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Menace de fausse couche tardive : causes, symptômes et prise en charge

La fausse couche spontanée, un arrêt accidentel de grossesse, est une épreuve souvent difficile à surmonter pour la femme et son couple. Bien que généralement sans conséquence sur les grossesses futures, elle suscite de nombreuses questions et inquiétudes. Cet article se concentre sur la fausse couche tardive, ses causes, ses symptômes et les options de prise en charge disponibles.

Qu'est-ce qu'une fausse couche ?

Une fausse couche est définie comme l'interruption spontanée d'une grossesse avant le seuil de viabilité du fœtus. On distingue deux types principaux de fausses couches:

  • Fausse couche précoce : Survenant avant la 14e semaine d'aménorrhée (premier trimestre). Elle touche environ 15 % des grossesses et est souvent isolée.
  • Fausse couche tardive : Se produisant entre la 14ème et la 22ème semaine d'aménorrhée, ce qui correspond environ au cinquième mois de grossesse. Elle est bien moins fréquente que la fausse couche précoce, touchant environ 1% des grossesses.

On parle de fausses couches à répétition lorsque la femme de moins de 40 ans, enceinte avec le même partenaire, présente au moins 3 fausses couches spontanées consécutives avant 14 semaines d'aménorrhée.

Fausse couche tardive : définition et fréquence

La fausse couche tardive désigne l’interruption involontaire d’une grossesse survenant entre 14-15 semaines d’aménorrhée (SA) et 22-24 SA, selon les termes de viabilité du fœtus que l’on prend en compte. Elle survient donc entre 16-17 semaines de grossesse (SG) et 24-26 SG.

Contrairement à la fausse couche précoce, qui concerne une grossesse sur 4 en moyenne, la fausse couche tardive reste un phénomène rare et extrêmement minoritaire.

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Causes de la fausse couche tardive

Bien que certaines grossesses s'arrêtent de manière tardive pour des raisons inexpliquées, plusieurs facteurs peuvent être à l'origine d'une fausse couche tardive :

  • Anomalies chromosomiques de l'embryon : C'est l'hypothèse la plus probable dans de nombreux cas.
  • Béance cervico-isthmique : Il s'agit d'un col de l'utérus qui n'est pas suffisamment compétent d'un point de vue mécanique et qui s'ouvre trop facilement sous l'influence de l'augmentation de la pression dans l'utérus. C'est la cause la plus fréquente de fausse couche tardive avec expulsion ou menace d'expulsion du fœtus.
  • Infections : Certaines infections, comme la toxoplasmose ou la listériose, peuvent endommager le fœtus. Une grippe s’accompagnant d’une forte fièvre non prise en charge peut aussi conduire à l’ouverture du col et in fine à une fausse couche tardive. Des infections vaginales à répétition (vaginose bactérienne, mycose, etc.) peuvent aussi aboutir à l’ouverture du col.
  • Dysfonctionnement du placenta.
  • Malformations de l'utérus : Par exemple, un utérus à fond arqué, un utérus cloisonné ou un utérus bicorne.
  • Anomalies de la cavité utérine.
  • Bouleversements hormonaux.
  • Anomalies de la coagulation sanguine.
  • Facteurs de risque liés au mode de vie : La consommation de substances telles que la cocaïne, l’alcool et le tabac (cigarettes) sont des facteurs de risque.
  • Antécédents médicaux : Un antécédent de fausse couche tardive ou d’accouchement prématuré, un antécédent de trachélectomie (ablation chirurgicale du col de l’utérus).

Symptômes de la fausse couche tardive

Les symptômes d'une fausse couche tardive peuvent varier d'une femme à l'autre. Il est essentiel de consulter un médecin dès l'apparition de l'un de ces signes :

  • Pesanteur et douleurs au niveau du ventre : Liées à l'ouverture du col sans perception de contractions.
  • Saignements vaginaux : Des saignements vaginaux plus ou moins abondants et plus ou moins réguliers. Contrairement à une fausse couche précoce qui saigne quasiment tout le temps, la fausse couche tardive peut être silencieuse et ne s'accompagner d'aucun saignement. L'ouverture du col peut éventuellement provoquer des saignements, mais ils ne seront jamais aussi abondants qu'au premier trimestre.
  • Contractions utérines douloureuses. Les fausses couches du deuxième trimestre, dites tardives, se traduisent essentiellement par des contractions de l’utérus.
  • Rupture de la poche des eaux : Entraînant la perte de liquide amniotique et l'expulsion du fœtus. "La poche des eaux peut envahir le vagin avec le fœtus qui est à moitié dans le vagin et à moitié dans l'utérus.
  • Dilatation du col de l’utérus : Au travers duquel la poche des eaux fait saillie.

Diagnostic de la fausse couche tardive

Lors de la consultation médicale, le médecin examine la femme enceinte. Afin de connaître l’évolution de la grossesse il procède à une échographie. Cet examen permet de diagnostiquer une interruption de grossesse. L’échographie viendra alors confirmer que la cavité utérine est vide, que le fœtus a été expulsé, ou que le fœtus n’a plus d’activité cardiaque, la grossesse est arrêtée.

Prise en charge de la fausse couche tardive

La prise en charge d'une fausse couche tardive dépend de son stade d'évolution et des préférences de la patiente. Plusieurs options sont possibles :

  • Surveillance et expulsion spontanée : La patiente peut choisir d'attendre quelques jours que la fausse couche se déroule naturellement et spontanément.
  • Traitement médicamenteux : Pour aider le corps à expulser l'embryon ou le fœtus. Le misoprostol est administré soit par voie orale soit par voie vaginale. Il provoque des contractions musculaires et l’ouverture du col de l’utérus afin de permettre l’expulsion du placenta et des tissus embryonnaires.
  • Curetage par aspiration : Sous anesthésie générale, pour vider l'utérus. Après 16 semaines d'aménorrhée, le curetage par aspiration n'est plus possible. Il est alors nécessaire de procéder à un véritable accouchement.

Quand la fausse couche intervient après le premier trimestre, une hospitalisation est nécessaire car il peut donc y avoir des risques d’hémorragie. Le rejet a alors lieu sous anesthésie générale ou péridurale.

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Prévention de la fausse couche tardive

Bien qu'il ne soit pas toujours possible de prévenir une fausse couche tardive, certaines mesures peuvent être prises pour réduire les risques :

  • Surveillance médicale régulière : En particulier en cas d'antécédents de fausse couche ou de facteurs de risque.
  • Cerclage du col de l'utérus : En cas de suspicion de béance cervico-isthmique ou en cas d'antécédent de FCT, un cerclage du col de l'utérus peut être réalisé pour préserver la grossesse suivante. "Une surveillance régulière, notamment via des échographies endovaginales pour mesurer la longueur du col, sera instaurée.
  • Progestérone : L'administration de capsules de progestérone en intravaginal pourra être préconisée pour éviter tout raccourcissement du col. En effet, la progestérone vise à renforcer le tonus du col utérin et à limiter les contractions, réduisant ainsi le risque d'accouchement prématuré".
  • Traitement des infections vaginales : Pour éviter l'ouverture du col.
  • Adoption d'un mode de vie sain : Éviter le tabac, l'alcool et la cocaïne. Privilégier une alimentation équilibrée et un sommeil suffisant.
  • Prise en charge adaptée en cas d'antécédents : Le corps médical part généralement du principe qu’une patiente ayant déjà fait une fausse couche tardive est à risque d’en faire une autre. D’où la nécessité d’une prise en charge adaptée et d’un bilan, de préférence avant une nouvelle grossesse. On tentera de déterminer la ou les cause(s) de cette fausse couche tardive. Une échographie ou une IRM pelvienne pourra ainsi être prescrite avant une nouvelle grossesse, en vue d’éliminer la présence d’une éventuelle malformation utérine. Si une nouvelle grossesse survient après une fausse couche tardive, le cerclage n’est pas systématique, et plutôt réservé aux femmes ayant plusieurs antécédents de fausses couches.

Impact psychologique et accompagnement

Une fausse couche est un événement toujours choquant psychologiquement pour les femmes qui ressentent au plus profond d’elles-mêmes un sentiment de perte et de culpabilité. La brutale chute hormonale accentue ce désarroi. Il est donc primordial de ne pas minimiser l’importance d’une fausse couche.

Une étude de l’Inserm menée par Micheline Garel, montre que malgré sa fréquence la fausse couche est entourée de silence, rappelle SOS Bébés. L’impact et les conséquences d’une fausse couche s’avèrent sous-estimés, ce qui se traduit par un système de soins qui peut s’avérer être de mauvaise qualité pour ces femmes, y compris dans les pays les plus développés au monde.

Il est essentiel de ne pas hésiter à rechercher un soutien psychologique après une fausse couche. Le couple doit faire le deuil de cette grossesse, ce qui peut prendre un mois à un an. Accordez-vous du temps pour construire une nouvelle grossesse.

Des conséquences qui pourraient être limitées grâce à la mise en place d’un dépistage et d’un soutien psychologique pour toutes les femmes qui en ont besoin. Les sentiments négatifs (déception, culpabilité, remise en question de soi, anxiété autour des grossesses futures, etc.) peuvent devenir envahissants et, parfois, déséquilibrer le couple. Lorsqu’il est difficile de surmonter l’impact psychologique d’une fausse couche, il ne faut pas hésiter à en parler avec son médecin et, si nécessaire, à faire appel à un professionnel pour une aide psychologique.

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Implications pratiques et administratives

Lorsque l’accouchement a lieu avant 22 semaines d’aménorrhée, le congé maternité n’est pas possible. En revanche, le médecin peut établir un arrêt de travail, lequel ouvre droit à une indemnisation par l’Assurance Maladie. Le père peut, quant à lui, bénéficier d’une autorisation exceptionnelle d’absence pour événement familial. Si l’accouchement intervient après 22 semaines d’aménorrhée, le congé maternité est accordé dans sa totalité, et selon les termes habituels (rang de l’enfant dans la fratrie).

Quant à la reconnaissance de l’enfant sans vie et à son inscription dans le livret de famille, elle est possible à condition qu’un certificat d’accouchement ait été délivré. Lorsque l’accouchement a eu lieu avant 22 SA, la famille peut en faire la demande à l’équipe médicale, tandis qu’il est systématiquement délivré après le terme de 22 SA.

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