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Joseph Ducuing : Biographie d'un médecin engagé et figure de la solidarité à Toulouse

L'histoire de Joseph Ducuing est celle d'un médecin passionné, profondément engagé dans son époque, et dont le nom reste associé à un hôpital toulousain emblématique. Son parcours, marqué par la guerre, l'engagement politique et la solidarité, témoigne d'une vie au service des autres.

Formation et début de carrière

Lauréat de la faculté de médecine et auteur d’une thèse sur les greffes totales, Joseph Ducuing devient chef de clinique en 1912. Ses premières années de carrière sont interrompues par la Première Guerre mondiale.

L'épreuve de la guerre

Pendant la Première Guerre mondiale, il est d’abord mobilisé à Verdun, puis il intègre une ambulance chirurgicale et sert à Châlons-en-Champagne et à Saint-Gaudens. Ces expériences sur le front marquent profondément le jeune médecin et renforcent son engagement humanitaire.

Engagement politique et résistance

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le régime de Vichy le relève de ses fonctions car il est communiste. Qu’à cela ne tienne, il apporte son aide aux médecins réfugiés espagnols, et ne se gêne pas pour fréquenter la librairie de Silvio Trentin qui est alors le lieu de ralliement des antifascistes toulousains puis de la Résistance. Son engagement politique, ses convictions communistes et son soutien aux antifascistes espagnols témoignent de son courage et de sa détermination face à l'oppression.

L'hôpital Varsovie : un engagement solidaire

Après la guerre, son service est transféré à l’hôpital Purpan. Les relations qu’il a nouées avec les médecins réfugiés espagnols le mènent à s’engager dans l’organisation de l’hôpital Varsovie, fondé par l’Agrupacion de guerilleros españoles FFI, dont il partage les valeurs. L'hôpital Varsovie, fondé par des guérilleros antifranquistes espagnols, était une utopie coopérative pensée pour les plus démunis et gérée par des sympathisants communistes. Cet engagement illustre la volonté de Joseph Ducuing de mettre ses compétences au service des plus démunis et de défendre ses idéaux de justice sociale.

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Fin de carrière et héritage

Il prend sa retraite en 1958. Son nom reste associé à l'hôpital Joseph Ducuing, anciennement hôpital Varsovie, un établissement qui a marqué l'histoire de Toulouse par son engagement social et sa vocation à soigner les plus démunis.

L'hôpital Joseph Ducuing aujourd'hui

L’établissement historique fondé par les « guérilleros » antifranquistes espagnols a fermé son service de médecine interne en décembre. Les plus anciens l’appellent encore l’hôpital Varsovie, du nom de la rue où il a été construit par la diaspora antifranquiste, au cœur du quartier Saint-Cyprien. Une utopie coopérative pensée pour les plus démunis et gérée par des sympathisants communistes, qui s’est progressivement diluée dans la marchandisation de la santé et les règles impitoyables de la rationalisation des politiques publiques. À l’arrivée, l’établissement rebaptisé Joseph-Ducuing a perdu son âme et sa spécificité historique.

Le dernier avatar de cette longue agonie remonte à ce mois de décembre. Une triste fin d’année où la direction a annoncé la fermeture du service des soins internes avec le licenciement de son responsable et le départ de l’ensemble de l’équipe soignante. Ce séisme a été vigoureusement dénoncé par les syndicats qui pointent depuis déjà plusieurs années « un management brutal, seulement guidé par la réduction des coûts », mais aussi par les usagers de l’hôpital.

« Je suis un patient depuis presque 15 ans dans ce service qui était tenu par l’équipe du docteur Francis Gaches dont la renommée n’est plus à faire, raconte Laurent. Je veux témoigner de la qualité des soins et de l’humanité dont faisait part cette équipe dans le traitement des pathologies lourdes. Cette fermeture injustifiée a mis à mal tout un service, infirmières, médecins, mais aussi tous ceux comme moi qui y étaient suivis et ce, en pleine période de pandémie, poursuit-il. Officiellement, on reproche au service de soins internes de ne pas être rentable, pas organisé, avec trop de personnel. Mais pour le docteur Daniel Garipuy, figure emblématique de Varsovie où il a fait toute sa carrière, « c’est la gestion de la direction avec le soutien du conseil d’administration, qui est calamiteuse, incompréhensible et qui a mis en péril l’établissement ». « J’ai connu cinq directeurs, je n’ai jamais vu ça. C’est une longue histoire et je n’ai pas envie qu’elle s’écroule, glisse-t-il. Il faut changer de logiciel et renouer la confiance entre personnel et direction ». Sous entendu, sans Eric Fallet, le directeur actuel, cible de toutes les critiques.

Notamment celles du collectif de défense de l’hôpital public, qui subodore « une volonté non avouée de démantèlement » de Joseph-Ducuing dans un contexte de spéculation immobilière et de réorientation stratégique vers des activités plus rentables (lire ci-dessous). « De toute façon, il n’y a plus de candidats pour venir travailler ici, peste un médecin. Et comment faire fonctionner des urgences déjà fragiles sans service de soins internes ? ». Une des questions que nous avons posées à la direction de l’hôpital, sollicitée ce jeudi.

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Pour Christine Torrent, la présidente du comité de quartier Saint-Cyprien, le sort de l’hôpital Ducuing est scellé. « Il est clair que la médecine de proximité va être sacrifiée au profit du développement de l’Ehpad et d’un service de gériatrie plus rentable, avec des vieux qui payent, explique-t-elle. Comme dans le secteur de La Grave,, l’établissement est en outre soumis à une forte spéculation immobilière, intense dans le quartier ». Avec le déménagement d’une crèche, la direction de l’hôpital vient de racheter un immeuble rue de Varsovie pour entreprendre de gros travaux et construire une grosse structure pour personnes âgées dépendantes. « Le centre communal d’action sociale sera aussi rapatrié là », assure Christine Torrent… D’autres évoquent le rachat par la clinique Rive Gauche voisine.

Les défis actuels de l'hôpital

Comme de nombreux centres hospitaliers, Joseph-Ducuing veut externaliser ses activités de bio-nettoyage. Lors d’une journée de grève, les agents impactés ont dénoncé un risque de dégradation des conditions de travail et de la prise en charge des patients. Gilets oranges sur le dos et tracts à la main, des agents de services hospitaliers (ASH), des infirmiers, brancardiers ou médecins de l’hôpital Joseph Ducuing font part de leur inquiétude pour l’avenir ce mardi 5 juin. Leur mot d’ordre pour cette journée de grève: « Non à l’externalisation, nous ne sommes pas une entreprise privée ! » Leur direction souhaite en effet sous-traiter l’activité de bio-nettoyage à une société spécialisée. Un projet en ce sens a été remis aux représentants du personnel le 4 mai et une décision pourrait être prise dès le mois d’août. Selon le directeur de l’établissement Éric Fallet, l’objectif est de « restaurer un équilibre financier durable et permettre des investissements nécessaires au développement ».

Pour Christelle, ASH depuis 20 ans en soin palliatif à Joseph Ducuing, l’externalisation est synonyme de « changements qui ne vont pas dans le bon sens. Quand je serai salariée d’une entreprise de nettoyage et non plus pour l’hôpital, je devrai faire un nombre de lits à la minute ! », s’inquiète-t-elle. Les ASH craignent également de devoir aller travailler sur tous les sites gérés par la société et pas seulement à Joseph Ducuing. De plus, pour Pierre Louis Canavelli, le secrétaire général de la CFDT, les ASH comme les cuisiniers ou les brancardiers « font partie intégrante de la prise en charge globale du patient ». Pour réduire ses dettes, l’hôpital Purpan a également externalisé une partie des activités de bio-nettoyage et des brancardiers en 2017. Pourtant ce n’est pas toujours synonyme de réduction de coût. Les ASH assurent de nombreuses missions qu’ils ne feront plus s’ils travaillent pour un prestataire privé : il faudra donc d’autres personnels pour les remplir », poursuit Valéria Habire, déléguée CFDT à l’hôpital Joseph Ducuing. À Strasbourg, où l’hôpital a également opté pour la sous-traitance du bio-nettoyage, les syndicats ont observé que les chambres étaient « plus propres » quand il était géré en interne, la tension dans les équipes était aussi moins importante. Les salariés ne sont pas les seuls à voir l’internalisation comme l’unique solution durable. « De grands groupes qui ont externalisés commencent à faire marche arrière car ils se rendent comptent que ça ne fonctionne pas pour la santé », indique Pierre Louis Canavelli.

Qualité des soins et distinctions

Par décision du 3 avril 2024, l'Hôpital Joseph Ducuing est certifié avec mention "Haute qualité des soins". Par décision du 10 décembre 2024, la Maternité de l'Hôpital Joseph Ducuing est labellisée IHAB (Initiative Hôpital Ami des Bébés).

Informations pratiques

L'hôpital est situé au 15, Rue Varsovie, 31027 Toulouse. Le numéro de téléphone est le 05.61.77.34.00. En cas de symptôme, le port du masque est recommandé. Pensez à vous munir d'un masque chirurgical.

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