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La mobilisation de la population irlandaise et les informations sur l'IVG : un tournant historique

L'Irlande, pays à forte tradition catholique, a longtemps eu l'une des législations les plus restrictives en matière d'avortement au sein de l'Union européenne. L'interdiction quasi-totale de l'interruption volontaire de grossesse (IVG) a conduit des milliers de femmes à avorter clandestinement à l'étranger, ou à recourir à des pilules abortives illégales, souvent sans suivi médical. Face à cette situation, le gouvernement irlandais a proposé un référendum sur l'abrogation du huitième amendement de la Constitution, qui interdisait l'avortement. Le 25 mai 2018, les Irlandais se sont prononcés massivement en faveur de la légalisation de l'IVG, marquant un tournant historique pour les droits des femmes et la société irlandaise.

Contexte historique : Une législation restrictive et répressive

Jusqu'en 2018, l'Irlande disposait de l'une des législations les plus restrictives et répressives de l'Union européenne en matière d'avortement. Ce pays à forte tradition catholique interdisait totalement de pratiquer celui-ci sauf s'il résultait d'une opération visant à sauver la vie de la mère. En 1983, un huitième amendement avait même été ajouté à la Constitution de la République d'Irlande visant à protéger « l'enfant à naître » au nom de son droit à la vie, « égal à celui de la mère ». Une femme portant un bébé atteint de malformation n'avait donc pas le droit de se faire avorter. De même, une femme victime d'un viol ou d'un inceste ne pouvait pratiquer une interruption volontaire de grossesse (IVG). Un avortement était ainsi passible de la prison à vie entre 1861 et 2013 et de quatorze années de détention depuis 2013.

Les avortements clandestins pratiqués à l'étranger étaient donc très nombreux. Entre 1 500 et 2 000 recouraient à des pilules abortives illégales sans possibilité de suivi médical et entre 3 000 et 4 000 se rendaient au Royaume-Uni pour avorter.

Face à cette situation intenable contraignant quelque 5 000 Irlandaises chaque année à avorter illégalement, le Premier ministre de centre-droit Leo Varadkar, à la tête du gouvernement irlandais depuis 2017, décide de proposer un référendum sur l'abrogation du huitième amendement prohibant tout avortement. Le 25 mai 2018, les Irlandais se prononcent ainsi très majoritairement en faveur de la légalisation de l'IVG : 66,4 % des 2,1 millions d'électeurs ayant pris part au scrutin votent « oui ».

Ce résultat historique est aussitôt salué par Leo Vardakar : Ce que nous vivons aujourd'hui est l'aboutissement d'une révolution tranquille qui a eu lieu en Irlande depuis dix ou vingt ans. Les gens se sont exprimés et ils ont dit : "Nous faisons confiance aux femmes et nous respectons leur droit de prendre les bonnes décisions pour leur propre santé". Le résultat du référendum confirme la perte croissante d'influence de l'Église catholique sur la population irlandaise, même si 87 % des Irlandais se disent encore catholiques. En effet, en 1995, les Irlandais n'avaient approuvé la légalisation du divorce que par 50,3 % des voix. Puis, en 2015, ils avaient approuvé le mariage homosexuel par 62,07 % des voix.

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À la suite du large succès du « oui » au référendum du 25 mai 2018, le gouvernement de Leo Varadkar propose une loi permettant de pratiquer l'IVG sans justification pendant les douze premières semaines de grossesse, jusqu'à vingt-quatre semaines en cas de risque grave pour la santé de la mère et ensuite uniquement en cas d'anomalie fœtale. Adoptée par le Parlement irlandais le 13 décembre 2018, la loi légalisant l'avortement entre en vigueur le 1er janvier 2019.

Le référendum de 2018 : Une victoire pour les droits des femmes

Le 25 mai 2018, les Irlandais ont été appelés aux urnes pour se prononcer sur l'abrogation du huitième amendement de la Constitution, qui interdisait l'avortement. La campagne référendaire a été intense, avec des mobilisations importantes des deux camps : les partisans du "oui", favorables à la légalisation de l'IVG, et les partisans du "non", attachés au maintien de l'interdiction.

Le résultat du référendum a été sans appel : 66,4 % des électeurs ont voté en faveur de l'abrogation du huitième amendement. Cette victoire a été saluée comme un tournant historique pour les droits des femmes en Irlande, et comme le signe d'une évolution des mentalités dans un pays longtemps marqué par le poids de la religion catholique.

À Dublin, les partisans du « oui » ont célébré leur victoire au référendum sur l’avortement organisé en Irlande le 25 mai 2018. Plusieurs jeunes femmes interrogées ont salué un résultat historique, tandis qu’un militant anti-avortement l’a déploré.

La loi de 2018 : Un cadre légal pour l'IVG

À la suite du large succès du « oui » au référendum du 25 mai 2018, le gouvernement de Leo Varadkar a proposé une loi permettant de pratiquer l'IVG sans justification pendant les douze premières semaines de grossesse, jusqu'à vingt-quatre semaines en cas de risque grave pour la santé de la mère et ensuite uniquement en cas d'anomalie fœtale.

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Adoptée par le Parlement irlandais le 13 décembre 2018, la loi légalisant l'avortement est entrée en vigueur le 1er janvier 2019. Cette loi a permis de mettre fin à l'interdiction de l'IVG et d'offrir aux femmes irlandaises un accès légal et sécurisé à l'avortement.

L'Assemblée citoyenne : Un rôle clé dans le processus de légalisation

En 2016, une Assemblée citoyenne a été créée en Irlande afin de réfléchir à divers enjeux sociétaux, tels que la légalisation de l'avortement, le réchauffement climatique, le vieillissement de la population et la réforme du Parlement. Le premier dossier sur lequel l'Assemblée a dû se pencher fut celui de l'avenir du 8e amendement à la Constitution garantissant le droit à la vie de l'enfant à naître.

Le 25 mai 2018, le peuple irlandais s'est prononcé en faveur de l'abrogation du 8e amendement qui avait été adopté trente-cinq ans plus tôt par 66,9 % de l'électorat. Le présent article a pour objectif, d'une part d'étudier le processus long et fastidieux qui a débouché sur la légalisation de l'avortement et, d'autre part d'analyser le rôle essentiel que l'Assemblée citoyenne a joué dans ce résultat. Il semble fondamental de s'interroger sur l'autonomie politique de l'Assemblée. En quoi et comment parvient-elle à amoindrir la place de l'Église et de l'État dans le domaine de la morale sociale ?

L'Assemblée citoyenne a joué un rôle décisif dans la victoire du "oui" au référendum de mai 2018, car elle a permis de créer un espace de dialogue et de réflexion sur la question de l'avortement, en associant des citoyens ordinaires à la prise de décision.

Les enjeux persistants : L'accès à l'IVG et l'influence des mouvements anti-avortement

Malgré la légalisation de l'IVG en Irlande, des enjeux importants persistent, notamment en ce qui concerne l'accès à l'avortement dans certaines régions du pays, et l'influence des mouvements anti-avortement, qui continuent à militer pour la restriction du droit à l'IVG.

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Les groupes anti-avortement sont à l’œuvre partout dans le monde. Leur action est internationale : en défendant un soi-disant droit à la vie pour « l’enfant à naître », au mépris de la vie et de la santé des femmes, ils tissent une toile entre différents courants conservateurs, ultra-conservateurs, d’extrême droite et religieux à travers le monde en bénéficiant de généreux financements privés. En Europe, ils tentent soit de limiter en pratique l’accès à l’avortement là où il est légal comme en Italie, où plus de 80 % de médecins italiens, sous l’influence de ces groupes, utilisent la clause de conscience dans le secteur public.

Il est donc essentiel de rester vigilant et de continuer à défendre le droit à l'IVG en Irlande, afin de garantir que toutes les femmes puissent bénéficier d'un accès égal et effectif à l'avortement.

L'Irlande du Nord : Un contraste saisissant

Après le oui sans appel des Irlandais à la libéralisation de l'avortement, les regards se tournent vers l'Irlande du Nord, nation constitutive du Royaume-Uni, où la législation en la matière demeure restrictive. Si de nombreux politiques de tous bords appellent à la légalisation de l'IVG depuis Londres, la presse locale met en garde contre toute tentation de priver les Nord-Irlandais de ce choix crucial.

Dans cette nation constitutive du Royaume-Uni, l'IVG n'est autorisée qu'en cas de danger pour la santé de la femme enceinte, alors qu'elle est légale jusqu'à la 24e semaine sans restriction en Grande-Bretagne (Écosse, pays de Galles et Angleterre). Depuis l'annonce des résultats à Dublin, des voix s'élèvent donc pour réclamer un alignement sur le reste du pays.

La situation en Irlande du Nord met en évidence les disparités qui peuvent exister en matière de droits des femmes au sein d'un même pays, et souligne la nécessité de poursuivre les efforts pour garantir l'accès à l'IVG pour toutes les femmes, quel que soit leur lieu de résidence.

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