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Progestérone: Indications, Effets Secondaires et Informations Essentielles

La progestérone est une hormone stéroïdienne naturelle qui joue un rôle crucial dans le cycle menstruel féminin et pendant la grossesse. Cet article explore en détail les indications de la progestérone, ses effets secondaires potentiels et d'autres informations essentielles pour une compréhension complète de cette hormone et de son utilisation médicale.

Rôle et Importance de la Progestérone

Chez la femme, la progestérone est principalement sécrétée par le corps jaune des ovaires après l'ovulation, durant la deuxième phase du cycle menstruel. Elle intervient également pendant la grossesse. Cette hormone agit sur la muqueuse de l'utérus (endomètre), préparant celui-ci à la nidation de l'œuf fécondé. Une chute brutale de la progestérone entraîne les règles à la fin de chaque cycle menstruel. Pendant la grossesse, la progestérone est d'abord sécrétée par l'ovaire, puis par le placenta dès le deuxième trimestre, favorisant ainsi le maintien de la grossesse en relâchant l'utérus et en s'opposant aux contractions utérines.

Indications de la Progestérone

La progestérone est prescrite dans diverses situations cliniques pour compenser une insuffisance de sécrétion de cette hormone. Les principales indications comprennent :

  • Supplémentation de la phase lutéale : Dans les cycles spontanés ou induits, en cas d'hypofertilité ou de stérilité primaire ou secondaire, notamment par dysovulation. La posologie conseillée est de 200 à 300 mg/jour, en deux prises, à partir du 17ème jour du cycle pendant 10 jours.
  • Troubles des règles et syndrome prémenstruel : La progestérone peut être utilisée pour traiter les symptômes du syndrome prémenstruel et certains troubles des règles.
  • Traitement substitutif de la ménopause : En complément des estrogènes, la progestérone est utilisée dans le traitement hormonal substitutif de la ménopause.
  • Troubles de la fertilité : Elle est utilisée dans les troubles de la fertilité, notamment pour la fécondation in vitro (FIV). Elle peut être utilisée en deuxième partie du cycle dans l'exploration d'une infertilité pour diagnostiquer une insuffisance lutéale.
  • Prévention des fausses couches et avortements spontanés à répétition : La progestérone peut être prescrite, par voie vaginale, pour prévenir les fausses couches et les avortements spontanés à répétition. Cependant, il est important de noter qu'elle n'est pas adaptée aux fausses couches dues à des accidents génétiques. Plus de la moitié des avortements spontanés précoces sont dus à des accidents génétiques. De plus, des phénomènes infectieux et des troubles mécaniques peuvent être responsables d'avortements précoces.
  • Cycles artificiels : La progestérone peut être utilisée quand aucune ovulation n’a lieu, dans un cycle artificiel, soit pour obtenir des règles (en général elle est arrêtée au bout de 10 jours) soit pour permettre une grossesse.
  • Menace de fausse couche : En cas de menace de fausse couche quand une grossesse a débuté naturellement, il arrive que de la progestérone soit prescrite.

Posologie et Administration

La posologie de la progestérone varie en fonction de l'indication et de la voie d'administration. En général, la posologie pour la supplémentation de la phase lutéale est de 200 à 300 mg/jour, en deux prises, à partir du 17ème jour du cycle pendant 10 jours. Pour le traitement substitutif de la ménopause, la posologie est de 100 mg, 2 fois par jour ou 200 mg, une fois par jour, pendant 12 à 14 jours, en association avec un estrogène. Dans le traitement des troubles de la fertilité et menaces de fausse couche, la posologie est de 200 à 600 mg par jour, en plusieurs prises. Il est important de ne pas dépasser 200 mg par prise, quelles que soient l'indication et la voie d'administration.

La progestérone peut être administrée par différentes voies, notamment orale et vaginale. La voie vaginale est souvent privilégiée pour éviter certains effets secondaires associés à la voie orale.

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Effets Secondaires Potentiels

Comme tout médicament, la progestérone peut entraîner des effets secondaires, bien que toutes les patientes ne les ressentent pas. Les effets secondaires varient en fonction de la voie d'administration.

Par voie orale :

  • Somnolence
  • Vertiges (1 à 3 heures après la prise)
  • Léger saignement
  • Règles plus fréquentes

Ces effets sont souvent le signe d'un surdosage. Si une somnolence gênante survient après l'administration par voie orale, le médecin peut proposer l'utilisation de la voie vaginale, généralement dénuée d'effet indésirable.

Par voie vaginale :

  • Pertes vaginales (peuvent être abondantes)

Il est important de noter que l'importance de ces pertes n'a pas de rapport avec un manque d'absorption. La progestérone naturelle en capsule vaginale peut également être prise par voie orale, mais elle entraîne souvent des problèmes d'étourdissement ou de somnolence dans ce cas.

Autres effets secondaires rapportés :

  • Troubles de l'humeur : Certaines femmes rapportent des changements d'humeur, une sensibilité accrue et des épisodes de pleurs.
  • Rêves intenses ou cauchemars : La progestérone peut provoquer des rêves intenses ou des cauchemars.
  • Constipation : La constipation est un effet secondaire courant, et il est important de la gérer adéquatement en consommant des aliments riches en fibres, en buvant beaucoup d'eau et, si nécessaire, en utilisant des laxatifs doux recommandés par un médecin.
  • Gonflement : Une sensation de gonflement peut être ressentie.

Il est crucial de déclarer tout effet indésirable suspecté après l'autorisation du médicament, car cela permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament.

Précautions et Contre-indications

Avant de commencer un traitement à la progestérone, il est important de prendre en compte certaines précautions et contre-indications :

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  • Maladie grave du foie : La progestérone ne doit pas être utilisée en cas de maladie grave du foie.
  • Bilan hormonal : Un bilan hormonal est nécessaire avant la mise en route du traitement.
  • Avortements spontanés : Ce médicament ne convient pas au cas de fausse couche due à un accident génétique.
  • Effet contraceptif : La progestérone naturelle n'a pas d'effet contraceptif, contrairement aux progestatifs de synthèse qui bloquent l'ovulation.
  • Conduite : Par voie orale, ce médicament peut être responsable de vertiges ou d'une baisse de la vigilance.
  • Grossesse et allaitement : Ce médicament peut être prescrit par voie vaginale pendant le premier trimestre de la grossesse. Il ne doit pas être utilisé à partir du 4e mois de grossesse. Des atteintes du foie ont été très rarement observées en cas d'utilisation pendant le 2e et le 3e trimestre.

Interactions Médicamenteuses

Il est important d'informer votre médecin de tous les médicaments que vous prenez, y compris les médicaments en vente libre, les suppléments et les produits à base de plantes, avant de commencer un traitement à la progestérone.

Formes et Présentations

La progestérone est disponible sous plusieurs formes, notamment :

  • Capsules molles orales et vaginales (PROGESTAN Gé 100 mg et 200 mg)
  • Capsules vaginales
  • Injections sous-cutanées ou intramusculaires
  • Gels
  • Suppositoires
  • Patchs

Les capsules sont disponibles en boîtes de différentes tailles (14, 15, 30, 45 ou 60 capsules sous plaquettes thermoformées PVC/Aluminium).

Conseils et Recommandations

  • Respecter la posologie : Il est essentiel de suivre scrupuleusement les indications de votre médecin concernant la posologie et la voie d'administration.
  • Voie d'administration : La progestérone est disponible sous plusieurs formes qui sont équivalentes, mais dont la voie n'est pas interchangeable. Par exemple, les capsules très efficaces par voie vaginale ne sont pas aussi efficaces quand elles sont prises par voie orale.
  • Horaires fixes : Privilégier les horaires fixes et suffisamment espacés pour être répartis sur la journée, mais il n’est pas nécessaire de mettre son réveil la nuit.
  • Gestion des pertes vaginales : En cas d'utilisation par voie vaginale, il est important d'essayer de retirer le maximum de progestérone avec le doigt avant de remettre une nouvelle capsule vaginale pour favoriser l'absorption de la nouvelle capsule.
  • Alimentation : La vitamine C (agrumes, fruits rouges, kiwi, poivrons, persil) et le sélénium (noix de brésil, fruits de mer et poisson) peuvent aider à augmenter naturellement le taux de progestérone.
  • Phytothérapie : Le gattilier et l'alchémille sont des plantes dites « progestérone-like » qui agissent sur l’équilibre hormonal, en mimant l’activité de la progestérone et ainsi en la régulant.
  • En cas d'oubli : En cas d’oubli, prendre immédiatement le traitement et la dose suivante à l’heure prévue, 2 doses peuvent être prises simultanément.
  • Rapports sexuels : Les rapports peuvent continuer (y compris avec pénétration et éjaculation).
  • Mycoses : En cas de mycose, parlez-en avec votre médecin qui peut adapter la voie de traitement et vérifier s’il s’agit bien d’une mycose et non pas d’une allergie aux capsules.

Progestérone et Fertilité

La progestérone est indispensable pour l’obtention et le maintien d’une grossesse. Juste après l’ovulation, le follicule qui contenait l’ovocyte se transforme en « corps jaune » et c’est cette transformation qui fait que les cellules du follicule se mettent à produire la progestérone, en plus de l’estradiol qu’elles produisaient dans la première partie du cycle. En présence d’un embryon, la production de progestérone va augmenter progressivement et permettre le maintien de la grossesse.

Un traitement par progestérone est quasiment systématiquement proposé après une stimulation de l’ovulation, en particulier car le mécanisme de la stimulation ovarienne va entrainer une perturbation des sécrétions de FSH et LH qui sont indispensables à une bonne production de progestérone. La progestérone peut également être utilisée quand aucune ovulation n’a lieu, dans un cycle artificiel. Ici, elle permet de remplacer totalement la progestérone naturelle, soit pour obtenir des règles (en général elle est arrêtée au bout de 10 jours) soit pour permettre une grossesse.

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Le seuil de référence pour une ovulation de qualité ou un traitement efficace est autour de 10 ng/ml. Dans la grande majorité des cas, dès le test de grossesse positif, la production de progestérone par l’ovaire est suffisante et le traitement externe pourrait être arrêté. En revanche, dans certains cas il est absolument indispensable de poursuivre la progestérone jusqu’à 10-12 semaines d’aménorrhée (c’est-à-dire à la fin du premier trimestre) au risque de déclencher une fausse couche. Ce sont en particulier les cas du transfert d’embryon congelé quand la préparation du cycle a été faite uniquement par les hormones (cycles artificiels), et pas par une ovulation.

Pharmacocinétique

L'élimination urinaire de la progestérone se fait pour 95% sous forme de métabolites glycuroconjugués dont le principal est le 3α, 5β-prégnanediol (pregnandiol). La concentration plasmatique maximale de progestérone est atteinte 2 à 6 heures après application et se maintient à une concentration moyenne sur 24 heures de 9,7 ng/ml après l'administration de 100 mg matin et soir. Cette posologie moyenne préconisée induit donc des concentrations plasmatiques physiologiques et stables de progestérone, similaires à celles observées pendant la phase lutéale d'un cycle menstruel normo-ovulatoire.

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