La conisation est une intervention chirurgicale courante visant à retirer une partie du col de l'utérus, généralement en forme de cône, pour traiter des lésions précancéreuses ou cancéreuses. Après cette procédure, la cicatrisation est une étape cruciale pour la récupération de la patiente. Cet article explore en détail le processus de cicatrisation après une conisation, les facteurs qui l'influencent, les complications potentielles et les solutions pour favoriser une guérison optimale, notamment l'utilisation d'ovules comme Cicatridine.
Qu'est-ce que la conisation ?
La conisation est un acte chirurgical simple qui consiste à retirer un petit fragment du col de l'utérus en forme de cône. Cette ablation se fait en utilisant un arceau métallique qui peut couper et cautériser en même temps (en chauffant le fil métallique avec de l'électricité). On réalise cet acte chirurgical sous anesthésie, soit locale, soit générale. On réalise cette intervention dans une salle de policlinique si on réalise une anesthésie locale. Pour réaliser l'ablation de ce petit morceau du col, on utilise un arceau métallique qui peut couper et cautériser en même temps (en chauffant le fil métallique avec de l'électricité). Cela permet de retirer un tout petit fragment en forme de cône, d'où le nom de conisation pour désigner cette opération. Ce morceau est envoyé en analyse pour s'assurer que toute la lésion a été retirée.
Le processus de cicatrisation après une conisation
Après une conisation, le corps entame un processus naturel de cicatrisation pour réparer les tissus endommagés. Ce processus se déroule généralement en plusieurs étapes :
- Hémostase et inflammation: Immédiatement après la conisation, le corps déclenche une réaction inflammatoire pour arrêter le saignement et nettoyer la zone de l'intervention.
- Formation d'une croûte: Une croûte se forme sur la zone traitée, protégeant les tissus sous-jacents pendant la phase de guérison.
- Prolifération cellulaire et migration: Les cellules se multiplient et migrent vers la zone de la plaie pour reconstruire les tissus.
- Remodelage tissulaire: Le nouveau tissu se remodèle et se renforce progressivement, remplaçant la croûte par du tissu cicatriciel.
La cicatrisation est plus ou moins prolongée selon les patientes. Il peut y avoir des pertes comme des règles, plus ou moins abondantes, pendant environ 1 mois. Parfois les pertes sont très minimes, brunâtres ou jaunâtres. Si il y a un saignement rouge hémorragique dans les 24h suivant la conisation, il convient, alors, de refaire une cautérisation du col pour stopper le saignement, à la clinique. Il faut donc consulter en urgence. Par ailleurs, il y a souvent un saignement plus abondant 10 jours après la conisation lié à la chute de la "croute" qui s'est constituée sur le col : aucune inquiétude, c'est tout-à-fait normal.
Facteurs influençant la cicatrisation
Plusieurs facteurs peuvent influencer la vitesse et la qualité de la cicatrisation après une conisation :
Lire aussi: Utilisation MycoHydralin®
- L'étendue de la conisation: Plus la zone retirée est importante, plus la cicatrisation peut être longue.
- L'état de santé général de la patiente: Une bonne santé générale, une alimentation équilibrée et l'absence de certaines conditions médicales (comme le diabète) favorisent une meilleure cicatrisation.
- Le tabagisme: Le tabagisme peut altérer la cicatrisation en réduisant l'apport sanguin aux tissus.
- Les infections: Les infections peuvent retarder la cicatrisation et augmenter le risque de complications.
- Les traitements adjuvants: Certains traitements, comme la radiothérapie ou la chimiothérapie, peuvent affecter la cicatrisation.
Complications potentielles
Bien que la conisation soit généralement une procédure sûre, certaines complications peuvent survenir pendant la phase de cicatrisation :
- Saignements: Il est normal d’observer des saignements légers pendant environ 10 jours. Dans les suites de votre conisation, vous devez savoir qu’il peut parfois y avoir quelques saignements. Parfois les pertes sont très minimes, brunâtres ou jaunâtres. Si il y a un saignement rouge hémorragique dans les 24h suivant la conisation, il convient, alors, de refaire une cautérisation du col pour stopper le saignement, à la clinique. Il faut donc consulter en urgence. Par ailleurs, il y a souvent un saignement plus abondant 10 jours après la conisation lié à la chute de la "croute" qui s'est constituée sur le col : aucune inquiétude, c'est tout-à-fait normal.
- Infections: Pour que la cicatrisation se passe bien il faut qu'il n'y ait pas d'infection (celle-ci peut être prévenue par l'utilisation d'ovules antiseptiques).
- Sténose cervicale: La définition de la sténose du col n’est pas consensuelle. Certains proposent comme définition le passage impossible par une curette de 3mm (Suh Burgman 2000). Le risque de sténose du col semble s’accentuer avec la multiparité, la hauteur de la conisation, l’âge. Egalement en cas de sténose préexistante à la conisation, le risque de sténose semble majoré. L’attitude à adopter en cas de sténose du col avec test HPV positif après une conisation est de bien inspecter les parois vaginales, si besoin avec application de lugol. Il convient aussi de faire l’examen systématique de la vulve, du périnée et de la région périanale. Habituellement on peut proposer un contrôle après quelques semaines d’un traitement d’œstrogène local. Lorsque l’exocol et le vagin apparaissent sans anomalie, il convient néanmoins de tenter d’explorer l’endocol. Le plus souvent nous réalisons un curetage de l’endocol à l’aide d’une curette tranchante fi ne ou d’une canule de Nowak mais c’est souvent faiblement productif. Le frottis de l’endocol par une brossette rigide peut permettre de s’assurer de la normalité du versant endocervical, mais il n’y a pas de donnée claire de la littérature à ce sujet. L’endocervicoscopie a été décrite (Rahimi 2018).
- Insuffisance cervicale: Le principal risque à long terme est le raccourcissement du col entraînant une augmentation du risque de menace d'accouchement prématuré chez les patientes qui ont un désir de grossesse. Les patientes ayant eu une conisation ont un risque plus élevé, significatif, d‘accouchement prématuré (<37SA).
Conseils pour favoriser la cicatrisation
Pour favoriser une cicatrisation optimale après une conisation, il est important de suivre les recommandations médicales et d'adopter certaines mesures :
- Suivre les instructions du médecin: Il est essentiel de suivre attentivement les instructions du médecin concernant les soins post-opératoires, les médicaments et les rendez-vous de suivi.
- Reposez-vous: Vous pouvez reprendre une activité quotidienne normale dès le lendemain de l’opération, le fait de bouger vous aidera à aller beaucoup mieux.
- Éviter les rapports sexuels: Il faut éviter les baignades (piscine, mer ou bain) et les rapports sexuels pendant 2 semaines au minimum, et jusqu’à l’arrêt des saignements, pour éviter les infections.
- Maintenir une bonne hygiène: Il est important de maintenir une bonne hygiène de la zone opérée pour prévenir les infections.
- Adopter une alimentation saine: Une alimentation équilibrée, riche en vitamines et en minéraux, favorise la cicatrisation.
- Arrêter de fumer: Si vous fumez, il est fortement recommandé d'arrêter pour améliorer la cicatrisation.
- Gérer la douleur: Les douleurs pelviennes, comme des règles, sont le plus souvent minimes. Certaines patientes présentent de plus fortes douleurs qui nécessitent la prise d’un traitement anti-douleur (paracétamol, en l’absence de contre-indication). L’ordonnance adéquate vous est remise à la sortie de la clinique si nécessaire.
L'utilisation d'ovules pour favoriser la cicatrisation : Focus sur Cicatridine
Dans le contexte de la cicatrisation après une conisation, l'utilisation d'ovules vaginaux peut être recommandée pour favoriser la régénération des tissus et prévenir les complications. Cicatridine est un dispositif médical proposé pour favoriser la cicatrisation des lésions vulvo-vaginales de toute origine : infections notamment les mycoses vulvo-vaginales, accouchement (dyspareunie du post-partum), colposcopie, conisation, chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie, traumatisme. Cicatrisant, protecteur et lubrifiant de la muqueuse vaginale, Cicatridine ne contient aucune substance hormonale et permet aussi une prise en charge optimale de la Sécheresse Vaginale.
Composition et action de Cicatridine
La composition de Cicatridine repose sur une synergie d'ingrédients soigneusement sélectionnés. L'acide hyaluronique, composant principal, joue un rôle fondamental dans les processus de cicatrisation en favorisant l'hydratation optimale des tissus et leur régénération naturelle. Sa composition inclut : Acide hyaluronique sel sodique, Centella asiatica, Calendula, Aloe vera, Mélaleuca, glycérides semi-synthétiques, BHT.
Indications de Cicatridine après conisation
Cicatridine est proposée pour favoriser la cicatrisation des lésions vulvo-vaginales de toute origine : Infections notamment les mycoses vulvo-vaginales, Accouchement (dyspareunie du post-partum), Colposcopie, Conisation, Chimiothérapie, Radiothérapie, Chirurgie, Traumatisme.
Lire aussi: Modalités traitement mycoses vulvo-vaginales
Dans le contexte spécifique de la conisation, Cicatridine peut être utilisée pour :
- Accélérer la cicatrisation des tissus: L'acide hyaluronique favorise la régénération cellulaire et la reconstruction des tissus endommagés.
- Réduire l'inflammation: Les propriétés anti-inflammatoires de certains composants peuvent aider à réduire l'inflammation et la douleur associées à la conisation.
- Prévenir les infections: Certains composants ont des propriétés antiseptiques qui peuvent aider à prévenir les infections.
- Améliorer l'hydratation vaginale: Cicatridine peut aider à maintenir une bonne hydratation vaginale, ce qui est important pour la cicatrisation et le confort.
Posologie et administration
Pour dyspareunie du post partum, Lésion post-conisation et post-colposcopie, Lésion post-radique ou post-chirurgicale et autres lésions, selon l'étendue des lésions, un ovule par jour pendant 5 à 10 jours. Pour la sécheresse vaginale, deux ovules par semaine en continu. Pour la mycose vaginale, une ovule par jour pendant 5 à 10 jours après le traitement antimyicosique.
Pour une efficacité optimale, il est recommandé de procéder à l'insertion de l'ovule au moment du coucher, permettant ainsi une action prolongée durant la nuit et favorisant la régénération des muqueuses.
Effets secondaires potentiels
La Cicatridine présente généralement un profil de tolérance favorable, avec des effets indésirables peu fréquents et majoritairement bénins. Néanmoins, il est important d'être informé des réactions potentielles pour une utilisation optimale du produit.
L'application de Cicatridine, que ce soit sous forme d'ovules vaginaux ou de crème/pommade, peut occasionner des réactions localisées. Ces manifestations se caractérisent principalement par des irritations ou des sensations de brûlure au point d'application. Ces réactions peuvent être liées à une sensibilité particulière aux composants du produit, notamment l'acide hyaluronique ou les excipients présents dans la formulation. Des manifestations allergiques peuvent survenir chez certaines utilisatrices. Elles se traduisent généralement par l'apparition de rougeurs, de démangeaisons ou de gonflements dans la zone traitée. Face à ces symptômes, il est impératif d'interrompre immédiatement le traitement et de consulter un professionnel de santé. L'utilisation d'ovules vaginaux peut s'accompagner d'un inconfort temporaire ou d'une légère irritation vaginale, particulièrement lors des premières applications. Ces sensations sont généralement transitoires et tendent à s'atténuer avec la poursuite du traitement.
Lire aussi: Détection de l'ovulation : méthodes et indices
Bien que les effets indésirables graves soient exceptionnels, une vigilance particulière est recommandée. Toute manifestation inhabituelle suivant l'utilisation du produit doit faire l'objet d'une consultation médicale.
Suivi post-conisation
Bien que la conisation soit un traitement efficace pour les lésions précancéreuses du col de l’utérus, la surveillance continue est essentielle. Après la procédure, un suivi régulier avec des frottis cervicaux est vital pour s’assurer que le HPV, un virus qui peut persister dans l’organisme, ne provoque pas de nouvelles anomalies. Le suivi post conisation va débuter à la consultation post opératoire, classiquement 4 à 6 semaines après la procédure. Il convient d’expliquer les résultats anatomopathologiques. Nous devons nous assurer de la bonne concordance entre le frottis, la colposcopie, la biopsie, et les résultats suite à la conisation. Pour mémoire en cas de lésion de haut grade sur la biopsie et de bas grade sur la conisation nous retenons bien entendu le diagnostic final de haut grade. Nous discutons lors de la consultation de la hauteur de conisation, classiquement de 10 à 15mm.
La troisième discussion autour du résultat anatomo-pathologique est l’analyse des berges. Une conisation in sano aura un risque de récidive faible de l’ordre de 3,7%. Bien entendu lorsque la conisation est non in sano, il n’y a pas d’indication à une reprise chirurgicale, celle-ci serait d’ailleurs sans lésion résiduelle dans plus de 75% des cas. Il apparait que c’est surtout la berge endocervicale qu’il convient d’interpréter comme un marqueur de risque de récidive. Le chirurgien n’a aucun moyen de pouvoir adapter la hauteur de coupe de façon à éviter être « non in sano ». Lorsque la lésion de haut grade n’est pas in sano sur l’endocol le risque de récidive est de 16%, il est de 18% si la lésion arrive au contact des berges endocervicale et exocervicale (Arbyn 2017). Concernant la maladie résiduelle sur le versant exocervical seul c’est plus rare car les conisations sont guidées par la colposcopie et en cas de lésion étendue sur l’exocol, un complément de traitement à la boule monopolaire ou au laser est réalisé. Pour modérer ces derniers propos, il existe des indications à une recoupe (reconisation) en cas de lésion de haut grade. En cas d’adénocarcinome in situ il convient d’avoir des marges saines et un curetage endocervical normal (INCA 2016).
La consultation post opératoire est donc le moment d’évoquer avec la patiente le risque de récidive. Et de s’assurer d’une bonne observance du suivi post thérapeutique. Il n’y a pas d’association significative entre la récidive des lésions de haut grade et le type de traitement (anse, laser …), le nombre de pièce opératoire, la taille de la résection, l’âge, la parité. Egalement pas d’association entre la récidive et le type de contraception, l’utilisation de préservatif, le nombre de partenaire, l’âge du premier rapport sexuel. Le point central pour l’évaluation du risque de récidive est donc l’analyse des berges. Enfin, la visite post opératoire est le moment de passer à nouveau l’information sur la pathologie HPV induite en général. Le cancer du vagin aura une incidence bien supérieure (significatif) après lésion de haut grade du col. Avec une augmentation de cette incidence qui persiste plus de 10 ans. L’association significative est présente, mais moins forte concernant l’incidence du cancer de l’anus ou du cancer ORL.
Concernant la vaccination, il n’y a pas de donnéesrobustes permettant de justifier la vaccination pour un objectif thérapeutique. Dans une étude prospective cas - contrôle sur 172 patientes, 2 récidives étaient constatées dans le groupe vaccination (vaccin quadrivalent) versus 11 dans le groupe contrôle (Ghelardi 2018). Nous terminons la consultation post opératoire par le détail des modalités de la surveillance. Il s’agit d’utiliser à présent le test HPV (recherche d’HPV HR). Le premier bilan se fait 6 mois après la procédure. Ce test HPV sera fait tous les 3 ans s’il est négatif et sans limite d’âge. positif. L’intérêt d’utiliser le test HPV par rapport au frottis en post thérapeutique est de diminuer le nombre de test positif, 21% versus 22,2% de frottis pathologiques après conisation. Lorsque le test HPV est positif une lésion de haut grade est retrouvée dans 28% des cas, versus 25% après frottis pathologique, en cas de test HPV négatifil n’y a que 1% de risque de lésion de haut grade versus 2% en cas de frottis normal. Le typage viral peut aussi aider à préciser le risque de récidive. Lorsque le type viral retrouvé en post thérapeutique est le même qu’en pré thérapeutique le risque de récidive est supérieur (versus autre type viral). Egalement la présence du génotype 16 en post thérapeutique, c’est le génotype le plus fréquent dans les lésions de haut grade, est associé en analyse multi variée à un risque supérieur de récidive (Byun 2018). Mais c’est probablement le génotype 18 qui est le plus associé à un risque de récidive devant le génotype 16 et 31 (Kang WD, 2010).
Nous revoyons donc la patiente 6 mois après la procédure, pour la réalisation du test HPV. Lors de cet examen il convient de bien analyser la vulve, le vagin et le col. Egalement le périnée et la marge anale. Les femmes ayant eu une hystérectomie pour le traitement de la lésion de haut grade du col sont également à suivre pour le suivi des pathologies HPV induite ailleurs que sur le col. En cas d’HPV positif il convient de réaliser une colposcopie. Il n’est pas conseillé de réaliser la colposcopie seule dans le suivi post thérapeutique car elle identifie mal les patientes guéries. La colposcopie se heurte à la difficulté de la visibilité de la jonction. Mais ce n’est pas du tout systématique. Bien souvent la cicatrice de l’incision sur l’exocol reste visible et bien limitée, avec une analyse possible de l’endocol. Sur les photos N°1 et 2 d’un col post conisation, avec un test HPV positif, on visualise très bien l’exocol et l’endocol.
tags: #ovule #après #conisation #cicatrisation