Après l'accouchement, le corps de la femme subit de nombreux changements hormonaux et physiologiques. L'un des aspects importants de cette période est le retour de couches, c'est-à-dire le retour des règles après la grossesse. Cependant, il est essentiel de comprendre qu'une ovulation peut survenir avant même le retour de couches, ce qui soulève des questions importantes sur la fertilité et la contraception post-partum.
Les suites de couches et le retour des règles
Après l’accouchement, la majorité des femmes ont des pertes de sang, plus ou moins abondantes avec parfois des caillots, appelées les lochies. Ces pertes de sang durent plusieurs jours (généralement entre 2 et 6 semaines) et sont tout à fait normales puisqu’elles permettent d’expulser les derniers résidus de la grossesse présents dans l’utérus. Une fois ces saignements passés, on observe la plupart du temps une période d’aménorrhée (absence de règles). Puis, dans les jours ou semaines qui suivent, votre corps va peu à peu retrouver ses cycles menstruels et hormonaux, marqués par le retour des règles, même si celles-ci peuvent différer d’avant la grossesse (en termes de durée, symptômes, flux, ou douleurs…). Elles peuvent ainsi être plus ou moins abondantes, d’une durée plus courte ou au contraire plus longue, s’accompagner (ou pas) de crampes, douleurs abdominales.. etc.
Le retour de couches désigne les premières menstruations après l’accouchement. C'est un événement qui surviendra plus ou moins tard selon que l’on allaite notre bébé ou pas. Le retour de couches est confondu parfois avec le petit retour de couches : des saignements qui reprennent souvent de façon plus abondante pendant 48 heures, environ 10 ou 12 jours après l’accouchement environ, mais ne sont pas encore des règles. Après l’accouchement, notre organisme sécrète à nouveau des hormones de type œstrogènes et progestérone. La machine se remet en route différemment que l’on allaite ou non. En effet, l’allaitement favorise la production de prolactine dans notre organisme, l’hormone qui interrompt le cycle sexuel.
Quand reviennent les règles après l’accouchement ?
Les premières menstruations après l’accouchement sont désignées par « retour de couches ». Il ne faut pas le confondre avec le petit retour de couches, qui se produit en général une dizaine de jours après l’accouchement. Si on n’allaite pas, le retour de couches survient en moyenne six à huit semaines après l’accouchement. Si on nourrit bébé au sein, le retour de couches sera plus tardif. En effet, la prolactine, l’hormone stimulée par la tétée, retarde l’ovulation. Le retour de couches peut prendre du temps, même lorsque la maman n’allaite pas. Il n’y a généralement rien d’inquiétant.
L'ovulation avant le retour de couches : un risque de grossesse à ne pas négliger
Près de 10 % des femmes ovulent avant leur retour de couches. Autrement dit, on peut tomber de nouveau enceinte avant même d’avoir vu réapparaître ses règles. On pense donc à se faire prescrire une contraception adaptée, dès la sortie de la maternité.
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Il est possible de tomber enceinte pendant le retour de couches, même si vos règles ne sont pas encore revenues de façon régulière. Après l'accouchement, l'ovulation peut reprendre avant même que la femme ait ses premières règles post-partum. Ce qui signifie que des rapports sexuels non protégés pendant le retour de couche peuvent tout à fait entraîner une grossesse.
L’ovulation peut survenir avant les saignements. Cela signifie que vous pouvez être fertile et qu’une grossesse est tout à fait possible, même en l’absence de menstruations visibles. Cette situation est d’autant plus fréquente lorsque la reprise des rapports a lieu dans les semaines suivant la naissance du bébé. C’est pourquoi il est essentiel de ne pas attendre le retour de couches pour adopter une méthode de contraception, surtout si vous ne souhaitez pas de nouvelle grossesse immédiate.
Allaitement et contraception
L’allaitement maternel assure dans certaines conditions un effet contraceptif. La production de prolactine lors de chaque tétée diminue la libération des hormones nécessaires à l’ovulation qui est ainsi différée. Néanmoins, ce mode de contraception est intimement lié au nombre de tétées, à leur durée et leur fréquence. Dans ce cas uniquement, il semblerait que l’allaitement ait effectivement un effet contraceptif équivalent à celui d’une pilule ou d’un stérilet. En revanche, après le cycle de retour de couches, ou si les conditions relatives à cette méthode ne sont pas toutes remplies avant le retour de couches, une ovulation est possible.
L’allaitement aurait des vertus contraceptives. Cela est en partie vrai. C’est la prolactine, hormone de l’allaitement par excellence, qui « bloque » en quelque sorte l’ovulation. Mais il faut pour cela allaiter suffisamment et ne pas avoir un allaitement mixte. Pour que l’effet contraceptif opère, vous devez donc être en allaitement exclusif, mais aussi proposer le sein régulièrement, jour et nuit. En pratique, c’est un peu différent : la nature joue parfois des tours. Ainsi, le retour de couche en allaitant varie énormément d’une femme à l’autre et ce, même si l’allaitement est exclusif. L’allaitement est donc un contraceptif plus qu’approximatif. Le plus prudent reste d’utiliser un contraceptif compatible avec l’allaitement pour écarter tout risque de grossesse.
Les options de contraception après l'accouchement
Il existe plusieurs modes de contraception féminine. Chaque méthode a ses avantages et ses inconvénients. Si on n’allaite pas, la pilule peut être prescrite dès le 15e jour après l’accouchement, sinon le médecin peut proposer une micropilule, sans incidence sur le lait.
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Voici quelques options de contraception à considérer après l'accouchement :
- Contraception progestative (pilule, implant sous-cutané, injection intramusculaire) : Les progestatifs peuvent être utilisés à partir de 21 jours après l’accouchement, en l’absence de contre-indications. La pilule contraceptive microdosée peut être prise quatre à six semaines après l’accouchement, le temps de bien mettre en place l’allaitement, et idéalement sept jours avant la reprise des rapports sexuels. La contraception oestroprogestative (pilule, anneau vaginal, patch transdermique) n'est pas recommandée chez les femmes qui allaitent dans les 6 mois suivant l’accouchement.
- Diaphragme, cape cervicale, ou spermicides : Ils sont utilisables 6 semaines (42 jours) après l’accouchement. L’efficacité du diaphragme ou de la cape est améliorée par l’association à un spermicide. Il convient néanmoins de vérifier au préalable la compatibilité des gels spermicides avec l’allaitement. Cette méthode ne protège pas des IST. Ils sont également la seule méthode de protection efficace contre les infections sexuellement transmissibles y compris le sida.
- Contraception d'urgence : La contraception d’urgence peut être utilisée dans les 5 jours suivant le rapport sexuel à risque mais elle est d’autant plus efficace que prise tôt et son efficacité est décroissante jusqu’à 5 jours.
Pour éviter de tomber enceinte juste après votre accouchement, il est important de penser à votre contraception dès le jour de la naissance. Mieux : renseignez-vous durant votre grossesse pour éviter d’être prise de court. Vous aurez certainement autre chose à penser au moment où il faudra vous décider. Si vous souhaitez un contraceptif hormonal, comme la pilule ou un implant, il vous sera ainsi prescrit à la sortie de la maternité et vous pourrez commencer à la prendre 3 semaines plus tard… Il faudra attendre quelques jours pour que leur effet contraceptif soit activé. Pour le dispositif intra-utérin, il faudra attendre 4 semaines minimum pour pouvoir le mettre en place, le temps que l’utérus et le col aient retrouvé leur taille initiale si vous avez accouché par voie basse, qu’il soit au cuivre ou avec des hormones. Il est généralement posé lors de la visite de contrôle à 6 semaines chez votre gynécologue. En cas de césarienne programmée, sachez qu’il est possible de demander une pose de stérilet avant d’être suturée.
En attendant d’avoir un moyen de contraception, employez un contraceptif type préservatif, ou encore un diaphragme, dispositif souvent oublié et tout aussi efficace.
Facteurs retardant le retour de couches
Plusieurs facteurs peuvent retarder le retour de couches :
- Allaitement : Si vous allaitez, le retour de couches peut se faire plus tard, le taux de prolactine (hormone qui aide à soutenir la production de lait maternel) peut en effet retarder ce retour car elle bloque les règles. Les ovaires sont en quelque sorte en congé le temps que vous allaitiez votre bébé, et cela, d'autant plus si vous donnez le sein de manière exclusif. Ils reprendront leur activité une fois l’allaitement terminé. Et il faut savoir que certaines femmes ne retrouvent leurs règles que 7 à 8 mois après un allaitement exclusif.
- Autres facteurs : Il arrive que même si certaines femmes n’allaitent leur bébé, le retour de couche tarde à arriver car tous les corps ne fonctionnent pas de la même manière, d’autant plus si vous avez eu du mal à concevoir, si vous aviez déjà des cycles irréguliers avant d'être enceinte… Dans certains cas, il faut consulter un spécialiste car cela peut (on dit bien "peut", car ce n’est pas forcément le cas) signifier un trouble de l’hypothalamus. Mais attention l’absence de règles ne veut pas dire que le cycle n’a pas repris et il est possible que vous puissiez ovuler.
L'importance d'un suivi médical
Il est difficile pour une femme de savoir quand elle sera à nouveau fertile. A la sortie de la maternité la sage-femme vous avait peut-être dit que le retour de couche se ferait naturellement, à peu près 6 à 8 semaines après… Sauf que voilà, toujours rien. Mais rien ne sert de monter au créneau, le corps est parfois rebelle et les choses peuvent mettre plus de temps que prévu à se remettre en place… Le corps féminin est si complexe. Car en effet, nous ne sommes pas toutes faites sur un modèle unique et nos corps ne se remettent pas tous de la même manière…
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Si vous avez un doute, que vous ne savez plus où vous en êtes et que vous avez fait un câlin non protégé avec votre chéri, n’hésitez pas à en parler avec votre sage-femme ou votre gynécologue afin d’effectuer une prise de sang pour savoir si une grossesse est en cours ou non. Si vous pensez que vous avez un risque de tomber enceinte, la pilule du lendemain peut être une solution ponctuelle également.
En cas d'inquiétude concernant votre accouchement ou votre cycle menstruel, il est conseillé de consulter un médecin ou un gynécologue pour une évaluation appropriée et un éventuel diagnostic.
Témoignages
Voici quelques témoignages de femmes concernant leur expérience du retour de couches :
- « J’ai accouché le 24 mai et je n’ai jamais eu de retour de couches, pourtant je n’ai pas allaité. Après plusieurs visites chez le gynécologue, aucune explication n’a pu être donnée. Le 12 février, miracle, mes règles réapparaissent ! Elles durent quelques jours et ne sont pas abondantes, très légères même. Je prends rendez-vous avec mon médecin traitant pour la prescription de la pilule. Une prise de sang est prévue pour écarter toute grossesse. Résultat négatif. Je continue à attendre mes règles pour reprendre la pilule. Mais toujours rien ! Après neuf jours de retard de règles, je refais une prise de sang qui s’avère positive ! La grossesse est confirmée par mon gynécologue. Depuis la naissance de mon enfant, j’étais complètement déréglée. Mon premier cycle s’est produit neuf mois après l’accouchement, et à la date où j’aurais dû avoir mon deuxième cycle, j’ai ovulé. »
- « J’ai eu, à chaque fois, mon retour de couches six semaines après l’accouchement. Pour mon deuxième, j’étais sous pilule dès le retour de la maternité. Depuis que j’ai eu mon premier bébé, je n’ai plus du tout de cycles réguliers, c’est du grand n’importe quoi ! Certains cycles peuvent durer jusqu’à quatre mois, voire plus… Ce qui a provoqué des difficultés pour concevoir mes deux derniers enfants. »
- « J’ai eu mon retour de couches au bout de neuf mois, lorsque l’allaitement prenait tout doucement fin. En revanche, j’ai recommencé la contraception dès la reprise des rapports. Nous avons utilisé des préservatifs le temps d’avoir mon stérilet. Je n’ai pas été marquée par l’abondance de ces premières règles, mais comme on m’avait dit que c’était « les chutes du Niagara », j’étais peut-être préparée psychologiquement. Le cycle suivant a été plus long que la normale, plus de quarante jours. »
- « Personnellement, mon retour de couches a été très pénible. J’ai accouché le 25 mars, et dès la sortie de la maternité, le médecin m’a prescrit la pilule Microval car j’allaitais. Au bout de trois semaines, j’ai eu mon retour de couches. Mes règles ont été abondantes pendant deux semaines. Je me suis inquiétée et je suis allée faire des examens à l’hôpital. Manque de chance, j’avais une infection vaginale. J’ai ensuite changé de mode de contraception. »
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