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Paul Gauguin : Une vie entre l'art, l'exil et les enfants

Eugène Henri Paul Gauguin, né à Paris le 7 juin 1848 et décédé à Atuona, aux îles Marquises, le 8 mai 1903, est une figure majeure de la peinture française du XIXe siècle et un précurseur de l'art moderne. Sa vie, marquée par des voyages, des ruptures et une quête incessante d'authenticité, a profondément influencé son œuvre et sa vision du monde.

Une enfance entre le Pérou et la France

Fils du journaliste Clovis Gauguin et de la femme de lettres Flora Tristan, Paul Gauguin passe une partie de son enfance à Lima, au Pérou, où il s'imprègne des couleurs et des cultures exotiques. Ce séjour marque durablement son imaginaire et nourrit son désir d'évasion. Le voyage est déjà une aventure qui va tourner au drame. À la pointe de la Patagonie, Clovis s'écroule, tué par une rupture d'anévrisme. Aline, la jeune veuve et ses 2 enfants est accueillie à Lima par son grand-oncle, Don Pio, dont la famille est devenue une des plus puissantes du Pérou. Paul va s'éveiller à la vie péruvienne pendant 6 ans.

De retour en France en 1855, il étudie à Orléans, puis s'engage dans la marine marchande à l'âge de 17 ans. Il erre sur les mers du monde et connait aux escales les amours de rencontres. La maison de St Cloud où vit sa soeur a été incendiée par les prussiens. Paul Gauguin reprend la vie à zéro.

De la Bourse à la peinture : une vocation tardive

Après un passage dans la marine nationale, Gauguin travaille comme agent de change à la Bourse de Paris, une profession qu'il exerce pendant plusieurs années. En 1873, il épouse Mette-Sophie Gad, une jeune Danoise, avec qui il aura cinq enfants. Avec son ami Emile Schuffenecker, un collègue de bureau, peintre amateur, il va peindre en banlieue.

Parallèlement à sa carrière financière, Gauguin s'intéresse à l'art et commence à peindre en amateur. Son tuteur le présente aux impressionnistes parisiens. Fort de ses nouvelles rencontres inspirantes, Paul Gauguin décide de s'essayer à la peinture. Il peint son premier tableau en 1873, et devient plus prolifique au fil des années. Il expose aux côtés des impressionnistes à partir de 1879, et quitte son emploi pour se consacrer entièrement à la peinture dès 1883.

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Rupture et quête d'un nouveau langage artistique

Désargenté, il part vivre à Copenhague chez sa belle-famille. Il y laisse femme et enfants pour revenir peindre à Paris. En 1887, il part avec le peintre Charles Laval pour le Panama, puis la Martinique. Ces voyages l'inspirent beaucoup, mais les conditions de vie sont difficiles. Paul Gauguin se rend ensuite en Bretagne, en 1888. À Pont-Aven, avec d'autres peintres, il développe le synthétisme, dans le courant du symbolisme. Il y peint l'une de ses œuvres importantes : La Vision après le sermon (1888). Il cohabite un temps à Arles avec Vincent Van Gogh à la fin de cette année, mais des tensions viennent perturber son séjour.

Gauguin s'éloigne progressivement de l'impressionnisme et développe son propre style, caractérisé par des couleurs vives, des formes simplifiées et une recherche de spiritualité. Il est à la recherche d'un art plus authentique, plus proche de la nature et des cultures primitives.

Tahiti : l'exil et la révélation

« L'Indien » - le surnom de Gauguin, qui a grandi au Pérou jusqu'à ses six ans - en rêvait. Ce 31 mars 1891, il le fait. Il part enfin, en Océanie, chercher les îles, les couleurs, le mystère d'une autre manière de vivre. Un mois plus tôt, lors de la vente de ses tableaux pour financer le voyage, il s'est confié à un journaliste de l'Écho de Paris : « Je pars pour être tranquille, pour être débarrassé de l'influence de la civilisation. Je ne veux faire que de l'art simple, très simple. Pour cela, j'ai besoin de me retremper dans la nature vierge, de ne voir que des sauvages, de vivre leur vie… »

Mais il part seul et ce n'était pas prévu. Le peintre espérait créer « un atelier des tropiques » au bout du monde. Les jeunes artistes de l'école de Pont-Aven qui avaient promis de l'accompagner, se sont dégonflé les uns après les autres. Le Pouldu, oui, Papeete, non. Sa femme aussi a décliné. Gauguin a tout fait pour que Mette et leurs cinq enfants l'accompagnent à Tahiti. Paul et Mette vivent pourtant séparés. Très séparés même, puisque son épouse, rencontrée à Paris, est retournée vivre à Copenhague avec les enfants. Gare de Lyon. C'est sur ce quai, le dernier jour de mars, que débute le long voyage pour Tahiti. Paris-Marseille en apéritif. Dans ses bagages, un fusil pour chasser comme les Tahitiens, deux guitares, une mandoline et 3 000 francs. Le 1er avril, Gauguin monte à bord de l'Océanien, un paquebot confortable qui s'arrête à Nouméa en Nouvelle-Calédonie. De là, il devra encore attraper un bateau pour Tahiti. Le 12 mai, le futur auteur de « Noa Noa », récit de son premier voyage dans le Pacifique, arrive enfin à Nouméa. Un ancien voilier de la marine nationale part le 21 pour Tahiti. Après 17 jours de navigation dans des conditions beaucoup plus rudes que sur un paquebot, Gauguin aperçoit la Polynésie le 7 juin, le jour de ses 43 ans. Une aubaine : le peintre, nanti d'un vague bordereau de mission officielle pour peindre les colonies, n'a qu'à débourser 60 francs pour monter à bord dans le carré des officiers.

Il loue une case au pied de la montagne et cultive de nouvelles relations. Quelques colons comme le pharmacien Suhas ou le glacier Drollet, mais surtout des Tahitiens. Il fait poser beaucoup de vahinés et aussi de tanés (hommes) et s'émerveille de leur aptitude à tenir très longtemps la pose. Un jour, une jeune fille rentre dans sa case,; elle a 13 ans; C'est Téhura. Elle deviendra son modèle, son épouse. C'est par elle qu'il va rentrer dans la phase essentielle de son oeuvre. En quelques mois, il brossera 70 toiles qui sont toutes, au delà de la féérie des formes et des couleurs, un appel mystique aux dieux oubliés.

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À Tahiti, Gauguin trouve l'inspiration qu'il recherchait. Il peint des scènes de la vie quotidienne, des portraits de femmes tahitiennes (vahinés) et des paysages luxuriants. Son style évolue vers un synthétisme encore plus radical, avec des couleurs pures et des contours marqués.

Les Marquises : la fin d'un exil

Gauguin reviendra en France en 1893, puis repartira, mais encore plus loin cette fois : aux Marquises, bout du bout de l'archipel polynésien. Il y trouvera, enfin, ces couleurs qu'il a cherchées toute sa vie. Il y peindra les tableaux qui l'ont fait entrer dans l'histoire de l'art, entre mélancolie et paradis.

Il embarque alors pour les Marquises sur l'île de Hiva Oa en 1901. Il y construit sa maison qu'il appelle "Maison du Jouir", une sorte de provocation à la société marquisienne. Gauguin, toujours attiré par la jeunesse, entame une relation amoureuse avec sa vahiné, Marie-Rose Vaeoho, alors âgée de treize ans. Elle tombe enceinte et donne naissance à leur fille Tikaomata.

Dans l'île, il rentre en conflit avec les autorités administratives et religieuses. Il prend la défense des marquisiens spoliés et leur conseille de ne pas payer l'impôt. Comme sa grand-mère, Flora Tristan, il devient le défenseur des faibles . Au terme de ce combat qu'il a livré contre la Société de son temps, Il est vaincu une nouvelle fois - Il est , en effet, condamné à 3 mois de prison et 500 francs d'amende - Il n'a plus le goût de peindre. Gauguin a fait appel mais la mort devancera le jugement des hommes. Il meurt seul dans sa case.

Sa blessure à la jambe étant toujours très douloureuse, Gauguin sombre dans la maladie. Il laisse son état se détériorer. S'ajoute à cela la syphilis qu'il avait précédemment contracté, qui s'aggrava de jour en jour. Il meurt le 8 Mai 1903. Il est maudit et détesté par la population polynésienne et marquisienne.

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Paul Gauguin est enterré dans le cimetière d'Atuona sur l'île de Hiva Oa dans les Marquises, aussi appelé Cimetière du Calvaire. Sur la tombe, on a déposé un bloc de pierre ou est gravé son nom et l'année de sa mort. Ses biens et ses toiles furent dispersés aux enchères; La plupart de ses dessins et de ses sculptures furent jetées «aux ordures».

Une descendance complexe

Paul et Mette vivent pourtant séparés.Très séparés même, puisque son épouse, rencontrée à Paris, est retournée vivre à Copenhague avec les enfants. Et encore, elle ne sait pas tout : une jeune maîtresse du très volage Gauguin, Juliette Huet, vient de tomber enceinte de lui à quelques semaines du grand départ. Paul laisse à cette dernière un peu d'argent comme solde de tout compte avant son lointain exil.

Gauguin a officiellement vécu avec trois très jeunes Polynésiennes. Il a laissé un fils et une fille… en plus de ses cinq enfants franco-danois, et de celui de sa maîtresse française ! C'est presque une malédiction de faire partie de l'arbre généalogique de l'artiste. « Ici, c'est le quartier Gauguin des descendants, comme on appelle cette colline, lâche un guide local. Ils n'aiment pas parler, parce que l'artiste n'a pas bonne réputation. »

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