Introduction
Le mouvement anti-IVG "Les Survivants" représente une nouvelle vague d'activisme contre l'avortement en France. Apparu à la fin des années 1990 et relancé avec une approche moderne, ce groupe se distingue par ses stratégies de communication digitale et son ciblage des jeunes. Cet article explore l'histoire, les méthodes, et l'idéologie de ce mouvement controversé, ainsi que les réactions qu'il suscite.
Genèse et Évolution du Mouvement
À la fin des années 1990, un premier groupe de « Survivants », ouvertement proche des milieux catho-tradis, mettait déjà en avant le concept psycho-marketing du « syndrome du survivant ». Cependant, ce mouvement restait ultra-marginal. L'initiative a été reprise et modernisée par Émile Duport, qui a cassé les codes et a su donner un nouvel élan à ce concept.
L'émergence d'une nouvelle génération d'activistes
Trente ans après les actions traditionnelles des militants anti-IVG, tels que s’enchaîner dans les couloirs d’hôpitaux aux portes des centres d’orthogénie, le combat se joue désormais sur les réseaux sociaux. Dans ce contexte, le mouvement "Les Survivants" émerge, composé de jeunes proches des milieux catholiques conservateurs. Ces jeunes gens, âgés d'à peine vingt ans, estiment avoir « réchappé » aux 220 000 « assassinats » pratiqués chaque année en France sous la forme d’avortements.
Émile Duport : Stratège de la communication digitale
Le mouvement est orchestré par Émile Duport, un jeune homme qui dirige une agence de communication numérique et a été le directeur artistique de la Manif pour tous. Il utilise des stratégies de guérilla marketing digitale, comme un jeu en réalité augmentée parodique de Pokémon Go, pour sensibiliser les jeunes à leur cause.
Une présence en ligne redoutable
La galaxie de sites internet des Survivants explose les compteurs. Par un habile jeu de référencement Web, ce sont les sites de désinformation sur l’IVG qui se retrouvent en tête des moteurs de recherche, dirigeant les jeunes filles en détresse vers des numéros verts qui avancent masqués.
Lire aussi: Causes des mouvements répétitifs des mains chez les bébés
Stratégies et Tactiques de Communication
Les Survivants se distinguent par leur approche moderne et décomplexée de la communication. Ils utilisent les outils numériques et les codes de la culture jeune pour diffuser leur message.
Guérilla marketing et détournement de symboles
- Pokémon Go parodique: Le mouvement a créé un jeu en réalité augmentée, version parodique du populaire Pokémon Go, dans lequel on doit choisir de faire naître ou non un Pikachu.
- Détournement du slogan "Mon corps, mon choix": Lorsque des féministes ont recouvert les pochoirs de Pikachu avec des slogans « Mon corps, mon choix », Duport et ses ouailles ont transformé le mantra en nom de domaine, renvoyant vers un manifeste anti-IVG.
- Utilisation de l'image de Simone Veil: Le mouvement a détourné l'image de Simone Veil, figure emblématique de la légalisation de l'avortement en France, en créant un site web intitulé "simoneveil.com" qui prétend dévoiler "la vérité sur Simone Veil" et critique l'IVG.
Présence sur les réseaux sociaux
Les Survivants sont très actifs sur les réseaux sociaux, où ils diffusent leur message et interagissent avec leur communauté.
Sites web trompeurs
Le mouvement a créé plusieurs sites faisant mine d’informer sur l’avortement de manière neutre et détendue. Ainsi, sur afterbaiz.com, on trouve des témoignages de peoples traumatisés par un avortement.
Interruption d'émissions de télévision
En octobre, des militants interrompent l’émission Touche pas à mon poste et remercient Cyril Hanouna « d’exister ».
Idéologie et Arguments Avancés
Le cœur de l'idéologie des Survivants repose sur le concept de "survie" et les conséquences perçues de l'avortement sur la société.
Lire aussi: Crèches en Grève
Le "syndrome du survivant"
Les membres du mouvement se considèrent comme des "survivants" d'un potentiel avortement, ayant eu "une chance sur cinq" de ne pas naître. Ils affirment souffrir d’un traumatisme, le « syndrome du survivant ».
Arguments contre l'IVG
- Ils estiment que l'avortement est un « assassinat » et que les enfants à naître ont le droit à la vie.
- Ils mettent en avant les conséquences psychologiques négatives de l'avortement sur les femmes.
- Ils critiquent le manque d'information et de soutien aux femmes qui envisagent un avortement.
Positionnement politique et religieux
Le mouvement se présente comme apolitique et areligieux, mais il est proche des milieux catholiques conservateurs et partage des idées avec l'extrême droite.
Réactions et Controverses
Les actions et les positions des Survivants suscitent de vives réactions et de nombreuses controverses.
Condamnation par les associations féministes et les personnalités politiques
Les associations féministes, comme Osez le féminisme !, condamnent fermement les actions des Survivants, dénonçant la manipulation de l'information et le détournement de la mémoire de Simone Veil. Des personnalités politiques, comme la ministre de la Santé Agnès Buzyn, expriment leur mépris pour le groupe et ses méthodes.
Délit d'entrave numérique à l'IVG
La ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes a, en réaction, lancé un délit d’entrave numérique à l’avortement.
Lire aussi: Comprendre le mouvement des mains chez les bébés autistes
Campagnes de sensibilisation et de contre-information
Face aux stratégies des Survivants, des internautes et des associations féministes mettent en place des campagnes de sensibilisation et de contre-information pour rétablir la vérité sur l'IVG et lutter contre la désinformation.
Affichage sauvage et indignation
Dans la nuit du 24 au 25 mai, Paris a vu fleurir sur les pare-boue des Vélib’ une campagne non-autorisée de l’association anti-IVG « Les Survivants ». Elle a suscité une vague d’indignation générale, de la part de membres du gouvernement, d’élus et d’associations.
tags: #mouvement #anti #ivg #les #survivants #histoire