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Comprendre l'azoospermie et ses implications sur la fertilité masculine

Aujourd'hui, l'infertilité touche un couple sur six en âge de procréer, et dans un tiers des cas, l'infertilité masculine en est à l'origine. L'azoospermie, une absence totale de spermatozoïdes dans l'éjaculat, est un trouble rare qui entraîne l'infertilité masculine et concerne moins de 1% des hommes. Cet article vise à explorer en profondeur l'azoospermie, ses causes, son diagnostic et les options de prise en charge disponibles.

L'infertilité masculine : un problème croissant

L'infertilité masculine peut être affectée par de multiples facteurs : l'âge, les maladies génétiques, certaines pathologies générales ou leurs traitements, l'exposition à certains produits toxiques, des traumatismes. L'infertilité touche aujourd'hui 3,3 millions de personnes en France, soit 1 couple sur 4 selon les chiffres les plus récents. Elle est en augmentation constante depuis 20 ans dans les pays industrialisés. Un spermogramme est un test essentiel pour évaluer la fertilité masculine. Il permet d'analyser plusieurs paramètres du sperme, comme le volume, la concentration, la mobilité, la morphologie, la vitalité, le pH et la présence de leucocytes.

Qu'est-ce que l'azoospermie ?

L'azoospermie est définie comme une absence totale de spermatozoïdes dans le sperme. Il s'agit d'une condition rare qui affecte moins de 1 % des hommes en France et qui est souvent asymptomatique. Elle est diagnostiquée lors d'un spermogramme réalisé dans le cadre d'un bilan d'infertilité.

Types d'azoospermie

On distingue deux principaux types d'azoospermie :

  • Azoospermie sécrétoire (non obstructive) : Elle représente 60 % des cas et se définit comme un défaut de production des gamètes dans les bourses. Les causes peuvent être diverses : génétiques, consécutives à une maladie, un accident avec traumatisme des testicules.

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  • Azoospermie excrétoire (obstructive) : Lorsqu'un ou plusieurs canaux servant à transporter les spermatozoïdes sont obstrués ou absents, on parle d'azoospermie excrétoire. Dans certains cas, les spermatozoïdes ne peuvent être acheminés normalement dans les voies génitales à cause d'une obstruction : absence de canaux déférents d'origine génétique, canaux endommagés par une infection ou une intervention chirurgicale, traumatisme.

Causes de l'azoospermie

Les causes de l'azoospermie peuvent être variées :

  • Causes génétiques : Certaines anomalies génétiques, comme le syndrome de Klinefelter, peuvent entraîner une azoospermie. Le syndrome de Klinefelter est un exemple de trouble chromosomique qui se caractérise chez l’homme par un chromosome sexuel X supplémentaire. L’individu présente alors deux chromosomes X et un chromosome Y, soit 47 chromosomes au lieu de 46. Certaines maladies génétiques et troubles héréditaires comme la mucoviscidose, la maladie polykystique des reins peuvent altérer la fertilité masculine.

  • Pathologies testiculaires : Des pathologies testiculaires peuvent altérer la production de spermatozoïdes.

  • Médicaments : Certains médicaments peuvent affecter la production de spermatozoïdes. L’utilisation de stéroïdes anabolisants ou certains médicaments peuvent réduire la production de spermatozoïdes.

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  • Infections : Les infections urinaires peuvent affecter la fertilité comme la prostatite (inflammation de la prostate), l’orchite (inflammation des testicules) et l’urétrite (inflammation de l’urètre).

  • Facteurs liés au mode de vie : Le tabagisme et l’abus d’alcool peuvent également affecter la qualité des spermatozoïdes. L’obésité peut créer un déséquilibre hormonal et nuire à la fertilité. Les drogues comme la cocaïne ou la marijuana peuvent réduire temporairement le nombre et la qualité des spermatozoïdes et les composés chimiques de certaines drogues peuvent nuire à la qualité des spermatozoïdes et inhiber leur capacité à pénétrer l’ovule.

  • Autres causes : Les varicocèles peuvent compromettre le développement des spermatozoïdes en empêchant le bon écoulement de sang. Les lésions des voies génitales peuvent entraîner une anomalie du transport des spermatozoïdes pour la formation du sperme au moment de l’éjaculation. Un trouble hormonal peut affecter le fonctionnement des testicules. Certains cancers et traitements anti-cancéreux, comme la chimiothérapie, peuvent causer l'infertilité.

Diagnostic de l'azoospermie

Le diagnostic de l'azoospermie repose sur la réalisation d'un spermogramme dans le cadre d'un bilan d'infertilité. Si des anomalies sont détectées sur un premier spermogramme, un deuxième est demandé deux à trois mois après le premier test pour confirmer ou non les anomalies observées. Le spermogramme nécessite un recueil de sperme. Ce type d'examen est réalisé dans un contexte de bilan d' infertilité de couple. Ainsi, plusieurs paramètres sont évalués dont le nombre de spermatozoïdes viables, capables de progresser du vagin jusqu'aux trompes utérines où a lieu la fécondation avec l'ovocyte. Les résultats obtenus sont comparés avec les valeurs de référence définies par l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé).

Le spermogramme : un examen clé

Le spermogramme est un examen rapide, non invasif, qui permet d'étudier la consistance du sperme en procédant à la numération des spermatozoïdes et en observant leur mobilité, leur durée de vie et leur morphologie. Le recueil de sperme est réalisé par masturbation au laboratoire pour éviter l'altération des spermatozoïdes pendant le transport. Au préalable, deux à cinq jours d'abstinence sont recommandés. Il doit être réalisé à distance d'épisodes de fièvre ou de prises de médicaments pouvant interférer avec la fabrication de spermatozoïdes.

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Autres examens complémentaires

Différentes évaluations viennent ensuite en complément : examen clinique, échographie testiculaire et des canaux spermatiques, bilan hormonal, bilan génétique et biochimie séminale. La spermoculture permet de rechercher une éventuelle infection du sperme. Elle peut être répétée avant les tentatives d'assistance médicale à la procréation. Un test de migration et de survie des spermatozoïdes complète systématiquement le spermogramme avant le déclenchement de l'assistance médicale à la procréation.

Prise en charge de l'azoospermie

Actuellement, il existe peu de traitement pour l'azoospermie. La prise en charge repose, par ailleurs, principalement sur le traitement de sa cause lorsqu'elle est connue et traitable. Dans le cadre d'un projet de grossesse, une assistance médicale à procréation (PMA) peut être proposée au couple.

Techniques de procréation médicalement assistée (PMA)

La FIV-ICSI (fécondation in vitro avec micro-injection) est une des techniques de PMA les plus fréquemment réalisées. Elle est particulièrement indiquée dans l'infertilité masculine et donc pour palier à l'azoospermie en introduisant les spermatozoïdes manuellement au sein de l'ovocyte. En effet, seuls quelques spermatozoïdes suffisent au bon déroulement de l'intervention. Cette dernière offre les plus grandes chances de succès.

Traitement des causes sous-jacentes

Il est important de souligner que le patient atteint d’azoospermie doit être évalué par un Urologue afin de pouvoir déterminer la cause réelle. Dans le cas où cela impliquerait également un problème de stérilité, le patient doit être conseillé par des experts en Médicine Reproductive ou même Génétique, si cela est nécessaire.

Autres anomalies spermatiques

Outre l'azoospermie, d'autres anomalies spermatiques peuvent être diagnostiquées lors d'un spermogramme.

Oligospermie

Lorsque la concentration en spermatozoïdes est inférieure à 15 millions par millilitre d'éjaculat ou 39 millions de spermatozoïdes par éjaculat, une oligospermie est évoquée. Elle se définit comme une concentration de spermatozoïdes dans l’éjaculat inférieure à la normale (moins de 15 millions par millilitre). Elle peut être légère, modérée ou sévère, selon le nombre de gamètes détectés au spermogramme. On distingue plusieurs degrés d'oligospermie :

  • Oligospermie extrême ou cryptospermie : < 100 000/ml
  • Oligospermie sévère : < 5 millions/ml
  • Oligospermie : < 15 millions/ml

Asthénospermie

Il s’agit d’une anomalie du sperme se caractérisant par un défaut de mobilité des spermatozoïdes. Ceux-ci sont classés en quatre catégories selon leur mobilité : rapides, lents, mobiles sur place, et immobiles. Les causes de l’asthénozoospermie sont variées : altération structurelle des gamètes (comme une anomalie du flagelle), infections, génétiques (syndrome de Klinefelter par exemple), troubles hormonaux. Des facteurs environnementaux, tels que le tabagisme ou encore l’exposition à des polluants, ainsi qu’une varicocèle (dilatation des veines testiculaires), peuvent également diminuer la mobilité des spermatozoïdes. Elle se caractérise par une faible mobilité des spermatozoïdes.

Tératospermie

Cette pathologie se caractérise par un pourcentage insuffisant de spermatozoïdes ayant une morphologie normale. Deux classifications sont en général utilisées : celle de Kruger, où le seuil de tératospermie est de 4 %, et celle de David, avec un seuil de 23 %. Malformés, les gamètes ont du mal à se déplacer et à pénétrer dans l’ovule. Le tabac, l’âge, les infections uro-génitales, la varicocèle, certains médicaments, des anomalies génétiques font partie des causes fréquemment retrouvées de tératospermie. Cette anomalie concerne la morphologie des spermatozoïdes.

Oligo-asthéno-térato-spermie (OATS)

Parmi les pathologies de l’infertilité masculine, il en existe une qui présente une triple altération du sperme : l’oligo-asthéno-térato-spermie (OATS). En effet, elle se caractérise à la fois par une faible concentration de spermatozoïdes (oligospermie), une mobilité réduite de ceux-ci (asthénospermie), et une proportion élevée de gamètes ayant une forme atypique (tératospermie). En fonction du degré d’anomalies présentes, l’OATS est classée de modéré à sévère. Les causes de l’OATS incluent des infections génitales, la varicocèle, le tabagisme, l’obésité, une exposition excessive à la chaleur, des radiations, certains médicaments et le stress.

Nécrozoospermie

Aussi appelée nécrospermie, elle se caractérise par un nombre élevé de spermatozoïdes morts. Elle peut être totale ou partielle (quand plus de 42 % des gamètes sont morts). Ses causes les plus courantes sont des infections uro-génitales, la présence d’anticorps anti-spermatozoïdes, des traumas, des traitements comme la chimiothérapie, ou des anomalies génétiques. Cependant, il arrive que l’origine exacte de la nécrozoospermie ne soit pas identifiable. Si on a moins de 30% de spermatozoïdes vivants, on parle de nécrospermie.

Hypospermie

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) un homme souffre d’hypospermie lorsque le volume de l’échantillon de sperme recueilli lors de l’éjaculation est inférieur à 1,5 ml. Elle peut être la résultante d’un problème technique de recueil du sperme (non recueil de la totalité du sperme dans le récipient), d’un déficit de sécrétion des glandes (prostate, vésicules séminales), d’une éjaculation rétrograde partielle, ou d’un trouble de l’éjaculation (permanent ou simplement par spasme lié au stress du recueil). Un volume inférieur à 1,5 ml est en lui-même source de problème, essentiellement à cause d’un mauvais contact glaire/sperme. D’autre part, le sperme possède un pouvoir tampon, c’est-à-dire qu’il a pour rôle de neutraliser l’acidité vaginale (pH 3). Les petits volumes auraient en plus un pouvoir tampon diminué qui participerait également à l’infertilité.

Facteurs de risque et prévention

Plusieurs facteurs de risque peuvent influencer la fertilité masculine et augmenter le risque d'azoospermie ou d'autres anomalies spermatiques.

Mode de vie

  • Tabagisme et alcool : Le tabagisme et l'abus d'alcool peuvent altérer la qualité du sperme.
  • Obésité : L'obésité peut perturber l'équilibre hormonal et nuire à la fertilité.
  • Drogues : La consommation de drogues, comme la cocaïne ou la marijuana, peut affecter la production et la qualité des spermatozoïdes.
  • Chaleur : L'exposition à une chaleur excessive peut nuire à la production de spermatozoïdes.

Facteurs environnementaux

  • Pollutions : L'exposition à des pollutions de tous ordres (pollution de l'air, métaux lourds, solvants, polluants organiques persistants, pesticides) peut avoir un impact négatif sur la fertilité.
  • Perturbateurs endocriniens : Les perturbateurs endocriniens peuvent également affecter la fertilité masculine.

Infections sexuellement transmissibles (IST)

Les infections répétées de Trachomatis de chlamydia ou la gonorrhée, des maladies sexuellement transmissibles, sont plus souvent associées à l’infertilité masculine. Ces infections peuvent provoquer des cicatrices et bloquer le passage des spermatozoïdes.

Prévention

Adopter un mode de vie sain, éviter l'exposition aux toxines environnementales et se protéger contre les IST peuvent contribuer à préserver la fertilité masculine.

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