L'Internet, tel que nous le connaissons, a transformé le monde des ordinateurs et des communications de manière inégalée. Cette intégration sans précédent de capacités a été pavée par des inventions telles que le télégraphe, le téléphone, la radio et l'ordinateur. L'Internet est à la fois une capacité de diffusion mondiale, un mécanisme de distribution d'informations et un moyen de collaboration et d'interaction entre les individus et leurs ordinateurs, quel que soit leur emplacement géographique.
L'Internet représente l'un des exemples les plus réussis des avantages de l'investissement et de l'engagement constants dans la recherche et le développement de l'infrastructure informatique. Dès les premières recherches sur la commutation par paquets, le gouvernement, l'industrie et les universités ont été partenaires dans l'évolution et le déploiement de cette nouvelle technologie passionnante.
Les Premières Idées et Concepts
Les premiers textes décrivant les interactions sociales pouvant être rendues possibles grâce à un réseau d'ordinateurs étaient une série de mémos écrits par J.C.R. Licklider du MIT en août 1962 portant sur son concept de « réseau galactique ». Il imaginait un ensemble d'ordinateurs interconnectés au niveau mondial à travers lequel chacun pourrait accéder rapidement aux données et programmes depuis n'importe quel site. En théorie, le concept était très semblable à l'Internet d'aujourd'hui.
Licklider fut le premier chef du programme de recherche en informatique de la DARPA, lancé en octobre 1962. Pendant son emploi à DARPA, il persuada ses successeurs, Ivan Sutherland, Bob Taylor et Lawrence G. Roberts, de l'importance du concept de réseau.
Les Travaux Précurseurs sur la Commutation de Paquets
Leonard Kleinrock du MIT publia le premier document sur l'utilisation de la commutation de paquets en juillet 1961 et le premier livre sur le sujet en 1964. Kleinrock convainquit Roberts de la réalisation théorique des communications en utilisant la commutation par paquets plutôt que des circuits dédiés, ce qui s'avéra être un grand pas en avant vers les réseaux informatiques.
Lire aussi: Marcel Pagnol : un artiste complet
Une autre étape clé a été de permettre aux ordinateurs de communiquer entre eux. En 1965, afin d'explorer cela, avec l'aide de Thomas Merrill, Roberts connecta l'ordinateur TX-2 dans le Massachussetts avec l'ordinateur Q-32 en Californie par une liaison téléphonique commutée, à faible vitesse, créant le premier (bien que très réduit) réseau informatique étendu jamais construit. Cette expérience prouva que les ordinateurs à temps partagé pouvaient très bien travailler ensemble, en exécutant des programmes et en récupérant des données si nécessaire sur la machine distante, mais que le système téléphonique commuté était totalement inadapté.
Fin 1966, Roberts fut engagé à DARPA pour développer le concept de réseau informatique et mit rapidement en place son plan pour le réseau « ARPANET », qu'il publia en 1967. Lors de la conférence où il présenta le document, un exposé sur un concept de réseau à commutation par paquets fut également présenté par Donald Davies et Roger Scantlebury de NPL du Royaume-Uni. Scantlebury parla à Roberts du travail de NPL ainsi que de celui de Paul Baran et d'autres chez RAND. Le groupe RAND avait écrit un article sur l'utilisation d'un réseau à commutation par paquets pour la transmission sécurisée de la voix dans l'armée en 1964.
Il se trouve que les travaux réalisés au MIT (1961-1967), RAND (1962-1965) et NPL (1964-1967) se sont tous déroulés en parallèle sans qu'aucun des chercheurs n'ait connaissance des travaux des autres.
La Création d'ARPANET
En août 1968, après avoir affiné la structure générale et les spécifications du réseau ARPANET, Roberts et DARPA lancèrent un appel d'offre pour la réalisation d'un composant clé du réseau : les commutateurs de paquets appelés Interface Message Processors (IMP). La société Bolt Beranek and Newman (BBN), dirigée par Frank Heart, remporta l'appel d'offre en décembre 1968.
Grâce au développement précoce de la théorie de commutation par paquets de Kleinrock et sa concentration sur l'analyse, la conception et la mesure, son Centre de mesure du réseau (Network Measurement Center) à l'UCLA fut choisi pour être le premier noeud sur le réseau ARPANET. En septembre 1969, BBN installa le premier équipement réseau IMP à l'UCLA et le premier ordinateur hôte y fut connecté.
Lire aussi: Valérie Darmon : Journaliste et Bien-être
Le projet de Doug Engelbart sur l'augmentation de l'intelligence humaine (qui comprenait le premier système hypertexte, NLS) au Stanford Research Institute (SRI) fournit un second noeud. Un mois plus tard, lorsque SRI fut connecté au réseau ARPANET, le premier message hôte à hôte fut envoyé par le laboratoire de Kleinrock à SRI.
Deux noeuds supplémentaires furent ajoutés à l'université de Santa Barbara (UCSB) et l'université de l'Utah. Ces deux derniers nœuds incorporaient des projets de visualisation d'applications, avec Glen Culler et Burton Fried à l'UCSB qui étudiaient des méthodes pour l'affichage de fonctions mathématiques en utilisant des écrans à mémoire pour faire face au problème de rafraîchissement sur le réseau, et Robert Taylor et Ivan Sutherland à l'université de l'Utah qui étudiaient des méthodes de représentations en 3D sur le réseau.
Ainsi, dès la fin 1969, le réseau ARPANET initial était constitué de quatre ordinateurs hôtes et l'Internet vit le jour. Même à ce stade précoce, il convient de noter que la recherche sur les réseaux intégrait à la fois le travail sur le réseau sous-jacent et le travail sur la façon d'utiliser le réseau.
L'Évolution d'ARPANET et le Développement des Protocoles
Des ordinateurs furent rapidement ajoutés au réseau ARPANET au cours des années suivantes, et le travail se poursuivit avec l'achèvement d'un protocole de communication hôte à hôte fonctionnellement complet et d'autres logiciels de réseau. En décembre 1970, le Network Working Group (NWG), conduit par S. Crocker, acheva le protocole de communication hôte à hôte pour le réseau ARPANET, appelé le Network Control Protocol ou NCP.
En octobre 1972, Kahn organisa une importante démonstration très réussie du réseau ARPANET lors de la Conférence internationale sur les communications informatiques (ICCC). Ce fut la première démonstration publique de cette nouvelle technologie.
Lire aussi: Obtenir Acte de Naissance Cayenne
Ce fut également en 1972 que la première application importante fut mise au point : le courrier électronique. En mars, Ray Tomlinson chez BBN écrivit le premier logiciel basique d'envoi et de réception de courrier électronique, répondant ainsi aux besoins de communication des développeurs du réseau ARPANET entre eux. En juillet, Roberts élargit son application en écrivant le premier programme de courrier électronique pour lister, lire sélectivement, classer, acheminer et répondre aux messages. À partir de là, le courrier électronique prit son essor comme l'application réseau la plus vaste pendant plus d'une décennie.
L'Architecture Ouverte et l'Interréseautage
ARPANET est devenu Internet. Internet était fondé sur l'idée qu'il y aurait de nombreux réseaux indépendants de conception assez arbitraire, à commencer par le réseau pionnier de commutation par paquets ARPANET, mais ne tarda pas à inclure des réseaux par satellite de paquets, des réseaux de radiocommunication par paquets au sol et d'autres réseaux.
Internet tel que nous le connaissons est l'incarnation d'une idée technique sous-jacente, à savoir celle du réseautage en architecture ouverte. Selon cette approche, le choix d'une technologie de réseau individuelle quelconque n'était pas dicté par une architecture de réseau particulière, mais pouvait plutôt être déterminé librement par un fournisseur et conçu de manière à interagir avec d'autres réseaux par le biais d'une « architecture interréseau » à un méta-niveau.
Jusqu'à cette époque il n'y avait qu'une seule méthode générale pour fédérer les réseaux. Il s'agissait de la méthode traditionnelle de commutation de circuits où les réseaux s'interconnectaient au niveau du circuit, avec des bits individuels passant sur une base synchrone le long d'une portion d'un circuit de bout en bout entre deux localisations finales. N'oublions pas que Kleinrock avait démontré en 1961 que la commutation par paquets était une méthode de commutation plus efficace. Avec la commutation par paquets, les arrangements d'interconnexion à des fins spéciales entre les réseaux étaient une autre possibilité.
Dans un réseau à architecture ouverte, les réseaux individuels peuvent être conçus et développés séparément, et chacun peut avoir sa propre interface qu'il peut proposer aux utilisateurs et/ou à d'autres fournisseurs, y compris des fournisseurs Internet. Chaque réseau peut être conçu en conformité avec l'environnement spécifique et les besoins des utilisateurs de ce réseau.
L'idée d'un réseautage à architecture ouverte a été introduite par Kahn, peu après son arrivée à DARPA, en 1972. Ce travail faisait partie à l'origine du programme de radiocommunication par paquets, mais est devenu par la suite un programme distinct à part entière. À l'époque, le programme était appelé « Internetting » (interréseautage).
La clé pour faire fonctionner le système de radiocommunication par paquets était un protocole fiable de bout en bout qui pouvait maintenir une communication efficace malgré le brouillage et d'autres interférences radio, ou résister à une panne intermittente due au passage dans un tunnel ou au relief local. Toutefois, NCP n'avait pas la capacité d'adresser les réseaux (et machines) plus en aval qu'une IMP de destination sur le réseau ARPANET et donc un changement au niveau du NCP s'avérait également nécessaire. (L'hypothèse était que le réseau ARPANET n'était pas modifiable à cet égard). Le NCP reposait sur le réseau ARPANET pour founir une fiabilité de bout en bout. Si des paquets étaient perdus, le protocole (et probablement toutes les applications prises en charge par celui-ci) s'arrêterait net. Dans ce modèle, le NCP n'avait aucun contrôle d'erreur d'hôte de bout en bout, puisque le réseau ARPANET serait le seul réseau existant et qu'il serait si fiable qu'aucun contrôle d'erreur ne serait nécessaire de la part des hôtes.
Ainsi, Kahn décida de développer une nouvelle version du protocole pouvant répondre aux besoins d'un environnement de réseau à architecture ouverte. Ce protocole serait éventuellement appelé Transmission Control Protocol/Internet Protocol (TCP/IP). Les communications se feraient sur la base du meilleur effort. Des boîtes noires seraient utilisées pour connecter les réseaux ; plus tard, celles-ci allaient être appelées des passerelles et des routeurs. Des fonctions de passerelle pour permettre de transmettre les paquets de manière appropriée.
Le Développement du Protocole TCP/IP
Kahn entama des travaux sur un ensemble de principes pour systèmes d'exploitation orientés sur les communications pendant son séjour chez BBN et documenta certaines de ses premières idées dans un mémorandum interne intitulé «Communications Principles for Operating Systems» (Principes de communication pour les systèmes d'exploitation). C'est à ce stade qu'il réalisa qu'il serait nécessaire d'apprendre les détails de la mise en oeuvre de chacun des systèmes d'exploitation pour pouvoir intégrer des nouveaux protocoles de façon efficace.
Ainsi, au printemps 1973, après le démarrage de l'effort d'interréseautage, il demanda à Vint Cerf (alors à Stanford) de travailler avec lui sur la conception détaillée du protocole. Cerf avait été intimement impliqué dans la conception et le développement du NCP au départ et possédait déjà des connaissances sur l'interfaçage aux systèmes d'exploitation existants.
Les échanges furent très productifs et la première version écrite de l'approche résultante a été distribuée en tant qu'INWG#39 lors d'une réunion spéciale de l'International Network Working Group (INWG) à l'Université du Sussex, en septembre 1973. Par la suite, une version raffinée a été publiée en 1974.
La communication entre deux processus se composerait logiquement d'un très long flux de bytes (qu'ils appelèrent octets). Le contrôle du flux serait assuré en utilisant des fenêtres coulissantes et des accusés de réception (ACK). La façon exacte dont la source et la destination se mettraient d'accord sur les paramètres du fenêtrage à utiliser n'a pas été déterminée définitivement.
Même si à l'époque Ethernet était en cours de développement au centre de recherche Xerox PARC, la prolifération de réseaux locaux n'était pas envisagée à ce moment-là, encore moins les ordinateurs et stations de travail. Le modèle original était composé de réseaux au niveau national comme ARPANET, desquels seul un nombre relativement faible était censé exister. Ainsi une adresse IP de 32 bits fut utilisée, dont les 8 premiers bits signifiaient le réseau et les 24 bits restants désignaient l'hôte sur ce réseau.
Le document original de Cerf/Kahn sur l'Internet décrivait un protocole, appelé TCP, qui fournissait tous les services de transport et d'acheminement dans l'Internet. Kahn avait prévu que le protocole TCP prenne en charge un éventail de services de transport, depuis la livraison, totalement fiable, séquencée de données (modèle de circuit virtuel) à un service de datagramme dans lequel l'application utilisait directement le service réseau sous-jacent, ce qui pouvait impliquer des paquets intermittents perdus, corrompus ou réorganisés. Cependant, l'effort initial pour mettre en œuvre le protocole TCP aboutit à une version qui ne permettait que les circuits virtuels. Ce modèle fonctionnait bien pour le transfert de fichiers et les applications de connexion à distance, mais certains des premiers travaux sur les applications réseau avancées, notamment la voix en paquets dans les années 1970, démontrèrent clairement que dans certains cas, les pertes de paquets ne devraient pas être corrigées par TCP, mais devaie…
L'Adoption du TCP/IP et la Scission d'ARPANET
Fin 1982, la Darpa (nouveau nom de l’Arpa) et la Defense Communication Agency américaine, inquiètes de voir des ordinateurs civils et militaires, y compris étrangers, communiquer sur Arpanet, annoncent qu’au 1er janvier 1983, celui-ci sera scindé en deux. Une branche reste militaire, Milnet, et l'autre devient Internet, aux usages civils.
Au même moment coexistent alors aux États-Unis et en Europe une multitude de réseaux souvent incompatibles entre eux, qu’Internet va pouvoir interconnecter : des réseaux créés par des grands industriels comme IBM, des réseaux universitaires financés en Europe ou aux États-Unis par les agences de recherche, des premières communautés virtuelles, des réseaux internes aux entreprises, etc.
L'Invention du World Wide Web
Le tournant décisif dans l'histoire d'Internet a eu lieu en 1989 lorsque le physicien britannique Tim Berners-Lee a inventé le World Wide Web. Conçu par le Britannique Tim Berners-Lee, qui travaille alors au CERN, organisation européenne de recherche nucléaire à la frontière franco-suisse, le Web permet de lier des informations et documents de tous formats et de passer de l’un à l’autre au moyen de liens hypertextes. On navigue ainsi de pages en pages et d’informations en informations. Des navigateurs permettent aussi de parcourir plus facilement le Web : le plus populaire est alors Mosaic, développé en 1993 dans une université des États-Unis par de jeunes étudiants, il permet d’enrichir les pages Web d’images. Des entreprises cotées en bourse sont rapidement créées à partir de Mosaic, notamment Netscape en 1994. Le Web (traduit en français par la Toile) devient attractif en changeant la façon dont les internautes peuvent rechercher de l’information et accéder à des documents écrits, visuels, sonores, tous liés entre eux.
Le 30 avril 1993, le CERN met le code dans le domaine public. Pourtant, l’Internet n’est pas encore très populaire, malgré la sortie du navigateur Mosaic proposé avec une interface plus intuitive. Il faudra le coup de pouce du Gouvernement américain avec l’ouverture du site Internet de la Maison Blanche en 1994. Une guerre des navigateurs s’engage dès 1995 quand Microsoft lance Son « Internet Exploreur pour conquérir ce nouveau territoire virtuel encore si peu exploré.
La Croissance et la Commercialisation de l'Internet
C’est d’abord aux États-Unis qu’Internet commence sa croissance très rapide. En effet de nombreux réseaux universitaires et locaux (par exemple d’entreprises) rejoignent Internet : ainsi, de 15 réseaux rattachés à Internet en 1982, on passe à près de 400 en 1986. Au même moment on assiste à un début de privatisation d’Internet, auparavant financé par l’ARPA et donc, derrière elle, par des fonds gouvernementaux. Cette transition se joue entre 1987 et 1995 : des entreprises privées investissent dans Internet (pour fournir le matériel, le logiciel, des services, la maintenance, etc.), et d’un réseau non commercial on passe à un réseau de plus en plus investi par des entreprises privées.
Dans le même temps le sénateur du Tennessee, Al Gore, qui devient ensuite vice-président en 1993 jusqu’en 2001, souligne l’importance des réseaux pour la compétitivité internationale des États-Unis et parle de l’enjeu stratégique que constituent les « autoroutes de l’information », notion qui devient aussi populaire en Europe au milieu des années 1990. Les fournisseurs d’accès à Internet se multiplient au cours de la première moitié de la décennie 1990, proposant des accès payants à Internet pour les entreprises mais aussi pour les premiers utilisateurs particuliers.
Au milieu de la décennie 1990 les usages d’Internet se développent ainsi dans le grand public. Mais ce sont aussi les entreprises commerciales qui saisissent le potentiel du Web : en 1995 des sociétés comme Amazon, eBay et Yahoo! En 1995, il y a déjà 19 000 sites Web. Deux ans plus tard, les sites sont au nombre d’un million et ils sont 10 millions en 2000. Les moteurs de recherche font leur apparition pour fournir des résultats plus aisément, remplaçant les premiers annuaires de sites comme Yahoo!. Le nombre d’internautes mais aussi de sites connaît une croissance rapide tandis que Google naît à la fin des années 1990.
L'Ère du Web 2.0 et les Réseaux Sociaux
L’éclatement de la bulle Internet marque un tournant dans l’histoire encore jeune d’Internet et du Web. Certes le Web était déjà caractérisé par la production des contenus par les internautes eux-mêmes. Mais celle-ci est de plus en plus facilitée et accessible à toutes et tous, même sans compétences informatiques, avec la possibilité d’échanges directs et horizontaux renforcés. L’expression « Web 2.0 » cherche à mettre en avant cette nouvelle étape dans la participation : sur les blogs, les wikis, les réseaux socio-numériques, chaque internaute se voit donner la possibilité d’être à la fois lecteur et contributeur. Ainsi la participation se renforce entre les internautes sous la forme de tags, d’avis, de like ou de commentaires.
MySpace a été l’un des premiers réseaux sociaux à connaître un immense succès, surtout au milieu des années 2000. MySpace a été lancé en 2003 par Tom Anderson et Chris DeWolfe. Il a rapidement gagné en popularité, attirant des millions d’utilisateurs, notamment des musiciens, des artistes et des adolescents.
Skyblog, lancé en 2002 par le groupe Skyrock, a été l’un des premiers services de blogs en France et a marqué une génération entière. Skyblog permettait à quiconque de créer facilement son propre blog sans compétences techniques.
Les Défis Actuels et Futurs
Ils le sont de plus en plus à l’heure des fausses informations, du complotisme sur les réseaux socio-numériques, de cas d’atteintes à la vie privée ou de harcèlement. D’autres menaces pèsent aussi sur Internet et la circulation de l’information, que ce soient des cas de censure et coupures de certains sites et services, avérés en Chine, en Russie ou en Jordanie par exemple, ou le moindre accès à Internet d’autres pays (ce que l’on qualifie de « fracture numérique »). Les relations entre les gouvernements et le monde numérique sont régulièrement mises en débat, à la faveur d’affaires politiques (fuite par exemple de contenus sexuels concernant des hommes politiques, attentats, etc.).
La fin de l’« Indépendance du Cyberespace » dont John Perry Barlow, fondateur avec Mitchell Kapor de l’Electronic Frontier Foundation (EFF), ONG à but non lucratif tournée vers la défense des libertés numériques, s’inquiétait dès le milieu des années 1990 est une réalité : les enjeux numériques ne sont plus dissociables des enjeux politiques, économiques et sociétaux mondiaux. L’Union européenne cherche aussi à jouer un rôle dans cet espace en mouvement constant.
Des inquiétudes quant à la création de silos d’informations qui enferment de plus en plus l’internaute dans une sphère informationnelle spécifique (par les filtres, les biais des moteurs de recherche, des algorithmes qui individualisent de plus en plus les réponses qui sont faites selon le profil de l’internaute) se font également jour, tandis que les GAFAM dominent largement l’information en ligne.
Si, depuis le milieu des années 2000, les réseaux socio-numériques et des formes facilitées et plus participatives d’interactions dans le monde numérique ont permis des échanges et contributions croissantes de la part des internautes, de nouveaux défis sont aussi à relever. Évasion fiscale, poids des géants des technologies, traçabilité des internautes et revente ou exploitation de leurs données à différentes fins, surveillance du Net par la NSA… les affaires qui interrogent la protection des données sont régulières et les enjeux majeurs. Les sources de tensions sont également nombreuses.
tags: #naissance #d'internet #histoire