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Comprendre et Gérer la Menstruation : Chaleur, Agressivité et Causes

Les fluctuations hormonales durant le cycle menstruel peuvent entraîner divers symptômes, allant de la chaleur et de l'agressivité aux changements d'humeur. Cet article explore les causes de ces manifestations et propose des pistes pour mieux les comprendre et les gérer.

Le Rôle Clé des Œstrogènes et de la Progestérone

Les œstrogènes, souvent considérés comme les « hormones de la féminité », jouent un rôle essentiel dans le cycle féminin. Ils influencent non seulement les caractéristiques corporelles, mais aussi l'état psychologique. Des déséquilibres au niveau des œstrogènes, qu'il s'agisse d'un excès (hyperœstrogénie) ou d'un déficit, peuvent entraîner divers symptômes et pathologies. Il est donc crucial de comprendre leur rôle et leur fonctionnement.

La production des œstrogènes est un processus complexe qui commence à partir du cholestérol. La testostérone est ensuite transformée en œstrogène grâce à une enzyme appelée aromatase. Une bonne santé thyroïdienne et mitochondriale est essentielle pour une production optimale d'œstrogènes, les mitochondries étant les « petites usines à énergie » présentes dans nos cellules.

Il existe trois types d'œstrogènes, l'estradiol étant le principal chez la femme en âge de procréer. La forme libre de l'œstrogène est la forme active, c'est-à-dire celle qui n'est pas liée à un transporteur. Une fois leur rôle accompli, les œstrogènes doivent être éliminés par la voie hépatique, étant liposolubles. La détoxification hépatique, en phase 1, présente un polymorphisme génétique important, ce qui explique les différences individuelles dans la capacité à métaboliser les œstrogènes.

L'équilibre hormonal est essentiel, non seulement entre la production et l'élimination des œstrogènes, mais aussi entre les œstrogènes et d'autres hormones comme la progestérone. Des déséquilibres peuvent résulter d'un déficit des précurseurs des œstrogènes (cholestérol, fer), d'une hypothyroïdie ou d'une santé mitochondriale non optimale.

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Syndrome Prémenstruel (SPM) : Un Déséquilibre Hormonal

Le syndrome prémenstruel (SPM) est un ensemble de symptômes physiques et psychiques qui se manifestent pendant la phase lutéale du cycle menstruel, généralement quelques jours avant les règles. Il est dû à un déséquilibre hormonal et affecte une grande majorité de femmes, avec des symptômes allant de légers à handicapants.

Alimentation et SPM

L'alimentation joue un rôle central dans l'équilibre hormonal. Une alimentation déséquilibrée peut avoir des répercussions significatives sur les taux d'œstrogènes et de progestérone. Le corps a besoin de macro et de micronutriments pour fonctionner correctement. Des carences en vitamines, minéraux, oligo-éléments ou lipides peuvent perturber la production d'hormones.

Par exemple, une ovulation réussie nécessite du zinc, du sélénium, de l'iode et de la vitamine D. Les œstrogènes et la progestérone étant dérivés du cholestérol, un apport suffisant en lipides est également crucial. Une alimentation inflammatoire, riche en viandes, sucres raffinés et produits ultra-transformés, peut perturber la communication entre le cerveau et les ovaires et impacter la production d'œstrogènes. De même, une alimentation provoquant des pics de glycémie peut entraîner une surproduction d'insuline, affectant les ovaires et leur production d'œstrogènes.

Une alimentation « encrassante », riche en graisses saturées et sucres raffinés, peut également impacter l'équilibre hormonal en surchargeant le foie et la flore intestinale.

Gestion Émotionnelle et Stress

Le stress est un perturbateur majeur du cycle menstruel. Il affecte l'axe hypothalamo-hypophyso-ovarien, l'inflammation, la glycémie et la sécrétion de cortisol, contribuant ainsi au SPM. Le stress chronique sollicite les glandes surrénales, entraînant une sécrétion excessive de cortisol et un déséquilibre hormonal. Il peut également conduire à une fatigue surrénalienne, dont les symptômes sont similaires à ceux du SPM : déprime, irritabilité, fatigue, fringales de sucre, baisse de libido.

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L'acceptation de cette phase prémenstruelle est essentielle. Les hormones fluctuent, et il est normal de se sentir bousculée. Il est important d'écouter son corps et de prendre en compte ses besoins. Lutter contre lui peut épuiser et renforcer le SPM. Cette phase peut être une opportunité de comprendre ce qui doit être changé dans sa vie.

Certaines huiles essentielles peuvent aider à calmer le stress, comme la Camomille Romaine, la Marjolaine à Coquilles et le Néroli. Les élixirs floraux, comme l'Impatience et le Houx, peuvent également aider à traverser cette phase plus sereinement.

Sommeil et SPM

Un sommeil de qualité est essentiel pour gérer le SPM. C'est pendant le sommeil que le corps se nettoie et se répare. Un manque de sommeil peut affecter les glandes surrénales, réduire la résistance au stress, favoriser une alimentation déséquilibrée et augmenter le risque de dépression.

Pour améliorer le sommeil, il est conseillé d'aérer la chambre, de maintenir une température fraîche, de respecter des horaires réguliers, d'éviter les activités excitantes en soirée, de privilégier la lumière naturelle et de limiter l'exposition à la lumière bleue des écrans.

Certaines plantes comme la Passiflore, la Valériane et l'Eschscholzia peuvent également favoriser le sommeil. L'huile essentielle de Mandarine peut être utilisée pour ses propriétés relaxantes.

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Activité Physique Adaptée

Une activité physique adaptée est nécessaire pour apaiser le SPM. L'exercice physique libère des endorphines, améliore l'humeur, aide à maintenir un poids sain, réduit l'inflammation et favorise la détoxification hormonale. Il est important de choisir une activité adaptée à ses capacités et de se fixer des objectifs réalisables.

Soutenir le Foie

Le foie joue un rôle crucial dans la détoxification hormonale, notamment en dégradant les œstrogènes après l'ovulation. Il est donc essentiel de le soutenir. Une détoxification hépatique défaillante peut rendre les œstrogènes encore plus toxiques.

Pour soutenir le foie, on peut appliquer une bouillotte chaude sur la zone hépatique, consommer des aliments amers comme la roquette et le radis noir, ainsi que l'artichaut, les asperges, les oignons et l'ail. Des pauses digestives, comme une alimentation hypotoxique ou une monodiète hebdomadaire, peuvent également être bénéfiques.

Bichonner la Flore Intestinale et le Transit

Une flore intestinale équilibrée est essentielle pour un bon équilibre hormonal. Si la flore est déséquilibrée (dysbiose), les œstrogènes en voie de dégradation peuvent être réabsorbés, entraînant une augmentation du taux d'œstrogènes toxiques. Un bon transit est également primordial pour éliminer les déchets.

L'équilibre de la flore intestinale dépend de l'alimentation, de la gestion émotionnelle et de l'activité physique. Les aliments fermentés, les prébiotiques et les aliments riches en fibres alimentaires favorisent la diversité et la croissance des bactéries intestinales.

Changements d'Humeur Pendant les Règles

Les changements d'humeur pendant les règles sont causés par la fluctuation des niveaux d'hormones, en particulier la chute du taux d'œstrogènes. L'œstrogène peut entraîner une baisse des niveaux de sérotonine dans le cerveau, une substance chimique importante pour la bonne humeur.

Les sautes d'humeur dépendent en grande partie des niveaux d'œstrogènes et de progestérone dans l'organisme. Après l'ovulation, le taux de progestérone augmente progressivement, ce qui peut s'accompagner de maux de tête, de fatigue ou d'une sensibilité des seins. Les hormones pendant les règles sont également responsables de la rétention d'eau dans l'organisme. Après le début des saignements, la progestérone diminue et les œstrogènes augmentent, ce qui apporte plus d'énergie et d'optimisme.

Certaines femmes sont exposées à des sautes d'humeur excessives, ce qu'on appelle le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM). La mauvaise humeur pendant les règles est aussi souvent le résultat du syndrome prémenstruel.

Gérer les Changements d'Humeur

Pour gérer les changements d'humeur pendant les règles, il est conseillé de :

  • Pratiquer du sport pour stimuler la sécrétion d'endorphines.
  • Éviter la caféine et les aliments riches en sucre.
  • Éviter le stress et utiliser des techniques de relaxation.
  • Adopter une alimentation saine et équilibrée, riche en fibres.
  • Rencontrer des amis et partager ses émotions.
  • Consulter un médecin si les symptômes sont sévères.

Trouble Dysphorique Prémenstruel (TDPM)

Le trouble dysphorique prémenstruel (TDPM) est un trouble de l'humeur cyclique qui touche entre 1,8 et 5,8 % des personnes menstruées. Les symptômes surviennent dans le courant de la phase lutéale du cycle (7 à 10 jours avant les règles), s’atténuent pendant les règles et cessent définitivement à la fin de celles-ci. Le TDPM se distingue du SPM par la combinaison de symptômes physiques et psychiques intenses qui perturbent profondément la vie quotidienne. Il augmente également le risque de dépression majeure, d’idées suicidaires et de tentatives de suicide.

Le TDPM semble lié à une hypersensibilité du cerveau aux variations hormonales, notamment à la chute des œstrogènes et de la progestérone qui survient juste avant les règles. Cette hypersensibilité impacterait la production de neurotransmetteurs clés comme la sérotonine et la dopamine, qui régulent l’humeur.

Diagnostic et Prise en Charge du TDPM

Le diagnostic du TDPM est souvent tardif. La première étape consiste à tenir un journal de bord pendant 2 à 3 cycles consécutifs, en notant chaque jour les symptômes, leur intensité et leur impact sur la vie quotidienne.

Il est important de consulter un médecin généraliste, un gynécologue médical ou un psychiatre, en fonction de la sévérité des symptômes et des antécédents de troubles de l’humeur. Un psychologue ou un psychothérapeute formé aux TCC peut également être utile.

Plusieurs solutions peuvent atténuer les symptômes du TDPM, voire les faire disparaître totalement :

  • Les antidépresseurs ISRS (inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine).
  • La pilule contraceptive en continu.
  • Les traitements hormonaux plus lourds (en dernier recours).
  • La thérapie cognitivo-comportementale (TCC).

Il est également conseillé de planifier en fonction de son cycle, d'en parler à ses proches, de prévenir à l'avance et d'exprimer ses émotions.

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