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Comprendre et Déconstruire le Concept de "Mon Mari Féconde Ma Sœur": Une Analyse Approfondie

Introduction

La notion de "mon mari féconde ma sœur" soulève des questions complexes liées à l'inceste, aux relations familiales, à la sexualité et aux normes sociales. Cet article vise à explorer cette thématique en s'appuyant sur des analyses anthropologiques, des perspectives bibliques et des réflexions contemporaines sur l'homosexualité et la foi. L'objectif est de déconstruire les idées reçues, d'analyser les fondements des interdits et de proposer une compréhension nuancée de ces enjeux.

L'Inceste de Deuxième Type: Une Perspective Anthropologique

La Théorie de Françoise Héritier

Françoise Héritier, dans son ouvrage Les Deux Sœurs et leur mère, a développé une théorie novatrice sur l'inceste, allant au-delà de la prohibition des relations sexuelles entre consanguins directs. Elle introduit le concept d'« inceste de deuxième type », qui concerne les interdits portant sur les alliés, tels que la belle-mère, la bru ou la sœur de la femme.

Héritier postule que ces interdictions découlent d'une crainte de la mise en contact de substances identiques, notamment les humeurs sexuelles. Ainsi, avoir des relations sexuelles avec la sœur de sa femme reviendrait à mettre en contact les deux sœurs, en transportant les humeurs sexuelles de l'une dans la matrice de l'autre. Cette théorie met en avant le primat du symbolique, ancré dans la différence anatomique des sexes, comme fondement de la construction des catégories de l'identique et du différent.

La transgression de ces interdits serait susceptible d'entraîner des conséquences néfastes sur les plans climatique, biologique ou social. Pour Héritier, l'inceste de deuxième type est primordial, car il offre une explication anthropologique cohérente de l'inceste du premier type (entre consanguins directs).

Les Critiques de Bernard Vernier

Bernard Vernier, dans son ouvrage La Prohibition de l'inceste, remet en question les thèses d'Héritier. Il reproche à cette dernière de classer comme incestueuses des relations qui ne le sont pas et d'ignorer les raisons réelles qui motivent les condamnations de telles relations. Vernier souligne que la théorie d'Héritier est incapable de rendre compte de la variation des jugements selon la nature des relations entre les personnes concernées.

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Pour Vernier, il est essentiel de replacer chaque cas étudié dans l'ensemble des relations sociales et psychologiques dans lesquelles les partenaires sont impliqués. Il examine les exemples utilisés par Héritier, tels que les lois hittites, les mythes gréco-romains et les textes bibliques, et montre qu'ils peuvent être interprétés différemment.

Par exemple, les lois hittites stipulent que les relations avec les deux sœurs et leur mère sont interdites si l'homme est marié avec l'une d'elles et s'il s'agit de femmes libres. Elles sont permises si l'homme n'est pas marié avec l'une d'elles et si les femmes n'habitent pas le même lieu. Vernier interprète ces variations en termes de statut des femmes (mariée/non mariée, libre/esclave, concitoyenne/étrangère), soulignant que ce sont les droits, les devoirs et les intérêts en jeu qui déterminent les interdits.

Vernier critique également l'absence de données sur les rapports homosexuels dans la théorie d'Héritier, alors que l'inceste de deuxième type implique souvent une relation homosexuelle indirecte. Il souligne que le statut social et l'âge des partenaires jouent un rôle déterminant dans ce qui est permis ou interdit.

En somme, Vernier considère que la théorie d'Héritier est unidimensionnelle, privilégiant de manière arbitraire la dimension d'une éventuelle mise en contact de substances identiques, au détriment des relations affectives, sexuelles, sociales et politiques entre les personnes. Il la qualifie d'a-sociologique et d'a-psychologique.

Les Raisons des Choix Sociaux

Vernier souligne que les sociétés donnent toujours des raisons à leurs choix en matière d'interdits et de permissions. Il cite l'exemple des Zoulous du Natal, qui pratiquent le mariage avec plusieurs sœurs (polygynie sororale) pour faciliter le fonctionnement de l'institution polygame, car les sœurs sont censées mieux s'entendre que des étrangères.

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Pour Vernier, les choix symboliques des sociétés sont liés à des enjeux sociaux. Les idées sur le corps, les substances et leur circulation peuvent être mises au service de l'ordre familial et social, ou utilisées comme des armes idéologiques par certains groupes pour légitimer leurs privilèges ou leurs positions.

Perspectives Bibliques sur la Famille et le Mariage

L'Ancien Testament

L'Ancien Testament offre un aperçu de l'évolution de la famille hébraïque, passant d'une organisation matriarcale à un modèle patriarcal. Dans la famille matriarcale, l'enfant appartient au clan de la mère, qui lui donne son nom. Le mari entre dans le clan de sa femme, quittant son père et sa mère.

La transition vers le patriarcat est marquée par un type de mariage où la femme reste chez ses parents et y élève ses enfants, le mari ne la visitant que passagèrement. L'organisation patriarcale conduit à la polygamie, motivée par le désir d'avoir des enfants, en particulier des fils, pour assurer la pérennité de la famille et le culte des ancêtres.

La Bible contient des lois et des coutumes relatives au mariage, au divorce et à l'adultère. Elle met en garde contre les unions matrimoniales avec les étrangers, qui peuvent menacer le yahvisme. La fidélité conjugale est exigée de la femme, mais pas nécessairement de l'homme.

Les Annonciations Bibliques et la Stérilité

Les récits bibliques mettent en scène des femmes stériles, dont la fécondité est rétablie par une intervention divine. Ces annonciations témoignent d'un signe qui ouvre la porte d'une révélation divine relative à l'avènement imminent d'un nouvel ordre des choses, éminemment spirituel.

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La stérilité est souvent présentée comme un drame, contraire au plan de Dieu d'être fécond et de se multiplier. Elle est vécue comme une humiliation, car elle empêche la descendance. Les rivalités entre femmes fécondes et femmes stériles sont également sources de souffrance.

La stérilité première des épouses des patriarches (Sarah, Rébecca, Rachel) souligne que la véritable fécondité est d'un autre ordre, spirituelle. La Bible invite à faire mémoire de l'appel à naître non seulement de la chair, mais aussi de l'Esprit, par une relation consentie avec Dieu.

Homosexualité et Foi: Réflexions Contemporaines

Être Chrétien et Homosexuel

La question de l'homosexualité et de la foi est complexe et suscite des débats passionnés. Être chrétien, c'est reconnaître l'amour de Dieu et vouloir devenir disciple de Jésus, quels que soient son orientation sexuelle et son état de vie. Il n'y a pas d'autre condition pour être chrétien que de vouloir suivre Jésus, en se mettant à l'écoute de sa Parole et en acceptant de le laisser venir dans sa vie.

L'appartenance à l'Église peut être ressentie comme difficile lorsque ses positions sur l'homosexualité sont en contradiction avec ce que notre conscience trouve juste. Cette tension ne signifie pas qu'il y a incompatibilité entre être chrétien et être homosexuel. C'est un appel pour la personne homosexuelle à creuser davantage le pourquoi de son attachement au Christ, au-delà de ce qui lui paraît incompréhensible. C'est aussi un appel pour l'Église à interroger sa capacité d'accueillir l'autre quel qu'il soit.

Orientation Sexuelle et Relation à Dieu

L'orientation sexuelle est l'expression d'un désir vers l'un ou l'autre sexe, parfois vers les deux. Il est sans doute impossible de changer la nature de son désir. Agir contre soi constitue rarement un chemin de bonheur. Il est parfois préférable d'attendre, de mieux se connaître et de se faire confiance.

L'homosexualité peut être ressentie comme un obstacle pour être en relation avec Dieu. Dans ce cas, il est important de regarder d'où vient ce ressenti, ce qui le nourrit et aussi ce qui pourrait aider à en sortir. La Bible nous apprend que ce qui fait obstacle à la relation avec Dieu, ce sont les idoles, c'est-à-dire ce qui sature l'espace et empêche Dieu et les autres d'avoir la place qui leur revient.

Il est donc sain de regarder ce qui, dans sa vie, relève d'une complicité avec les idoles, parce que cela peut effectivement empêcher de développer une relation avec Dieu. Mais il y a aussi une culpabilité que ressentent certaines personnes homosexuelles, qui peut être exagérée et mortifère. Il est essentiel de ne pas en rester là et de comprendre que Dieu nous accueille quoi qu'il arrive.

Identité d'Enfant de Dieu

La foi nous apprend à découvrir une autre dimension de notre identité, celle d'enfant de Dieu. Tout ce qui nous constitue par ailleurs - orientation affective et sexuelle notamment - ne peut être envisagé, dans la foi, qu'à partir de cette identité de fils et filles de Dieu.

Ne se définir que par l'homosexualité ou ne voir que l'homosexualité chez l'autre, revient à la même erreur de perspective. L'homosexualité n'est jamais le tout de la personne. L'identité d'enfant de Dieu est première. La foi peut à cet égard nous aider à ne tomber ni dans la fascination ni dans la diabolisation de l'homosexualité.

Être fils et filles de Dieu, c'est donc recevoir une identité comme un cadeau. Mais c'est aussi laisser le baptême reçu nous transformer pour, peu à peu, vivre et aimer à la manière de Dieu et selon l'Évangile, à partir de ce que nous sommes.

Accepter son Homosexualité et Rester Fidèle à sa Foi

Pour un chrétien, il n'est pas facile d'accepter son homosexualité : il semble a priori inconciliable d'être à la fois croyant et homosexuel ! Encore faut-il savoir ce qu'on entend par « accepter » : cela signifie-t-il se conformer à une « vie homosexuelle » et changer de vie, ou bien est-ce tout simplement consentir au réel et s'accepter soi-même dans toutes les dimensions de son être, y compris affectives, c'est-à-dire faire la paix en soi ?

Bien des obstacles, pourtant, mettent un chrétien homosexuel dans une position difficile. Il y a d'abord des discours pas toujours faciles à entendre : l'Église considérant l'homosexualité comme étrangère à la « loi naturelle » et la Bible qualifiant les actes homosexuels d'« abomination », comment ne pas croire que Dieu lui-même condamne l'homosexualité ?

En s'acceptant tel que l'on est et en s'apercevant que l'on n'en est pas moins aimable aux yeux de Dieu, on découvre aussi un autre visage de l'Église, une Église de miséricorde dans laquelle tout homme a sa place. Une Église qui n'est pas d'abord une institution ou une communauté de gens parfaits, mais un peuple d'hommes et de femmes en chemin, en voie de sanctification.

Finalement, l'acceptation, loin d'éloigner de la foi, invite à faire l'unité en soi, à (ré)concilier foi et homosexualité et à ne pas vivre divisé, coupé en deux.

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