérieur de la cavité utérine. Ce liquide est produit tout au long de la grossesse, à la fois par les membranes de la poche des eaux et par le bébé lui-même. Les membranes ovulaires sont transparentes et fines, mais résistantes.
Le liquide amniotique joue un rôle essentiel dans le développement du bébé :
- Il le protège des chocs et des traumatismes.
- Il maintient une température constante.
- Il permet au fœtus de bouger et de se développer harmonieusement.
- Il le protège des infections.
- Il contient des nutriments, des hormones et des anticorps.
Comment identifier une perte des eaux ?
La rupture de la poche des eaux peut se manifester de différentes manières, allant d'un écoulement soudain et abondant à une perte lente et continue. Il est important de savoir distinguer les différents types de perte et de reconnaître les signes qui doivent alerter.
Rupture franche vs. Fissure
La rupture franche de la poche des eaux est généralement facile à identifier : c'est un écoulement important et soudain de liquide, souvent décrit comme un "splash" ou une "petite inondation". Le volume de liquide perdu sera important et peut littéralement tremper les sous-vêtements de la future maman. Lorsque la rupture est franche, le liquide s’évacue de façon importante, ce qui ne laisse pas place au doute.
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La fissure de la poche des eaux, en revanche, est une rupture partielle et plus discrète. L'écoulement est moins abondant, souvent intermittent, et peut être confondu avec d'autres écoulements vaginaux fréquents pendant la grossesse (pertes urinaires, pertes vaginales plus abondantes). L'identification d'une fissure peut être délicate car elle peut être confondue avec d'autres écoulements vaginaux fréquents pendant la grossesse (pertes urinaires, pertes vaginales plus abondantes).
Caractéristiques du liquide amniotique
Pour vous aider à faire la différence, voici les caractéristiques du liquide amniotique :
- Couleur : Généralement incolore ou légèrement blanchâtre (un peu comme de l’eau légèrement savonneuse). Cependant, si la rupture de la poche a lieu avant la 37e semaine d’aménorrhée, il contiendra des petits flocons blancs, qui correspondent au vernix qui recouvre la peau du bébé pour le protéger du dessèchement. Enfin, il arrive que le liquide amniotique ait, en fin de grossesse, un aspect opaque et verdâtre, qui ressemble à de la purée de pois : « c’est le signe de la présence de méconium, qui indique que le bébé a lâché ses sphincters ».
- Odeur : Fade ou inodore.
- Consistance : Plus clair et n’a pas la consistance de glaires.
- Écoulement : Permanent ou intermittent, mais constant. La principale différence entre une fissure de la poche des eaux et tout autre type de fuite est que celle-ci est constante. Vous devriez pouvoir constater un écoulement léger et régulier alors que les pertes vaginales ou les incontinences urinaires surviennent brusquement.
Comment confirmer la perte des eaux ?
Si vous avez un doute, vous pouvez réaliser les tests suivants :
- Le test de la serviette hygiénique : Mettez une serviette hygiénique et vérifiez régulièrement si elle est humide.
- Le test de la vessie vide : Allez aux toilettes pour vider votre vessie, puis placez un tissu ou papier absorbant à l’intérieur de votre culotte. Vérifiez son état toutes les dix minutes pendant une heure. Si votre poche des eaux est fissurée, il devrait être humide.
- Observation des sous-vêtements : Observez si votre culotte est régulièrement humide, même lorsque vous n'avez pas uriné.
Les erreurs à éviter
Il est important de ne pas confondre la perte des eaux avec :
- Les pertes urinaires : Fréquentes durant la grossesse, surtout en fin de grossesse, en raison de la pression exercée par l'utérus sur la vessie.
- Les pertes vaginales : Plus abondantes durant la grossesse, elles peuvent être fluides et blanchâtres.
Que faire en cas de suspicion de perte des eaux ?
Toute perte liquidienne durant la grossesse doit vous amener à consulter. Si vous suspectez une fissure de la poche des eaux, il est impératif de ne pas attendre et de consulter un professionnel de santé sans délai.
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Contactez votre maternité ou votre sage-femme
Décrivez précisément ce que vous ressentez et ce que vous observez. Ils vous indiqueront la marche à suivre.
Rendez-vous à la maternité
Ne prenez pas de bain, n'utilisez pas de tampons et ne mettez rien dans votre vagin.
Diagnostic à la maternité
À la maternité, la ou le sage-femme vous examinera. Si la perte de liquide n’est pas flagrante, elle posera un spéculum et pourra visualiser le liquide amniotique qui s’échappe de l’orifice externe du col de l’utérus. Quand il s’agit d’une rupture haute (fissuration) ou ancienne, l’écoulement peut être plus difficile à confirmer.
Plusieurs examens peuvent être réalisés pour confirmer la rupture de la poche des eaux :
- Test au spéculum : Visualisation directe de l'écoulement de liquide amniotique.
- Test du nitrazine ou du pH : Le liquide amniotique a un pH plus élevé (basique) que les sécrétions vaginales normales (acides). Une sorte de grand coton-tige est introduit dans le vagin. En effet, celui du vagin est acide (entre 4,5 et 6), tandis que celui du liquide amniotique est basique (7 à 7,5).
- Échographie : Peut apporter une aide au diagnostic en visualisant la quantité de liquide amniotique restante.
Quand la poche des eaux peut-elle se rompre ?
Heureusement, le plus souvent, la rupture a lieu à terme, pendant le travail, et permet la naissance d’un bébé en pleine forme.
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Rupture prématurée des membranes (RPM)
Dans 5 à 10 % des grossesses, la poche des eaux se rompt avant le début du travail : on parle alors de rupture prématurée de la poche des eaux (RPM). Dans un tiers des cas, elle apparaît chez une future maman qui n’est pas à terme (avant 37 SA) et peut avoir des conséquences néfastes sur le fœtus, principalement en rapport avec la prématurité.
Causes de la RPM
Parmi les principales causes d’une rupture, notamment prématurée, de la poche des eaux, l’infection bactérienne joue un rôle important. On la retrouve dans environ 40 % des ruptures. Les mamans qui ont des antécédents d’accouchement prématuré ou de rupture prématurée des membranes sont également davantage exposées. La surdistension utérine est aussi incriminée, par exemple en cas de grossesses multiples, ou d’une trop grande quantité de liquide amniotique (hydramnios). Les carences en fer, zinc et vitamine C, qui fragilisent les membranes, peuvent elles aussi interférer.
Conséquences de la RPM
Les conséquences pour l’enfant à naître dépendent de la précocité de la rupture. Elles sont plus nombreuses et graves si la grossesse est jeune. La rupture de la poche serait d’ailleurs responsable de 30 à 40 % des accouchements prématurés. Selon de nombreuses études, 6 femmes enceintes sur 10 accouchent dans la semaine qui suit la rupture, lorsque celle-ci a lieu à 29 SA.
Outre les problèmes (surtout pulmonaires et neurologiques) liés à une naissance précoce, les risques pour le fœtus sont également d’ordre infectieux. Le bébé étant désormais en contact avec le milieu extérieur, des microbes peuvent coloniser le liquide amniotique. On parle alors de chorio-amniotite. Une infection néonatale peut également se déclarer. Enfin, une fuite de liquide trop importante peut provoquer un oligoamnios. Cela survient lorsque la production de liquide ne suffit plus à combler les pertes.
Les dangers pour la future maman sont moins graves que chez le futur bébé. Il s’agit principalement d’infection au niveau de l’utérus. On les retrouve chez 10 à 20 % des patientes.
Prise en charge médicale en cas de RPM
Si la rupture de la poche des eaux est confirmée, vous serez hospitalisée. Heureusement, le repos strict au lit n’est plus préconisé et vous pourrez vous lever pour vous rendre aux toilettes ou faire quelques pas dans votre chambre.
La prise en charge dépendra du terme de la grossesse :
- Entre 24 et 34 semaines de grossesse : La future maman bénéficiera d’injections de corticoïdes. Ceux-ci sont indispensables pour accroître la maturité pulmonaire du bébé et limiter les complications liées à la prématurité. Si besoin, pour permettre de terminer la cure de corticoïdes et d’empêcher l’accouchement, un traitement anti-contractions sera mis en place durant 48 heures. Enfin, pour traiter ou prévenir une infection, la maman recevra des antibiotiques.
- Entre 34 et 37 semaines : Seuls les antibiotiques seront prescrits.
- À terme : Il est préférable que la maman accouche sans trop attendre.
La conduite obstétricale est très complexe et sera adaptée à chaque situation.
Idées reçues sur la perte des eaux
Il est important de démystifier certaines idées reçues sur la perte des eaux :
- "La perte des eaux est toujours un événement spectaculaire" : Non, la perte des eaux peut être discrète, comme un simple goutte-à-goutte.
- "Le travail commence immédiatement après la perte des eaux" : Non, il est fréquent que le travail ne commence pas immédiatement après ce phénomène.
- "Un bébé peut percer la poche des eaux en bougeant" : Non, cette membrane est conçue pour résister aux mouvements fœtaux.
- "Les rapports sexuels pendant la grossesse peuvent provoquer une fissure de la poche des eaux" : Non, contrairement aux idées reçues, les rapports sexuels pendant la grossesse ne provoquent pas de fissure de la poche des eaux.
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