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Motricité Libre : Bienfaits et Risques pour le Développement de Bébé

Introduction

La motricité libre est un concept de développement du bébé centré sur la liberté de mouvement de l’enfant et son développement autonome. Développée par la pédiatre Emmi Pikler, cette méthode est plébiscitée par un grand nombre de parents et de professionnels de l’enfance. La motricité libre consiste à laisser l’enfant libre de ses mouvements afin de lui permettre d’explorer son corps et de se développer en toute confiance. Elle consiste à encourager l’enfant à explorer par lui-même ses différentes compétences motrices, selon ses intérêts et ses capacités.

Le Principe de la Motricité Libre

La motricité libre est un concept éducatif qui consiste à laisser le bébé ou l’enfant profiter d’une liberté totale de ses mouvements pour se développer à son rythme. Aussi appelé motricité spontanée, ce principe laisse l’enfant explorer son corps et son environnement en toute confiance, sans entrave de la part des parents ou d’un adulte. La première année de l’enfant étant vitale pour son développement tant moteur qu’émotionnel, il est nécessaire de lui garantir un environnement libre et sécurisé, pour apprendre à se connaître et à connaître le monde qui l’entoure. C’est dans cette liberté d’apprentissage et de construction de soi que se place la motricité libre du bébé et de l’enfant.

Ce concept a été mis en place dans les années 60 par le Dr Emmi Pikler, une pédiatre hongroise. Elle a mis cette théorie d’évolution libre en pratique dans son institut de Loczy, confirmant sa théorie que tous les enfants (à l’exception de ceux atteints de certains troubles) acquéraient et maîtrisaient naturellement chaque étape de leur développement moteur, et ce, dans un ordre précis : se retourner, ramper, s’asseoir, se tenir debout, etc. Emmi Pikler découvre également que cette liberté de mouvement et de développement donnée aux enfants améliore leur estime de soi et leur apporte un certain sentiment d’accomplissement. Reprise en France dans les années 70, la motricité libre de Pikler fait aujourd’hui partie intégrante des projets pédagogiques actuels dans les crèches, chez les assistantes maternelles et dans les MAM.

Objectifs de la Motricité Libre

L’objectif de la motricité libre est de laisser l’enfant explorer son corps, ses mouvements et son environnement lui-même et à son rythme, pour maîtriser par lui-même les étapes de son développement tant moteur (posture, coordination) que psychomoteur (développement de l’intellectuel, du comportement, des sens, etc.). Ce concept d’Emmi Pikler vise de même à développer le sens de l’autonomie chez l’enfant, qui apprend à explorer et à se développer seul. Il expérimente, apprend ce qu’il peut ou ne peut pas faire, teste les limites de son corps, et surmonte lui-même les obstacles présents (que ce soit une texture nouvelle, son propre corps ou un coussin sur le chemin).

Le but est donc d’offrir les meilleures conditions de développement et d’apprentissage moteur de l’enfant, en privilégiant l’autonomie, ainsi que l’espace et le temps nécessaire pour se développer et gagner en confiance. Cependant, la motricité d’Emmi Pikler ne vise pas l’accomplissement d’un but, mais bien la mise en place d’un processus de découverte et d’aventure pour l’enfant. Enfin, la motricité libre vise à montrer aux parents qu’il n’y a pas de rythme normal de développement de l’enfant et à avoir confiance en leur enfant en lui donnant sa liberté. En effet, par peur de ‘‘lenteur’’ de développement, certains parents peuvent crisper ou bloquer l’enfant en lui faisant adopter des positions ou des comportements qu’il ne maîtrise pas encore (manque de confiance ou de maturité musculaire), pouvant entraver son développement naturel.

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Les Bienfaits de la Motricité Libre

D’après les recherches d’Emmi Pikler, la motricité libre du bébé et de l’enfant apporterait de nombreux bienfaits moteurs et émotionnels, à court terme comme à long terme : contrôle musculaire, autonomie, confiance et estime de soi, sécurité, sentiment d’accomplissement, créativité, persévérance, etc.

  • Liberté de mouvement : l’enfant découvre par lui-même le monde qui l’entoure et l’explore de manière autonome : bouger dans l’espace, toucher, saisir, goûter, ressentir (formes, goûts, textures), etc. Cette liberté peut favoriser sa créativité et son esprit d’initiative, l’encourageant à explorer toujours plus, apprenant en même temps à mieux évaluer et gérer les risques autour de lui.
  • Sentiment d’accomplissement : acteur de son développement, l’enfant peut expérimenter de nouvelles positions (sur le côté, sur le ventre, à quatre pattes, etc.) et devenir confiant dans son corps et dans ses gestes. Découvrant ce qui fonctionne ou ne fonctionne pas, il apprend la patience et la persévérance, obtenant un sentiment d’accomplissement dès qu’il passe un palier de développement.
  • Confiance en soi : sur le long terme, les professionnels estiment que la motricité libre permettrait d’être plus facilement à l’aise dans son corps et d’avoir plus confiance en soi, envers les autres et en son environnement. Ils estiment aussi que l’enfant développera plus facilement un sentiment d’autonomie et d’indépendance, notamment vis-à-vis de ses parents.
  • Rythme d’apprentissage : pour les parents, la motricité libre permet de montrer que chaque enfant est différent et dispose de son propre rythme d’apprentissage et de développement moteur. Rejetant l’idée d’un schéma et d’une vitesse de développement figé, cela permet d’aider l’adulte à respecter son enfant tel qu’il est et de développer une relation de confiance entre les deux.

En pratiquant et en expérimentant, le jeune enfant gagne en confiance en lui, en ses capacités. Il osera plus et gagnera en autonomie motrice. C’est-à-dire, il sentira en lui qu’il a des bases solides pour découvrir le monde qui l’entoure. La motricité libre permet de stimuler le système nerveux de bébé et l’aide à pleinement développer ses compétences affective, langagière, cognitive, sociale ainsi que sa motricité fine, ses capacités de préhension de jouets.

Comment la Motricité Libre Aide les Bébés

Le nouveau-né apprend beaucoup en observant, en imitant et en expérimentant. Le jeune enfant est doué d’une grande curiosité, d’une grande inventivité et d’un désir de comprendre le monde et les choses qui l’entourent. Le bébé est tel un·e sportif·ve commençant une nouvelle activité. Si vous débutez en tennis vous n'apprendrez pas à taper dans la balle comme Federer du jour au lendemain ! Vous devrez vous entraîner, répéter les mouvements, commettre des erreurs pour intégrer comment bien réaliser les gestes. Chez le tout petit, c’est le même processus : sa nouvelle et première activité sportive sera d’apprendre par lui-même à bouger.

Ainsi, la motricité libre constitue une manière d’aider l’enfant à développer ses propres compétences par lui-même. Lorsque le bébé n’est pas contraint par du matériel extérieur, il devient libre de choisir les mouvements qu’il souhaite réaliser. Il sera alors plus enclin à les répéter. La répétition des mouvements est justement l’occasion pour bébé de s'entraîner et d’améliorer la qualité de ses gestes. Cela l’aidera à bien acquérir ses capacités motrices et à travailler ses appuis pour savoir comment s’en servir. C’est une chose de se déplacer en marchant et d’avoir une marche de bébé de qualité, efficace.

La motivation procurée par le libre choix du bébé dans ses mouvements, son activité, etc. est plus importante que lorsque l’on impose ses choix en tant que parent à son bébé. Avec cette motivation accrue, bébé acceptera de plus s'entraîner, de plus bouger et, par conséquent, de faire plus de mouvements. Et donc, plus travailler sa motricité pour faire ses apprentissages. En effectuant une diversité de mouvements plus importante, les bébés acquièrent un bagage moteur plus varié leur permettant de s’adapter plus facilement à toutes les situations qu’ils rencontreront plus tard notamment celle présentant un danger comme la descente des escaliers ou du canapé. On verra alors des enfants plus agiles.

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Quand Commencer la Motricité Libre ?

La motricité libre peut commencer dès les premiers mois suivant la naissance, vers 3 - 4 mois, jusqu’à ce que l’enfant réussisse à marcher sans aide. On décompose le développement de l’enfant selon la motricité d’Emmi Pikler en 5 grandes étapes, sur une période d’environ 12 mois :

  1. Position allongée sur le dos.
  2. Retournement et position sur le ventre.
  3. Rampe et position en équilibre à 4 pattes.
  4. Position assise.
  5. Position debout puis marche.

Comment Favoriser la Motricité Libre à la Maison ?

Si vous souhaitez mettre en pratique la motricité libre avec votre enfant, il est nécessaire de suivre quelques indications afin de vous assurer d’offrir un environnement de développement sûr et sécurisé. Il s’agit donc de mettre en place un environnement adapté et d’offrir une sécurité morale et affective forte à l’enfant.

La Mise en Place d’un Environnement Adapté

Afin de favoriser au maximum la motricité libre de votre enfant, il faut mettre à sa disposition un environnement d’éveil et d’apprentissage adapté à chaque étape de son développement : objets en bois et en tissu, jouets qui roulent, instruments de musique, ballons, jeux de construction, etc. Si vous êtes assistant maternel, cela passe par l’aménagement de votre logement d’assmat.

Jusqu’à 3- 4 mois, la motricité libre de Pikler recommande de porter régulièrement le bébé contre soi, en position fœtale en enroulant son bassin (récréant sa posture dans le ventre de sa mère), pour offrir une base solide de développement. Vers 3 - 4 mois, quand sa curiosité et son désir d’exploration apparaissent, il est recommandé d'installer le bébé sur le dos, sur un tapis ferme, et de disposer des jouets en arc-en-ciel au-dessus de sa tête. Ces jeux et activités sensoriels l’encouragent à lever ses bras et à tenter d’attraper les objets. Bougeant et utilisant de plus en plus son bassin, il va alors apprendre à se tourner et à se retourner.

Lorsqu’il a appris à se retourner sur le ventre et à se déplacer légèrement, la méthode d’Emmi Pikler recommande de créer un espace d’exploration assez large. Cet espace pourra être composé de tapis fermes (pour prendre appui) variés de différentes formes et textures, de jouets d’éveils qu’il pourra saisir et goûter, etc, qui favorisent le développement de ses capacités psychomotrices. Il ne faut cependant pas disposer trop de jouets, pour ne pas disperser son attention et sa concentration.

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Lorsqu’il sait ramper ou se mettre en équilibre à quatre pattes, il faut agrandir son espace d’exploration et installer des petits obstacles sur son parcours (ballons, tunnels, cartons, des coussins, etc). Ces nouvelles activités lui permettent de tester de nouveaux déplacements et de réfléchir à comment se mouvoir dans ce parcours. Enfin, lorsqu’il a appris à se mettre debout et apprend à se déplacer, il est recommandé de lui proposer des petits meubles (bureau, chaise, table, draisienne, poussette en jouet) pour prendre appui et tenter ses premiers pas. Ces points d’appui vont l’aider à renforcer son équilibre, à prendre confiance en ses mouvements et à améliorer sa fluidité de mouvement, jusqu’à ce qu’il marche.

La Mise en Place d’un Environnement Sécurisé

Pour favoriser la motricité libre de l’enfant, il faut, en plus d’installer un espace de jeu et d’exploration adapté à son âge et à ses capacités, garantir un espace sécurisé. Lorsqu’il commence à se déplacer librement, il faut ainsi installer des tapis de différentes couleurs et textures, des coussins, pour amortir les chutes. À l’inverse, il faut retirer tout ce qui est fragile (ou le mettre en hauteur), sécuriser les coins de meubles, cacher les prises, bloquer les radiateurs, etc, pour éviter le risque d’accidents.

Pour vous assurer que l’enfant est à l’aise dans ses mouvements et puisse se mouvoir sans problème, il faut privilégier les vêtements confortables, légers et pas trop amples. De plus, il faut favoriser les pieds nus en intérieur, qui permettent à l’enfant d’avoir de meilleurs appuis et de gagner en tonicité musculaire. En extérieur, il faudra alors opter pour des chaussons souples.

L’Accompagnement Moral et Affectif de l’Adulte

Si la motricité libre du bébé et de l’enfant privilégie l’autonomie, sans action directe des parents, ces derniers conservent un rôle très important : celui d’accompagner l’enfant dans son développement. Montrer sa présence, surveiller, guider et encourager est essentiel pour garantir une sécurité affective et créer cette confiance entre le parent et l’enfant. Le rôle des parents est donc d’offrir une aide morale et affective, encourageant les tentatives, récompensant les réussites et les seuils atteints, et montrer de manière générale qu’ils font confiance à leur enfant. Les parents sont également là pour surveiller leur enfant et s’assurer qu’il ne se blesse pas ou ne soit pas en danger.

S’il peut être effrayant de laisser l’enfant se développer seul, les recherches d’Emmi Pikler insistent sur le fait que les parents ne doivent pas provoquer l’apprentissage du bébé ou le pousser à aller trop vite. Il ne faut donc pas le mettre dans une position qu’il n’a pas appris à maîtriser par lui-même, ou à le mettre trop longtemps dans une position qui entrave son développement (transat, siège auto, etc.) Bien entendu, si l’enfant demande de l’aide, les parents ou l’adulte peuvent la lui donner, pour le remettre dans de bonnes conditions de développement. De même, en cas de risque de danger, l’adulte pourra intervenir.

Les Limites de la Motricité Libre

Si la motricité libre est devenue un concept très plébiscité, tant par les parents que par les professionnels de la petite enfance, elle ne constitue pas un ensemble de règles absolues à suivre de manière stricte. L’asseoir dans ses bras ou jouer de manière proactive avec lui ne va par exemple jamais entraver son développement. De même laisser un enfant sur le ventre quelques minutes par jour est recommandé pour l’aider à muscler son cou et ses muscles dorsaux, même si cet exercice doit impérativement être sous surveillance d’un adulte, et ne doit pas durer plus de quelques minutes.

La motricité d’Emmi Pikler vise à offrir le meilleur environnement, sûr et encourageant, pour s’exprimer et se développer, et ne doit pas non plus faire l’objet de culpabilisation. L’évolution et le développement de l’enfant s'adaptent aux réalités et aux obligations de la vie, qui ne peuvent toujours offrir au bébé une liberté de mouvements absolue. Il est donc nécessaire, pour le bonheur des enfants comme des parents, d’obtenir un équilibre sain qui permet de laisser l’enfant s’exprimer et évoluer à son rythme et qui respecte vos besoins et vos obligations.

Notions Erronées

Trop souvent, on entend dire que la motricité libre c’est laisser l’enfant faire seul. En réalité, la motricité libre c’est laisser l’enfant faire le maximum par lui-même et n’intervenir que si cela est vraiment nécessaire pour l’accompagner dans ses progrès. Ce qui est différent de laisser l’enfant seul. En effet, il a besoin de garder le contact humain pour rester en relation, s’exprimer, échanger, créer du lien, etc. La présence de l’adulte, pour l’accompagner, l’aider et le stimuler est donc indispensable.

En motricité libre on ne pose l’enfant que sur le dos. Cela faisait partie des premiers principes d’Emmi Pikler. Mais aujourd’hui on sait qu’il est important de proposer la position plat ventre dès la naissance afin que le bébé puisse la découvrir. Le tummy time, cette pratique venue des États-Unis pourra t'y aider. Au risque, sinon, qu’ il n’aime pas cette position et d’engendrer des difficultés motrices par la suite. Les positions sur le dos et sur le ventre sont les deux plus stables pour les bébés, au même titre que les côtés pile et face d’une pièce de monnaie. Il n’y a qu’à regarder comment est placé le bébé sur ses parents après la naissance : enroulé sur le ventre.

Ce qu’il faut Éviter

Pour favoriser sa motricité libre, évitez de mettre l’enfant dans une position qu’il ne maîtrise pas et dont il n’a pas encore acquis le contrôle par lui-même. Par exemple, ne mettez pas votre enfant assis tant qu’il ne s’assoit pas tout seul, car si vous le mettez dans cette posture le bébé est bloqué, il devient rigide pour pouvoir tenir son dos et ne peut donc plus bouger. Il sera également préférable de limiter, dans la mesure du possible, l’utilisation de certains articles de puériculture qui empêchent l’enfant de bouger librement et qui pourraient entraver son développement moteur. Les cales bébés sont ainsi à éviter et le transat peut être utilisé, mais plutôt de manière ponctuelle, et pas plus de 20 minutes.

Quant au trotteur, connu aussi sous le nom de youpala, sachez qu’il est désormais interdit dans certains pays comme le Canada pour la simple et bonne raison qu’il est dangereux. En effet, de nombreux accidents domestiques ont été observés avec l’utilisation de cet objet, notamment des chutes dans les escaliers. De plus, contrairement à ce que l’on pourrait penser, le trotteur entrave le développement de la marche. Pour se mettre debout, l’enfant doit apprendre à jouer avec ses points d’appui et son équilibre. Ensuite, c’est à force d’entraînements que ses muscles vont se renforcer et se coordonner naturellement.

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