La pandémie mondiale de COVID-19 a engendré des répercussions considérables dans tous les pays et dans de nombreux domaines. Parmi les préoccupations émergentes, les femmes ont signalé des changements dans leur cycle menstruel, suscitant des interrogations quant à une possible corrélation avec l'infection virale elle-même ou avec les vaccins développés pour lutter contre le virus. Cet article vise à explorer le lien potentiel entre le variant Omicron, la vaccination contre la COVID-19 et les troubles menstruels, en se basant sur les données scientifiques disponibles et les témoignages recueillis.
Perturbations Menstruelles Signalées Après la Vaccination Anti-COVID-19
Depuis le début des campagnes de vaccination anti-Covid, de nombreuses femmes ont fait état de perturbations dans leurs cycles menstruels. Ces signalements ont conduit l'Agence européenne des médicaments à inclure la présence de saignements menstruels importants comme effet secondaire possible des vaccins à ARN messager, notamment ceux de Pfizer/BioNTech et Moderna.
Les troubles menstruels signalés après une vaccination contre le Covid-19 incluent :
- Des saignements anormaux (métrorragies ou ménorragies).
- Des retards de règles et aménorrhées (absence de règles).
- Des règles plus douloureuses.
- Des règles plus courtes ou plus longues que de coutume.
- Un bouleversement du syndrome prémenstruel (SPM).
Ces perturbations semblent toucher toutes les femmes, depuis les jeunes adolescentes aux cycles encore immatures jusqu’à certaines patientes ménopausées.
Études et Résultats Contradictoires
Les études sur le sujet restent toutefois contradictoires. Une étude française publiée a mis en évidence une augmentation de 20% du risque de saignements menstruels abondants ayant nécessité une prise en charge à l'hôpital dans un délai de un à trois mois après avoir reçu un vaccin Pfizer ou Moderna. En revanche, cet effet secondaire disparaît après trois mois, et ne réapparaît pas même en cas de dose de rappel. Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont recensé le statut vaccinal de plus de 4600 femmes hospitalisées pour saignements menstruels abondants en 2021 et 2022. Ils ont comparé leur situation à un groupe témoin de près de 90.000 femmes, "avec les mêmes caractéristiques d'âge et d'utilisation de la contraception", n'ayant pas été prises en charge pour ce motif.
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Ces résultats contrastent avec ceux d'une étude de vaste ampleur réalisée en Suède et publiée, qui avait estimé qu'aucun élément solide n'avérait un lien entre vaccination Covid et troubles menstruels. Interrogés sur ces conclusions différentes, les chercheurs d'Epi-Phare évoquent des différences de méthodologie.
L'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a évoqué pour la première fois en juillet 2021 des « cas de troubles menstruels survenus après la vaccination » avec Pfizer-BioNTech et Moderna. Ces effets sont survenus aussi bien après la première injection, qu’après la deuxième injection. Une étude américaine, publiée a reconnu que le cycle menstruel peut être rallongé « d’au moins un jour » à la suite d’une dose de vaccin. En revanche, aucune modification n’a été observée concernant la durée des règles.
Facteurs Potentiels Expliquant les Troubles Menstruels
Plusieurs facteurs pourraient expliquer les troubles menstruels observés après la vaccination contre la COVID-19 :
- Réaction immunitaire : La vaccination stimule le système immunitaire, ce qui pourrait influencer les hormones impliquées dans le cycle menstruel ou les médiateurs agissant sur les tissus utérins en cours de cycle. L’instance estime que les troubles pourraient être liés à la réaction immunitaire à la vaccination plutôt qu’à une réaction propre au vaccin.
- Stress et anxiété : La situation inédite générée par la pandémie de COVID-19 peut être une source d'anxiété et de stress, ce qui peut perturber le cycle menstruel. Le fait d’être confinée, d’avoir peur d’attraper le virus, d’être d’un coup en télétravail complet, d’avoir finalement toutes nos habitudes qui changent, c’est autant de facteurs de troubles.
- Coïncidence : Certaines perturbations menstruelles peuvent être de simples coïncidences, sans lien direct avec la vaccination.
Omicron et ses Symptômes
Le variant Omicron a fait son entrée et devient progressivement le variant majoritaire. Au niveau des symptômes, le variant Omicron semble être plus léger que le Delta. Ces observations sont toutefois à nuancer, puisque la communauté scientifique manque encore de recul sur ses caractéristiques. Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, bon nombre de maladies hivernales ont pu être confondues avec le virus. Et pour cause, les symptômes peuvent être très proches. Lors d’un rhume, les symptômes s’installent progressivement, sur une durée de plusieurs jours.
Rôle des Anticorps et Omicron
Des chercheurs toulousains ont cherché une réponse dans les taux d’anticorps présents juste avant l’infection. « Nous avons vu qu’il y avait des niveaux d’anticorps différents au moment des réinfections selon les variants, explique Chloé Dimeglio, biostatisticienne au laboratoire de virologie du CHU de Toulouse ( Haute-Garonne) et autrice d’une étude sur le sujet paru dans The Journal of Infection. 90 % des réinfections Omicron se produisent chez des personnes dont le niveau d’anticorps juste avant est inférieur ou égal à 6.967 BAU/ml de sang, ce qui est très important. Alors que 90 % des réinfections Delta adviennent chez des personnes dont les niveaux d’anticorps totaux sont inférieurs ou égaux à 2.905 BAU/ml. »
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Il faut donc avoir un niveau d’anticorps très haut pour passer au travers de la vague Omicron. « Mais ce sont des niveaux qui disent que l’on peut s’infecter, ça ne dit pas le niveau de gravité, pondère la chercheuse. On sait quand même que plus le niveau d’anticorps est haut, moins on a de chance de se retrouver en réanimation. »
Gestion des Troubles Menstruels et Recommandations
Face à des troubles menstruels survenant après la vaccination contre la COVID-19, il est recommandé de :
- Consulter un médecin ou un gynécologue pour évaluer la situation et exclure d'autres causes possibles.
- Signaler les effets indésirables à l'Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) ou à d'autres autorités compétentes.
- Ne pas hésiter à parler de ces troubles avec son entourage et sur les réseaux sociaux, afin de briser le tabou et de partager des expériences.
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