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Complications après une césarienne : Risques et considérations

La césarienne, une intervention chirurgicale courante permettant l'accouchement par incision de l'abdomen et de l'utérus, est pratiquée lorsque les conditions ne sont pas favorables à un accouchement par voie basse, que ce soit pour la mère ou l'enfant. Bien que cette procédure puisse sauver des vies, il est essentiel d'être conscient des complications potentielles associées à une césarienne, tant pour la mère que pour le bébé.

Impact de la césarienne sur le bébé

La question des conséquences de la césarienne pour le bébé se pose surtout pour les césariennes programmées. En effet, on sait aujourd'hui que l'accouchement (les contractions de l'utérus, le passage par le bassin et le vagin, etc.) joue un rôle dans la maturation finale du fœtus et le prépare à la vie dans le monde extérieur. Pendant l’accouchement, le fœtus est soumis à de fortes pressions : contractions de l’utérus et passage dans le bassin, le col et le vagin. Ces pressions déclenchent, de la part du fœtus, la sécrétion d’hormones, de type adrénaline, identiques à celles que nous produisons en cas de frayeur ou de sentiment de danger. De plus, les pressions subies par le fœtus massent les poumons, facilitent l’expulsion du liquide amniotique (le liquide dans lequel baigne le fœtus) qu’ils contiennent, et favorise leur maturation.

Difficultés respiratoires

Dans le cas d'une césarienne programmée, le risque de détresse respiratoire à la naissance est augmenté, en particulier si la césarienne a lieu avant la 39e semaine d’aménorrhée (il est alors sept fois plus élevé que lors de naissance par les voies naturelles). De plus, les bébés nés de césarienne programmée, souvent avant terme, sont plus petits, ont un réflexe de succion moins marqué et réclament moins souvent à manger.

La compression de la tête du fœtus, les hormones sécrétées, tout cela a pour fonction d'aider à la maturation de ses poumons, de prendre sa première inspiration. Cela se met en jeu lors du début de la vie aérienne du bébé. Il est important de noter qu'il y a moins de risque de complications respiratoires entre 37 SA +0 et 38 SA +6, qu'après 39 SA +0.

Allergies

De nombreuses études ont montré un lien entre la naissance par césarienne programmée et l’apparition de troubles allergiques pendant l’enfance, en particulier les allergies alimentaires et les rhinites allergiques. Cette observation est peut-être à rapprocher du fait que la flore intestinale des bébés nés par césarienne programmée est différente de celle des bébés nés par les voies naturelles (probablement parce que seuls ces derniers ont été en contact avec la flore vaginale de leur mère). Le bébé né par voie basse possède une meilleure protection, celle des enfants nés par voie basse. Les allergies et l'asthme sont plus fréquents chez les enfants nés par césarienne (15,7 %) que chez ceux nés par voie basse (7,5 %). Le risque d'asthme augmente en cas de césarienne.

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Flore intestinale et obésité

La flore intestinale des bébés nés par césarienne est différente de celle des bébés nés par voie naturelle. Cela peut être dû au fait que seuls ces derniers ont été en contact avec la flore vaginale de leur mère. De nombreux travaux pointent l'implication de la flore intestinale dans le surpoids. En revanche, il semble que la naissance par césarienne ne soit pas un facteur de risque d’obésité à l'âge adulte.

Autres risques pour le bébé

La césarienne n'est pas sans risques pour le bébé. Il existe un risque, bien que faible, que le bébé se retrouve avec une coupure sur le corps lors de l'intervention. Le risque d'autres types de blessures (fractures par exemple) est encore plus faible, inférieur à 1 pour 1000.

Il est possible que le bébé reçoive une petite partie des anesthésiants administrés à la mère, ce qui peut affecter son tonus et ses capacités de succion immédiatement après la naissance.

Risques pour la mère

Bien que la césarienne puisse être une intervention salvatrice, elle comporte des risques pour la mère. Une nouvelle étude de l’Inserm révèle que la probabilité des complications est doublée lorsqu’il s’agit d’un accouchement par césarienne par rapport à un accouchement physiologique. Les complications maternelles graves surviennent dans 1.5 % des accouchements.

Rupture utérine

La revue scientifique Plus biology a publié une étude le 24 septembre 2019, affirmant qu’après une césarienne, il vaut mieux opter pour une seconde césarienne afin de limiter les risques. L’enquête a été menée en Ecosse sur 74 000 femmes ayant donné naissance une première fois par césarienne. Elle montre qu’un AVAC (Accouchement Vaginal Après une Césarienne) présente des risques tant pour la mère que pour le bébé. S’ils sont certes faibles, ils demeurent plus importants qu’avec une césarienne. Moins de 1 % des femmes ayant opté pour une deuxième césarienne ont fait face à des difficultés médicales, contre 2% de sondées qui ont subi de graves complications après un accouchement par voie basse pour leur deuxième enfant, faisant suite à une césarienne.

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Cette différence peut s’expliquer par la fragilisation de l’utérus lors de la première césarienne, si le second accouchement est fait par voie basse, il peut alors arriver que l’utérus se rompe. Ainsi, l’étude rapporte qu’une femme sur 200 a souffert d’une rupture utérine après un AVAC.

La RU qui survient majoritairement sur utérus cicatriciel demeure une complication obstétricale grave grevée d’une morbi-mortalité maternelle et fœtale élevée. Ce diagnostic doit être évoqué chez toute patiente présentant un tableau aigu associant douleurs abdominales, état de choc, métrorragies, et altération du RCF et ce indépendamment de la parité ou de l’existence d’une cicatrice antérieure.

Une vigilance accrue à l’égard des signes de rupture doit être la préoccupation de l’ensemble des acteurs de soins : sage-femme, obstétricien et anesthésiste. Les patientes sont informées des particularités d’une naissance avec utérus cicatriciel au décours de toute césarienne dès la période du post-partum et notamment lors de la visite postnatale. L’information dispensée doit préciser qu’il est recommandé d’attendre un an avant une nouvelle conception et la consultation du compte-rendu opératoire de la césarienne précédente est recommandée. Elle doit aussi présenter les bénéfices et les risques de la TVBAC et de la césarienne itérative en tenant compte des facteurs de risques individuels d’échec de la TVBAC et de rupture utérine. Elle est importante, à la fois pour informer les patientes, mais également pour mettre en œuvre des mesures préventives (aide à la décision obstétricale).

Césariennes répétées

Le Pr Philippe Deruelle nuance : la programmation de césarienne n’est pas forcément judicieuse non plus. « À long terme, après deux, trois, voire davantage de césariennes, les risques liés à cette opération augmentent et contrebalancent nettement le bénéfice d’une césarienne programmée», assure-t-il. Toutefois, le pourcentage des complications toutes confondues reste faible, quel que soit le mode d’accouchement après une première césarienne. Pour le médecin, il faut surtout, dans la mesure du possible, éviter la première césarienne.

Césariennes en urgence

D’après le Professeur Philippe Deruelle, « ce sont les césariennes décidées après le début du travail qui présentent le plus de risques ». En effet, la césarienne réalisée en urgence est une opération rapide sur des tissus fragilisés, préconisée notamment en cas de mauvaise position du bébé. Si le risque est minime, le médecin doit faire attention à ne pas endommager les organes de la mère.

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Difficultés post-opératoires

La récupération après une césarienne est souvent plus difficile qu'après un accouchement vaginal.

Accouchement vaginal après césarienne (AVAC)

La possibilité d'un accouchement vaginal après césarienne (AVAC) est une option à considérer, mais elle comporte également des risques. Une complication de l’accouchement vaginal pour le bébé est le risque de blessure des nerfs qui envoient des signaux de la moelle épinière à l’épaule, au bras et à la main. Après la naissance, il y a un risque de douleur du périnée. Il existe aussi un risque augmenté de fuites urinaires au cours des deux années qui suivent. Une rééducation du périnée est nécessaire pour éviter ses fuites.

Information et prise de décision

Beaucoup de médecins et de scientifiques déplorent un manque d’information sur les risques d’accouchement par voie basse. D’autres, au contraire, pensent que la pratique d’une césarienne est plus risquée pour la maman et le bébé. Comment vous y retrouver ?

Il est crucial que les femmes soient pleinement informées des risques et des avantages de chaque option afin de prendre une décision éclairée en collaboration avec leur médecin. Il est important de discuter de ses antécédents médicaux, de ses préférences et de ses préoccupations avec son médecin afin de déterminer la meilleure approche pour son accouchement.

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