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Activité Manuelle Street Art en Maternelle: Exemples et Explorations

Le Street Art, une forme d’expression artistique urbaine par excellence, offre une toile unique pour l’expression individuelle et collective. Il est une source inépuisable d’inspiration, avec ses couleurs vives, ses messages percutants, et son audace qui sont autant de catalyseurs pour la créativité. Intégrer le Street Art dans les activités manuelles en maternelle permet de créer un lien authentique avec l’art urbain, offrant aux enfants une compréhension de l’histoire et de la signification de cet art unique.

Street Art et Sensibilisation: Un Art Engagé

Le Street Art peut être un outil puissant de sensibilisation. Les murs des grandes villes, souvent noircis par la pollution, peuvent devenir des supports pour des messages écologiques. Certains artistes ont inventé le "clean tag", ou tag propre, pour sensibiliser les citadins aux risques de la pollution. Cette technique consiste à utiliser des pochoirs, des brosses, des éponges, des chiffons ou un nettoyeur haute pression pour créer des graffs sur les murs sales, qui résistent quelques jours avant de disparaître.

Alexandre Orion, par exemple, dessine des crânes sur les murs noircis d'un tunnel d'autoroute au Brésil en frottant la saleté avec un chiffon, pour illustrer les effets mortels de la pollution automobile. Au Brésil, une autre initiative consiste à utiliser un pochoir et une éponge pour écrire des slogans comme "le vélo n'est pas aussi polluant" sur les vitres et carrosseries des voitures sales.

Edina, une autre artiste, choisit de reverdir la ville en créant des œuvres faites de végétaux, comme de la mousse, pour rappeler aux habitants de New York qu’ils doivent se soucier de la nature et la protéger. Philippe Baudelocque, anciennement connu sous le nom de Fusion, a abandonné les bombes de peinture contenant des produits nocifs pour l’environnement au profit de la craie. Il dessine des animaux, sa passion depuis l’enfance, et les recouvre de motifs géométriques qu’il répertorie dans un carnet. Il compare la fragilité de ses dessins à celle des animaux menacés d’extinction.

Techniques Variées et Accessibles

Le Street Art englobe une multitude de techniques, rendant cet art accessible aux enfants dès la maternelle. Parmi les techniques les plus populaires, on retrouve :

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  • Le Graffiti Classique: Utilisation de bombes aérosols pour créer des lettrages et des personnages colorés.
  • Le Pochoir: Découpe d'un motif dans un carton ou une plaque, puis application de la peinture à travers le pochoir.
  • Le Collage: Utilisation de papiers, d'affiches ou de photos pour créer des compositions sur les murs.
  • La Mosaïque: Assemblage de petits carreaux de céramique, de verre ou de pierre pour former un motif.
  • Le Scotch Art: Utilisation de scotch de couleur ou de scotch marron pour créer des dessins et des motifs.

Exemples d'Activités Manuelles Street Art en Maternelle

  1. La Peinture sur Toile à la Manière des Artistes de Rue: Cette activité offre aux enfants l’occasion de s’exprimer sur une surface plus traditionnelle, en expérimentant avec des couleurs vibrantes, des textures et des motifs inspirés du street art. Cette approche simpliste et formelle du dessin est accessible dès la maternelle et peut être exploitée jusqu'au cycle 3. Il est assez simple de faire produire aux enfants des images en pixels, en variant au cours des cycles les supports, les outils, l'accompagnement et la complexité des images. Le pixel fait partie de leur culture, celle des écrans, du dessin animé et du jeu-vidéo.
  2. Création de Mosaïques Inspirées d'Invader: Invader, un artiste urbain français, utilise des petits carrés de mosaïques comme des pixels pour composer des images simples, lisibles et colorées. Les enfants peuvent s'inspirer de son travail pour créer leurs propres mosaïques avec des carreaux de papier, de carton ou de céramique. Graphiquement, cette approche assez simpliste et formelle du dessin est accessible dès la maternelle et peut-être exploitée jusqu'au cycle 3. Il est assez simple de faire produire aux enfants des images en pixels, en variant au cours des cycles les supports, les outils, l'accompagnement et la complexité des images. Le pixel fait partie de leur culture, celle des écrans, du dessin animé et du jeu-vidéo.
  3. Réalisation de Pochoirs: Les enfants peuvent créer leurs propres pochoirs en découpant des formes simples dans du carton. Ils peuvent ensuite utiliser ces pochoirs pour peindre des motifs sur du papier, du tissu ou des murs (avec autorisation).
  4. Collages Urbains: Les enfants peuvent collecter des papiers, des photos et des images dans des magazines pour créer des collages inspirés de l'environnement urbain. Ils peuvent ensuite coller ces collages sur des supports variés.
  5. Graffiti Tricoté (Knitted Graffiti): Cette forme de Street Art utilise le tricot pour ajouter de la couleur et de la douceur à l'environnement urbain. Les enfants peuvent apprendre à tricoter ou à crocheter des petits morceaux de tissu qu'ils pourront ensuite accrocher sur des objets urbains (avec autorisation). C'est rigolo, c'est coloré, c'est tout doux, en somme c'est idéal pour donner plus de gaité à nos rues! Mais ce tricotage urbain a aussi pour but de faire réagir les passants sur le manque de personnalité, d'originalité, d'humanité (on y revient toujours) de nos villes.
  6. Land Art Urbain: En utilisant des matériaux naturels trouvés dans l'environnement urbain (feuilles, branches, cailloux), les enfants peuvent créer des œuvres éphémères dans la rue.

Invader: Une Source d'Inspiration pour les Plus Jeunes

Comme le célèbre Banksy, Invader cultive l'anonymat et en dehors de son œuvre, on ne connaît pas grand-chose de lui. Ce que l'on sait, c'est qu'il est encore étudiant en école d'art lorsque ce passionné du pixel colle sa première mosaïque sur un mur à Paris en 1996. C'est à partir de cette date, qu'Invader débute son "invasion". Sa première œuvre représente un petit extra-terrestre, un space invader, un personnage tout droit sorti du célèbre jeu vidéo du même nom. Créé par la société japonaise Taito, ce jeu a fait fureur dans les salles d'arcades au début des années 80. Il a exploré à peu près tous les continents et il a même installé une de ses œuvres au fond des océans et une autre en orbite, sur la station spatiale internationale. Certaines ont disparu, d'autres ont été recouvertes, détruites, retirées, détériorées, vandalisées et même certaines volées pour être revendues à prix d'or sur le marché de l'art. Ce qu'il faut savoir, c'est que l'invasion ne se fait pas n'importe comment et n'importe où. C'est un processus complexe et bien rodé. Depuis son atelier, qu'il a baptisé L'Unité Centrale, l'artiste prépare en secret les prochaines mosaïques qu'il va aller coller dans la rue. La majorité du temps, il le fait en pleine nuit, pour plus de discrétion. Une fois placée dans l'espace urbain, chaque œuvre est géolocalisée et référencée sur une application mobile intitulée « Flash Invader ». Une fois installée sur son téléphone, cette application permet aux fans de gagner des points en prenant en photo les œuvres qu'ils croisent sur leur chemin. Elle compte aujourd'hui plusieurs dizaines de milliers de joueurs. Si on regarde bien, Invader est un visionnaire. Le travail d'Invader se base exclusivement sur l'utilisation de petits carrés de mosaïques, qu'il utilise comme des pixels pour composer des images simples, lisibles et colorées. Si les petits extra-terrestres constituent la majorité de sa production, il réalise également d'autres types de sujets. Il peut aussi parfois s'engager et défendre une cause. Le dernier exemple en date est la série de mosaïques installées l'an dernier dans le quartier végétarien de Paris, Veggie Town, pour militer en faveur des régimes vegans, dont l'artiste est adepte. Invader n'installe pas ses œuvres n'importe où et il ne manque pas une occasion pour glisser un clin d'œil humoristique. On peut par exemple voir un des frères Rapetou installé au-dessus d'une enseigne bancaire avec un gros sac de billets posé sur son épaule, ou encore un esquimau parachuté non loin d'un magasin de surgelés. Ses interventions sont souvent le fruit de repérages minutieux. L'œuvre d'Invader, avec ses mosaïques pixellisées, est particulièrement accessible aux enfants. Son univers coloré et ludique, inspiré du jeu vidéo Space Invaders, stimule l'imagination et la créativité des plus jeunes. Les enfants peuvent reproduire ses œuvres en utilisant des carreaux de papier, de carton ou de mosaïque, ou créer leurs propres personnages pixellisés.

Le Street Art: Un Outil Pédagogique

Le street art est un réservoir propice à stimuler l’imaginaire et à attiser la curiosité des élèves. Le Fresh Street Art Paris s’est spécialisé dans la construction de projets pédagogiques et de contenus éducatifs sur le thème des Arts Urbains pour comprendre et expérimenter le Street Art à l’école. Collective, cette production imaginée par vos élèves et encadrée par un artiste incarne le nouveau symbole de votre école. Participatifs, nos ateliers Graffiti fournissent un terrain idéal pour l’expression personnelle. En pratiquant le Street Art à l’école ou hors les murs, chaque élève peut développer sa créativité tout en élaborant un projet créatif dans une dynamique collective. En immersion dans la ville, nos visites guidées offrent une approche ludique et innovante sur la manière dont la culture street art interagit avec la société, ses territoires et ses habitants. Interventions artistiques, poétiques ou engagées, les pratiques et techniques des artistes urbains sont détaillées et dévoilées. By clicking “Accept All”, you consent to the use of ALL the cookies.

En proposant des activités manuelles inspirées du Street Art, les enseignants peuvent sensibiliser les enfants à l'art urbain, développer leur créativité et leur esprit critique, et les encourager à s'exprimer et à s'approprier l'espace public (dans le respect des règles et des lois).

Le Street Art: Un Art en Évolution

À quand remontent les premières traces d'art urbain dans l'Histoire ? Il part pourtant de loin. À ses débuts, et encore maintenant pour de nombreuses personnes, il a été perçu comme un objet de vandalisme et associé à de simples dégradations urbaines. Il faut dire que peindre sur un mur sans autorisation reste un acte répréhensible au regard de la loi. Depuis quelques années, pour d'autres, l'art urbain est devenu un axe de développement pour leurs politiques culturelles et artistiques. Depuis l'Antiquité, les hommes laissent des traces de leurs passages sur les façades des maisons où ils ont élu domicile. Mais si on se focalise sur l'intention artistique de ce geste graphique, c'est aux États-Unis, au début des années 60 que l'on trouve réellement les pionniers du mouvement. C'est à Philadelphie et à New York que le graffiti s'est dans un premier temps développé. À l'époque, dans les quartiers populaires et déshérités de ces mégalopoles américaines, une poignée de jeunes adolescents, souvent en marge de la société, décident d'inscrire leurs noms, pseudos ou emblèmes sur les murs de la ville pour simplement, exister. Au départ, l'objectif est juste de laisser une trace, une façon de dire, je suis passé par-là. Dans le prolongement de ce mouvement, de nombreux artistes vont occuper tour à tour le devant de la scène. En traversant l'Atlantique et en entrant au contact de la culture européenne, le street art va connaître quelques métissages et évolutions. Dans les actes du colloque État de l'art urbain, Oxymores III (Ministère de la Culture et Université de Paris Ouest Nanterre - 13 et 14 octobre 2016), Thierry Dufrêne (Professeur d'Histoire de l'art contemporain) écrit : "Si l'on se met à postuler une pureté originelle du mouvement, marquée au coin anoblissant de la pratique clandestine - le noyau pur et dur des artistes qui « ont fait du train » - […] n'aura-t-on pas la tentation symétrique de rejeter comme de la « récupération » sa commercialisation […] ? N'irait-on pas trop vite en rejetant les formes négociées de l'art urbain, sous le prétexte qu'elles substitueraient un art vendu à un art vandale ? Que se passe-t-il quand l'art urbain n'est justement plus… Le passage de l'appellation "graffiti" (des origines de la fin des années 1960 à nos jours), qui désigne un art illégal (de nombreux graffeurs continuent à être condamnés à de lourdes amendes ou même à des peines de prison aujourd'hui), à l'appellation "street art" (ou art urbain - depuis une quinzaine d'années au maximum) désigne effectivement, avant toute chose, une plus grande acceptation sociale de ce moyen d'expression très libre, couplée d'une reconnaissance institutionnelle de qualités artistiques certaines. Le street art est par définition un art populaire qui s'offre à tous et à toutes. Parmi les techniques et les outils utilisés par les artistes, la plus répandue et celle qu'on associe naturellement à ce mouvement est la bombe aérosol. Invader, de son côté, a choisi le pixel'art et la mosaïque pour diffuser son oeuvre. Clet Abraham et Oak Oak, eux, utilisent des collages et des stickers pour réaliser des trompe-l'oeil humoristiques ou détourner la signification des panneaux de signalisation. En 2016, au Caire, El Seed a repoussé assez loin les limites du spectaculaire en réalisant dans un quartier défavorisé un "calli-graffiti" anamorphique géant. Bordalo II, artiste portugais basé à Lisbonne, fait parler sa conscience écologique en réalisant des installations figuratives colorées à base de matériaux recyclés et de détritus collectés dans des déchèteries.

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