L'histoire de la maternité à Metz a connu un tournant significatif avec l'intégration de l’Hôpital-Maternité Sainte Croix et l’ouverture, en janvier 2013, de l’Hôpital Femme-Mère-Enfant sur le site de Mercy. Ce développement a permis au Centre Hospitalier Régional (CHR) de Metz-Thionville de renforcer son attractivité auprès des 600 000 habitants du territoire Nord-Lorrain, marquant ainsi une nouvelle ère pour les soins obstétriques et gynécologiques dans la région.
Un essor constant de l'activité
Depuis l'intégration de l’Hôpital-Maternité Sainte Croix en 2009 et l’ouverture en janvier 2013 sur le site de Mercy, de l’Hôpital Femme-Mère-Enfant de Metz (156 lits et places sur 15 000 m²), le CHR a renforcé son attractivité auprès des 600 000 habitants du territoire Nord-Lorrain. Le CHR a connu une progression constante de son activité naissance et gynéco-obstétrique. Cette progression est illustrée par une augmentation de 45% des entrées en obstétrique et de 15% des passages aux Urgences Gynécologiques et Obstétriques au cours du second semestre 2013. En 2014, cette tendance à la hausse s'est confirmée avec plus de 2 000 accouchements enregistrés fin mai, dont près de 1 130 sur le site de Metz, représentant une augmentation globale de 28% (247 accouchements supplémentaires) par rapport à la même période en 2013. L’activité d’obstétrique sur l’hôpital Femme-Mère Enfant de Metz enregistre + 9% d’entrées en hospitalisation complète et de jour. De la même manière les niveaux d’activité de l’unité kangourou (+34%), de pédiatrie (+26%) et de néonatologie (+14%) marquent tous une progression par rapport à l’année précédente.
Le CHR Metz-Thionville compte plus de 2 500 naissances sur chacun de ses deux sites, soit plus de 5 000 au total. Cette augmentation significative témoigne de la confiance accrue des patientes envers les services offerts par le CHR.
Facteurs d'attractivité : une offre de soins modernisée et diversifiée
Plusieurs facteurs expliquent cette attractivité croissante. Tout d’abord par un accès simplifié à l’établissement et des conditions d’accueil et de prise en charge optimales offertes par une structure flambant neuve - pour ce qui est de Metz avec notamment une salle de naissances « nature » qui s’ajoute aux sept salles « classiques » et une unité kangourou.
- Des infrastructures modernes et adaptées : L'ouverture de l'hôpital Femme-Mère-Enfant sur le site de Mercy a permis de proposer des infrastructures modernes et adaptées aux besoins des patientes. Parmi ces infrastructures, on compte une salle de naissances "nature" qui s'ajoute aux sept salles "classiques", offrant ainsi un choix plus large aux femmes souhaitant accoucher dans un environnement plus personnalisé.
- L'unité kangourou : L'unité kangourou joue un rôle essentiel dans le bien-être du nouveau-né et de sa mère. Elle préserve le couple mère-enfant et maintient l’enfant à sa place physiologique, près de sa mère, tout en assurant une sécurité médicale. La méthode Kangourou se définit comme étant un portage du nouveau-né peau à peau contre la poitrine de sa mère (ou un autre membre de la famille), 24h / 24.
- Un partenariat renforcé avec les sages-femmes libérales : Afin de mieux répondre à une demande de plus en plus importante des patientes qui souhaitent sortir plus tôt de l’hôpital, les mères ont désormais la possibilité de quitter la maternité au bout de 2 jours. La convention signée avec 14 sages-femmes libérales permet de préparer très en amont le retour à domicile, et de répondre ainsi à de nombreuses attentes. Dans ce cadre, le CHR participe au programme PRADO, mené par l’Assurance-maladie, favorisant le retour au domicile des mamans après la naissance du bébé, assurant la mise en relation des mamans avec les sages-femmes libérales de leur choix.
- La qualité des professionnels : La qualité des professionnels exerçant sur le site, la cinquantaine de praticiens et les 280 personnels non médicaux, est un atout majeur de l'hôpital Femme-Mère-Enfant de Metz. Les équipes assurent notamment des activités de pointe avec le service d’Aide Médicale à la Procréation (AMP). Cette unité est d’ailleurs la seule en Régions Alsace et Lorraine à maîtriser la technique « IMSI » (Injection intra-cytoplasmique de spermatozoïdes morphologiquement sélectionnés), rendue possible grâce à un microscope perfectionné et une expertise médicale.
L'hôpital Mère-Enfant de Mercy : une réponse aux besoins de l'agglomération messine
L’hôpital mère-enfant de Mercy ouvre ses portes au public. Une date historique pour l’agglomération messine mais aussi pour la commune de Peltre. C’est en effet sur son territoire communal - 90 % de la superficie de l’hôpital s’y trouve, les 10 % restant sont à Ars-Laquenexy - que naissent les bébés "messins" depuis la fermeture de l’ancienne maternité Sainte-Croix. Un transfert d’importance qui a eu un impact très fort pour la mairie de Peltre.
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L'impact sur la commune de Peltre
Prévenu seulement quelques mois avant l’ouverture de la maternité, Peltre a dû parer au plus pressé. « On a consacré toute la fin d’année 2012 à cette préparation », se remémore Walter Kurtzmann, le maire. À commencer par l’aménagement d’un espace dédié dans la mairie - la salle du conseil a été coupée en deux - pour accueillir les quelque 3 000 parents attendus chaque année.
À Peltre, on savait depuis 2012 que l’activité liée à ces naissances allait monter en puissance au fil du temps. Car la mairie doit délivrer des actes de naissance tout au long de la vie des enfants nés à la maternité de Mercy (mariages, divorces…). Si deux recrutements ont dû être faits dans un premier temps pour assumer ce surcroît d’activité, il en faudra sans doute deux autres, au cours des années à venir, prévoit Walter Kurtzmann.
D’ici la fin de l’année, Peltre va démarrer les travaux d’extension de sa vieille mairie datant de 1900. Celle-ci va voir sa superficie doubler pour passer de 350 à 700 m². « Cela va permettre d’améliorer l’accueil du public parce que les jours d’affluence (le lundi notamment) , c’est de la folie », confie Walter Kurtzmann. Cela permettra également de remettre à niveau un bâtiment vieillissant totalement inadapté aux normes actuelles. Le projet d’extension-rénovation, qui s’élève à plus de 900 000 €, prévoit également de refaire le parking attenant et de créer une nouvelle entrée, parfaitement accessible, côté voie ferrée.
En 2015, quelque 3 200 naissances ont été enregistrées à la mairie de Peltre. Un chiffre en hausse constante depuis l’ouverture de l’hôpital de Mercy. Pour 2016, ce chiffre devrait grimper à près de 3 400 naissances (plus de 1 700 naissances avaient déjà été enregistrées au cours du premier semestre). Environ 5 % des naissances concernent des enfants étrangers (luxembourgeois, belges…) dont les mères sont suivies par des médecins du CHR.
Un environnement de soins optimisé pour les nouveau-nés prématurés
Le service de néonatologie du centre hospitalier de Mercy accorde une importance particulière au bien-être des nouveau-nés, notamment les prématurés. L’oreille ne doit pas clignoter dans le rouge. Réglé sur 60 décibels, l’appareil monté sur un trépied à roulette assure aux petits ce qu’il faut de silence à leur développement en cours. « C’est le maximum que peut supporter un bébé , explique Maryse Chtourbine. En voix et bruits de toutes sortes. »
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Le service de Mercy, de type 2 B (néonat avec des soins intensifs) dispose de trois secteurs : l’unité Kangourou permet aux mamans de rester avec leur bébé prématuré sur le point de quitter le nid ; l’unité néonat concerne des enfants placés sous incubateur et en train de grandir ; l’unité soins intensifs est réservée aux prématurés les plus malades.
Ces bébés fragiles restent ainsi environ deux mois dans ces trois secteurs qui impressionnent par leur équipement. « Nous sommes à la pointe de ce qui se fait de mieux , assure le Dr. Pinaud. Les soins techniques sont poussés : soutien ventilatoire, hémodynamique, cardiologique et éventuellement neurologique. En soins intensifs, il y a six perfuseurs par bébé ; l’alimentation peut être ainsi réalisée par voie veineuse, centrale ou périphérique. Toutes les fréquences, cardiaques et oxygène, sont en permanence sur monitoring. »
Les soins de développement : une approche globale
Une prise en charge médicale importante doublée d’une autre, elle aussi vitale : les soins de développement. « Dans les années 1980, déjà, on a observé que le comportement des enfants était fortement lié à la manière dont avaient été prodigués les soins durant leur période prématurée », argumente le chef de service. Trois conduites-piliers dictent ainsi les gestes quotidiens de tout un service : diminuer le stress, améliorer le bien-être, rassurer et intégrer les parents. « Ils doivent apprendre ce qu’est un prématuré. Chaque jour. Pour ne pas être dépourvus au retour à la maison. La chasse au stress commence aussi là », rappelle la professionnelle de santé.
Alors parfois, une musicienne franchit les portes de la néonat avec son instrument encombrant : une harpe ! « Il y a bien évidemment discussion autour de ce thème du cocooning trop présent. Mais on le constate, tous ces soins ont des effets incontestables, améliorent visiblement un nombre important de paramètres, que nous parlions de développement cérébral ou respiratoire. Et les temps de séjour diminuent également.
L'évolution des attentes et des pratiques en matière d'accouchement
Entre 5 et 10 % des accouchements font aujourd’hui l’objet d’un projet de naissance élaboré, tournant autour de la démédicalisation. Des exigences auxquelles les hôpitaux lorrains s’efforcent de répondre. Lumières tamisées, choix de la musique, travail en baignoire, sur un ballon, sous acupuncture ou via des écharpes d’étirement, contact peau à peau avec le bébé… Tout se négocie aujourd’hui dans les salles d’accouchement. « Avec internet, les couples arrivent beaucoup plus informés qu’avant, même s’ils ne le sont pas toujours bien », constatent le Dr Eric Welter, chef du pôle femme-mère-enfant du CHR de Metz-Thionville, et Yvette Wallerich, sage-femme coordinatrice en maïeutique. Des exigences que le milieu hospitalier dit comprendre : « L’accouchement fait partie de l’histoire de la famille. Nous faisons en sorte de respecter au mieux leurs souhaits, tant que c’est possible médicalement. »
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Selon ces praticiens, les projets de naissance concernent 5 à 10 % des accouchements. Avec plus de trente années en salle, Danièle Bryszkowski a vu de tout. « La péridurale a tout changé. Les mamans ont commencé à ne plus participer et à se laisser guider », sourit la sage-femme de l’hôpital Bel-Air de Thionville, aujourd’hui confrontée au mouvement inverse : « Des mamans ont commencé à regretter de n’avoir rien ressenti et ont eu le sentiment de passer à côté de la naissance. Des péridurales plus ajustées ont permis de vivre les sensations de poussées. Mais aujourd’hui, nous avons parfois affaire à une génération mettant en avant son désir de disposer de son corps et d’être actrice de ce moment. Elle souhaite un accouchement physiologique, c’est-à-dire démédicalisé. »
Des cabinets de sages-femmes libérales proposant un accompagnement global ont vu le jour : « A part accoucher dans l’herbe au bord d’une rivière, on arrive à répondre à pratiquement toutes les autres demandes », explique l’une d’elles. Les maternités essayent aussi de s’adapter. Inauguré en 2013, l’hôpital de Mercy, près de Metz, est doté d’une salle démédicalisée. Alors que la future maternité de Thionville bénéficiera en 2020 d’un appartement de naissance, composé d’une chambre, d’une kitchenette, de sanitaires et d’une salle d’accouchement. Il viendra compléter une expérimentation d’accouchement ambulatoire qui va débuter en juillet : « L’idée est de permettre à la mère et au bébé de regagner leur domicile dans les six à vingt heures suivant l’accouchement. Quand nous serons dotés de cet appartement, les couples pourront ne connaître de la maternité que ce seul environnement très intime. »
Reste que la flexibilité hospitalière a ses limites et pas toujours les moyens des ambitions de ses patients : « Il faut parfois freiner des couples qui arrivent avec de longues listes. La sécurité reste la priorité », prévient Danièle. Pas question par exemple de quitter Bel-Air avec le… placenta. La demande est rarissime mais certains couples la formulent. Soit pour des raisons culturelles, afin de l’enterrer. Soit pour s’en nourrir. La pratique vient des États-Unis.
Un investissement continu pour l'avenir
La première pierre n’est pas encore posée, mais l’endroit est choisi, les autorisations accordées, les financements obtenus pour construire le nouvel hôpital-maternité de Metz en le greffant au nouvel hôpital de Metz, à Mercy. 40 millions seront injectés dans cet équipement qui devrait voir le jour en 2012. Un beau bébé pour accueillir 3 000 nouvelles vies chaque année.
Président du Conseil d’administration du CHR Metz-Thionville, Dominique Gros a donc présidé une rencontre sur le lancement de la construction de l’hôpital-maternité de Metz. Pour mémoire, l’ensemble de l’activité du CHR, aujourd’hui éclaté sur 11 sites, va être reconstruit à Mercy soit 519 lits et 65 places sur 53 000 mètres carrés. Ce programme va être complété par la construction d’un nouvel hôpital-maternité de 182 lits et places sur 15 000 m2. « C’est une source d’économie puisque le projet passe de 75 à 40 millions et cela permettra également des économies dans le fonctionnement. L’ancienne structure accusait un déficit de 6 millions d’euros, soit 15% du budget. Un jour, Sainte-Croix aurait dû mettre la clé sous le paillasson…»
Véronique Anatole-Touzet, directrice générale du CHR a rappelé « l’historique difficile ». A savoir la création en 2003 d’un SIH, syndicat inter-hospitalier entre Sainte-Croix et le CHR pour fédérer les équipes, puis la reprise de la gestion, l’intégration des structures, la dissolution du SIH en 2008 et enfin le lancement de la construction à Mercy. « Ce n’est pas un programme au rabais toutefois» souligne la directrice «mais bien la création d’un pôle d’excellence et d’innovation. »
Elisabeth Gloagen , coordinatrice générale ajoute que « le projet a été centré sur le besoin des patientes et qu’il offrira une salle de naissances « nature » en complément des salles classiques d’accouchement.» Nathalie Griesbeck, administratrice est ravie de « la qualité de soins qui seront prodigués aux parturientes, notamment pour celles qui ont des grossesses à risques. » Sauf problème, les deux structures devraient être terminées en 2012, presque en même temps.
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