Le cycle menstruel féminin est un processus complexe et fascinant, souvent comparé au cycle lunaire en raison de leur durée similaire. Cette analogie a alimenté de nombreuses croyances populaires, notamment l'idée que la lune, et en particulier la nouvelle lune, influence le cycle menstruel et la fertilité. Cet article explore les liens entre la nouvelle lune et le cycle menstruel, en s'appuyant sur des données scientifiques et des perspectives holistiques.
Le Cycle Menstruel : Une Machine Cyclique Sensible
Le corps de chaque femme est une machine cyclique sensible, dont le cycle menstruel est un schéma phare à prendre en considération pour sa santé holistique. En moyenne, ce cycle s’étale sur 28 jours, tout comme le cycle lunaire. Cette similitude a nourri l'idée que nous vivons au rythme de la lune, en connexion profonde avec les cycles, la terre et les saisons.
Les Phases du Cycle Menstruel
Le cycle menstruel est divisé en plusieurs phases, chacune étant caractérisée par des changements hormonaux et physiologiques spécifiques :
Phase folliculaire (ou œstrogénique) : Cette phase correspond au début du cycle menstruel. Plusieurs phénomènes physiologiques se mettent en branle dans le corps de la femme, sous l'influence des œstrogènes. Ces hormones jouent un rôle multiple, notamment dans le développement des caractères sexuels secondaires et la préparation de l'utérus à une éventuelle grossesse.
Ovulation : L’ovulation correspond à un pic hormonal dans le cycle féminin. Les hormones phares à cette période du cycle sont les œstrogènes et les hormones lutéinisantes. C'est le moment où l'ovule est libéré par l'ovaire et devient fécondable.
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Phase lutéale : Pendant cette phase, une nouvelle hormone est sécrétée : la progestérone. C’est par elle que la température basale du corps augmente et que de nouveaux phénomènes physiologiques apparaissent. La progestérone prépare l'utérus à l'implantation de l'ovule fécondé.
Menstruations (ou règles) : Les règles marquent la fin d’un cycle et le début d’un nouveau cycle. Le col s’ouvre doucement pour laisser passer le sang menstruel. D’un point de vue naturopathique, on considère l’utérus comme un émonctoire secondaire. Si la fécondation n'a pas lieu, les taux d'œstrogènes et de progestérone chutent, entraînant la desquamation de la muqueuse utérine et les saignements menstruels.
Nouvelle Lune et Fertilité : Mythes et Réalités
L'association entre la lune et la fertilité féminine remonte à l'Antiquité. Dans de nombreuses cultures et mythologies à travers le monde, la lune est un symbole puissant de féminité et de fécondité. Cette connexion s'explique notamment par une similitude frappante : le cycle menstruel féminin dure en moyenne 28 jours, tandis que le cycle lunaire s'étend sur environ 29,5 jours.
Croyances Populaires
Vous avez certainement déjà entendu dire que les maternités seraient débordées les soirs de pleine lune. Cette croyance populaire fascine les futures mamans depuis des siècles. La principale raison avancée pour expliquer cette influence supposée est liée à la composition du corps humain. Comme notre organisme est constitué entre 70% et 80% d'eau, certains pensent que la lune pourrait agir sur notre corps de la même manière qu'elle influence les marées océaniques. L'influence de la lune sur l'accouchement est par ailleurs bien documentée dans le monde animal. Chez les grands mammifères marins comme les baleines, ou terrestres comme les éléphants, les naissances semblent effectivement coïncider plus fréquemment avec les périodes de pleine lune.
Études Scientifiques
Face à cette croyance millénaire, les scientifiques ont mené de nombreuses études pour tenter d'établir un lien entre les phases lunaires et les naissances humaines. L'étude la plus complète sur le sujet a été réalisée par l'astronome Daniel Caton de l'Université d'État des Appalaches. Il a analysé plus de 70 millions de naissances aux États-Unis entre 1980 et 1999. En France, une étude encore plus vaste a été menée par le CLEA (Comité de Liaison Enseignants et Astronomes), compilant la totalité des naissances entre 1968 et 2013, soit plus de 35 millions de bébés. Plus récemment, en 2021, une étude française publiée par Chambat, Fougères et Elyildirim a analysé 38,7 millions de naissances sur 50 ans. Après correction des variations liées aux congés et aux effets sociologiques, les chercheurs ont observé un surplus de naissances de seulement +0,4% le jour de la pleine lune. Si les études scientifiques réfutent l'influence de la lune sur les accouchements, comment expliquer que cette croyance reste aussi répandue ? Le biais de confirmation : notre cerveau a tendance à retenir plus facilement les informations qui confirment nos croyances préexistantes. Le besoin de merveilleux : l'être humain apprécie naturellement les explications poétiques et mystérieuses.
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Nouvelle Lune et Synchronisation Menstruelle
Une étude récente a révélé l'existence d'"un système de synchronisation interne quasi mensuel avec le cycle lunaire". D'après cette étude, nos menstruations seraient modulées par "un mécanisme endogène semblable à une horloge". Les chercheur.euses ont révélé l'existence d'un système de synchronisation interne quasi mensuel avec le cycle lunaire. C'est en s'appuyant sur deux ensembles de données incluant 26 912 cycles de 2303 femmes Européennes et 4786 cycles de 721 femmes nord-américaines, que les scientifiques de l'INSERM, du CNRS et de l'Université lyonnaise sont parvenus à ces résultats. Et trois mécanismes ont été proposés afin d'expliquer les effets du cycle lunaire sur notre horloge interne et nos menstruations. Toutefois, d'autres recherches doivent venir confirmer ces résultats.
Les Plantes et le Cycle Menstruel
Le monde végétal est riche et regorge de plantes adaptées pour notre bien-être. En phytothérapie, certaines plantes peuvent aider à équilibrer le cycle menstruel et à soulager les symptômes associés.
Plantes Œstrogène-like
Les phyto-œstrogènes sont celles qui miment les hormones œstrogènes. D’un point de vue biochimique, ces molécules se greffent aux récepteurs d’œstrogènes dans notre organisme. En médecine naturelle, ces plantes sont utilisées comme traitement hormonal pour accompagner, entre autres, les troubles liés à la ménopause. La sauge sclarée - Salvia Sclarea - est œstrogène-like. Actae Racemosa, une plante qui « chasse les idées noires ». Elle ne mime pas les hormones œstrogènes, mais a plutôt un effet anti-œstrogénique. Certaines périodes du cycle ou de la ménopause génèrent des moments de déprime, d’anxiété ou de petits blues passagers. Cette plante, œstrogénique, accompagne les émotions de la femme dans ces périodes difficiles.
Plantes à Action Progestéronique
Les plantes à action progestéronique agissent dans l’organisme pour rétablir l’équilibre en cas de chute de progestérone, à la ménopause par exemple. Plante sacrée, Alchmilla Vulgaris a une action progestéronique qui régule le cycle menstruel. Elle est principalement utilisée lors des règles douloureuses ou des règles abondantes (hyperménorrhées). Cette plante est la plante du féminin par excellence. Le framboisier est une plante appréciée pour atténuer les douleurs de règles, mais aussi pour accompagner le syndrome prémenstruel. Artemisia Vulgaris. Ce nom ne vous dit rien ? Il se réfère à Artémis, la déesse de la nature dans la mythologie grecque. Mais revenons-en à la plante. Ses multiples vertus au féminin font d’elle une plante multiple. Tonique, antispasmodique, fébrifuge, elle régularise le cycle hormonal dès les premières règles jusqu’à la ménopause. Moins connue dans nos contrées, la plante ayurvédique Shatavari a pourtant tout pour plaire. Asparagus Racemosa nous vient de l’Inde où sa signification voudrait dire « plante aux cent maris », ou « amie des femmes ». Elle est régénérante pour les doshas « Vâta » et « Pitta ». Dans la médecine traditionnelle chinoise, c’est le Dong Quai qui est efficace pour réguler le cycle féminin.
Variantes du Cycle Menstruel
La majorité des cycles féminins sont des cycles ovulatoires fertiles. Les variantes du cycle sont normales.
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Cycle Court
Dans ce cas, il n’y a pas de période infertile pré-ovulatoire. On peut penser avoir des cycles mensuels très courts et rapprochés, alors qu’en fait ils sont très longs, parsemés de saignements anovulatoires ! Si le cycle menstruel est toujours court, il faut regarder dans quelle période de vie la femme se trouve. Si elle est effectivement en péri ménopause, c’est normal.
Cycle Long
À l’opposé du premier cas « cycle court » l’augmentation de la production de FSH jusqu’au seuil requis pour sélectionner les follicules peut être décalée dans le temps. La femme reste dans l’attente de sa période fertile plus longtemps que prévu !
Cycle Anovulatoire
Un cycle féminin ne peut pas être anovulatoire par définition ! La femme ressent les signes de fertilité au niveau de la vulve. Si le taux de FSH retombe à des niveaux inférieurs, le follicule s’atrophie sans parvenir à ovulation. Les œstrogènes reviennent à leur niveau de base. Il n’y a pas de libération de LH. La femme reste en attente de l’ovulation. Elle est en période pré-ovulatoire. Parfois dans une autre variante cyclique sans ovulation, un peu de LH et libérée mais en quantité insuffisante pour provoquer la rupture du follicule ou ovulation. La quantité d’œstrogènes se stabilise à des niveaux inférieurs à ceux du pic pré ovulatoire. Une autre variante ovarienne cyclique est observée quand la poussée de LH est suffisante pour provoquer l’ovulation. Dans cette nouvelle altération du cycle menstruel, le taux de LH est suffisant pour provoquer l’ovulation mais insuffisant pour maintenir le corps jaune suffisamment longtemps. La phase lutéale déficiente et la phase lutéale courte sont deux cas de cycles ovulatoires infertiles.
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