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Nina, Berceuse Arabe : Origines et Influences Culturelles

Cet article explore les origines et les influences culturelles de la berceuse arabe « Nina », en mettant en lumière son contexte historique et géographique. Nous examinerons également comment cette berceuse a été intégrée dans des œuvres musicales contemporaines, notamment à travers le travail de la compositrice Katia Makdissi-Warren et son projet « Chorus Nunavik-Breizh ».

Les Racines de la Berceuse Arabe « Nina »

La berceuse « Nina » est un chant traditionnel arabe destiné à apaiser et endormir les enfants. Ses origines remontent à des temps immémoriaux, où la transmission orale était le principal moyen de conserver et de diffuser les traditions culturelles. La mélodie et les paroles de « Nina » varient selon les régions et les dialectes arabes, mais son but reste le même : offrir réconfort et sécurité à l'enfant.

La berceuse est un genre musical universel, présent dans toutes les cultures du monde. Elle remplit une fonction essentielle dans le développement de l'enfant, en créant un lien affectif avec la personne qui chante et en favorisant l'endormissement. Les berceuses arabes, comme « Nina », sont souvent empreintes de poésie et de spiritualité, reflétant les valeurs et les croyances de la société.

Katia Makdissi-Warren et le Métissage Culturel

Katia Makdissi-Warren est une compositrice innovatrice qui s'est fait remarquer sur la scène nationale et internationale par son style unique, où se rencontrent les musiques du Moyen-Orient, de l'Occident et autochtones. Elle fonde en 2006 l'ensemble Oktoécho, spécialisé dans le métissage, pour lequel elle compose régulièrement en plus d'assumer la direction artistique. Son esthétique de fusion l'amène à travailler régulièrement - à la fois comme compositrice, directrice d'ensemble et interprète - avec les communautés autochtones, arabes et juives.

Makdissi-Warren est très active dans le milieu de la musique contemporaine de concerts, ayant reçu des commandes d'orchestres symphoniques, d'ensembles de musique de chambre et d'interprètes au Canada, en France, en Allemagne, au Liban, au Maroc, en Argentine et en Espagne. Elle a signé de nombreuses trames sonores pour théâtre, danse, cinéma, télévision, ou expositions au Canada, en France, à Singapour, au Japon ou aux Émirats Arabes - dont celle de l'exposition permanente de Burj-Khalifa de Dubaï, plus haute tour du monde.

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« Chorus Nunavik-Breizh » : Un Dialogue entre Cultures

« Chorus Nunavik-Breizh » est une œuvre de Katia Makdissi-Warren qui illustre parfaitement son approche du métissage culturel. Cette pièce est née d'une rencontre entre quatre femmes et deux héritages : la culture inuit et la culture bretonne. Le projet a impliqué deux écoles, une à Gaspé au Québec et l’école de la découverte à Saint-Malo.

Selon Katia Makdissi-Warren, « Chorus Nunavik-Breizh est une commande d’œuvre de l’Orchestre National de Bretagne qui a permis une rencontre unique! Chorus Nunavik-Breizh est projet d’écriture en étroite collaboration avec les chanteuses solistes Marthe Vassalo, Noluen Le Buhé, Lydia Etok et Nina Segalowitz. À partir du patrimoine breton et inuit, l’idée est de créer un espace de dialogue autour de la nature et de la mer qui réside au centre de ses deux cultures. »

Les mouvements a capella à quatre chanteuses sont des créations collectives montées en atelier de création avec les chanteuses solistes et la chanteuse de gorge inuit Caroline Novalinga. À l’origine, les chants bretons et le katajjaq sont a capella. Pour honorer la mémoire de la tradition, les mouvements orchestraux sont intercalés avec des chants traditionnels a capella. Dans la composition, Makdissi-Warren a voulu mettre de l’avant une partie des patrimoines que les deux cultures ont développées autour de la nature et des animaux.

Le katajjaq est traditionnellement pratiqué par deux femmes placées face à face qui se tiennent les épaules. Les chanteuses tentent de se faire rire mutuellement. Le jeu prend fin lorsqu’une des participantes est à bout de souffle ou rit. De l’autre côté de l’Atlantique, le patrimoine musical breton possède également un répertoire vocal d’imitation de sons d’animaux qui est très ludique.

Cette thématique est le point de départ amusant de la pièce qui influencera tout l’orchestre. Et comme le katajjaq est un jeu vocal sans parole, Katia Makdissi-Warren a inséré un mouvement avec récitation pour qu’on puisse entendre côte à côte l’inuktitut et le breton, ces deux langues qui sont toujours bien vivantes malgré l’oppression qu’elles ont subie. Les textes sont écrits par Lydia Etok et Marthe Vassalo.

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L'Imitation de la Nature dans « Chorus Nunavik-Breizh »

Dans « Chorus Nunavik-Breizh », on retrouve l’imitation des sons de la nature, des sons d’animaux, très ludique, par des instruments de l’orchestre symphonique. Les instruments sont donc utilisés de façon non conventionnelle, les modes de jeux sont détournés, afin de produire des textures sonores se rapprochant le plus des sons des animaux représentés. Le conducteur commence donc par une légende, ce qui est assez fréquent dans la musique dite contemporaine, car la notation n’est pas non plus conventionnelle.

Ainsi, dans le Mouvement II, les trompettistes enlèvent la seconde coulisse et émettent un son en bouchant/ouvrant rapidement le trou de cette coulisse pour imiter un oiseau, le huard. Un peu plus loin, dans le Mouvement 5, les clarinettes ne jouent qu’avec le bec pour imiter un autre oiseau, le chardonneret jaune. Ou encore, dans le Mouvement Récitation, des instructions sont données aux tubas (ainsi qu’aux contrebasses ou aux percussions) pour imiter le chant des baleines.

Les Inuit : Un Peuple des Rives de l'Arctique

Les Inuit sont le peuple autochtone de l’Arctique. Le mot « Inuit » signifie « peuple » en inuktitut, la langue inuit. Le singulier d’Inuit est Inuk. La plupart des Inuit au Canada vivent dans 53 communautés des régions du Nord du Canada dans l’Inuit Nunangat, qui signifie « l’endroit où vivent les Inuit » et fait référence à la terre, à l’eau et à la glace des régions de l’Arctique. En 2021, selon Statistique Canada, la population inuit est passée à 70 545, une augmentation de 8,5 % depuis 2016.

L’Inuit Nunangat est composé de 4 régions :

  • l’Inuvialuit (Territoires du Nord-Ouest et Yukon)
  • le Nunavik (Nord du Québec)
  • le Nunatsiavut (Labrador)
  • le Nunavut

En 2021, environ 69 % de la totalité des Inuit du Canada vivent à Inuit Nunangat, 44 % vivant au Nunavut, suivi par le Nunavik (dans le nord du Quebec), par l’Arctique de l’Ouest (les Territoires du Nord Ouest et le Yukon) connu sous le nom d’Inuvialuit, et par le Nunatsiavut (situé le long de la côte nord du Labrador).

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L'Histoire des Inuit

Le peuple inuit a des racines anciennes et profondes dans le Grand Nord. Ses origines remontent aux premières populations ayant occupé l’Arctique nord-américain. Depuis ce temps, le peuple inuit a petit à petit gagné les coins les plus reculés de l’Arctique, exploitant les ressources naturelles limitées de la région pour créer un mode de vie hautement perfectionné et adapté. L’arrivée des baleiniers et des explorateurs européens a bouleversé le cours de leur histoire. Même si ces visites ne les ont pas tous directement influencés jusqu’au 19e siècle, les 100 dernières années ont eu de fortes répercussions, souvent néfastes, sur leur santé, leurs modes de vie traditionnels et leur mieux-être social. Alors que le peuple inuit commence à reconquérir son autonomie traditionnelle par les négociations sur ses revendications territoriales et la sensibilisation politique, cette tendance se renverse graduellement.

Les Inuit font souvent remonter leurs origines lointaines à un passé mythique, où l’Arctique était habité par des géants et par des créatures fantastiques. La distinction entre les animaux et les humains n’existait pas encore, et les deux groupes communiquaient librement entre eux et échangeaient leur apparence. Les Inuit entretiennent toujours ce lien fort avec le monde naturel.

Pour les archéologues, l’occupation de l’Arctique commence sur la côte Nord de l’Alaska. Il y a environ 8000 ans, de petits groupes ont commencé à migrer de la Sibérie vers l’Amérique du Nord en empruntant le détroit de Béring et en établissant de petites communautés de chasse et de pêche le long de la côte Nord-Ouest et en Alaska. Il y a quelque 4500 ans, le recul des glaciers dans le nord de l’Alaska a favorisé un nouveau flux migratoire dans la région. Des populations se sont donc retrouvées dans un environnement inconnu, où les mers gelaient solidement durant l’hiver, ce qui a ouvert la voie à la migration et à l’adaptation de diverses cultures, notamment celles dont sont issus les Inuit.

Les premiers groupes à arriver en Arctique, que les Inuit appellent les Sivullirmiut (les premiers habitants), sont connus chez les archéologues sous le nom de Paléoesquimaux. Au fil des millénaires, ces groupes ont migré entre l’Alaska et le Groenland sur les traces des migrations animales, à la recherche des zones riches en ressources qui assureraient leur survie. Parmi ces ancêtres de la première heure se trouvent les Tuniit, connus par les archéologues comme la culture de Dorset, qui sont arrivés dans l’Arctique canadien il y a quelque 2500 ans. Selon les légendes inuites, ceux-ci étaient un peuple robuste, farouche, qui usait de force brute et de techniques rudimentaires pour la chasse.

Inuit et Vikings

Les premiers Européens à entrer en contact avec les Inuit (ou plus précisément avec les Tuniit) sont scandinaves. Erik le Rouge est un explorateur islandais (surnommé le rouge en raison de la couleur rousse de ses cheveux et de sa barbe). Banni d’Islande pour meurtre, il fonde la première colonie européenne au Groenland vers 980. Parti avec une flotte d’une trentaine de knörir, les bateaux vikings d’époque, il s’installe à Eystribyggð entre le cap Farewell et le cercle polaire. Les premiers colons sont au nombre de 45 et leur effectif s’élève par la suite à environ 5000. Ces colonies vikings ont disparu vers la fin du XVème siècle (probablement en raison de la détérioration du climat, de plus en plus froid). Les terres colonisées sont récupérées quelques centaines d’années plus tard par les inuit.

Contacts avec les Explorateurs

L’histoire a surtout retenu que la première rencontre entre les Inuit et les Européens s’est produite en 1576, avec l’arrivée de l’explorateur britannique Martin Frobisher. Sa quête d’une voie arctique navigable jusqu’en Asie, le passage du Nord-Ouest, a continué de séduire l’imagination des Européens pendant les trois siècles suivants, nombre d’expéditions étant lancées dans le but de découvrir et de cartographier les îles de l’Arctique. L’intérêt des Européens pour l’Arctique a apporté des avantages et des inconvénients aux peules du Nord. Les produits nouvellement importés - métaux, tissus, armes à feu - ont permis aux Inuit d’accéder à un mode de vie plus diversifié sur le plan économique et, souvent, plus efficient. Les visiteurs sont toutefois aussi venus avec leur lot des maladies et une attitude colonialiste : ils désiraient voir les Inuit se conformer à la religion et aux façons de vivre européennes.

Les Effets de la Colonisation et de l'Assimilation Forcée

Les effets de la colonisation ont eu un impact grave sur la vie et la culture inuit. Les Inuit ont longtemps été soumis à des politiques qui imposent l’assimilation à un mode de vie « canadien ». À partir des années 1930, le gouvernement canadien arrache les enfants du Nord à leur foyer pour les envoyer dans des pensionnats autochtones éloignés - où sont bannies la culture et les langues traditionnelles - écartant de ce fait encore davantage les Inuit de leurs coutumes et de leur histoire. Le dernier pensionnat autochtone du Canada fermera ses portes en 1996. De nombreux témoignages (d’amérindiens et d’inuit) attestent des mauvais traitements subis par les pensionnaires de ces structures.

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