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Olympe de Gouges : Naissance, Vie et Héritage d'une Pionnière du Féminisme

Olympe de Gouges, née Marie Gouze le 7 mai 1748 à Montauban, est une figure emblématique de la Révolution française et une pionnière du féminisme. Son parcours, marqué par un engagement indéfectible pour la justice sociale et l'égalité des droits, en fait une héroïne révolutionnaire dont l'œuvre et la vie continuent d'inspirer aujourd'hui.

Une Naissance à Montauban et un Début de Vie Modeste

Marie Gouze voit le jour le 7 mai 1748 à Montauban. Elle est la fille légitime de Pierre Gouze, boucher, et de Anne-Olympe Mouisset. Certains historiens suggèrent qu'elle pourrait être la fille adultérine de Jacques Lefranc de Pompignan, issu d'une famille noble du Sud-Ouest. Son enfance est marquée par le deuil, avec la mort de son père Pierre Gouze en 1749. Sa mère, Anne-Olympe, se remarie en 1753. En 1766, la famille s'agrandit avec la naissance d'un fils, Pierre.

Un Mariage Précoce et un Départ pour Paris

En 1765, à l'âge de 17 ans, Marie Gouze épouse Louis Aubry, un officier de bouche de l'Intendant. De cette union naît un enfant en 1767. Cependant, ce mariage ne dure pas, et Marie se retrouve veuve peu de temps après. Aspirant à une vie plus épanouissante et rêvant de célébrité, elle quitte son mari, et se rend à Paris avec son fils, auprès de sa sœur aînée ; elle prend alors le nom d’Olympe de Gouges, créé à partir du prénom de sa mère et de son patronyme.

Une Vie Mondaine et un Éveil Intellectuel à Paris

À Paris, Olympe de Gouges s'insère dans la vie mondaine et fréquente les salons littéraires. En 1767, elle rencontre Jacques Biétrix, entrepreneur de transports militaires, avec qui elle vit maritalement. Il semble qu'elle lui ait donné une fille qui n'a pas vécu. Elle mène un grand train de vie et dépense beaucoup pour l'éducation de son fils. Ses détracteurs prétendent, sans preuves qu'elle aurait eu à cette époque une existence de femme galante. Un document du temps la place parmi les trois plus jolies femmes de Paris. Jacques Biétrix lui assure toujours son soutien financier. Elle a su s'entourer de gens « bien nés, riches et honnêtes », de personnages influents, tel Philippe d'Orléans qui assurera l'avenir de Pierre, fils d'Olympe. Fin 1778, Olympe renonce aux frivolités pour « verser dans le bel esprit ». Elle emménage rue Poissonnière, alors quartier élégant et renouvelle du même coup le cercle de ses fréquentations : journalistes, auteurs dramatiques, philosophes. Elle se lie aux milieux littéraires les plus avancés. C'est le début d'une amitié qui ne se démentira jamais avec Louis-Sébastien Mercier, auteur du célèbre Tableau de Paris. Elle va beaucoup au théâtre et à l'opéra, discute des nouvelles pièces, défend tel auteur, critique telle comédienne. Elle est curieuse de toutes les nouveautés de la science, des plus sérieuses aux plus extravagantes. Olympe a achevé son « Mémoire de Mme de Valmont » et, dit-elle, une trentaine de pièces de théâtre.

Elle s'intéresse de près au théâtre et monte sa propre troupe. C'est à cette époque qu'elle commence à écrire et à développer ses idées sur la condition des femmes et les injustices sociales.

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Un Engagement Littéraire et Politique

Olympe de Gouges utilise sa plume comme une arme pour défendre ses convictions. Elle écrit des pièces de théâtre, des pamphlets et des articles où elle dénonce l'esclavage, les inégalités et l'oppression des femmes.

La Lutte contre l'Esclavage

Dès 1784, elle s'engage contre l'esclavage avec sa pièce "Zamore et Mirza ou l'Esclavage des Noirs". Cette pièce, bien que soutenue par la Société des Amis des Noirs, suscite la controverse et est rapidement déprogrammée. Elle prolonge son engagement trois ans plus tard, en publiant ses Réflexions sur les hommes nègres, et en fréquentant les animateurs de la Société des Amis des Noirs.

La Défense des Droits des Femmes

Olympe de Gouges est surtout connue pour sa "Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne", publiée en 1791. Ce texte, adressé à Marie-Antoinette, est un pastiche de la "Déclaration des droits de l'homme et du citoyen" et revendique l'égalité des droits entre les hommes et les femmes. Elle y revendique entre autres le droit de vote, le droit de propriété et l'accès aux institutions publiques pour les femmes, et les droits naturels qui échoient à chaque être humain à sa naissance. Pour elle, l'identité de devoir doit entraîner l'identité de droit : selon l'article 10, « La Femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune ». Ce texte à portée universaliste est le premier à considérer l'humanité dans son entièreté. Article 12: « La garantie des droits de la femme et de la citoyenne nécessite une utilité majeure ; cette garantie doit être instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de celles à qui elle est confiée. Elle y prône l'émancipation de la femme et l'égalité totale et inconditionnelle entre les deux sexes.

L'Engagement Politique durant la Révolution Française

Olympe de Gouges participe activement à la Révolution française. Elle n'hésite pas à déménager souvent pour être au cœur de l'action. Déçue dans ses convictions de « royaliste constitutionnelle » par la fuite au roi à Varennes, elle se proposera néanmoins pour le défendre à son procès. En 1791, Olympe s'installe à Auteuil où elle rejoint l'avant-garde intellectuelle de l'époque. Savants, littérateurs de renom contribuaient à la réputation de ce qu'on appelait la « Société d'Auteuil ». Bouleversée par la mort brutale de Mirabeau, le 2 avril, elle compose son oraison funèbre puis, quelques jours plus tard, une pièce à la gloire du tribun : « Mirabeau aux Champs-Élysées ».

Elle prend position dans les débats politiques et n'hésite pas à critiquer les excès de la Terreur. Elle prend le parti des Girondins et publie des pamphlets contre Marat et Robespierre. Après la chute des Girondins, elle est accusée d'être l'auteur d'une affiche girondine. Le 23 janvier, deux jours après l'exécution du Roi, sa pièce « L'entrée de Dumouriez à Bruxelles », donnée à la Comédie française, est l'objet d'une cabale. Le sujet, à la gloire de la Révolution, doit faire honneur au patriotisme de son auteur. N. B.

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Le 20 juillet 1793, elle propose dans une affiche de voter sur trois choix : la République une et indivisible, la République fédéraliste, et la Monarchie constitutionnelle, contrevenant ainsi à une loi interdisant toute proposition de retour à la monarchie.

Arrestation, Procès et Exécution

Son engagement politique et ses prises de position courageuses lui valent d'être arrêtée, emprisonnée, et finalement condamnée à mort le 2 novembre 1793, deux jours après l’exécution des Girondins. Elle est guillotinée le 3 novembre 1793 à Paris.

L'Héritage d'Olympe de Gouges

Olympe de Gouges laisse derrière elle une œuvre importante et un héritage durable. Elle est considérée comme l'une des premières théoriciennes du féminisme et son combat pour l'égalité des droits continue d'inspirer les mouvements féministes du monde entier.

Redécouverte et Reconnaissance

Redécouverte grâce aux travaux d’historiens, d’humanistes et de féministes dans les années 1980, Olympe de Gouges fut quasiment absente des livres d’histoire jusqu’à cette date.

Œuvres Principales

  • "Zamore et Mirza ou l'Esclavage des Noirs" (1784)
  • "Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne" (1791)

Un Symbole de la Lutte pour l'Égalité

Olympe de Gouges est un symbole de la lutte pour l'égalité des droits et de l'émancipation des femmes. Son courage, sa détermination et son engagement en font une figure emblématique de la Révolution française et une source d'inspiration pour les générations futures.

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