L'histoire d'un lieu est intimement liée à son nom. L’étude de la toponymie, c'est-à-dire l'étude des noms de lieux, permet de retracer l'évolution d'un territoire, ses influences culturelles et linguistiques, et les événements qui l'ont marqué. Cet article explore l'histoire et la toponymie de la rue Ory le Hochet, en s'appuyant sur des données archivistiques et des analyses linguistiques.
Les Archives Départementales de la Marne : Une Source Précieuse
La série J continu des Archives départementales de la Marne, correspondant à la sous-série 1 J du cadre de classement des services d'archives départementales, constitue une source importante pour retracer l'histoire locale. Cette série regroupe des documents isolés et des petits fonds de faible importance matérielle, entrés aux Archives départementales à la suite de dons, dépôts, achats ou legs successifs.
Initialement, le début de la sous-série J continu comprenait des fonds assez importants. Cependant, à partir de 1955, certains fonds ont été recotés en sous-séries de J. Parmi ces fonds, on retrouve :
- Fonds de l'Usine à gaz de Châlons-sur-Marne (77 J)
- Fonds Marcel Pithois, négociant en vins à Châlons-sur-Marne (78 J)
- Fonds Fréminet, marchand de champagne à Châlons-sur-Marne (79 J)
- Fonds Mion, commerce de bois à Châlons-sur-Marne (80 J)
- Fonds Emile Bloch, négociant en charbon à Châlons-sur-Marne (81 J)
- Fonds de la Société du Journal de la Marne (82 J)
- Fonds de la Société industrielle de Reims (83 J)
- Fonds Gillet, architecte départemental (84 J)
- Fonds de Maître Huet, avocat au barreau de Reims (85 J)
- Fonds de Maître Rous-Sabater, avocat au barreau de Reims (86 J)
- Fonds de Maître Salle, avocat au barreau de Reims (87 J)
- Fonds de Maître Simon, avocat au barreau de Reims (88 J)
- Fonds de Maître Beland, avocat au barreau de Reims (89 J)
- Fonds de Maître Jacques Brissard, avocat au barreau de Reims (90 J)
- Fonds de Maître Courtier, huissier à Reims (91 J)
- Fonds de l'étude de Maître Mantelet, avoué à Epernay (92 J)
- Fonds de l'étude de R. Gaudier, avoué à Reims (93 J)
Il est à noter que trois fonds privés conservent leurs cotations en J continu, mais n'apparaissent pas dans ce répertoire.
Toponymie : Reflet d'une Histoire Complexe
La toponymie, qu'elle soit officielle ou de "lieu-dit", est un reflet des reconfigurations politiques, sociales, spatiales et linguistiques d'un espace donné. À l'île Maurice, par exemple, la toponymie témoigne des trois phases successives de colonisation et de leurs conséquences sur la société et les langues.
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Toponymie mauricienne
La toponymie mauricienne est majoritairement produite en français, bien que l'anglais soit la langue officielle de facto et le créole la langue nationale de facto. Pour comprendre cette situation, il est nécessaire de remonter dans l'histoire du pays.
Une approche synchronique, inspirée des travaux issus du domaine de la toponymie synchronique, permet d'analyser les toponymes du point de vue de leur agencement interne et de leur usage effectif en contexte mauricien. Cette approche révèle que la toponymie mauricienne est traversée par le contact des langues et que l'influence du contexte multilingue se manifeste dans les noms de lieux.
Contexte sociolinguistique mauricien
Le contexte sociolinguistique mauricien est caractérisé par la présence de plus de dix langues sur une aire géographique restreinte. Parmi ces langues, on retrouve le créole, le français, l'anglais et les langues dites 'ancestrales'. Le multilinguisme mauricien s'est transformé en un trilinguisme effectif avec la pratique du créole, du français et de l'anglais.
Le concept de diglossie a été utilisé pour décrire la situation des langues à Maurice, avec une hiérarchie entre les langues européennes standardisées et le créole. Carpooran (2005a) propose le terme de triglossie pour décrire la situation, avec l'anglais, le créole et le français occupant des fonctions différentes et complémentaires.
Études sur la toponymie mauricienne
Les études portant sur la toponymie mauricienne sont rares. Elles adoptent des perspectives géographiques, historiques ou linguistiques. Abécassis (1995) souligne que "l'essentiel des toponymes reste francophone et suit le même processus qu'une dénomination locale dans une région française". Le caractère français de la toponymie mauricienne est dû au peuplement durable de l'île sous la colonisation française.
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La faible présence de l'anglais dans la toponymie s'explique par le mode de colonisation relativement passif des Britanniques, qui n'ont pas cherché à angliciser la vie de l'île. Quelques rares cas d'anglicisation par le biais de la traduction existent, mais sans que le terme anglais ne se substitue durablement au terme français.
L'île compte très peu de toponymes dans les différentes langues du sous-continent asiatique. L'occupation hollandaise a laissé quelques vestiges linguistiques, tels que Plaines Wilhems, Vlakte (Flacq) ou Zwarte River (Rivière Noire).
Le créole, langue la plus parlée de l'île, est peu présent dans la toponymie officielle et la signalétique mauricienne. Cette absence peut s'expliquer par le fait que le créole ait été une langue essentiellement orale et minorée sur le plan sociolinguistique. Dans le cadre de la standardisation récente de cette langue, l'Akademi Kreol Morisien a statué en faveur du maintien des toponymes dans leur forme originale.
Cependant, le créole se manifeste dans l'usage oral des toponymes, qui sont créolisés du fait de la pratique majoritaire de cette langue au quotidien. Carpooran (2005b) suggère que le créole est présent dans la toponymie, mais qu'il a subi une assimilation graphique.
Approche synchronique de la toponymie
L'approche synchronique met en lumière l'intérêt d'une analyse linguistique des toponymes, notamment en ce qui concerne leur construction. Cette approche propose des classements toponymiques dans le but d'établir des régularités internes et propres aux toponymes. L'analyse des toponymes dans une perspective synchronique implique leur description structurelle dans la langue contemporaine en question (Löfström & Schnabel-Le Corre 2010).
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Le toponyme est un signe linguistique qui répond aux mêmes structures que les autres signes linguistiques, à l'exception toutefois que ce signe relève d'un acte conscient d'individuation d'un espace. Le toponyme connaît une structuration figée en syntagme possédant une structure interne, souvent complexe, qui intègre des éléments de nature linguistique différente (Löfström & Schnabel-Le Corre 2005).
La structuration interne du toponyme associe un élément hypéronymique ou générique et un élément spécifique. Pour Löfström & Schnabel-Le Corre (2005), cette dichotomie s'organise autour de la présence d'un proprial et d'un appellatif. Pour Bauer (2001), le toponyme est construit sur la base d'un classificateur et d'un distingueur.
Toponymie en pays gallo
En pays gallo, il est fréquent de rencontrer des noms de lieux se terminant par « ière » ou « erie » d’un côté et ceux qui se terminent par « ais » ou « aie » de l’autre. Ces noms sont toujours du genre féminin et sont composés d’un radical formé d’un nom propre d’homme ou d’un nom commun indiquant une profession ou une fonction suivi de l’un des quatre suffixes cités ci-dessus.
Les noms se terminant par « ière » se trouvent souvent situés sur des hauteurs, tandis que les noms se terminant par « ais » ou « aie » se retrouvent plus fréquemment dans les vallées ou les plaines. La limite occidentale de l’utilisation de ces noms coïncide avec la ligne de démarcation de la langue bretonne au XII° siècle, témoignant d’une osmose linguistique.
Certains noms de lieux ont un préfixe en TRE ou en KER, mais ces préfixes ont été traduits, KER a été traduit par VILLE. La deuxième partie du mot n’a pas été traduite par ignorance sans doute ou par impossibilité.
Les noms morbihannais se terminant par O ou EAU résultent d'une évolution phonétique et graphique. Autrefois, on ne mettait jamais d’accent sur les é mais on prononçait malgré tout é. Par habitude, le é étant devenu e, il a été facile de transcrire ces noms en éo, puis eo ou eau par o tout simplement.
Exemples de toponymes gaciliens
La Haute Bardaie viendrait de Bredin. Ce village est cité dans un document de 1401 et s’appelle alors la Bredaye. Dans le minu de 1465, ce village est appelé la Haute-Bredaye. En 1471, ce village de la Bredaye avait une vigne, l’une des quatre plus importantes qui existaient alors sur La Gacilly.
La Basse-Cour et Beauséjour sont des noms de création récente puisqu’ils ne figurent pas au cadastre napoléonien de 1824. La Basse-Cour rappelle une partie essentielle des châteaux forts. À la fin du XIX° siècle, un habitant du village devint propriétaire de la maison d’habitation du curé Laurent Audran, la restaura et en profita pour y incorporer un pigeonnier à l’étage.
Il est à peu près certain que Bel-Orient existait avant le XV° siècle car la croix construite à cet endroit remonte au-delà du XV° siècle et sans doute à l’époque des Templiers. Ce mot Orient est un nom utilisé très souvent par les Templiers pour la toponymie.
Vers 1400, la Bouaissière s'appelait la Bouaissière. C’est l’orthographe employée dans le minu de Marie de Rieux en 1401. Dans une réformation de 1427, il est écrit : « le manoir et hébergement de la Bouaissière antien appartenant à Jehan de Lesennet y a métairie antienne en laquelle demeure Eon de la Noë et ont accoutumé les y demeurants estre exempts.» Les érudits en toponymie nous apprennent que ces mots Bouaissière, Bouexière, Boissière et autres sont issus du mot « buis ». La Bouère viendrait du mot latin « borra » qui a donné, en français, bouairie, boirie ou encore boire qui désignent des endroits humides, marécageux.
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