Les pertes vaginales malodorantes peuvent être une source d'inquiétude et d'inconfort pour de nombreuses femmes. Comprendre les causes sous-jacentes et les options de traitement disponibles est essentiel pour gérer efficacement ce problème. Cet article explore les différentes causes possibles des pertes malodorantes, en mettant l'accent sur le rôle des ovules vaginaux dans le traitement de ces affections.
Odeur vaginale : ce qui est normal et ce qui ne l’est pas
Toutes les femmes ont une odeur vaginale intime, ce qui est tout à fait normal. Chaque vagin est différent et a donc une odeur qui lui est propre. Cette odeur intime, souvent légèrement acide, varie en fonction des personnes mais aussi des périodes du cycle menstruel. Elle peut par exemple être plus forte pendant les règles où durant l’ovulation lorsque les sécrétions vaginales sont plus abondantes. Le vagin n’est pas un conduit inodore. Au contraire, l’odeur vaginale normale est souvent décrite comme légère, légèrement sucrée ou même musquée. Plusieurs facteurs physiologiques influencent cette odeur. Une légère variation de l’odeur vaginale au cours de la journée ou du cycle est donc tout à fait normale et ne doit pas systématiquement alerter.
Cependant, il est important de préciser qu’un vagin n’est pas sensé sentir mauvais. Le vagin contient des milliards de bactéries lactiques appelées lactobacilles. Elles constituent la flore intime ou le microbiote vaginal et ont pour but de protéger notre vagin des infections en maintenant un PH légèrement acide, peu apprécié des champignons et des mauvaises bactéries.
Une mauvaise odeur intime devient préoccupante lorsque :
- l’odeur est forte, nauséabonde, voire comparée à celle du poisson, de l’œuf pourri ou de la fermentation ;
- elle est associée à des pertes anormales : pertes jaunâtres ou verdâtres, pertes mousseuses caractéristiques d’une trichomonase, pertes épaisses et blanchâtres évoquant une mycose vaginale, parfois liées à une légère odeur ;
- des symptômes associés apparaissent : démangeaisons, brûlures au moment d’uriner, douleurs pendant les rapports sexuels ou lors de la miction ;
- l’odeur persiste malgré une hygiène intime correcte et l’absence de facteurs temporaires (règles, sport).
Dès que l’odeur intime s’accompagne de symptômes cliniques évocateurs, il est recommandé de consulter sans attendre un professionnel de santé.
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Causes des Pertes Malodorantes
Plusieurs facteurs peuvent être à l'origine de pertes vaginales malodorantes. Il est essentiel de consulter un professionnel de la santé pour obtenir un diagnostic précis. Les causes les plus courantes comprennent :
Vaginose Bactérienne (VB)
La vaginose bactérienne (VB) est une infection vaginale courante causée par un déséquilibre de la flore bactérienne naturelle du vagin. Elle survient lorsque l'équilibre naturel de la flore vaginale est perturbé, laissant place à une prolifération de bactéries pathogènes. Normalement, les lactobacilles dominent, maintenant un pH acide qui empêche la croissance d'autres bactéries. En cas de VB, d'autres bactéries, comme Gardnerella vaginalis, prolifèrent. La vaginose bactérienne n’est pas une maladie sexuellement transmissible ; elle peut cependant être déclenchée par les rapports sexuels.
Symptômes:
- Pertes vaginales plus abondantes, accompagnées d'une odeur désagréable souvent décrite comme un effluve de poisson, qui tend à s’accentuer après un rapport sexuel.
- L’odeur caractéristique de poisson est souvent liée à la présence de Gardnerella vaginalis.
- D’autres symptômes peuvent apparaître, comme des leucorrhées modifiées ou un gonflement de la vulve.
- Pertes grisâtres, fines, homogènes, qui adhèrent à la paroi vaginale.
Traitement:
Le traitement dépend de la bactérie en cause et de l’intensité des symptômes. Dans certains cas, une prise en charge n’est pas nécessaire. En revanche, si les symptômes ou l’odeur deviennent gênants, il est recommandé de consulter un professionnel de santé, notamment en cas de grossesse. La vaginose bactérienne se traite généralement bien grâce à des antibiotiques, mais elle peut récidiver et nécessiter un traitement prolongé. L’utilisation de préservatifs est conseillée jusqu’à la disparition complète des symptômes. Le traitement se fait généralement par antibiothérapie locale (métronidazole gel ou ovules).
Mycose Vaginale (Candidose)
Une mycose vaginale, ou candidose, est une infection causée par un champignon, généralement Candida albicans. Un épisode de mycose vaginale ou vulvaire n’a rien d’exceptionnel. Le germe en cause, le champignon Candida albicans, fait partie de la flore naturelle du vagin et peut provoquer des brûlures et des pertes blanches vaginales inhabituelles (leucorrhées pathologiques) s’il se multiplie anormalement. On parle alors de candidose.
Symptômes:
- Pertes épaisses et blanchâtres, ressemblant à du lait caillé.
- Démangeaisons intenses.
- L'odeur est souvent moins marquée que dans le cas de la vaginose.
Traitement:
Le traitement se fait par les antifongiques locaux en ovules ou crèmes. Les ovules utilisés contre les mycoses appartiennent, dans la plupart des cas, à la famille des imidazolés. Ces derniers sont disponibles sans ordonnance, en pharmacie. Il existe de nombreux ovules pour traiter une mycose vaginale. Les antifongiques permettent de lutter contre la levure Candida albicans et sont d’efficacité équivalente. En cas de démangeaisons vulvaires associées, le médecin ou la sage-femme peut vous prescrire une crème antifongique.
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Trichomonase
La trichomonase est une des infections sexuellement transmissibles (IST) la plus répandue dans le monde, aussi bien chez l’homme que la femme. Il s’agit d’une maladie parasitaire qui ne provoque généralement que peu de symptômes.
Symptômes:
- Pertes vaginales jaunâtres avec une forte odeur.
- La vulve peut être rouge et démanger.
Traitement:
Le diagnostic se réalise grâce à un prélèvement génital et le traitement repose sur la prise d’antibiotiques. Pour trichomonase, prescription d’un seul comprimé de métronidazole ou tinidazole en dose unique. Il est recommandé de s’assurer d’un traitement du partenaire si nécessaire dans le cas de certaines IST.
Autres Infections Sexuellement Transmissibles (IST)
Les IST comme la chlamydia et la gonorrhée entraînent rarement des modifications de l’odeur des mucosités cervicales mais elles peuvent provoquer d’autres symptômes, comme des douleurs pelviennes. Le dépistage se fait par des tests PCR sur prélèvement endocervical ou urinaire et le traitement est fait par antibiotiques. Pour chlamydia/gonorrhée, traitement antibiotique spécifique (selon la souche).
Hygiène Inadaptée
Des toilettes trop fréquentes ou trop intenses (avec des gels antiseptiques, des savons parfumés) peuvent déséquilibrer la flore vaginale et faciliter la prolifération de bactéries pathogènes et causer une mauvaise odeur. Par ailleurs, une carence en hygiène peut également conduire à l’accumulation de sécrétions et de sueur, générant de ce fait une odeur forte.
Corps Étranger Oublié
Un tampon, une serviette hygiénique ou tout autre objet oublié dans le vagin peut provoquer une infection aiguë et une odeur très forte de type putréfaction. Cela crée une douleur pelvienne, des pertes fétides, et de la fièvre. Il est recommandé de consulter immédiatement un gynécologue pour retirer l’objet et administrer le traitement qu’il faut.
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Fluctuations Hormonales
À l’instar de ce qui se passe pour les changements d’odeur durant votre cycle menstruel, d’autres grandes fluctuations hormonales peuvent également affecter l’odeur de vos mucosités vaginales. Pendant la puberté, la grossesse et la ménopause, l’odeur des sécrétions vaginales peut changer.
Alimentation
Certains aliments comme l’ail, les épices fortes ou l’asperge, une fois métabolisés, peuvent temporairement accentuer l’odeur corporelle en modifiant légèrement la composition chimique des sécrétions.
Rôle des Ovules Vaginaux
Les ovules vaginaux sont des médicaments solides, de forme ovoïde, conçus pour être insérés dans le vagin. Ils contiennent des principes actifs qui se libèrent progressivement pour traiter diverses affections vaginales. Dans le cas des pertes malodorantes, les ovules peuvent être utilisés pour traiter l'infection sous-jacente, rétablir l'équilibre de la flore vaginale et soulager les symptômes.
Types d'Ovules Vaginaux
Il existe différents types d'ovules vaginaux, chacun ayant une action spécifique :
- Ovules antifongiques: Utilisés pour traiter les mycoses vaginales, ils contiennent des antifongiques tels que le clotrimazole, l'éconazole ou le miconazole.
- Ovules antibiotiques: Prescrits pour traiter la vaginose bactérienne ou d'autres infections bactériennes, ils contiennent des antibiotiques tels que le métronidazole ou la clindamycine.
- Ovules probiotiques: Contenant des lactobacilles, ils aident à rétablir l'équilibre de la flore vaginale et à prévenir les récidives d'infections.
- Ovules aux estrogènes: Ils sont parfois prescrits en cas d’infection récidivante (Trophigil, sur ordonnance). Ces médicaments associent des lactobacilles et des estrogènes (qui “nourrissent” la flore vaginale).
Comment Utiliser les Ovules Vaginaux
Il est essentiel de suivre les instructions du médecin ou de la notice du médicament pour une utilisation correcte des ovules vaginaux. Voici quelques conseils généraux :
- Lavez-vous soigneusement les mains avant d'insérer l'ovule.
- Sortez l'ovule de son emballage.
- Asseyez-vous ou allongez-vous dans une position confortable.
- Insérez délicatement l'ovule dans le vagin à l'aide de votre doigt, aussi loin que cela reste confortable.
- Privilégiez l’heure du coucher pour mettre l’ovule. Restez ensuite en position allongée.
- Ne craignez pas l’écoulement au moment du lever, ceci est tout à fait normal. Cela n’est pas recommandé.
- Il est recommandé de ne pas avoir de rapports sexuels pendant la période du traitement.
- En cas de doute, demandez conseil à votre pharmacien.
Précautions d'Emploi
- Ne pas utiliser d'ovules vaginaux sans avis médical, surtout si vous êtes enceinte ou si vous avez des antécédents d'allergies.
- Évitez d'utiliser des tampons pendant le traitement, car ils peuvent absorber le médicament et réduire son efficacité.
- Portez des sous-vêtements en coton amples pour favoriser la circulation de l'air et réduire l'humidité.
- Si vos symptômes ne sont pas soulagés malgré une utilisation correcte de HydralinBalance® telle que décrite dans la notice, demandez rapidement conseil à votre médecin.
Autres Traitements et Conseils
En plus des ovules vaginaux, d'autres mesures peuvent être prises pour traiter les pertes malodorantes :
- Hygiène Intime Douce: 1 à 2 fois par jour, uniquement à l’eau claire ou avec un savon doux au pH adapté. Laver de l’avant vers l’arrière pour éviter la migration de bactéries fécales vers le vagin.
- Évitez les douches vaginales: Les irrigations vaginales interrompent le microbiote protecteur et peuvent aggraver la vaginose bactérienne.
- Évitez les produits parfumés: Les lingettes parfumées, savons agressifs, déodorants intimes contiennent des agents irritants et déséquilibrent la flore vaginale, favorisant de ce fait les odeurs.
- Portez des sous-vêtements en coton: Le coton permet une meilleure respiration et évite la macération. Éviter les sous-vêtements trop serrés pour limiter la transpiration et le frottement.
- Séchez soigneusement la zone intime: Après la douche ou après la piscine, bien sécher soigneusement avec une serviette propre. Utiliser un coton à usage unique pour tamponner sans frotter.
- Changez régulièrement de sous-vêtement: Changer quotidiennement et en cas de transpiration excessive. Privilégier un renouvellement immédiat après le sport.
- Alimentation équilibrée: Une alimentation riche en probiotiques naturels tels que les yaourts nature, le kéfir, ou certains aliments fermentés contribue à préserver l’équilibre du microbiote vaginal, réduisant ainsi les risques d’infections responsables d’odeurs désagréables.
- Hydratation suffisante: Boire au moins 1,5 L d’eau par jour pour diluer les sécrétions vaginales.
- Limitez la consommation d'alcool et de tabac: Ces substances peuvent perturber la flore vaginale en altérant le pH local et en réduisant l’immunité naturelle, facilitant ainsi le développement d’infections responsables de mauvaises odeurs.
- Gestion du stress: Le stress chronique ou un manque de sommeil prolongé peuvent également avoir un impact sur l’équilibre hormonal et immunitaire, influençant indirectement la flore vaginale. Privilégier un mode de vie équilibré avec des périodes régulières de repos contribue ainsi à maintenir une odeur vaginale saine et naturelle.
Prévention de la Vaginose Bactérienne
Découvrez ici nos astuces pour prévenir l’apparition de la vaginose bactérienne :
- Évitez les douches vaginales qui perturbent l’équilibre de la flore vaginale : le vagin s'auto nettoie et il suffit de laver la vulve et les lèvres.
- Limiter l'usage de déodorants ou de parfums intimes potentiellement irritants.
- En période de règles, changez vos serviettes hygiéniques, vos tampons ou vos coupes menstruelles régulièrement (toutes les 4 heures environ, et ne jamais dépasser 8 heures).
- Aux toilettes, pensez à vous essuyer de l’avant vers l’arrière et non l’inverse afin d’éviter une contamination microbienne.
- Séchez soigneusement votre zone intime après chaque douche, bain, baignade et entraînement.
Comment soigner une mycose du vagin récidivante ?
Les mycoses vaginales, lorsqu’elles se répètent, peuvent devenir très désagréables, voire insupportables. Si vous souffrez de mycoses à répétition, c'est le signe que votre microbiote vaginal est déséquilibré. La vérification de la nature de la mycose, la prise d'un traitement adapté, l'élimination des facteurs de récidives ainsi que le rééquilibrage de la flore vaginale sont nécessaires pour en venir à bout.
Pour le Dr Bagot, "il est plutôt fiable pour confirmer l’infection mycosique". En revanche, si ce n’est pas une mycose, un prélèvement vaginal est nécessaire pour isoler le germe en cause. À noter qu’un problème dermatologique peut aussi être diagnostiqué.
Pendant cette période, on évite le port de tampons ou l’utilisation d’autres ovules vaginaux qui pourraient compromettre l’action de l’antifongique. Une fois le traitement débuté, la mycose ne dure que quelques jours pour que les symptômes disparaissent.
On évite tout facteur favorisant les irritations ou la macération : strings, sous-vêtements synthétiques, port continu de protège- slips. "S'il y a récidives de mycoses, c’est que l’équilibre de la flore vaginale est rompu. Il est donc important de faire une cure de probiotiques pour les prévenir", explique le Dr Bagot.
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