Ovitrelle est un médicament contenant de la choriogonadotropine alfa, un analogue de l'hormone naturelle gonadotrophine chorionique humaine (hCG), également connue sous le nom d'« hormone de grossesse ». Il est principalement utilisé dans le cadre de traitements de fertilité pour déclencher l'ovulation. Cet article vise à informer sur l'utilisation d'Ovitrelle, son impact sur les taux d'hCG, et comment interpréter les résultats des tests de grossesse après son administration.
Qu'est-ce qu'Ovitrelle ?
Ovitrelle contient comme principe actif la choriogonadotropine alfa, une hCG recombinante. Le terme « recombinante » indique que cette hormone n'est pas extraite de substances humaines, mais fabriquée en laboratoire par des techniques de génie génétique. Ovitrelle est administré par injection sous la peau et est utilisé pour induire la maturation finale de l'ovocyte et l'ovulation environ 24 à 48 heures après que les ovaires ont produit des follicules suffisamment matures.
Indications d'Ovitrelle
Ovitrelle est prescrit dans les cas suivants :
- Femmes suivant une stimulation ovarienne contrôlée dans le cadre de traitements de procréation médicalement assistée (PMA), tels que la fécondation in vitro (FIV) ou l'insémination artificielle.
- Femmes souffrant d'anovulation ou d'oligo-ovulation, incapables d'ovuler ou produisant peu d'ovules.
Le traitement par Ovitrelle doit être instauré sous la surveillance d’un médecin ayant l’expérience du traitement des troubles de la fertilité.
Comment Ovitrelle agit-il ?
Le principe actif d’Ovitrelle, la choriogonadotropine alfa, est un analogue d’une hormone naturelle, la gonadotrophine chorionique humaine (hCG), aussi appelée «hormone de grossesse», qui participe au bon déroulement de la grossesse. En raison de sa similitude avec l’hormone lutéinisante (LH), Ovitrelle est également utilisé pour déclencher l’ovulation.
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Effets secondaires et risques
L'administration d'Ovitrelle peut entraîner des effets secondaires. Les manifestations cliniques les plus courantes incluent :
- Altérations gastro-intestinales, comme des nausées et des vomissements.
- Gonflement ou douleur abdominale.
- Réactions locales causées par l'injection.
- Maux de tête.
- Fatigue.
Un effet attendu à la suite d'une stimulation ovarienne contrôlée est l'hypertrophie des ovaires à un certain degré. Celle-ci s'observe plus fréquemment chez les femmes atteintes d'un syndrome des ovaires polykystiques et régresse généralement sans aucun traitement.
Syndrome d'Hyperstimulation Ovarienne (SHO)
Un syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO) léger à modéré est également possible. Dans de rares cas, un SHO sévère peut survenir, entraînant des complications telles que la torsion des ovaires ou des accidents thromboemboliques. Les facteurs de risque de développement d'un SHO comprennent un jeune âge, une maigreur, un syndrome des ovaires polykystiques, des doses élevées de gonadotrophines exogènes et des taux sériques d'estradiol élevés.
Le respect des doses et des schémas d'administration recommandés pour Ovitrelle peuvent permettre de réduire le risque d'hyperstimulation ovarienne. Il est recommandé de surveiller les cycles de stimulation par examen échographique ainsi que par le dosage de l'estradiol afin de repérer précocement les facteurs de risque.
Ovitrelle et tests de grossesse : le risque de faux positifs
Après l'administration d'Ovitrelle, il est crucial de comprendre comment cela peut affecter les résultats des tests de grossesse. Ovitrelle contient de l'hCG, l'hormone détectée par les tests de grossesse. Par conséquent, effectuer un test trop tôt après l'injection peut entraîner un résultat faussement positif.
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Pourquoi attendre ?
Il est recommandé d'attendre au moins 14 à 16 jours après l'injection d'Ovitrelle avant de faire un test de grossesse. Cela permet à l'organisme d'éliminer les restes de l'hormone hCG injectée, réduisant ainsi le risque de faux positif.
Comment interpréter les résultats ?
Si un test de grossesse est effectué trop tôt et qu'il est positif, il est difficile de déterminer si le taux d'hCG détecté provient de l'Ovitrelle ou d'une grossesse réelle. Il est donc essentiel de refaire un test quelques jours plus tard pour vérifier si le taux d'hCG augmente, ce qui indiquerait une grossesse.
Dosage de la Bêta-HCG après Ovitrelle
La Bêta-HCG, ou hormone Chorionique Gonadotrope, est une hormone sécrétée par la femme enceinte dès le début de la grossesse. Le dosage de l’HCG dans le sang permet de mesurer plus précisément la quantité de cette hormone, il est donc plus fiable qu’un test urinaire.
Quand faire la prise de sang ?
Il est recommandé de faire la prise de sang pour le test de grossesse après une tentative d’AMP environ 14 jours après l’ovulation. La plupart des centres d’AMP vont prescrire 2 à 3 dosages pour s’assurer que le taux d’HCG double bien toutes les 48 heures.
Interprétation des résultats
Généralement, on considère que les bêta HCG sont positifs lorsque le résultat révèle des valeurs supérieures à 5 UI/l. Si c’est positif et que le taux double bien 48h plus tard, une échographie pourra être proposée entre 6 à 8 semaines d’aménorrhée. Si c’est négatif, vous pourrez faire un bilan avec votre médecin et planifier la suite de la prise en charge en AMP.
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Grossesses multiples et taux d'hCG
Il est important de noter que l'incidence de grossesses et de naissances multiples est augmentée chez les patientes recevant un traitement inducteur de l'ovulation. La majorité des grossesses multiples sont gémellaires. Dans le cas de grossesses gémellaires, le taux d'hCG a tendance à être plus élevé.
Précautions et mises en garde
Avant de commencer le traitement, les couples infertiles devront subir des examens pour rechercher d'éventuelles contre-indications à une grossesse. Ces examens porteront tout particulièrement sur l'hypothyroïdie, l'insuffisance corticosurrénalienne, l'hyperprolactinémie et les tumeurs hypophysaires ou hypothalamiques.
Chez les femmes récemment affectées par une maladie thromboembolique ou celles présentant des facteurs de risque d'accident thromboembolique, le traitement par les gonadotrophines peut accroître encore le risque d'aggravation ou de survenue de ces accidents. Chez ces femmes, les bénéfices de l'administration de gonadotrophines doivent être évalués au regard des risques.