En France, la césarienne est devenue une intervention chirurgicale courante, avec environ un enfant sur cinq naissant de cette manière. Autrefois exceptionnelle, cette pratique est aujourd'hui mieux maîtrisée et moins risquée. La césarienne consiste en une incision de la paroi abdominale et de l'utérus pour extraire le bébé. Cet article examine les statistiques relatives à la césarienne, en particulier celles réalisées sous anesthésie générale, ainsi que les raisons de son évolution et les facteurs qui influencent son recours.
Augmentation des césariennes en France
Entre 1980 et 2005, la proportion de naissances par césarienne a doublé en France, passant de 10 % à 21 %. Depuis 2005, ce pourcentage s'est stabilisé, avec environ un enfant sur cinq naissant par césarienne. Aujourd'hui, environ une femme sur dix qui accouche en France a déjà eu une césarienne, ce chiffre augmentant à une femme sur cinq parmi celles qui ont déjà plus d'un enfant.
Plusieurs facteurs expliquent cette augmentation :
- Changement des pratiques médicales : L'évolution des pratiques médicales vis-à-vis des accouchements longs a contribué à cette augmentation. Autrefois, il était admis qu'une journée pouvait s'écouler entre le début des contractions et la naissance.
- Troubles de la grossesse : Une césarienne en urgence peut être indispensable pour la santé, voire la survie, de la mère et de l'enfant en cas de troubles de la grossesse.
- Complications pendant l'accouchement : Le médecin peut décider de pratiquer une césarienne lorsqu'il observe des signes de souffrance fœtale ou des événements rendant difficile l'accouchement naturel, comme un arrêt de la dilatation du col de l'utérus, un rythme cardiaque fœtal anormal, une procidence du cordon ombilical, ou une mauvaise présentation du fœtus.
- Prévision de difficultés : Dans certains cas, une césarienne peut être programmée si le médecin prévoit que l'accouchement par les voies naturelles sera difficile, notamment en cas de fœtus de taille importante, de présentation par le siège, ou d'ouverture étroite du bassin de la mère.
- Antécédents de césarienne : Un gynécologue peut également proposer une césarienne si un précédent accouchement s'est fait par césarienne.
Types d'anesthésie pour la césarienne
Dans la grande majorité des cas, la césarienne ne nécessite pas d'anesthésie générale, sauf en cas d'urgence absolue ou de contre-indication aux autres formes d'anesthésie. Le plus souvent, on utilise une anesthésie locorégionale, telle que la péridurale ou la rachianesthésie.
- Péridurale : L'anesthésiste injecte une solution d'anesthésique plus concentrée via le cathéter de la péridurale.
- Rachianesthésie : En l'absence de péridurale, l'anesthésiste pratique une rachianesthésie, c'est-à-dire une injection d'anesthésique directement dans le liquide qui baigne la moelle épinière.
Césarienne en code rouge et anesthésie générale
Dans les situations d'urgence extrême, connues sous le nom de "césarienne en code rouge", où la vie de la mère ou du fœtus est immédiatement menacée, l'anesthésie générale (AG) peut être privilégiée en raison de sa rapidité d'action. Une étude menée dans une maternité de niveau 3 à Marseille a examiné les modalités anesthésiques appliquées dans ces cas.
Lire aussi: Avortement et liberté des femmes en France
- Objectif de l'étude : Évaluer les modalités anesthésiques utilisées lors des césariennes en code rouge et vérifier si l'objectif d'un délai décision-extraction inférieur à 15 minutes est atteint.
- Méthodologie : Étude rétrospective observationnelle menée de janvier 2017 à décembre 2020.
- Résultats :
- Sur 162 patientes incluses, les causes de code rouge étaient principalement la bradycardie fœtale, la procidence du cordon, l'hématome rétroplacentaire, la rupture utérine, l'éclampsie, l'arrêt cardio-respiratoire maternel et les hémorragies sévères.
- 58,6 % des patientes ont bénéficié d'une extension de péridurale, efficace dans 84,2 % des cas.
- 38,3 % ont eu une anesthésie générale primaire et 3,1 % une rachianesthésie.
- Les patientes ayant bénéficié d'une césarienne sous AG avaient plus souvent un statut ASA 3 ou 4, une prééclampsie, et les étiologies étaient plus souvent la procidence du cordon ou l'hématome rétroplacentaire.
- 92,6 % des extractions fœtales ont été réalisées en moins de 15 minutes et 99,4 % en moins de 30 minutes.
- Il n'y avait pas de différence de délai décision-extraction entre l'AG primaire et l'APD.
L'anesthésie générale, bien qu'associée à des délais décision-extraction plus courts, est également liée à une augmentation de la morbi-mortalité maternelle et fœtale. L'anesthésie locorégionale permet d'éviter ces complications.
Évolution des indications de la césarienne
Une étude rétrospective suivie d'une étude prospective, réalisées dans trois services de gynéco-obstétrique sur une période de 14 ans (1997-2011), ont permis d'identifier et d'étudier l'évolution des indications de la césarienne.
- Résultats : Le taux de césariennes est passé de 4,1 % en 1997 à 44,4 % en 2011. Cette augmentation est liée à plusieurs facteurs, notamment l'âge tardif des premières grossesses, l'amélioration des soins obstétricaux permettant le diagnostic des pathologies maternelles, l'augmentation des césariennes sur utérus cicatriciel, et les césariennes de précaution pour des raisons médico-légales. Les césariennes d'urgence ont diminué, ce qui a permis une réduction de la mortalité et de la morbidité maternelle et néonatale.
Facteurs influençant le recours à la césarienne
Plusieurs facteurs peuvent influencer le recours à la césarienne :
- Âge de la mère : Les femmes de plus de 40 ans sont plus susceptibles de subir une césarienne. En 2024, 11 % des patientes étaient âgées de 40 ans et plus, contre 5 % en France.
- Parité : La proportion de nullipares (femmes n'ayant jamais accouché) et de femmes multipares (ayant déjà accouché) avec antécédent de césarienne peut influencer le taux de césarienne.
- Facteurs socio-économiques : Le niveau socio-économique de la patiente peut également jouer un rôle dans la décision de recourir à une césarienne.
- Pratiques médicales : Les pratiques médicales varient d'un établissement à l'autre, ce qui peut entraîner des différences dans les taux de césarienne. Certains établissements privés ont un recours plus récurrent à la césarienne.
Comparaison internationale
D'un pays à l'autre, les taux de césariennes varient considérablement. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que le "bon" taux de césariennes, celui qui permet de limiter la mortalité périnatale sans virer dans l'excès, se situe entre 10 % et 15 %.
En Afrique, les taux de césariennes sont généralement plus faibles que dans d'autres régions du monde, bien qu'ils soient en augmentation. Dans certains pays, cette augmentation est liée à la mise en place de la gratuité des soins obstétricaux. Cependant, il est important de veiller à ce que les césariennes soient pratiquées à bon escient, en fonction des indications médicales, afin d'éviter les complications et les coûts inutiles.
Lire aussi: Combien de tétées au premier mois ?
Lire aussi: Fortune de Sting
tags: #nombre #de #cesarienne #sous #anesthesie #generale