L'ascension fulgurante d'Ophenya, une jeune influenceuse de 24 ans originaire de Lyon, a mis en lumière des problématiques complexes liées à l'influence sur les réseaux sociaux, notamment auprès d'un public très jeune. Cet article se propose d'analyser les différentes facettes de ce phénomène, en s'appuyant sur des articles de presse récents et des témoignages de professionnels.
Le phénomène Ophenya : une communauté engagée et une relation fusionnelle
Ophenya s'est rapidement constitué une communauté très engagée, principalement composée d'adolescentes. Cette communauté entretient une relation fusionnelle avec l'influenceuse, qui n'hésite pas à passer plusieurs heures au téléphone avec ses fans et à organiser des lives à des heures tardives.
Le collectif MEER (Mineurs, éthique et réseaux) s'alarme de la nature de ce lien parasocial poussé à l'extrême. Margaux, membre du collectif, souligne : "On lui reproche d'avoir un lien parasocial poussé à l'extrême avec sa communauté : on a documenté pendant un an des mineurs qui se mutilent, qui ont des propos suicidaires et qui taguent de façon systématique Ophénya dans leurs publications, parce que tout ça est public, c'est visible sur Instagram. Quand on arrive à documenter des jeunes filles qui, en moyenne, peuvent faire une publication toutes les six minutes à propos d'Ophénya et en la taguant, oui, on se questionne sur la nature du lien".
Accusations de dérives sectaires et cyberharcèlement
Les pratiques d'Ophenya ont suscité de vives critiques et des accusations de dérives sectaires. Samuel Comblé, directeur général adjoint de l'association e-Enfance, partage cette opinion : "Ophenya a des comportements qui peuvent se rapprocher de dérives sectaires". Le député socialiste Arthur Delaporte, auteur d'une loi sur les influenceurs, tient des propos similaires.
Ophénya, de son côté, dénonce une campagne de cyberharcèlement et assure ne pas comprendre ces accusations. Elle assume la relation qu'elle entretient avec ses fans, qui la soutiennent contre vents et marées.
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La promotion de l'application Crush : un partenariat commercial aux termes obscurs
Ophenya a fait la promotion de l'application Crush, qui promet de "trouver qui crush sur toi en secret". Cette promotion, réalisée en partenariat avec Marc Allain, fondateur de Crush, a soulevé des questions en matière de cybersécurité et de protection des mineurs.
L'application, qui cible principalement les adolescents, demande aux utilisateurs d'être géolocalisés et de transmettre l'ensemble des contacts de leur carnet d'adresse. Ces données personnelles, particulièrement sensibles lorsqu'il s'agit de mineurs, pourraient être utilisées à des fins malveillantes. De plus, l'absence de vérification de l'âge à la création du compte permet à des adultes mal intentionnés d'accéder aux listes de noms d'adolescents, accolés au nom de leur école ou collège.
Suite aux critiques, Ophenya a republié de nouvelles vidéos correctement étiquetées comme "partenariat commercial", dans lesquelles il n'est plus question de rencontres amoureuses et de jeux de séduction. Marc Allain a également changé d'argument commercial, assurant que Crush n'est qu'une plateforme visant à lutter contre l'exclusion et le harcèlement scolaire, par le biais de sondages positifs, modérés par ses équipes.
Vers un meilleur encadrement de l'activité en ligne des influenceurs
Le cas d'Ophenya met en évidence la nécessité d'un meilleur encadrement de l'activité en ligne des influenceurs, notamment en ce qui concerne la protection des mineurs. Le collectif MEER préconise plusieurs mesures, comme une vérification plus efficace de l'âge des utilisateurs sur les réseaux sociaux, ou encore la création d'un "influscore", un baromètre qui permettrait d'évaluer l'éthique des influenceurs.
Ce baromètre pourrait dissuader les marques de collaborer avec certains influenceurs dont les contenus ou les comportements sont problématiques. L'objectif est de responsabiliser les influenceurs et de protéger les jeunes utilisateurs des risques liés à l'influence en ligne.
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Les influenceurs financiers sur les réseaux sociaux : peut-on s’y fier ?
L'article du 6 février 2025 met en garde contre les influenceurs financiers sur les réseaux sociaux. Ces derniers utilisent souvent un certificat méconnu pour rassurer les marques qu’ils promeuvent, sans nécessairement garantir la fiabilité de leurs conseils.
La culture web et l'extrême droite : l'appropriation des mèmes
L'article du 6 décembre 2024 analyse comment l'extrême droite s'est approprié la culture mème, ces détournements humoristiques repris en masse sur Internet. Les mèmes permettent de se reconnaître entre militants et de distiller des messages sous couvert d'ironie.
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