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L'Étourneau sansonnet : Nidification, Comportement et Impact

Introduction

L'Étourneau sansonnet (Sturnus vulgaris) est un passereau omnivore de la famille des Sturnidae, originaire d'Eurasie. Il est aujourd'hui présent sur tous les continents suite à son introduction dans de nombreux pays. En France, il est commun dans les environnements urbains et ruraux, grâce à sa grande capacité d'adaptation. Cet article explore en détail la période de nidification de l'étourneau sansonnet, ainsi que son comportement, son alimentation et son impact sur l'environnement.

Description et Identification

L'Étourneau sansonnet peut être confondu avec le Merle noir (Turdus merula), car ils ont tous deux le corps noir avec le bec jaune en plumage nuptial. Cependant, l'Étourneau sansonnet s'en distingue par son plumage aux reflets vert et violet, moucheté de points blancs. Sa queue est courte et son bec est pointu et assez long. Il marche énergiquement.

  • Taille / envergure: 21 cm / 37 - 42 cm
  • Poids: 75 à 80 g
  • Longévité: 15 ans

Le mâle reproducteur a le bec jaune avec la base bleutée tandis que chez la femelle, la base est rosâtre. De plus, le mâle a les pattes d'un rose-rouge plus vif que la femelle. Il a aussi des plumes ornementales plus développées au niveau de la gorge, qui apparaissent bien lorsqu'il chante. La femelle a une iris un peu plus pâle. L’Étourneau juvénile présente une coloration grise brunâtre avec la gorge plus claire et un bec sombre.

Le répertoire du sansonnet est riche. Son cri évolue en fonction des situations. Ce peut être un chant, un grincement, un son assimilable à un bourdonnement ou bien encore une succession de cliquetis, de sifflements et même de gazouillis.

Répartition et Habitat

Originaire des zones tempérées et boréales de l’Eurasie, l’Étourneau sansonnet s'est répandu avec succès sur tous les continents : on parle d’espèce cosmopolite. Il est, par exemple, devenu en l’espace d’une centaine d’années, un des oiseaux les plus communs de l’Amérique du Nord. En Europe, il est présent dans la majorité des pays. Son aire de répartition s’est étendue vers le Nord depuis 1950, notamment au Svalbard et en Islande. Il est absent d’une grande partie sud de l’Espagne où son cousin l’Étourneau unicolore le remplace. En France, le sansonnet est un nicheur régulier et commun dans tous les départements, bien qu’il soit moins abondant dans le Var, les Alpes-Maritimes, et les Alpes de Haute-Provence. L’espèce ne niche pas en Corse.

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L’espèce occupe la campagne cultivée l’hiver alors qu’elle fréquente les parcs, les jardins, les lisières de forêts et le bocage pour nicher. L’Étourneau est présent jusqu’au cœur des villes où les pelouses des espaces verts, les squares et bordures d’avenues constituent de bons terrains de chasse aux insectes. L’Étourneau évite les régions d’altitude supérieure à 1 500 m.

Migration et Hivernage

L’Étourneau sansonnet est un migrateur partiel. Les populations du Nord et de l’Est de l’Europe sont migratrices alors que celles du Sud et de l’Ouest sont résidentes. Les populations des zones urbaines tendent à être plus sédentaires que celles des zones rurales. Après la nidification, les Étourneaux viennent dans les pelouses ou les pacages d'ovins des aérodromes chercher des invertébrés. Ils constituent en automne et en hiver des dortoirs très importants regroupant des milliers voire des millions d'individus.

Les grandes migrations d'étourneaux sansonnets ont lieu au début de l’hiver, au moment où les oiseaux quittent le nord-est pour rejoindre des zones plus chaudes, comme l’Italie ou encore la péninsule ibérique. Pour ce faire, ils suivent ce que l’on appelle les couloirs migratoires et se posent le soir pour pouvoir passer la nuit dans des dortoirs et reprendre leur route dès le lendemain matin.

Alimentation

L’Étourneau sansonnet est omnivore. Son alimentation se compose de produits d’origine végétale en tout genre y compris des baies et des fruits, et d’origine animale comme les araignées, les insectes, les larves, les crustacés, les mollusques, les verres de terre, les cochenilles, les fourmis volantes… Bien évidemment, son alimentation varie en fonction de la région et l’oiseau s’adapte à la saison.

Il parcourt classiquement les prairies pâturées de bovins au printemps où il recherche des larves de tipules et de taupins mais aussi les vers de terre, chenilles, araignées, limaces, petits escargots et petits crustacés terrestres (cloportes). En ville on le trouve souvent sur les pelouses des espaces verts à la recherche d’invertébrés pour nourrir sa nichée. En hiver, l’Étourneau fréquente les mangeoires et s’alimente aussi sur les pains de graisse. Il prélève les graines de tournesol, les céréales, les restes de fruits et pommes de terre et autres restes de cuisine. Dans la nature, les baies sauvages font partie de son régime alimentaire durant l’automne.

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Comportements

L’Étourneau sansonnet est un oiseau grégaire qui forme des groupes à longueur d’année. Il adopte un comportement territorial avec ses congénères uniquement en période de nidification. Dès l'émancipation des jeunes, les familles se regroupent, se nourrissent ensemble et passent la nuit ensemble en dortoirs. L’étourneau sansonnet est un oiseau très connu pour ses déplacements en groupes impressionnants composés de centaines, voire de milliers d’individus, que nous pouvons observer de façon assez exceptionnelle. C’est un véritable enchantement pour les yeux.

C’est assez étonnant à voir et l’on peut même être subjugué par cette façon qu’ont les passereaux de changer tous de directement en même temps. Ces entités vues du sol évoquent à s’y méprendre d’immenses nuées d’insectes et dessinent dans le ciel des ondulations époustouflantes. Ce rare phénomène naturel est somptueux. On l’appelle le murmure des oiseaux (murmuration en anglais). C’est une grande chance de pouvoir admirer ces grandes migrations d’étourneaux sansonnets.

Nidification

L’Étourneau sansonnet est une espèce cavernicole qui utilise en temps normal les loges de pics dans les arbres creux. Il peut aussi agrandir une cavité plus petite avec son bec. Avec la raréfaction des vieux arbres, il niche de plus en plus près de l’Homme, utilisant les anfractuosités et cavités des bâtiments. Il rentre alors en compétition avec les rougequeues, le Moineau domestique, les mésanges et le Martinet noir… La présence d’une prairie ou d’un espace vert à proximité est essentielle pour la recherche de nourriture.

L’étourneau sansonnet construit son nid dans des nichoirs ou bien des cavités situées à bonne hauteur, de l’ordre de 3 à 5 mètres. Pour ce faire il utilise des brindilles, des plumes, du carton et du papier, tout type de fibres végétales et des herbes séchées. Ce nid est décoré avec soin par le mâle afin de méduser la femelle qu’il souhaite courtiser. Il tente aussi de la charmer par des cris et des chants qu’il lance à tout-va depuis le nid, et par des ondulations d’ailes.

Le mâle prépare la cavité et le nid. A la fin du mois de mars ou début avril, la femelle pond 4 ou 6 œufs d'un bleu intense sans tache. La nidification cavernicole permet cette couleur vive car les œufs ne sont pas visibles directement des prédateurs. La femelle pond ensuite jusqu’à 6 œufs qu’elle couve seule pendant 14 jours, période d’incubation suite à laquelle a lieu l’éclosion. L’incubation est réalisée par la femelle et dure une quinzaine de jours.

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Le mâle revient alors au nid afin d’assumer son rôle de père auprès de la femelle puisque tous deux se chargent à tour de rôle de nourrir leurs oisillons. Des études estiment une moyenne de 100 nourrissages par jour les premiers jours pour atteindre 600 nourrissages journaliers en troisième semaine. Le nombre de proies prélevées est donc important au printemps, ce qui sert l’agriculture. Après 23 jours, les petits commencent à prendre leur envol, mais les parents continuent de les nourrir pendant une petite semaine. Les juvéniles deviennent alors totalement autonomes. Les jeunes quittent le nid à l'âge de trois semaines environ et les parents les nourrissent pendant quelques jours encore. Les jeunes s’envolent du nid au bout de vingt jours environ. Ils continuent d’être nourris par les parents et sont autonomes 10 jours plus tard. Il faut noter que le mâle Etourneau sansonnet qui devient père pour la première fois accorde une attention toute particulière à la première couvée. 60 % des adultes entreprennent une deuxième ponte dès la première terminée.

Si la ponte est détruite, le couple peut entamer une ponte de remplacement, mais avec un nombre d'œufs plus faible et probablement un succès moindre à terme. D'un point de vue comportemental, l'espèce montre quelques curiosités. Même si c'est loin d'être la règle, les mâles peuvent être polygynes. On a également noté un parasitisme de nichée. Une femelle peut par exemple prélever un œuf dans un nid étranger et le remplacer par le sien.

Survie et Prédation

Le taux de survie est élevé : 50 %. Ce taux a progressé pour les jeunes étourneaux qui trouvent de meilleures conditions d’hivernage, notamment par le changement du paysage et des activités agricoles. Les parcelles de maïs et de fourrage offrent des sources de nourriture hivernale permettant aux jeunes étourneaux de passer l’hiver. L’Étourneau sansonnet est la proie de certains rapaces comme le Faucon pèlerin.

Statut et Menaces

La population Européenne était estimée à plus de 23 000 000 de couples en 2004. En France, les évaluations faites en 2004 se situent entre 1 500 000 et 6 000 000 de couples (BirdLife-LPO, 2004). La population de cette espèce commune est globalement en déclin à l’échelle Européenne (BirdLife, 2004) et doit être surveillée.

L’Étourneau sansonnet est une espèce chassable qui peut être tuée en nombre illimité par tout détenteur d’un permis sur l’ensemble du territoire entre les dates officielles d’ouverture et de fermeture de la chasse, soit entre début septembre et fin février. L’Étourneau est également classé ESOD (Espèce susceptible d’occasionner des dégâts) dans 33 départements. Cela signifie qu’il peut y faire l’objet d’actes de destruction toute l'année par les particuliers ou à la demande du maire ou du préfet par battues administratives. C’est le préfet de chaque département qui détermine les espèces qui peuvent être classées nuisibles localement.

Impact et Coexistence

Dans les zones où les étourneaux sansonnets se déplacent en masse, ils créent de gros dégâts dans les jardins, les vergers et les cultures diverses. Ils représentent donc dans ces cas précis une nuisance avérée, d’autant qu’ils n’hésitent pas à puiser dans les stocks de graines. Ils créent aussi des dégâts sur les bâtiments et les voitures notamment en zones urbaines du fait de l’importance des fientes faisant suite au passage d’un grand groupe d’étourneaux sansonnets. Pour l'Étourneau, de bons résultats sont obtenus avec les cris de détresse, y compris sur les dortoirs pour lesquels il convient d'intervenir trois nuits consécutives (ne pas laisser les oiseaux s'installer en début de période hivernale). Toutes ces espèces réagissent à la pyrotechnie.

Par son alimentation, l‘Étourneau joue un rôle essentiel dans la régulation des insectes qui peuvent causer des dégâts dans les jardins et les cultures. Comme tous les oiseaux, les étourneaux ont aussi un rôle important dans la dissémination des graines pour la reforestation et dans la pollinisation des plantes. Les étourneaux peuvent venir se nourrir dans votre jardin ou sur votre balcon, notamment si vous disposez de mangeoires. Souvent en groupes, ils peuvent parfois causer quelques désagréments mais pas d'inquiétude : des solutions très simples existent pour cohabiter pacifiquement avec cet oiseau !

Situation en Île-de-France

L’Étourneau sansonnet se reproduit au printemps sur tout le territoire régional y compris dans Paris intra-muros et la première couronne. La population régionale est jugée en diminution entre 2011 et 2018 (Agence Régionale pour la Biodiversité, 2018). En cause de ce déclin, on évoque notamment, l’uniformisation des milieux agricoles et la politique d’isolation thermique des bâtiments qui peuvent faire disparaitre des sites de nidification et des insectes, source de nourriture essentielle à l’espèce. Les effectifs régionaux sont encore importants avec 100 000 couples sur la période 2009-2014 (Malher et al, 2017). A l’instar de la situation européenne et française, l’Étourneau sansonnet est classé en préoccupation mineure sur la liste rouge des oiseaux nicheurs d’Île-de-France.

La région accueille à partir de septembre, en plus de la population nicheuse, des individus migrateurs et hivernants, venus de pays du nord et de l’Est de l’Europe comme les Pays-Bas, la Pologne, la Suède mais aussi de pays voisins comme la Belgique et l’Allemagne. Dans les années 1980 en Île-de-France, certains dortoirs hivernaux pouvaient atteindre 1 millions d’individus.

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