L'ovulation, un événement clé du cycle menstruel féminin, est un processus complexe et fascinant qui permet la libération d'un ovocyte, cellule reproductrice féminine, prêt à être fécondé. Cet article explore en profondeur les mécanismes de l'ovulation et le rôle de l'ovocyte secondaire, en tenant compte des aspects biologiques, hormonaux et cliniques.
L'Ovogenèse : Genèse de l'Ovocyte
L'ovogenèse est le processus biologique par lequel les gamètes femelles, ou œufs, se forment dans les ovaires. Elle se caractérise par la création d'un petit nombre d'ovules par rapport à la spermatogenèse, qui produit des millions de spermatozoïdes. L'ovogenèse privilégie la qualité à la quantité, en préparant un ovule robuste capable de se développer en embryon.
Les Étapes de l'Ovogenèse
- Prolifération des oogones: Au sein des ovaires embryonnaires, des cellules germinales primordiales se différencient en millions d'oogones, les cellules germinales féminines.
- Formation de l'ovocyte primaire: Les oogones se transforment en ovocytes primaires. Ces cellules diploïdes (2n) entrent en méiose I et s'arrêtent à ce stade jusqu'à la puberté.
- Développement de l'ovocyte secondaire: À chaque cycle menstruel, un ovocyte primaire termine la méiose I, formant un ovocyte secondaire (cellule haploïde) et un premier corps polaire. L'ovocyte secondaire commence la méiose II mais est mis en pause au stade de la métaphase II.
- Formation de l'ovule: Si un spermatozoïde pénètre dans l'ovocyte secondaire, celui-ci termine la méiose II pour former l'ovule (cellule haploïde) et un deuxième corps polaire.
L'Ovulation : Libération de l'Ovocyte Secondaire
L'ovulation consiste en l’expulsion d’un ovule (ou ovocyte) par un des deux ovaires. Après son expulsion, l’ovule a une durée de vie de 12 à 24 h. L’ovulation est un phénomène physiologique faisant partie de tout un mécanisme de préparation du corps féminin à une éventuelle grossesse: le cycle menstruel.
Le Cycle Menstruel et l'Ovulation
Le cycle menstruel commence le premier jour des règles et prend fin au premier jour des règles suivantes. Il est orchestré par la sécrétion de différentes hormones. L’ovulation intervient en moyenne au 14ème jour du cycle si l’on considère qu’il dure théoriquement 28 jours. En réalité, la durée d’un cycle et donc la date d’ovulation est très variable d’une femme à l’autre. Il peut durer de 26 à 32 jours. L’ovulation a lieu de manière certaine 14 jours avant les règles.
La Phase Folliculaire
La phase folliculaire commence par l’élimination de la muqueuse utérine qui donne lieu aux règles. S’ensuit une phase de sélection et de maturation dans l’ovaire d’un follicule contenant un ovocyte pendant les 7 jours suivants. Ce phénomène est sous la dépendance de la FSH, hormone folliculo-stimulante, secrétée par l’hypophyse. Au départ, plusieurs follicules commencent leur croissance mais seul l’un d’eux mène sa maturation à terme, c’est le follicule dominant. Pendant cette phase, les ovaires secrètent des œstrogènes. Ceci va avoir deux conséquences. La glaire cervicale, mucus sécrété par le col de l’utérus devient plus fluide, translucide, aqueuse, alcaline quelques jours avant l’ovulation. Ce phénomène facilite le passage des spermatozoïdes dans l’utérus s’il y a rapport sexuel. A la fin de cette phase, se produit l’ovulation: le follicule se rompt à la surface de l’un des deux ovaires et libère un ovule dans la trompe de Fallope. Elle est déclenchée par la sécrétion abondante d’une autre hormone produite par l’hypophyse la LH (hormone lutéinisante). Ce phénomène se produit 14 jours avant la date des prochaines règles. L’ovule sera capté par la trompe et pourra y être fécondé par un spermatozoïde, si le couple a eu un ou des rapports sexuels dans les 48 à 72 h qui ont précédé. Tout ceci se passe du 1er au 14e jour en moyenne.
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La Phase Lutéale
La partie du follicule restée attachée à l’ovaire après l’expulsion de son ovocyte, appelé corps jaune, produit de la progestérone qui s’associe aux œstrogènes pour maintenir la paroi de l'utérus épaisse et prête à accueillir l’ovule fécondé. Si une grossesse démarre, la cellule œuf qui est en train de se nicher dans l’utérus envoie des signaux hormonaux aux ovaires pour maintenir la sécrétion des hormones et un endomètre épaissi et gorgé de sang.
Le Rôle des Hormones
Plusieurs hormones jouent un rôle crucial dans le processus d'ovulation :
- FSH (hormone folliculo-stimulante): La FSH va entraîner la maturation et l’augmentation de volume du follicule.
- LH (hormone lutéinisante): Puis, une forte sécrétion de LH entraîne, elle, la rupture du follicule et la ponte de l’ovule.
- Œstrogènes: Sécrétés par les follicules en croissance, ils influencent la glaire cervicale et préparent l'utérus à la nidation.
- Progestérone: Produite par le corps jaune, elle maintient l'endomètre épais et prêt à accueillir l'ovule fécondé.
Signes et Symptômes de l'Ovulation
Quelques jours avant et pendant l’ovulation, les pertes vaginales sont plus fluides, plus brillantes et plus élastiques que d’habitude. En effet, peu avant l’ovulation, la glaire cervicale , mucus sécrété au niveau du col de l’utérus, devient plus fluide et lâche, sous l’effet des œstrogènes secrétés par les ovaires pendant la maturation du follicule contenant l’ovule. Le jour où les heures précédant l’ovulation, les femmes peuvent ressentir des crampes au niveau du bas-ventre lorsque l’ovocyte est en cours d’expulsion par l’ovaire. C’est le syndrome ovulatoire, la douleur peut être intense mais brève. Autre changement corporel, la température s’élève au-dessus 37° juste après l’ovulation.
Détection de l'Ovulation
Lorsqu’une femme prend sa température tous les jours du cycle le matin au réveil, avant de se lever, et qu’elle trace une courbe avec ses résultats, elle établit ce qu’on appelle une courbe de température. Celle-ci montre une élévation de 4/10ème de degrés juste après l’ovulation. La dernière température la plus basse correspond donc au jour de la ponte ovulatoire. Une seule courbe de température ne permet de prévoir la date de l’ovulation puisqu’on ne la connait qu’à posteriori. Des tests d’ovulation vendus en pharmacie (entre 15 et 45 euros les sept dosages) permettent de repérer soi-même l’ovulation. Dans les 24 à 36 heures avant l’ovulation, l’hypophyse, une petite glande située dans le cerveau secrète une hormone, appelée LH (hormone lutéinisante) qui va permettre de déclencher la ponte. Le test a pour but de détecter le taux de cette hormone qui est présente dans les urines. L’idéal est de faire un test tous les jours précédant l’ovulation.
L'Ovocyte Secondaire : Prêt pour la Fécondation
L'ovocyte II est un ovocyte mature. L'ovocyte libéré lors de l’ovulation n’est alors pas tout à fait mature et poursuit son développement dans les voies génitales (trompes de Fallope). S’il est fécondé par un spermatozoïde, l’ovule demeure dans l’utérus et produit un embryon.
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La Méiose II et la Fécondation
L'ovocyte secondaire commence la méiose II mais s'arrête en métaphase II. La méiose II ne s'achève que si un spermatozoïde pénètre dans l'ovocyte secondaire, ce qui déclenche l'achèvement de cette phase. La pénétration du spermatozoïde déclenche la fin de 2ème division de méiose permettant l'achèvement de la méiose.
La Fécondation In Vitro (FIV)
Ces techniques de PMA sont dites « in vitro » puisque la fécondation se passe en dehors du corps de la femme. L’objectif de la stimulation, un traitement hormonal administré par injection, est d’une part d’obtenir le développement simultané de plusieurs follicules et d’autre part de pouvoir prélever des ovocytes avant l’ovulation. Ce traitement est surveillé de façon adaptée par des échographies et des dosages hormonaux. Lorsque les follicules seront matures, le déclenchement de l’ovulation. Elle est réalisée par voie vaginale sous contrôle échographique, et sous anesthésie ou analgésie. Après la ponction, les liquides folliculaires contenant les ovocytes (ou ovules) sont transmis au laboratoire. Tous les follicules. Le recueil du sperme par masturbation a lieu au laboratoire. Le sperme est ensuite préparé sur place le jour de la ponction ovarienne. Dans des situations particulières, des spermatozoïdes préalablement congelés seront utilisés. Après le recueil et la préparation, les spermatozoïdes sont simplement déposés au contact des ovocytes dans une boîte de culture contenant un milieu liquide nutritif et placée dans un incubateur à 37° C. Les spermatozoïdes mobiles viennent spontanément, sans aide extérieure, au contact de l’ovocyte. Un seul spermatozoïde fécondera celui-ci. Dans certaines situations, la technique de la FIV peut être associée à l’ICSI : un seul spermatozoïde. Le lendemain de la ponction, les ovocytes fécondés (ou zygotes) sont identifiables par la présence de 2 noyaux, appelés pronucleï : l’un provient de l’ovocyte, l’autre du spermatozoïde. Tous les ovocytes ne sont pas forcément fécondés. Les zygotes deviennent des embryons de deux à quatre cellules en 24 heures, puis de six à huit cellules 24 heures plus tard. Dans la majorité des cas, les embryons sont transférés deux à trois jours après la ponction dans l’utérus. Le transfert embryonnaire est un geste simple et indolore qui est parfois pratiqué sous contrôle échographique. Il est réalisé au moyen d’un cathéter fin et souple introduit par voie vaginale dans l’utérus, la patiente étant allongée en position gynécologique. L’embryon est déposé à l’intérieur de l’utérus. Le nombre d’embryons obtenus peut être supérieur au nombre d’embryons transférés. Dans ce cas, les embryons non transférés dits « surnuméraires » et qui présentent des critères de développement satisfaisants peuvent être congelés. Ces embryons, après décongélation, pourront être placés dans l’utérus.
Troubles de l'Ovulation
Une absence d’ovulation (anovulation) ou un trouble de l’ovulation (dysovulation) sont les causes les plus fréquentes d’infertilité féminine.
Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK)
Le syndrome des ovaires polykystiques touche entre 5 % et 10 % des femmes. Le terme polykystique est un héritage des chercheurs qui ont découvert cette maladie. En réalité, ce ne sont pas des kystes qui se développent sur les ovaires mais des follicules contenant les ovules qui se développent au cours des cycles mais sans jamais arriver à maturité. Ils grossissent sans expulser leurs ovocytes et s’accumulent dans l’ovaire. Cette persistance perturbe la régulation hormonale. Le nom syndrome d’ovaires polykystiques regroupe en fait deux pathologies différentes. L’une n’affecte que les ovaires et ne provoque que des symptômes d’anovulation ou de dysovulation. La seconde s’inscrit dans un syndrome plus global avec un problème hormonal général. Les symptômes sont bien connus mais pas l’origine exacte de la maladie. Un dérèglement de la sécrétion des hormones sexuelles mâles, l’obésité ou la génétique constituent des pistes d’explication mais rien n’a été précisément identifié.
Insuffisance Ovarienne
L’insuffisance ovarienne se caractérise par des ovaires qui ne fonctionnent pas. Il n’y a pas d’ovulation ni de règles. · L’insuffisance ovarienne secondaire ou précoce est en fait une ménopause précoce. Le nombre de follicules qui dégénèrent pendant un cycle sont plus nombreux que la normale, conduisant à un épuisement plus précoce des réserves d’ovocytes. Les cycles deviennent de plus en plus irréguliers avant l’âge de 40 ans jusqu’à la disparition complète de l’ovulation. Comme les follicules n’expulsent plus d’ovocytes, les œstrogènes et la progestérone ne sont plus produits. L’origine de l’insuffisance ovarienne n’est pas non plus connue de manière certaine. La prise en charge consiste d’une part à donner un traitement hormonal de substitution pour diminuer les symptômes de la ménopause.
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Traitements pour l'Induction de l'Ovulation
Les traitements ont pour but de rétablir une ovulation normale. Ils peuvent être médicamenteux ou chirurgicaux et agissent à différents niveaux. Le citrate de clomifène est en général le premier traitement prescrit. Ce médicament sous forme de comprimés stimule la sécrétion des hormones FSH et LH qui provoquent la maturation du follicule et l’expulsion de l’ovocyte. S’il n’y a pas de résultat au niveau de l’ovulation, l’injection directe de FSH et LH par piqûres en sous cutané est envisagée. Le drilling ovarien consiste à percer une dizaine de petits trous de quelques millimètres à la surface de chaque ovaire grâce à un instrument délivrant un courant électrique. C’est une opération réalisée sous anesthésie générale par cœlioscopie, c’est-à-dire que le chirurgien va introduire une caméra et ses instruments par une petite incision au niveau du col de l’utérus. L’induction de l’ovulation peut être très mal supportée ou dangereuse pour certaines patientes. Dans ce cas, la maturation in vitro (MIV) peut être indiquée. Les follicules ne sont pas stimulés pour activer leur maturation mais prélevés non matures pour terminer leur croissance in vitro. Sous anesthésie, une aiguille est introduite par le vagin jusqu’aux ovaires pour ponctionner une vingtaine de follicules non matures. L’opération indolore et ne provoquant pas de saignements est en général bien supportée. Les ovocytes contenus dans les follicules sont ensuite transférés dans une petite boîte qui contient exactement les éléments indispensables à leur maturation comme dans des conditions physiologiques: hormones, facteurs de croissance et sérum de la mère.
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