La progestérone est une hormone stéroïdienne cruciale pour la santé reproductive féminine. Son rôle est essentiel pour la préparation de l'utérus à la grossesse et le maintien de celle-ci. L'administration de progestérone sous forme d'ovule, notamment dans le contexte de traitements de fertilité, suscite de nombreuses questions et avis. Cet article explore les aspects de la progestérone en ovule, son impact sur le cycle menstruel, les raisons de son utilisation, les différentes formes disponibles, les effets secondaires potentiels et les alternatives naturelles.
Rôle de la Progestérone dans le Cycle Menstruel et la Grossesse
La progestérone est indispensable pour l’obtention et le maintien d’une grossesse. Juste après l’ovulation, le follicule qui contenait l’ovocyte se transforme en « corps jaune ». C’est cette transformation qui fait que les cellules du follicule se mettent à produire la progestérone, en plus de l’œstradiol qu’elles produisaient dans la première partie du cycle. En présence d’un embryon, la production de progestérone va augmenter progressivement et permettre le maintien de la grossesse.
Le seuil de référence pour une ovulation de qualité ou un traitement efficace est autour de 10 ng/ml.
Un traitement par progestérone est quasiment systématiquement proposé après une stimulation de l’ovulation, en particulier car le mécanisme de la stimulation ovarienne va entraîner une perturbation des sécrétions de FSH et LH qui sont indispensables à une bonne production de progestérone. Probablement qu’un certain nombre de femmes n’en ont pas vraiment l’utilité, mais c’est impossible de le déterminer avant que cela ne soit trop tard.
La progestérone peut également être utilisée quand aucune ovulation n’a lieu, dans un cycle artificiel. Ici, elle permet de remplacer totalement la progestérone naturelle, soit pour obtenir des règles (en général elle est arrêtée au bout de 10 jours) soit pour permettre une grossesse. En cas de menace de fausse couche quand une grossesse a débuté naturellement, il arrive que de la progestérone soit prescrite.
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Pourquoi Utiliser la Progestérone en Ovule ?
La progestérone en ovule est souvent prescrite dans les contextes suivants :
- Assistance Médicale à la Procréation (AMP) : Après une stimulation de l'ovulation, notamment lors d'une fécondation in vitro (FIV) ou d'une insémination intra-utérine, un traitement par progestérone est fréquemment administré. La stimulation ovarienne peut perturber la production naturelle de progestérone, rendant une supplémentation nécessaire.
- Soutien de la Phase Lutéale : En cas d'insuffisance lutéale, c'est-à-dire une production insuffisante de progestérone par le corps jaune après l'ovulation, la progestérone en ovule peut être prescrite pour favoriser l'implantation de l'embryon et le maintien de la grossesse. La posologie conseillée est de 200 à 300 mg/jour, en deux prises, à partir du 17ème jour du cycle pendant 10 jours. Le traitement sera repris rapidement en cas d’absence de retour des règles et de diagnostic de grossesse, jusqu’à la 12ème semaine de grossesse.
- Prévention des Fausses Couches : En cas de menace de fausse couche ou de fausses couches à répétition dues à une insuffisance lutéale, la progestérone peut être administrée pour soutenir le début de la grossesse.
- Cycles Artificiels : Lorsque l'ovulation n'a pas lieu, la progestérone peut être utilisée pour simuler un cycle menstruel normal, soit pour déclencher les règles, soit pour préparer l'utérus à une éventuelle grossesse.
Les Différentes Formes de Progestérone
Le traitement par progestérone n’est pas totalement codifié, on peut donc trouver des petites différences dans les prescriptions selon les praticiens. Le plus souvent la progestérone est débutée le soir de la ponction d’ovocytes dans le cadre d’une FIV ou 24-48h après l’insémination intra-utérine. Un bilan hormonal n’est pas systématique.
La progestérone est disponible sous plusieurs formes qui sont équivalentes, mais dont la voie n’est pas interchangeable. Par exemple, les capsules très efficaces par voie vaginale ne sont pas aussi efficaces quand elles sont prises par voie orale, leur utilisation par voie orale est pour d’autres usages que l’AMP. Par voie vaginale, il existe également un gel. Il existe de la progestérone orale (la dydrogestérone) et de la progestérone en injection sous-cutanée.
Les principales formes d'administration de la progestérone sont :
- Capsules Vaginales : Insérées directement dans le vagin, elles permettent une absorption locale de la progestérone.
- Gels Vaginaux : Alternative aux capsules, ils sont également insérés dans le vagin.
- Comprimés Oraux : Avalés par voie orale, ils peuvent être utilisés pour d'autres indications que l'AMP en raison de leur efficacité moindre par cette voie.
- Injections Sous-Cutanées ou Intramusculaires : Administrées par un professionnel de la santé, elles assurent une diffusion rapide de la progestérone dans l'organisme.
- Suppositoires : Insérés par voie rectale.
- Patchs : Appliqués sur la peau.
Dans la grande majorité des cas, dès le test de grossesse positif, la production de progestérone par l’ovaire est suffisante et le traitement externe pourrait être arrêté. En revanche, dans certains cas il est absolument indispensable de poursuivre la progestérone jusqu’à 10-12 semaines d’aménorrhée (c’est-à-dire à la fin du premier trimestre) au risque de déclencher une fausse couche. Ce sont en particulier les cas du transfert d’embryon congelé quand la préparation du cycle a été faite uniquement par les hormones (cycles artificiels), et pas par une ovulation.
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Administration et Dosage
La progestérone, par voie vaginale, sous-cutanée ou orale, diffuse dans l’ensemble du corps et va agir sur différents tissus du corps, en particulier l’utérus et le col (transformation de l’endomètre et diminution des contractions utérines), mais également sur le cerveau. En cas d’oubli, prenez immédiatement le traitement et la dose suivante à l’heure prévue, 2 doses peuvent être prises simultanément.
D’une manière générale, privilégiez les horaires fixes et suffisamment espacés pour être répartis sur la journée. Mais vous n’avez pas besoin de mettre votre réveil la nuit pour autant ! Dans le doute, demandez conseil au centre qui vous suit.
Il est important de respecter strictement les posologies préconisées. Dans les insuffisances en progestérone, la posologie moyenne est de 200 à 300 mg de progestérone micronisée par jour. Il est recommandé d’utiliser le médicament à distance des repas, de préférence le soir au coucher.
Dans le cas d'une utilisation par voie vaginale, chaque capsule doit être insérée profondément dans le vagin. En cas de grossesse débutante, la dose peut atteindre au maximum 600 mg/jour répartis en 3 prises, et ce jusqu’au 60ème jour, et au plus tard jusqu’à la 12ème semaine de grossesse. La posologie recommandée est de 400 à 600 mg/jour, en deux prises à trois prises/jour, à partir du jour de l’injection d’hCG jusqu’à la 12ème semaine de grossesse.
Effets Secondaires Potentiels
Il y a peu d’effets secondaires de la voie orale et sous-cutanée en dehors des réactions locales. Pour la voie vaginale, le principal désagrément sont les pertes vaginales qui peuvent varier d’une femme à l’autre et être parfois très abondantes. Il est important d’essayer de retirer le maximum de progestérone avec le doigt avant de remettre une nouvelle capsule vaginale pour favoriser l’absorption de la nouvelle capsule. Rassurez-vous, l’importance de ces pertes n’a pas de rapport avec un manque d’absorption.
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Attention la progestérone naturelle en capsule vaginale peut également être prise par voie orale (efficacité moindre) mais dans ce cas elle entraine souvent des problèmes d’étourdissement ou de somnolence.
Bien que généralement bien tolérée, la progestérone en ovule peut entraîner certains effets secondaires, notamment :
- Pertes Vaginales : Elles sont fréquentes et peuvent être abondantes. Il est conseillé de retirer l'excès de progestérone avant d'insérer une nouvelle capsule.
- Somnolence et Étourdissements : Surtout si la progestérone en capsule vaginale est prise par voie orale.
- Troubles de l'Humeur : Certaines femmes rapportent des sautes d'humeur, une sensibilité accrue et des rêves intenses.
- Constipation : La progestérone peut ralentir le transit intestinal, entraînant une constipation.
- Ballonnements : Sensation de gonflement abdominal.
- Douleurs Mammaires : Sensibilité ou douleur au niveau des seins.
- Réactions Allergiques : En raison de la présence d'huile d'arachide et de lécithine de soja dans certaines formulations.
- Atteintes Hépatiques : Rarement, des atteintes hépatiques ont été rapportées lors de l'administration de progestérone micronisée au cours des 2ème et 3ème trimestres de la grossesse.
L'attention est attirée, notamment chez les conducteurs de véhicules et les utilisateurs de machines, sur les risques de somnolence et/ou de sensations vertigineuses attachés à l’emploi de ce médicament par voie orale.
Impact sur les Règles
La progestérone bloque l'arrivée des règles car c'est la chute de progestérone qui fait arriver les règles et qui marque la fin du cycle. Donc, tant que tu prends de la progestérone, il serait logique de ne pas avoir ces règles.
La progestérone peut retarder l'arrivée des règles. En effet, la prise de progestérone maintient un niveau hormonal élevé, empêchant ainsi la survenue des menstruations. L'arrêt du traitement entraîne une chute de progestérone, déclenchant les règles quelques jours après.
Alternatives Naturelles pour Augmenter le Taux de Progestérone
Au sujet de l’alimentation, Frédérique Besson, ingénieur nutritionniste spécialisée dans la fertilité, explique que la vitamine C permettrait d’augmenter naturellement le taux de progestérone (agrumes, fruits rouges, kiwi, poivrons, persil) tout comme le sélénium, qui selon de récentes études, participerait à la bonne formation du corps jaune et donc a une bonne production de progestérone (noix de brésil, fruits de mer et poisson).
En phytothérapie, deux plantes sont dites « progestérone-like » c’est-à-dire qu’elles agissent sur l’équilibre hormonal, en mimant l’activité de la progestérone et ainsi en la régulant. Il s’agit du gattilier et de l’alchémille. Le Gattilier est LA plante du déséquilibre hormonal, elle a une action anti-œstrogène et progestérone-like. Des études scientifiques ont montré que le gattilier peut être efficace pour réguler les cycles menstruels, notamment dans le cadre du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK).
Bien qu'elles ne remplacent pas un traitement médical, certaines alternatives naturelles peuvent aider à soutenir la production de progestérone :
- Vitamine C : Présente dans les agrumes, les fruits rouges, les kiwis, les poivrons et le persil.
- Sélénium : Présent dans les noix du Brésil, les fruits de mer et le poisson.
- Gattilier : Plante réputée pour réguler les cycles menstruels et agir comme un progestatif naturel.
- Alchémille : Plante aux propriétés similaires au gattilier.
Conseils et Précautions
- Consultez un professionnel de la santé : Avant de commencer ou d'arrêter un traitement à base de progestérone, il est impératif de consulter un médecin ou un gynécologue.
- Respectez les posologies : Suivez scrupuleusement les instructions de votre médecin concernant la dose et la fréquence d'administration.
- Surveillez les effets secondaires : Soyez attentive aux éventuels effets secondaires et signalez-les à votre médecin.
- Adoptez une alimentation équilibrée : Privilégiez une alimentation riche en vitamines et minéraux pour soutenir votre équilibre hormonal.
- Gérez la constipation : Buvez beaucoup d'eau et consommez des aliments riches en fibres pour prévenir la constipation.
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