Iolanda Christina Gigliotti, mondialement connue sous le nom de Dalida, est une figure emblématique de la chanson française, dont la vie fut un mélange poignant de succès éclatants et de tragédies personnelles. Née en Égypte dans une famille italienne, son parcours exceptionnel l'a menée au sommet de la gloire, avant qu'elle ne succombe à ses démons intérieurs.
Les Premières Années d'une Égyptienne d'Origine Italienne
Le 17 janvier 1933, au Caire, en Égypte, Iolanda Christina Gigliotti voit le jour. Elle grandit au sein d'une famille italienne, « enfant du milieu » entourée de deux garçons. Son père, Pietro Gigliotti, premier violon à l'opéra de la capitale égyptienne, lui transmet son amour pour la musique. Dalida, de son vrai nom Yolanda Gigliotti, est née au Caire le 17 janvier 1933. frères, Orlando son aîné et Bruno, le cadet. Issue d’une fratrie italienne de trois enfants installée en Egypte.
Dès son plus jeune âge, un mal-être intérieur s'installe en elle, trouvant son origine dans une infection oculaire contractée à l'âge de 10 mois. La petite fille guérit, mais elle conserve une séquelle de cette maladie : un strabisme important. À l'école, elle subit de nombreuses moqueries à cause de son handicap. La petite Yolanda subit dès l'âge de quatre ans sa seconde intervention ophtalmique. peine dix mois. Très marquée par ces problèmes, elle se considérera longtemps comme un "vilain petit canard", car elle sera obligée de porter des lunettes.
Durant l'adolescence, elle suit des cours de théâtre, un art qui l'aide à prendre confiance en elle et à accepter son strabisme. Terminés les complexes, à 18 ans, la jeune femme se lance dans le mannequinat. Adolescente, elle se destine à une carrière de secrétaire. Elle subit à nouveau une intervention ophtalmique. que les regards ont changé à son égard. Elle ressemble maintenant à une vraie femme. En 1951, elle se présente en douce à un concours de beauté, Miss Ondine. vivent. Dalida commence à travailler. La seconde entreprise dans laquelle elle travaille n'est autre qu'une maison de couture, Donna. En 1954, elle se présente au concours de Miss Egypte, et gagne le premier prix.
L'Ascension d'une Étoile
En 1954, à 21 ans, elle est élue Miss Égypte. Ce sacre lui ouvre de nouvelles portes. Iolanda prend alors le pseudonyme de Dalida et démarre une carrière d'actrice dans le cinéma égyptien. Contre toute attente, elle possède un véritable talent pour la comédie. C'est ainsi qu'elle est repérée au Caire par le réalisateur français, Marco de Gastyne.
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Arrivée à Paris le jour de Noël 1954, la jeune immigrée trouve les portes du cinéma fermées. Alors, pour subvenir à ses besoins, Dalida suit des cours de chant. Rapidement, elle y excelle. Elle séduit avec sa voix rauque et ensoleillée, qui roule les « r ». L’artiste travaille dans un cabaret parisien connu, la Villa d’Este. Repérée par Bruno Coquatrix, le patron de l’Olympia, elle participe à un concours de jeunes chanteurs amateurs. Lors de l’émission « Numéro 1 de demain », Eddy Barclay et Lucien Morisse sont présents. Bambino est le titre qui marque le début de sa réussite en 1956. Dans la foulée, elle fait la première partie de Charles Aznavour sur la scène de l’Olympia. Dès ce moment, son ascension fulgurante est lancée. Dès lors, une nouvelle vie l’attend et lui fait entrevoir de nouveaux horizons. Sous le pseudonyme de Dalila, elle débute une carrière au cinéma et connaît quelques succès dans des séries B égyptiennes. Le soir de Noël de l’année 1954, elle débarque seule à Paris où elle espère faire carrière. Avec de faibles moyens, elle commence à prendre des cours de chant et débute à la Villa d’Este, célèbre cabaret parisien, où Bruno Coquatrix, le patron de l’Olympia, la remarque. Il l’invite à participer à l’émission "Numéro 1 de demain", un concours de jeunes chanteurs amateurs. Lucien Morisse, le directeur de programmes de la station de radio Europe 1 est présent, accompagné d’Eddy Barclay, patron de la maison de disques Barclay. Lucien Morisse est subjugué par la beauté de la jeune chanteuse et décide de devenir l’homme qui va façonner sa carrière. Eddy Barclay, qui a également saisi tout le potentiel de la jeune chanteuse, la signe sur son label. Avec l’appui d’Europe 1, qui matraque le titre toutes les heures, Yolanda Gigliotti, rebaptisée Dalida, rencontre le succès avec son troisième 45 tours, Bambino, en 1956. Elle foule la scène de l’Olympia la même année en première partie de Charles Aznavour. Dès lors, la carrière de Dalida est lancée.
En 1956, elle enregistre son premier 45 tours chez Barclay, "Madona", sur les conseils avisés de Lucien Morisse. c'est avec "Bambino" que Dalida va vraiment s'imposer. Le nouveau 45 tours est matraqué toute la journée sur les ondes d'Europe 1, opération pilotée par Lucien Morisse. 1956 est pour Dalida l'année de tous les succès. Elle fait ses premiers pas à l'Olympia en vedette américaine de Charles Aznavour. public l'accueille avec enthousiasme. Il en redemande. C'est chose faite en septembre où l'on frise l'émeute à l'entrée. Dalida fait désormais les couvertures des magazines. Lucien Morisse est devenu plus qu'un pygmalion pour la jeune chanteuse. à assumer car le directeur artistique d'Europe 1 est déjà marié. Pour Noël 1957, Dalida enregistre "Gondolier", son second succès important. Monte-Carlo, qu'elle garde sept ans de suite. Puis, elle part en tournée. L'année suivante, elle commence une tournée dans le pays de ses grands-parents, l'Italie. sa ville natale. Elle est fastueusement reçue. La presse l'encense et la surnomme "la voix du siècle". De retour en France, elle rejoint Lucien Morisse à Paris qui continue à lui faire enregistrer des succès.
Une Carrière Éclectique et Innovante
Durant ses trente ans de carrière, elle marque l’histoire de la chanson française. Elle s’illustre dans plusieurs styles musicaux : le twist, la pop, le raï. C’est une des premières artistes françaises à interpréter du disco, avec le titre J’attendrai. Début des années 1960, elle surfe sur la vague naissante des Yéyés et se hisse au Top, à côté de Johnny Hallyday. Grâce à son nouveau style, elle séduit un public plus jeune avec Itsy Bitsy Petit Bikini en 1960. L’année suivante, Dalida demande sa naturalisation pour obtenir la nationalité française.
Elle est l'une des premières artistes françaises à s'initier au disco, avec son album Coup de chapeau au passé, regroupant des chansons telles que J'attendrai ou encore Bésame mucho. Le titre J'attendrai connaît un grand succès en France (1er des ventes en février 1976), en Flandre (4e), au Québec (2e) et aux Pays-Bas (9e). Le titre le plus emblématique de la période disco de Dalida est certainement Monday, Tuesday… Laissez-moi danser, reprise d'une chanson italienne de Toto Cutugno qui connaît un grand succès en 1979 notamment en France (2e des ventes en septembre 1979), au Québec (3e), en Flandre (22e) et en Israël où Dalida se classe pour la deuxième fois (à la 26e place). Dalida crée un succès oriental en 1977. Inspiré par un air du folklore égyptien, Jeff Barnel réarrange ce qui deviendra un véritable hymne au Moyen-Orient : Salma ya salama. En effet, cette chanson est diffusée à la radio d'Israël lors de la venue d'Anouar el-Sadate (alors président de l'Égypte qui est en conflit avec Israël), ce qui contribue à faire de ce titre un message de paix. Elle enregistre la chanson en français, en arabe égyptien, en italien et en allemand.
Les Ténèbres d'une Vie Personnelle Tourmentée
Contrastant avec son statut d’étoile, les épreuves dans sa vie personnelle s’accumulent. Fragilisée, la chanteuse égyptienne se suicide en plein apogée de sa gloire à l’âge de 54 ans. Côté cœur, elle convole avec son pygmalion Lucien et divorce en 1962. Encore mariée, la jeune femme commence une idylle avec Jean Sobieski, un bel apollon. Elle se termine en 1963. C’est un des rares hommes de son existence qui ne se soit pas suicidé. Dans les années suivantes, les drames de sa vie amoureuse trouvent écho dans sa carrière.
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En 1966, elle rencontre le jeune auteur-compositeur et chanteur italien, Luigi Tenco. Au festival de la chanson italienne de San Remo, en janvier 1967, Dalida et Luigi interprètent successivement le titre Ciao amore ciao. Elle s’en sort brillamment, quant à lui, il perd pied. Le soir même, le ténébreux se suicide avec de l’alcool et des tranquillisants. Dalida le découvre : c’est le drame de son existence. La douleur de sa perte conduit la jeune femme à tenter de se tuer quelques mois plus tard. Après quelques jours de coma, elle trouve réconfort dans la spiritualité et la psychanalyse. Malgré tout, cette douleur restera toujours dans son cœur et la rendra vulnérable psychologiquement. À la fin de l’année 1967, elle rencontre Lucio un étudiant italien d’une vingtaine d’années. Fragilisée, elle voit en Lucio le sosie de Luigi, son amour perdu. Dalida, enceinte pendant leur brève idylle, avorte clandestinement. En 1970, un autre drame frappe sa vie. Son ex-mari se tire une balle dans la tête dans l’ancien appartement du couple. Ses chansons prennent alors une connotation grave qui reflète son mal-être intérieur. Au début, son public est surpris. Puis, il est charmé par l’intensité d’expression de l’artiste qui vient du plus profond de son âme.
Quasiment tous les hommes qui ont partagé sa vie se sont tués volontairement. En 1983, deux ans après leur rupture, Richard Chanfray se donne la mort par inhalation des gaz d’échappement de sa voiture. À la suite de ces drames personnels, elle souffre de dépression chronique. Elle fait plusieurs tentatives de suicide. En 1985, elle a une relation suivie avec un médecin, le docteur François Naudy. En 1986, le dernier album du vivant de la chanteuse égyptienne sort et s’intitule Le visage de l’amour. Un des titres Les hommes de ma vie s’inspire de la biographie de Dalida du côté cœur. Il aborde ses principaux compagnons et la solitude dont elle souffre.
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