Le perce-oreille (Forficula auricularia), également nommé pince-oreille ou forficule, suscite souvent des réactions contrastées. Bien que redouté pour ses pinces proéminentes, cet insecte est en réalité inoffensif pour l'homme et se révèle être un précieux allié du jardinier. Cet article vise à démystifier le perce-oreille, à comprendre son rôle dans l'écosystème et à dissiper les craintes injustifiées qu'il suscite.
Identification et caractéristiques du perce-oreille
Le perce-oreille commun, Forficula auricularia, est l'une des quelque 20 espèces présentes en France et près de 1 200 dans le monde. Cet insecte de l'ordre des Dermaptères mesure entre 1 cm et 2 cm de long et se reconnaît facilement à sa carapace brillante et souple de couleur brun roux foncé. Ses deux cerques en forme de pince à l'extrémité de son abdomen sont caractéristiques. Ces pinces permettent de distinguer les mâles des femelles, étant très courbées chez le premier et quasiment droites chez les secondes. L'abdomen du perce-oreille est généralement plus sombre que le reste de son corps. Sous ses élytres, le petit insecte cache deux ailes savamment repliées. Toutefois, il ne vole pratiquement pas, préférant, le cas échéant, planer.
Animal lucifuge, le perce-oreille se plaît dans l'obscurité et l'humidité. C'est pourquoi on le découvre le plus souvent en journée sous un pot, une tuile, un morceau de bois, ou encore parmi les pétales de fleurs, quand il ne se cache pas dans les fissures présentes dans le sol.
Le régime alimentaire du perce-oreille : un allié du jardinier
Le perce-oreille est un insecte polyphage, doté de pièces buccales broyeuses qui lui permettent de se nourrir de pucerons, d'acariens, de larves et de bien d’autres insectes nuisibles. Du fait de son alimentation, le perce-oreille est un précieux allié pour le jardinier puisqu’il se nourrit de nombreux petits parasites des cultures potagères et fleuries. On lui reproche, à tort, d’être un nuisible. Mais la réalité est toute autre. Oui, car quand on le découvre au matin sur un plant de salade en partie grignotée, seul ou en compagnie de nombreux autres congénères, on en déduit qu’il est responsable de cet état dégradé. Pourtant, sa présence témoigne de son travail, car il a en effet dévoré tous les parasites qui étaient présents - et qui ont abîmé le végétal - pendant la nuit, finissant seul au lever du jour.
Même s'ils peuvent se nourrir de bourgeons, de pétales de dahlias ou de fruits mûrs, ces dégâts légers sont largement compensés par leurs activités de prédation et ils ont même plutôt tendance à s’intéresser à ceux qui ne sont plus consommables ou qui ne présentent plus d’intérêt esthétique, favorisant leur décomposition naturelle.
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Reproduction et cycle de vie du perce-oreille
Chez le perce-oreille, la saison de la reproduction commence par l'accouplement, qui se produit au cours de l’été. À l'automne, lorsque les premiers froids arrivent, vers le mois d’octobre ou de novembre, les forficules s'isolent pour hiberner bien à l'abri dans le sol. À cette occasion, bon nombre de mâles perdent la vie au cours de l’hiver, car ils sont bien moins résistants au froid que les femelles.
C’est vers le milieu du mois de mai que les œufs éclosent et que de petites larves en émergent. Celles-ci ne deviendront adultes qu’au cours du mois de juillet, après avoir subi quatre mues. Tout au long de leur stade larvaire, elles ressemblent aux adultes, sans ailes toutefois et bien plus petites. Les femelles prennent grand soin de leur progéniture et accompagnent leurs larves avec attention jusqu’à leur mue finale qui les transforme en jeunes adultes. Les prédateurs des forficules sont cependant nombreux.
Les femelles du Perce-oreille commun passent donc une grande partie de leur vie à s’occuper de leurs œufs et de leurs juvéniles. Cette vie de famille est assez unique chez les insectes, où les parents ne s’occupent que très rarement de leurs petits et, lorsqu’ils le font, ne s’en occupent que peu de temps et de façon sommaire. Un autre élément particulièrement intéressant de leur vie de famille est qu’elle est facultative. Les jeunes ne souffrent pas particulièrement de l’absence de leur mère et des études expérimentales en laboratoire montrent que retirer la mère dès l’éclosion des œufs n’induit pas de surmortalité et semble même être associée à une meilleure croissance des juvéniles.
Les femelles perce-oreilles protègent aussi leurs petits contre les microbes et elles le font d’une manière assez inattendue. Leurs fécès ont en effet des propriétés antimicrobiennes capables de limiter le développement d’une grande diversité de micro-organismes. Des études récentes suggèrent néanmoins que rester avec leur mère peut être une stratégie risquée pour les juvéniles chez le Perce-oreille commun. En effet, lorsque les conditions sont mauvaises et que la nourriture vient à manquer, les mères ont tendance à monopoliser toute cette nourriture pour elles seules, ce qui entrainait une surmortalité et un retard de développement importants chez leurs petits. D’autres études ont aussi montré que les mères perce-oreilles s’occupent en priorité des petits qui sont en meilleure santé et délaissent les petits dont la condition est la moins bonne. Ces résultats révèlent que les soins maternels ne sont pas inconditionnels chez cette espèce et que les petits les plus faibles ne bénéficient que peu de ces soins et donc de la présence de leur mère.
Ces interactions sont souvent conflictuelles chez les animaux et chez le Perce-oreille commun, elles peuvent prendre une forme particulièrement extrême : le cannibalisme. Il est ainsi fréquent que les juvéniles se mangent les uns les autres sans que leur mère ne mette fin à ce comportement pour le moins définitif.
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Outre sa vie de famille, un autre trait particulièrement intéressant chez le Perce-oreille commun est le soin des mères envers leurs œufs. Les femelles adoptent en effet une stratégie surprenante qui consiste à produire des œufs avant l’hiver puis à s’en occuper continuellement pendant plusieurs semaines, en s’enfermant dans leur nid et en arrêtant toute autre activité (dont la recherche de nourriture). Ce nettoyage permet d’abord aux femelles d’enlever la moisissure qui entraînerait autrement la mort prématurée des œufs. Le nid offre en effet un microclimat humide idéal pour le développement des moisissures. Le nettoyage des œufs permet aussi aux femelles de déposer des molécules chimiques (des hydrocarbures) ayant à la fois des propriétés antimicrobiennes et des propriétés physiques augmentant leur résistance contre la dessiccation. Les femelles du perce-oreille sont donc capables d’évaluer les risques microbiens dans l’environnement et d’adapter leurs soins aux œufs en fonction.
Chez le Perce-oreille commun, les soins envers les œufs semblent si essentiels pour leur développement que les femelles en prodiguent à tous les œufs qu’elles rencontrent, sans distinction. Il en va des œufs des autres femelles de la même espèce, des œufs d’une autre espèce de perce-oreille voire même de billes de verres ayant vaguement la forme d’un œuf de perce-oreille. Accepter un grand nombre d’œufs - qu’ils soient les leurs ou non - pourrait donc permettre aux femelles d’avoir accès à une plus grande réserve de nourriture pour affronter l’hiver et ainsi d’augmenter leurs chances de produire une deuxième ponte après l’éclosion de la première.
Le perce-oreille : un danger pour l'homme ?
Le perce-oreille est souvent craint en raison de son nom et de ses pinces. La croyance populaire veut que cet insecte s'introduise dans les oreilles des humains pour y percer les tympans. Cependant, cette idée est totalement fausse. Les perce-oreilles ne sont pas dangereux pour l'homme et leurs pinces ne sont pas assez puissantes pour percer la peau.
L'entomologiste Vincent Albouy affirme que cette idée-reçue est en réalité bien fondée. À ceci près qu'elle est le fruit du hasard et qu'il faudrait que vous soyez très malchanceux pour qu'il vous arrive la même chose : Les perce-oreilles sont des animaux nocturnes qui se réfugient dans des fentes ou des cavités obscures la journée. Donc on peut imaginer qu'ils peuvent rentrer par hasard dans l'oreille de quelqu'un qui dort dans l'herbe, par exemple. Oui, il peut rentrer dans les oreilles, mais jamais les percer Mais, un jour, j'ai reçu une lettre de la part d'un monsieur à la retraite, dans la région de Rennes qui a été au regret de m'informer que ces insectes pouvaient bien percer les oreilles. En effet, depuis l'âge de 5 ans, ce monsieur est sourd d'une oreille après qu'un perce-oreille lui a crevé le tympan. Les perce-oreilles ne pincent pas les oreilles systématiquement, mais ils le peuvent dans des cas très rares (s'ils se retrouvent bloqués par la plus grande des coïncidences dans votre oreille) C'est excessivement rare mais c'est arrivé suffisamment souvent pour que les paysans d'autrefois aient remarqué ce phénomène et aient contribué à donner ce nom-là. Comme ils sont capables de rentrer dans tous types de fente, dont celle formée par notre oreille, ça peut arriver. La mère de ce monsieur a cru bien faire en essayant de le faire sortir, mais le perce-oreille a essayé de percer autour de lui pour essayer de s'enfuir Si jamais cela vous arrivait, il faut le laisser tranquille, prendre sur soi les chatouilles qu'il pourrait occasionner et ne surtout pas mettre un coton tige ou autre chose pour tenter de le faire sortir à tout prix car c'est là qu'un incident pourrait se produire.
Il est donc excessivement rare qu'un perce-oreille s'introduise dans une oreille et encore plus rare qu'il cause des dommages.
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Comment attirer et préserver les perce-oreilles dans son jardin ?
Pour attirer les perce-oreilles et les inciter à rester au jardin, il est judicieux de laisser aux pieds de vos arbres, ici ou là, des pots de fleurs retournés, des pierres plates ou encore des tuiles, sous lesquels ils viendront se cacher bien nombreux. En journée, ils seront inactifs, mais la nuit, ils débarrasseront votre propriété de nombreux indésirables, notamment des pucerons qui envahissent vos fleurs et vos plantations potagères ! Pensez également à éviter d’utiliser des pesticides. En effet, tout produit de type insecticide ou herbicide est une menace pour ces petits alliés et pour toute une petite faune très active dans le jardin.
Comment se débarrasser des perce-oreilles dans la maison ?
Malgré leur utilité au jardin, la présence de perce-oreilles dans la maison peut être indésirable. Voici quelques astuces pour s'en débarrasser :
- Piégeage : Utiliser des pièges à base de beurre d'arachide ou de papier journal mouillé enroulé.
- Répulsifs naturels : L'eau savonneuse et l'huile essentielle d'eucalyptus sont des répulsifs efficaces.
- Barrage à insectes : Le barrage à insectes peut être efficace pour empêcher les perce-oreilles de rentrer dans la maison.
- Savon noir dilué : Vaporiser une solution de savon noir dilué (5%) sur les perce-oreilles permet de les étouffer.
Il est important d'éviter l'utilisation de produits chimiques, qui peuvent être nocifs pour l'environnement et la santé.
Percer les oreilles de bébé : une pratique à considérer avec attention
Bien que sans rapport direct avec les perce-oreilles, la question du perçage des oreilles de bébé mérite d'être abordée. Dans certaines familles et certaines cultures, les oreilles des petites filles sont percées très tôt, parfois même dès les premiers mois de vie.
Andréas Werner, pédiatre sur Avignon, la question relève plus du respect du corps de l'enfant que d'un âge donné comme un repère : "Il n'y a pas médicalement ou légalement d'âge minimum pour percer un lobe d'oreille, les parents peuvent le faire quand ils veulent. Mais à mon sens, dès qu'il s'agit d'un geste d'ordre esthétique, la décision devrait venir de la personne concernée et non pour répondre à un l'idéal du parent", soutient-il, faisant un parallèle avec les interventions pour recoller les oreilles demandées par certains parents, quand l'enfant même ne s'en plaint pas. En outre, il faut s'affranchir d'une idée reçue sur la douleur moins forte chez le bébé : percer les oreilles de bébé dès la naissance ou dans les premiers mois de vie n'enlève rien à la douleur ressentie : "La douleur de l'acte est exactement la même, qu'il soit réalisé à la naissance ou à 8 ans", révèle le pédiatre.
Percer des lobes, tout petits soient-ils, avec des boucles d'oreilles, toutes petites elles aussi, n'est jamais un acte anodin. Si la majorité des petites filles aux oreilles percées ne connait heureusement pas de complications, il faut savoir que des risques sont possibles, voire courants. En induisant une rupture dans la barrière cutanée de l'enfant, le perçage crée un risque d'infection avec une entrée aux microbes dans l'organisme : contracter un staphylocoque, ou un streptocoque, ou encore un abcès, est plus fréquent qu'il n'y paraît. Un risque viral reste possible si le professionnel choisi ne propose pas de bonnes conditions d'hygiène sur les outils de perçage des oreilles des fillettes. Autre risque non négligeable, la cicatrisation de la peau, localement sur le lobe, peut rencontrer des difficultés : "Parfois un bourgeon de peau recouvre le fermoir, même des mois ou années après le perçage", évoque le Dr Werner. Une allergie à la matière du bijou peut également provoquer ce qu'on appelle un eczéma de contact, qui peut entraîner également un risque d'infection. Que penser également des toutes petites boucles d'oreilles directement sur le bébé à l'âge où, justement, il est courant de mettre hors de portée tous les éléments qu'il pourrait ingérer ?
Le choix de l'endroit pour percer les oreilles de bébé n'est, bien sûr, pas à prendre à la légère. Le professionnel, généralement un bijoutier, doit présenter des critères de désinfection et de propreté irréprochables. Renseignez-vous en avance : utilise-t-il un pistolet pour percer ou une aiguille ? Du matériel jetable à usage unique ? Avez-vous des retours sur ce professionnel ? "Le plus sûr est encore de prendre des recommandations dans son entourage, de prendre rendez-vous et d'y aller sur un ou plusieurs avis, ce qui est souvent le cas".
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