Une confusion entoure souvent la distinction entre contraception et avortement, particulièrement en ce qui concerne les méthodes contraceptives hormonales et les dispositifs intra-utérins (DIU). Cet article vise à clarifier les différents types de contraception et à explorer leur potentiel abortif, en tenant compte des considérations éthiques associées.
Introduction : Contraception et Avortement, une Distinction Délicate
La question de l'avortement est un sujet sensible, influencé par diverses perspectives éthiques et religieuses. Il est donc crucial de comprendre les mécanismes d'action des différents contraceptifs pour évaluer leur potentiel abortif.
Par "abortif", on entend toute méthode entraînant la mort d'un organisme humain vivant génétiquement distinct, non encore né. Cette définition est essentielle pour aborder les implications éthiques des différentes méthodes contraceptives.
Méthodes Contraceptives Hormonales : Un Potentiel Abortif
Pilules Contraceptives
Toutes les pilules contraceptives, quelle que soit leur génération, contiennent un composé progestatif. Elles agissent de trois manières principales :
- Diminution de la probabilité d'ovulation.
- Réduction de la capacité des spermatozoïdes à pénétrer dans la cavité utérine.
- Diminution de la capacité de l'utérus à accueillir un embryon.
L'indice de Pearl, qui mesure le taux d'échec d'une méthode contraceptive, varie considérablement entre l'indice théorique (0,3 pour la pilule) et l'indice pratique (8 pour la pilule). Cette différence souligne que les trois modes d'action de la pilule peuvent échouer, entraînant une grossesse.
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Si l'inhibition de l'ovulation échoue et qu'une fécondation a lieu, l'effet anti-nidatoire de la pilule peut agir comme un abortif précoce.
Implants Hormonaux et Stérilets Hormonaux
Les implants hormonaux et les stérilets hormonaux fonctionnent par diffusion d'hormones dans le corps. Ils partagent donc le même potentiel abortif que les pilules contraceptives.
Stérilet au Cuivre : Un Mécanisme d'Action Différent, un Potentiel Abortif Tout de Même
Le stérilet au cuivre, contrairement aux stérilets hormonaux, n'inhibe pas l'ovulation. Il agit principalement en empêchant la nidation de l'embryon.
De plus, les récepteurs hormonaux de la muqueuse utérine diminuent en nombre sous l'influence du stérilet au cuivre, entravant également la nidation. On pourrait donc considérer que le stérilet au cuivre agit exclusivement par avortement.
Pilule du Lendemain : Un Effet Abortif Potentiel
Le principe même de la pilule du lendemain indique qu'elle est potentiellement abortive. Si la fécondation a déjà eu lieu lors de sa prise, son action consistera simplement à entraîner la mort d'un organisme humain distinct avant sa naissance.
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Pourquoi la Confusion Persiste
Plusieurs facteurs contribuent à la confusion entourant le potentiel abortif des contraceptifs :
- Manque de sensibilité éthique : Les entreprises pharmaceutiques et les professionnels de santé ne sont pas toujours sensibles aux implications éthiques de l'avortement.
- Discours trompeurs : Certains professionnels de santé minimisent le potentiel abortif de certaines pilules contraceptives, induisant en erreur le public.
- Glissements sémantiques : Le discours académique a connu des glissements de sens, certains experts redéfinissant le terme "avortement" pour masquer la réalité.
Certains experts choisissent de qualifier les effets des contraceptifs d'empêchement de la procréation d'une vie humaine génétiquement distincte (effet contraceptif), d'autres entraînent bien la mort d’une vie humaine génétiquement distincte déjà existante (effet abortif).
Implications Éthiques
Quelle que soit la proportion d'avortements engendrés par une méthode contraceptive, le simple fait qu'un avortement puisse être entraîné est moralement significatif. Pour les personnes qui se posent la question du caractère abortif d'un contraceptif, la question éthique centrale est de savoir si ce contraceptif entraine la fin d'une vie humaine.
Alternatives Non Abortives
Les méthodes de régulation des naissances qui ne sont pas potentiellement abortives sont les méthodes barrières (préservatifs, diaphragmes), les spermicides et les méthodes naturelles de régulation des naissances.
IVG : Interruption Volontaire de Grossesse
Une femme enceinte qui ne souhaite pas poursuivre une grossesse peut en demander l'interruption. La pratique de l'avortement est réglementée et plusieurs étapes doivent être respectées, avant et après l'intervention. Lors d’une consultation avec un médecin ou une sage-femme, la femme enceinte doit être informée sur les méthodes abortives et a le droit d'en choisir une librement en fonction du terme de la grossesse.
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Méthodes d'IVG
Il existe 2 méthodes d'IVG :
- L'IVG instrumentale (chirurgicale) est pratiquée obligatoirement en établissement de santé (hôpital ou clinique autorisé en gynécologie obstétrique ou chirurgie). Sous certaines conditions, elle peut avoir lieu dans un centre de santé autorisé ayant établi une convention avec un établissement de santé autorisé en gynécologie obstétrique ou chirurgie.
- L'IVG médicamenteuse est pratiquée en établissement de santé (hôpital ou clinique), en cabinet de ville, en centre de santé sexuelle ou en centre de santé.
La technique d'avortement utilisée dépend du choix de la femme et du terme de sa grossesse.
Étapes de l'IVG
Deux temps sont obligatoires avant la réalisation d'une IVG :
1er temps : la consultation d'information
- La femme fait sa demande d'avortement.
- Elle reçoit des informations orales et un guide sur l'IVG qui portent sur les différentes méthodes d’IVG, les lieux de réalisation et notamment le choix dont elle dispose mais aussi sur les effets indésirables possibles.
- Le médecin ou la sage-femme propose un entretien psycho-social (obligatoire si la femme est mineure).
2nd temps : le recueil du consentement
- La femme remet son consentement écrit de demande d'avortement au médecin ou à la sage-femme.
IVG Instrumentale (Chirurgicale)
La technique instrumentale (chirurgicale) consiste en une aspiration de l'œuf, précédée d'une dilatation du col de l'utérus. L'ouverture du col utérin peut être facilitée par l'administration d'un médicament. L'intervention peut être réalisée sous anesthésie locale ou générale. L'hospitalisation dure en général quelques heures, mais l'intervention en elle-même dure une dizaine de minutes.
IVG Médicamenteuse
La technique médicamenteuse consiste à prendre 2 médicaments (le 1er servant à interrompre la grossesse et le 2nd à provoquer l'expulsion de l’œuf). Les 2 médicaments sont délivrés par le médecin ou la sage-femme lors de la consultation ou par le pharmacien dans le cas où la femme a effectué une téléconsultation. Le 1er médicament peut être pris en présence du médecin ou de la sage-femme ou seule à domicile. La prise du 2nd médicament a lieu entre 24 et 48 heures après la prise du 1er en consultation ou à domicile. Cette méthode ne nécessite donc ni anesthésie, ni intervention chirurgicale. Des médicaments antalgiques sont prescrits.
Remboursement
Pour toutes les femmes assurées sociales (majeures ou mineures), l'avortement et tous les actes associés (consultations, échographies, prises de sang…) sont pris en charge à 100 % par l'Assurance maladie. Il n'y a aucune avance de frais et aucun dépassement d’honoraire possible.
Suivi Post-IVG
Une consultation psycho-sociale est systématiquement proposée après l’IVG. Une visite de contrôle doit intervenir entre le 14e et le 21e jour après l'IVG instrumentale ou médicamenteuse. Lors de la consultation de contrôle, le médecin ou la sage-femme s'assure que la femme dispose d'un moyen contraceptif adapté à sa situation si nécessaire.
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