La procréation médicalement assistée (PMA) est une réalité pour de nombreux couples et femmes seules en Europe, mais l'accès et les conditions varient considérablement d'un pays à l'autre. Cet article explore le paysage de la PMA en Europe, en mettant en lumière les disparités législatives, les options de traitement, les coûts et les taux de réussite.
Disparités législatives en Europe
En Europe, il existe des divergences entre les pays en matière de règlementation sur la PMA. En effet, ni l’Europe ni l’Union Européenne ne disposent de cadre commun sur la PMA. On observe ainsi plusieurs catégories de pays qui autorisent la PMA pour les femmes seules, les couples hétérosexuels et les couples de femmes : il s’agit plus particulièrement de la France, le Portugal, l’Espagne, l’Irlande, le Royaume-Uni, l’Islande, la Belgique, le Luxembourg et les Pays Bas, le Danemark, la Norvège, la Suède, la Finlande. On note les pays qui l’autorisent pour les couples hétérosexuels et les femmes seules. Dans ce groupe, nous avons la Grèce, la Bulgarie, la Croatie, la Hongrie, l’Ukraine, la Lettonie et l’Estonie. Certains pays, comme la Suisse et l’Autriche, autorisent la PMA uniquement pour les couples hétérosexuels et les couples de femmes. En Europe, l’Italie, l’Allemagne, la République Tchèque, la Slovaquie, la Pologne, Lituanie et la Roumanie constituent les pays qui pratiquent la PMA uniquement pour les couples hétérosexuels.
La France est devenue le onzième pays parmi les 27 de l’Union européenne à autoriser la PMA pour les femmes seules et pour les couples de femmes, rejoignant ainsi les Pays-Bas, la Belgique, le Luxembourg, le Danemark, la Suède, la Finlande, l’Irlande, l’Espagne, le Portugal et Malte. Deux autres pays européens, hors UE, offrent ces mêmes droits à la fois aux couples lesbiens et aux femmes seules : le Royaume-Uni et l’Islande. En revanche, certains pays de l’Union offrent la possibilité à des femmes seules de recourir à la PMA mais pas à des couples de femmes : la Bulgarie, la Croatie, Chypre, l’Estonie, la Grèce, la Hongrie et la Lettonie. L’Autriche se distingue en autorisant les couples lesbiens à recourir à la PMA mais pas les femmes seules. L’Allemagne et l’Italie sont désormais les deux seuls grands pays de l’UE à n’autoriser ni les couples de femmes ni les femmes célibataires à recourir à la PMA.
GPA : Gestation Pour Autrui
Concernant la GPA, elle n’est pas autorisée dans la plupart des pays européens sauf pour le Royaume-Uni et la Grèce qui tolèrent une intervention altruiste. La GPA est le fait, pour une femme, de porter un enfant pour le compte d’un autre couple.
Remboursements et conditions d'accès
Actuellement, 21 pays remboursent partiellement les traitements d’AMP. Ces remboursements se font toutefois sous conditions. En Belgique, un forfait de 1 073 euros est octroyé pour chaque cycle complet dans le cadre d’une fécondation in vitro. La femme doit avoir moins de 43 ans et ne peut effectuer plus de six cycles de PMA. L’Allemagne a durci ses conditions de remboursement en 2004, ce qui a entraîné une chute brutale du nombre d’AMP pratiquées, passé de plus de 102 000 cycles en 2003 à moins de 57 000 l’année suivante. En outre, 17 pays limitent l’accès aux techniques de PMA en imposant des critères relatifs à l’âge de prise en charge des femmes. La France fait partie depuis 1994 des pays qui font appel à la notion, plus floue, « d’âge naturel de procréation ».
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Don de gamètes : anonymat et accès
La plupart des pays européens admettent le recours aux gamètes d’un tiers donneur. Des positions qui se distinguent toutefois lorsque l’on parle d’ovocytes ou de spermatozoïdes. Le don de spermatozoïdes est ainsi autorisé par 20 Etats membres de l’Union européenne, dont 11 dans des conditions d’anonymat. Le Conseil de l’Europe a adopté une recommandation, encourageant la levée de l’anonymat.
La nouvelle loi prévoit également de lever l'anonymat du don de gamètes. En cas d'insémination artificielle avec le sperme ou les ovocytes d'un donneur, l'enfant aura le droit d'apprendre certaines informations sur ce donneur à l'âge de la majorité. En Allemagne, depuis une réforme entrée en vigueur en 2018, les banques de sperme ont l'obligation de conserver l'identité des donneurs pendant 110 ans.
Coûts de la FIV en Europe
Le prix de la FIV s’envolant dans de nombreux pays, il n’est pas surprenant que des couples et des particuliers envisagent de recourir à la FIV à l’étranger, en particulier en Europe, où l’on promet des options plus abordables. Toutefois, le terme « abordable » peut être subjectif, et il est essentiel de trouver un équilibre entre le coût, la qualité des soins et les taux de réussite.
L’Europe offre une gamme variée d’options de FIV, dont les coûts varient considérablement d’un pays à l’autre. L’Espagne est depuis longtemps une destination populaire pour le tourisme de la fertilité en raison de sa combinaison de prix compétitifs et de soins médicaux de haute qualité. Le coût moyen d’un cycle de FIV en Espagne varie entre 4 000 et 7 000 euros, ce qui inclut souvent les médicaments. La République tchèque est réputée pour offrir certains des traitements de FIV les plus abordables d’Europe, avec des prix commençant à partir de 2 500 euros par cycle. Même en tenant compte des dépenses supplémentaires telles que les médicaments et l’hébergement, le coût total dépasse rarement 4 500 euros. Chypre du Nord est en train de devenir une référence pour la FIV en raison de son offre unique de prix compétitifs et de l’absence de listes d’attente. Le coût d’un cycle de FIV à Chypre du Nord peut descendre jusqu’à 3 500 euros, avec l’avantage supplémentaire de sites pittoresques offrant un environnement tranquille aux patients. La Grèce offre non seulement un cadre serein pour les traitements de FIV, mais aussi des prix compétitifs. Le coût d’un cycle de FIV en Grèce varie généralement entre 3 000 et 5 000 euros, les cliniques grecques étant fières de leurs soins personnalisés et de l’attention qu’elles portent aux détails. La Pologne devient une destination de plus en plus populaire pour ceux qui recherchent des traitements de FIV à moindre coût sans compromis sur la qualité.
Lorsqu’il s’agit de trouver l’option la moins chère, la République tchèque apparaît souvent comme le leader. Si le coût est un facteur important lorsqu’on envisage une FIV à l’étranger, il est essentiel d’évaluer l’impact potentiel d’une baisse des coûts sur les résultats du traitement.
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Taux de réussite de la FIV en Europe
Les taux de réussite sont un élément essentiel pour évaluer la valeur des traitements de FIV à l’étranger. Les cliniques espagnoles et grecques, par exemple, affichent des taux de réussite qui rivalisent avec ceux de pays plus onéreux, ce qui suggère qu’un coût inférieur ne compromet pas la probabilité d’une grossesse réussie. Dans la quête des options de FIV les plus abordables en Europe, la Pologne est, avec la République tchèque, l’un des choix les plus rentables.
En 2018, selon le rapport publié par l’ESHRE (European Society of Human Reproduction and Embryology), plus de 1 million de cycles de PMA avaient été réalisés. Pour les FIV : le Royaume-Uni était premier avec près de 28% d’accouchements, puis l’Ukraine avec 27% (28 321 cycles) et l’Autriche avec 24% (10 626). Pour les FIV ICSI : la Moldavie était première avec près de 31% d’accouchements (1 458 cycles), puis le Royaume-Uni 28% et l’Islande avec 27% (898 cycles). Pour les transferts frais : l’Ukraine était première avec près de 41% d’accouchements, puis la Serbie 38% (168 cycles) et l’Islande avec 32%.
Destinations de FIV en Europe
- Espagne: L’Espagne s’est imposée comme une destination de premier plan pour les couples cherchant un traitement de la fertilité. Avec ses installations médicales avancées, son expertise en médecine de la reproduction et son cadre légal soutenant, l’Espagne offre une gamme d’options pour ceux qui poursuivent un traitement FIV. La loi espagnole autorise la FIV pour les couples mariés et non mariés, ainsi que pour les femmes célibataires. Bien que la limite d’âge pour le traitement FIV puisse varier légèrement d’une clinique à l’autre, l’Espagne permet généralement aux femmes jusqu’à l’âge de 50 ans de subir une FIV, garantissant ainsi que les patientes plus âgées ont également l’opportunité de réaliser leurs rêves de parentalité. Clinica Tambre accueille les femmes célibataires et les couples lesbiens, offrant des traitements de fertilité inclusifs adaptés aux différentes structures familiales.
- République Tchèque: Le traitement FIV est disponible uniquement pour les couples hétérosexuels en République Tchèque. De plus, la limite d’âge pour le traitement FIV en République Tchèque est parmi les plus souples en Europe. La République Tchèque dispose de cliniques de fertilité à la pointe de la technologie et d’installations médicales avancées équipées des dernières technologies.
- Grèce: En Grèce, les femmes jusqu’à 54 ans sont éligibles pour les traitements FIV. Cependant, les femmes de plus de 50 ans doivent fournir une documentation médicale supplémentaire et une preuve de leurs médecins qu’elles répondent aux exigences d’éligibilité. EmBIO Medical Center propose également des traitements de fertilité pour les femmes célibataires et les couples lesbiens.
- Chypre du Nord: Chypre du Nord adopte une approche progressiste permettant aux patients jusqu’à 58 ans, aux couples mariés, ainsi qu’aux femmes célibataires et aux couples de femmes homosexuelles de bénéficier d’un traitement FIV.
- Portugal: Les femmes sont éligibles pour le traitement FIV jusqu’à l’âge de 50 ans. Cela s’applique à toutes les techniques de Technologie de Reproduction Assistée (TRA). Le Portugal offre des options de traitement FIV abordables avec des lois et réglementations progressives. Le pays fournit un accès égal aux services de fertilité pour les couples hétérosexuels et homosexuels, sans limites d’âge ou restrictions de statut marital.
- Lettonie: Aucune limite d’âge spécifique n’est imposée pour subir un traitement FIV, garantissant que les individus de divers groupes d’âge ont l’opportunité de poursuivre leur rêve de parentalité.
- Danemark: Selon la législation danoise, le traitement de fertilité n’est pas autorisé pour les femmes de plus de 46 ans. Cela fixe effectivement la limite d’âge maximale pour recevoir un traitement de fertilité, y compris la FIV, à 45 ans.
- Pologne: La Pologne est connue pour son cadre légal soutenant le traitement FIV. Le pays a des réglementations bien définies qui assurent la sécurité et la pratique éthique.
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