Lorsqu'un couple rencontre des difficultés à concevoir un enfant, il est souvent conseillé de consulter un médecin généraliste ou un gynécologue. Ensemble, ils peuvent convenir de la nécessité d'un bilan d'infertilité. Ce bilan, qui concerne aussi bien l'homme que la femme, vise à identifier les causes potentielles de l'infertilité et à proposer les solutions les plus adaptées. Cet article vous guide à travers les différentes étapes de ce bilan, en mettant l'accent sur le rôle de l'échographie dans la confirmation de la fécondation de l'ovule.
Le bilan initial d'infertilité : Une approche globale
Le premier bilan d'infertilité comprend une série d'examens et d'entretiens visant à évaluer la santé reproductive des deux partenaires.
Chez la femme
Anamnèse : Le gynécologue interrogera les deux conjoints sur la durée de l'infertilité, les antécédents médicaux et chirurgicaux, ainsi que les antécédents familiaux.
Prise de sang : Une prise de sang est généralement prescrite au début du cycle menstruel, entre le 2e et le 4e jour des règles. Elle permet :
- De déterminer la situation vis-à-vis de certaines infections (rubéole, toxoplasmose, VIH, syphilis, hépatites, chlamydiae, etc.). Ces sérologies sont prescrites par le médecin et réalisées dans n'importe quel laboratoire, sans nécessité d'être à jeun.
- D'évaluer le fonctionnement du cycle menstruel grâce au dosage de la FSH, de la LH, de l'œstradiol et de la progestérone.
- D'évaluer la réserve ovarienne grâce au dosage de l'AMH (hormone anti-mullérienne). Il est important de noter que cette prise de sang n'est généralement pas remboursée par la Sécurité Sociale.
Échographie pelvienne : L'échographie est réalisée par voie vaginale en début de cycle, entre le 4e et le 8e jour. Elle permet de visualiser l'utérus, les ovaires et, parfois, les trompes si elles sont anormalement dilatées (hydrosalpinx). Le service de radiologie peut prescrire une prise de sang préalable pour s'assurer de l'absence de grossesse ou d'infection. Il n'est pas nécessaire d'être à jeun pour cet examen. Un inconfort ressemblant à des règles douloureuses peut être ressenti, mais il peut être atténué par la prise d'antalgiques (paracétamol) ou d'antispasmodiques (Spasfon).
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Échographie avec injection de produit de contraste (EXEM) : Cette échographie permet de visualiser la perméabilité des trompes, en remplacement de la traditionnelle radiographie des trompes (hystérosalpingographie). Un produit mousseux (EXEM) est injecté dans la cavité utérine.
Autres examens complémentaires : En fonction des résultats des premiers examens, d'autres investigations peuvent être nécessaires, telles que :
- La courbe de température : La femme note sa température tous les matins avant de se lever, pendant trois mois. Cette courbe permet d'évaluer la qualité de l'ovulation.
- L'hystérosalpingographie : Un produit est injecté dans l'utérus pour visualiser d'éventuelles anomalies ou obstructions des trompes.
- L'hystéroscopie diagnostique : Une fibre optique est introduite dans l'utérus pour observer l'intérieur de la cavité utérine.
- La coelioscopie : Recommandée en cas de risques de troubles des trompes ou du pelvis, elle permet de confirmer un diagnostic et de corriger les anomalies.
- Echographie en 3D avec hystérosonographie: Une échographie par voie endovaginale, au cours de laquelle on introduit un cathéter dans l’utérus après passage du col. On y injecte alors de l’eau qui va décoller les deux feuillets endométriaux et ouvrir la cavité utérine.
Chez l'homme
Spermogramme : Cet examen, réalisé au laboratoire PMA, évalue la qualité et la quantité des spermatozoïdes, et s'assure de l'absence d'infection. Il est important de prendre rendez-vous au laboratoire et de respecter les conditions de prélèvement qui seront expliquées par la technicienne.
Test de migration-survie des spermatozoïdes (TMS) : Il s’agit d’une prise de sang à faire au 3ème 4ème jour du cycle au laboratoire d’analyse du centre de PMA. Cet examen n’est pas systématique. BUT : Evaluer la qualité et la quantité des gamètes males et s’assurer de l’absence d’infection.
Test Post-Coïtal
- Test de Hühner (examen de la glaire cervicale) : Cet examen, qui concerne le couple, est très simple et non douloureux. La glaire cervicale (sécrétion claire et filante élaborée au niveau du col de l’utérus de la femme) est prélevée au cours d’un examen gynécologique au spéculum, en consultation, 6 à 12 heures après un rapport sexuel. L’objectif est de s’assurer de la qualité de la glaire cervicale de la femme et de la pénétration des spermatozoïdes de l’homme dans celle-ci. Une analyse à l'œil nu permet d'apprécier la qualité de la glaire cervicale et un examen au microscope permet d'évaluer la mobilité des spermatozoïdes au sein de cette glaire.
L'échographie et la confirmation de la fécondation
L'échographie joue un rôle crucial dans le suivi de la fécondation et du développement embryonnaire. Cependant, il est important de comprendre ses limites.
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Visualisation de l'ovule fécondé
Immédiatement après la fécondation, l'ovule est microscopique et invisible à l'échographie. Une enveloppe résistante se forme autour de l'œuf pour empêcher la pénétration d'autres spermatozoïdes. L'œuf se divise ensuite rapidement :
- Le deuxième jour après la fécondation, il se compose de quatre cellules.
- Le troisième jour, il en compte 12 à 16.
- À ce stade, l'ovule divisé ressemble à une mûre et est appelé "morula".
Malgré ces divisions, l'ovule fécondé reste inférieur à un millimètre et n'est donc pas détectable par une échographie traditionnelle. Il n'est donc pas possible de confirmer le début de la grossesse par échographie à ce stade précoce.
Détection de la grossesse
L'œuf atteint l'utérus environ cinq jours après la fécondation. L'implantation dans la paroi utérine (endomètre) se produit vers le 5e ou 6e jour. C'est à partir de ce moment que la grossesse peut potentiellement être détectée par des tests et, plus tard, par échographie.
Tests de grossesse : Les tests urinaires de grossesse détectent l'hormone hCG, produite par l'embryon en développement. Cependant, ils ne permettent pas de dater précisément la grossesse. La prise de sang dosant la bêta-hCG quantifie cette hormone et peut donner une indication de l'ancienneté de la grossesse en fonction de sa valeur et de son évolution sur 48 heures.
Échographie de datation : L'échographie de datation est généralement réalisée au cours du premier trimestre de la grossesse. Elle permet de déterminer l'âge gestationnel en mesurant la taille de l'embryon et de confirmer la viabilité de la grossesse. L'échographie permet de visualiser le sac gestationnel, puis l'embryon et son activité cardiaque.
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Les traitements de l'infertilité et l'échographie
Si le bilan d'infertilité révèle des anomalies, différentes options de traitement peuvent être envisagées. L'échographie joue un rôle important dans le suivi de ces traitements.
Stimulation ovarienne et insémination artificielle (IAC)
- Stimulation ovarienne : La stimulation ovarienne vise à stimuler le développement de plusieurs follicules dans les ovaires. Elle est réalisée à l'aide d'un traitement hormonal sous forme d'injections.
- Suivi échographique : L'échographie est utilisée pour surveiller la croissance des follicules et déterminer le moment optimal pour déclencher l'ovulation. Le déclenchement est décidé lorsqu’il existe au moins deux à trois follicules de 16 à 18 mm de diamètre avec un taux d’œstradiol concordant au nombre de follicules matures visualisés. Le déclenchement de l’ovulation est induit par une injection sous-cutanée d’Ovitrelle® (hCG recombinante).
- Insémination artificielle : Le sperme, préparé en laboratoire, est introduit dans la cavité utérine à l'aide d'un cathéter. L'échographie n'est pas directement impliquée dans l'insémination elle-même, mais elle peut être utilisée pour confirmer l'ovulation avant la procédure.
Fécondation in vitro (FIV)
- Stimulation ovarienne et suivi échographique : Comme pour l'IAC, la stimulation ovarienne est suivie par échographie pour surveiller la croissance folliculaire.
- Ponction ovocytaire : La ponction ovocytaire est l'acte médical qui permet de recueillir le liquide folliculaire (contenant les ovocytes) dans les ovaires. Le prélèvement est effectué au bloc opératoire de la clinique 32 à 36 heures après l’injection d’Ovitrelle. L’aiguille de ponction va collecter le liquide folliculaire à travers la paroi vaginale sous contrôle échographique.
- Transfert d'embryons : Après la fécondation in vitro, les embryons sont cultivés en laboratoire. Le transfert d'embryons consiste à déposer un ou deux embryons dans la cavité utérine. L'échographie peut être utilisée pour guider le placement du cathéter lors du transfert.
- Suivi de grossesse : En cas de succès de la FIV, l'échographie est utilisée pour confirmer la grossesse et suivre le développement embryonnaire.
Transfert d'embryons congelés (TEC)
- Préparation de l'endomètre : Le transfert peut être envisagé sur un cycle naturel (sans traitement) ou sur un cycle substitué (traitement hormonal). Le but est de préparer la muqueuse utérine à la nidation d’un embryon et de déterminer le moment optimal pour réaliser le transfert.
- Surveillance échographique et/ou biologique : Une surveillance échographique et/ou biologique sera effectuée pendant la première partie de votre cycle afin de déterminer le moment optimal pour réaliser le transfert. Si la préparation de l'endomètre est jugée satisfaisante, nous procéderons alors à la décongélation de 2 ou 3 embryons.
Informations complémentaires et recommandations
- Informations préconceptionnelles : Le Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF) recommande d'informer les couples sur la fréquence des rapports sexuels, les mesures hygiéno-diététiques, les risques liés à l'âge, l'obésité, le tabac, etc.
- Encadrement légal : La loi N° 2011-814 du 7 juillet 2011 relative à la bioéthique et l'arrêté du 03 août 2010 relatif aux règles de bonnes pratiques cliniques et biologiques d’assistance médicale à la procréation encadrent strictement la pratique de l'AMP.
- Réunion de concertation pluridisciplinaire : La réunion de concertation pluridisciplinaire réunit les équipes clinique et biologique pour discuter du choix du type de PMA le plus adapté au couple.
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