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ICSI : Une avancée majeure dans le traitement de l'infertilité

Introduction

La fécondation in vitro avec injection intracytoplasmique de spermatozoïdes (FIV ICSI) est une technique d'assistance médicale à la procréation (AMP) qui a révolutionné le traitement de l'infertilité, en particulier masculine. Cette méthode, pratiquée en France depuis 1994, offre une solution aux couples confrontés à des difficultés de conception dues à des problèmes de sperme ou à des échecs de fécondation in vitro conventionnelle.

Qu'est-ce que l'ICSI ?

ICSI signifie « injection intracytoplasmique de spermatozoïdes ». En anglais, cela se traduit par « intracytoplasmic sperm injection ». C'est une technique de fécondation in vitro (FIV) où un seul spermatozoïde est directement injecté dans un ovocyte mature. Elle est également appelée micro-insémination, fécondation assistée ou fécondation avec micromanipulation. Cette approche diffère de la FIV classique où l'ovocyte est mis en contact avec environ 25 000 spermatozoïdes, laissant la fécondation se produire naturellement.

La première FIV ICSI fut expérimentée au centre de médecine de la reproduction de l’université libre néerlandophone de Bruxelles.

Indications de l'ICSI

L'ICSI est particulièrement indiquée dans les cas suivants :

  • Infertilité masculine :
    • Oligospermie : nombre de spermatozoïdes très bas (moins de 1 million/ml).
    • Asthénospermie : mobilité réduite des spermatozoïdes.
    • Tératospermie : anomalies morphologiques importantes des spermatozoïdes. Une tératospermie sévère correspond à un nombre important d’anomalies morphologiques du spermatozoïde. Elle est généralement associée à un fort taux de fragmentation de l’ADN et d’anomalies chromosomiques, qui sont délétères lors de la fécondation et du développement embryonnaire.
    • Azoospermie : absence de spermatozoïdes dans l'éjaculat. La microinjection s’effectue alors à partir de spermatozoïdes d’origine testiculaire (issus d’une biopsie testiculaire). Lorsque le sperme ne contient aucun spermatozoïde, il est possible de les recueillir directement via une chirurgie.
    • « Syndrome du spermatozoïde paresseux » : anomalie du sperme impactant la mobilité des spermatozoïdes pouvant compromettre la fécondation naturelle.
  • Échecs d'IIU (Insémination Intra-Utérine)
  • Échecs de fécondation après FIV conventionnelle
  • Infertilité féminine :
    • Endométriose
    • Trompes obstruées
  • Maladies infectieuses chez le partenaire masculin (VIH, hépatite B ou C) : l'ICSI permet de limiter le risque de transmission de l'infection à la femme.
  • Nécessité d'un diagnostic préimplantatoire (DPI) : l'ICSI assure qu'un seul spermatozoïde féconde l'ovocyte, évitant ainsi toute confusion lors de l'analyse génétique de l'embryon.

Déroulement d'une FIV ICSI

Hormis le processus de fécondation in vitro qui diffère, le parcours de FIV ICSI est en tout point similaire à celui d’une FIV classique. Il débute par la stimulation ovarienne réalisée chez la femme pour stimuler la croissance d’un maximum d’ovocytes.

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  1. Stimulation ovarienne : La stimulation repose sur des médicaments injectables contenant de la FSH (Fostimon®, Gonal F®, Ménopur®, Purégon®). La femme reçoit des injections d'hormones (gonadotrophines) pour stimuler la croissance de plusieurs follicules ovariens. Divers protocoles existent, utilisant soit des agonistes du GnRH (Décapeptyl®, Synarel®, Suprefact®, Enantone®) soit des antagonistes du GnRH (Orgalutran®, Cétrotide®) pour empêcher une ovulation prématurée qui empêcherait de récupérer les ovocytes. La stimulation est plurifolliculaire », c’est à dire permettant idéalement l’obtention de 4 à 12 follicules matures et donc potentiellement 4 à 12 ovocytes. Pour moi, c’était quasiment tous les jours. On nous appelle le soir en nous disant « voilà, votre taux d’hormones était à tant, donc ce soir il faut faire une piqûre de tant de millilitres », jusqu’à ce que les ovocytes soient considérés comme assez matures pour être ponctionnés. Après une douzaine de jours de stimulation avec des contrôles biologiques et échographiques, on réalise une ponction d’ovocytes, au bloc opératoire, sous anesthésie locale ou générale.
  2. Suivi de la stimulation : Des échographies sont réalisées régulièrement pour surveiller la croissance des follicules. Échographie des follicules.
  3. Déclenchement de l'ovulation : Lorsque les follicules sont prêts, une injection d'hCG est administrée pour déclencher l'ovulation. Lorsque les follicules sont prêts, le médicament déclanchant l’ovulation est administré.
  4. Ponction ovocytaire : Le prélèvement des ovocytes (aussi appelé recueil, collecte ou ponction) dans les ovaires est pratiqué au bloc opératoire par un gynécologue 35 à 37 heures après le déclanchement de l'ovulation. La ponction se fait le plus souvent sous anesthésie générale légère (sédation), selon les cas peut être proposée une anesthésie locale. La ponction se pratique par voie naturelle. Une aiguille, guidée par échographie endovaginale, permet d'aspirer le liquide contenu dans chaque follicule dans lequel baigne l'ovocyte. Chaque liquide folliculaire pouvant contenir un ovocyte est récupéré dans un flacon et immédiatement transféré au laboratoire. Les ovules sont collectés environ 36 heures plus tard et nous vous recommandons d’arriver à Copenhague la veille au soir. L’aspiration d’ovules a lieu sous anesthésie locale, qui est administrée par voie vaginale. Sous contrôle échographique, le médecin prélève les ovules avec une aiguille. La procédure dure quelques minutes et la plupart des femmes ne remarquent pas grand-chose, mais bien sûr, c’est un peu inconfortable. Vous resterez à la clinique jusqu’à une heure après la procédure pour vous assurer que vous êtes à l’aise. Attendez-vous à des douleurs et à des saignements le premier jour, mais cela devrait s’atténuer rapidement.
  5. Recueil de sperme : Le jour de la ponction ovocytaire, le conjoint réalise un recueil de sperme par masturbation au laboratoire. Un délai d’abstinence préalable de 24 heures minimum à 7 jours maximum est conseillé. L’homme fournit un échantillon de sperme le jour du prélèvement de l’ovule. Le jour de l’aspiration des ovules, l’homme soumet un échantillon de sperme à la clinique. Le conjoint effectue son recueil de sperme par masturbation. Une abstinence sexuelle est recommandée pendant les trois jours précédant la ponction ovocytaire. Parallèlement à cette ponction ovocytaire, le recueil du sperme est réalisé.
  6. Préparation du sperme : Le sperme est préparé afin de sélectionner les spermatozoïdes les plus fécondants. Les spermatozoïdes contenus dans le sperme ne sont pas tous fécondants et de plus leur qualité est inégale.
  7. Micro-injection : Tous les ovocytes obtenus par ponction sont déposés dans des gouttes de milieu de culture disposées dans une boîte. Puis la préparation spermatique est ajoutée dans chaque goutte autour de chaque ovocyte. L’ovocyte observé à ce stade est soit immature donc incapable d’être fécondé, soit mature et non fécondé, soit mature et fécondé. La couronne de cellules qui entoure l’ovocyte est enlevée pour visualiser l’endroit où va se faire la micro-injection : c’est la « décoronisation ». La capacité des ovocytes à être fécondés est évaluée de manière plus précise. Seuls les ovocytes matures seront micro-injectés. Pour chacun des ovocytes, un spermatozoïdeCellule reproductrice masculine (gamète), qui possède une tête et une queue (le flagelle)…. Sous contrôle d’un microscope, le biologiste maintient l’ovocyte avec une micropipette et, avec une autre micropipette, aspire le spermatozoïdeCellule reproductrice masculine (gamète), qui possède une tête et une queue (le flagelle)…. sélectionné puis l’injecte à l’intérieur de l’ovocyte. Cette micro-injection est renouvelée pour chaque ovocyte fécondable. Une micropipette permet de maintenir l’ovocyte par aspiration (à gauche de la photo). Parallèlement, le spermatozoïde est sélectionné est aspiré dans la pipette d’injection (à droite de la photo). Cette sélection a lieu selon des critères morphologiques et de mobilité. Il est ensuite réinjecté au sein de l’ovocyte. Cette micro-injection se fait alors grâce à un microscope très puissant. L’ensemble du dispositif doit être extrêmement précis. En effet, lors d’une FIV classique, 25 000 spermatozoïdes sont exposés à l’ovocyte. La fécondation peut alors se produire d’elle-même.
  8. Culture embryonnaire : Les ovocytes fécondés sont placés dans un incubateur, qui est un système de « couveuse » avancé. Les ovocytes sont ensuite remis dans une boîte de culture dans l’incubateur à 37° C pour les étapes suivantes. Après la culture des embryons dans un environnement adapté pendant 2 à 5 jours, leur qualité est évaluée en tenant compte de leur aspect morphologique. Il existe de nombreuses caractéristiques différentes des embryons qui déterminent s’ils seront cultivés plus avant et quand ils seront utilisés. Dans la culture embryonnaire conventionnelle, les embryons sont mis en culture dans un incubateur leur assurant un environnement stable. Néanmoins, afin d’observer leur évolution et leur aspect morphologique (seul critère actuel d’appréciation de leur qualité) au microscope inversé, il est nécessaire de sortir les boites de culture contenant les embryons. Le centre d’AMP de Bichat s’est doté fin 2015 d’un incubateur de pointe EmbryoScope® permettant un enregistrement en continu en images (time-lapse) du développement embryonnaire préimplantatoire in vitro. L’observation accrue de l’embryon et de son développement depuis la fécondation améliore la sélection embryonnaire pour obtenir une meilleure implantation.
  9. Transfert embryonnaire : Puis un ou deux embryons sont sélectionnés et placés dans la cavité utérine à l’aide d’un cathéter flexible. L’embryon est placé à l’aide d’un petit cathéter fin. Cela dure quelques minutes et n’est généralement pas douloureux du tout.
  10. Congélation embryonnaire : Après le transfert embryonnaire lors d’une FIV, il est possible de congeler les embryons surnuméraires qui ont une évolution de développement favorable, pour une utilisation ultérieure. La congélation d’embryons offre un bénéfice supplémentaire pour un couple pour aboutir à une grossesse. Une fois congelés, les embryons peuvent demeurer cryoconservés (congelés dans l’azote liquide) pendant plusieurs années, si nécessaire, sans crainte de voir leur qualité altérée. A Bichat, tous les embryons sont congelés par la technique de vitrification, technique de congélation ultrarapide qui permet de limiter la formation de cristaux d’eau délétères pour l’embryon.
  11. Phase lutéale : La patiente reçoit un traitement hormonal pour soutenir la phase lutéale (période entre l'ovulation et les règles).
  12. Test de grossesse : Un test de grossesse est effectué environ deux semaines après le transfert embryonnaire. Le test de grossesse sera effectué par une prise de sang ou d’urine 14 jours après l’insémination.

Risques et complications possibles

Des effets indésirables peuvent survenir en cours de traitement. On observe généralement un taux légèrement plus élevé de poids de naissance inférieur à la normale et de naissances prématurées chez les enfants conçus par FIV. Les complications liées au geste chirurgical de ponction (hémorragie, infection, problème anesthésique…) sont rarissimes. Celles qui sont liées à une réponse excessive à la stimulation ovarienneTraitement médicamenteux à base d’hormones (injections ou comprimés), permettant de stimuler la maturation d’un ou plusieurs follicules par chacun des ovaires…., appelée hyperstimulation, sont également rares. Elles se traduisent par un gonflement et des douleurs abdominales, une prise de poids brutale, des troubles digestifs et parfois une gêne respiratoire. Concernant les risques de cancer, aucune donnée ne permet aujourd’hui de mettre en cause les traitements liés à l’Assistance Médicale à la Procréation.

Taux de succès de l'ICSI

Votre chance de concevoir est généralement deux fois plus élevée par rapport à l’insémination et est de 45 à 50% pour les femmes de moins de 35 ans. En 2017, selon le rapport médical et scientifique de l’Agence de Biomédecine, 7 863 accouchements ont été réalisés suite à 43 254 tentatives de la fécondation in vitro ICSI.

L’âge de la femme a une influence directe sur les chances de succès ou d’échec. Cette technique offre un taux de grossesse cumulé de 45%.

Don de sperme et ICSI

Dans le cas où vos ovocytes ou vos spermatozoïdes ne seraient pas utilisables, votre médecin peut vous orienter vers le don de gamètes.

Le don de sperme est anonyme et absolument légal en Espagne, quelle que soit la nationalité ou l’origine du patient. Selon la législation espagnole sur le don de sperme, les donneurs de sperme doivent remplir certaines conditions. VITA fait appel à la banque de sperme CEIFER, dont les donneurs font l’objet d’une étude stricte et exhaustive afin de garantir la qualité des traitements. Tous les donneurs de sperme sont soumis au “Donor Screening” une étude sur les porteurs de maladies génétiques récessives autosomiques. Ce test permet de détecter les maladies génétiques récessives autosomiques les plus courantes.

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L’insémination proprement dite sera effectuée dans la fourchette de temps où l’on s’attend à ce que l’ovulation se produise. Ce jour-là, l’échantillon de sperme obtenu auprès d’un donneur anonyme sera décongelé. Les spermatozoïdes condensés sont introduits dans une canule et injectés dans l’utérus de la femme en vue de la fécondation.

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