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Les Recommandations des Médecins de PMI Concernant les Écrans et la Petite Enfance

L'omniprésence des écrans dans notre société moderne soulève des questions cruciales quant à leur impact sur le développement des jeunes enfants. Les médecins de Protection Maternelle et Infantile (PMI) sont en première ligne pour observer et évaluer les effets de cette exposition précoce. Cet article explore les recommandations des médecins de PMI concernant l'utilisation des écrans chez les enfants de moins de trois ans, en s'appuyant sur les recherches actuelles et les observations cliniques.

L'Exposition Précoce aux Écrans : Un Phénomène Préoccupant

Dans un monde de plus en plus connecté, les familles, y compris les très jeunes enfants, sont constamment exposées aux écrans, qu'il s'agisse de télévisions, d'ordinateurs, de tablettes ou de téléphones. Beaucoup de parents considèrent ces outils comme pratiques et éducatifs, pensant qu'ils préparent leurs enfants au monde de demain. Cependant, cette surexposition, en particulier avant l'âge de trois ans, suscite de vives inquiétudes chez les professionnels de la petite enfance.

Les Dangers de la Surexposition aux Écrans avant 3 Ans

Le Dr Anne-Lise Ducanda, médecin à la PMI et spécialiste de la surexposition aux écrans, souligne que les écrans captent fortement l'attention des jeunes enfants, les privant ainsi de leurs besoins vitaux. Les premières années de la vie sont décisives pour le développement de l'enfant, période durant laquelle il interagit face à face avec les personnes qui prennent soin de lui et découvre le monde à travers ses sens.

Plus de 5000 études, principalement internationales, mettent en évidence les effets néfastes de la surexposition aux écrans chez les tout-petits. La règle d'or est désormais claire : aucun écran avant l'âge de 2 ou 3 ans, y compris les écrans utilisés par les membres de la famille en présence de l'enfant.

Conséquences sur le Développement Cérébral et Psychomoteur

Lorsque le cerveau de l'enfant est privé de stimulations adéquates, il peine à établir des connexions cérébrales saines, voire en crée de mauvaises. Ce manque d'interactions humaines de qualité et d'expériences concrètes peut entraîner des retards de langage, cognitifs et moteurs. L'enfant peut avoir du mal à comprendre des instructions simples, à marcher correctement, ou à tenir un crayon, car il n'a pas développé les muscles de sa main, sa dextérité et sa coordination.

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Troubles du Comportement et de la Relation

La surexposition aux écrans peut également engendrer des comportements agressifs, une intolérance à la frustration et une incapacité à l'effort, autant d'éléments essentiels pour l'apprentissage. Les enfants peuvent développer des troubles de l'attention, une difficulté à se concentrer sur un livre ou un jouet, et parfois même de graves troubles de la relation et de la communication. Ils peuvent se replier sur eux-mêmes, ne pas regarder les autres, ne pas parler ou ne pas jouer avec leurs pairs, présentant des symptômes similaires à ceux de l'autisme.

Le Rôle Crucial des Professionnels de la Petite Enfance

Les professionnels de la petite enfance, tels que les employés de crèche et les assistantes maternelles, jouent un rôle essentiel dans l'information et l'alerte des parents concernant les dangers de la surexposition aux écrans. Ils sont en première ligne pour observer les comportements des enfants et identifier les signes de surexposition.

Détection et Alerte

Face à un enfant qui mord, ne parle pas, ne marche pas ou ne joue pas avec les autres, les professionnels doivent se demander si les écrans pourraient être en cause. Il est conseillé d'en discuter en équipe, avec un psychologue si possible, afin de déterminer si d'autres professionnels partagent les mêmes préoccupations concernant le comportement de l'enfant. Si tel est le cas, il est important de prendre rendez-vous avec les parents pour discuter de leurs habitudes en matière d'écrans et de leur impact potentiel sur l'enfant.

Accompagnement des Familles

Il est essentiel d'aborder la question des écrans avec empathie et sans culpabiliser les parents. Si l'enfant n'est pas surexposé, il peut être utile de conseiller aux parents de consulter leur médecin. En revanche, si l'enfant est surexposé, il est important d'accompagner la famille vers un sevrage total des écrans, y compris la télévision allumée en arrière-plan et l'utilisation des téléphones portables en présence de l'enfant.

La Plasticité Cérébrale : Un Espoir pour l'Avenir

La bonne nouvelle est que, chez les tout-petits, le cerveau et le corps peuvent se reconnecter au monde réel une fois les écrans supprimés. Grâce à sa grande plasticité, le cerveau peut créer de nouvelles connexions cérébrales saines. Des constats cliniques et des études montrent qu'après quelques mois de sevrage total des écrans, le cerveau peut retrouver son fonctionnement optimal, permettant à l'enfant de se développer harmonieusement.

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Initiatives et Soutien aux Familles

Conscients des difficultés rencontrées par les parents, les départements mettent en place des dispositifs innovants, tels que des consultations gratuites de puéricultrices spécifiquement formées en "santé numérique infantile". Ces consultations s'adressent aux enfants de 0 à 6 ans surexposés aux écrans et à leurs parents, offrant un soutien et des conseils personnalisés.

Dans le cadre du plan départemental de lutte contre la surexposition des enfants aux écrans, des infirmières puéricultrices de PMI sont formées par des experts tels que le Dr Ducanda. Les familles peuvent solliciter ces consultations par l'intermédiaire d'un professionnel de la petite enfance ou directement auprès du service PMI.

Le Témoignage Alarmant du Dr Ducanda

Le Dr Ducanda, effarée par ce qu'elle observe sur le terrain, a publié une vidéo sur YouTube pour alerter sur la surexposition massive des jeunes enfants aux écrans. Elle est convaincue que cette consommation excessive induit chez les enfants de 3 à 4 ans des troubles similaires à ceux du spectre autistique.

Elle explique que, ces dernières années, les enseignants signalent de plus en plus d'enfants présentant des retards de développement, des troubles du comportement et des troubles du spectre autistique. Elle décrit des enfants repliés sur eux-mêmes, indifférents à leur environnement, ne répondant pas à leur prénom, ne jouant pas avec les autres, parlant en écholalie, ne comprenant pas des consignes simples, et présentant des comportements stéréotypés.

Le Dr Ducanda souligne que le nombre de réunions d'équipes éducatives consacrées à ces enfants a considérablement augmenté, passant d'une quinzaine par an il y a quinze ans à environ 80 par an actuellement. Elle insiste sur le fait que ses critères de diagnostic n'ont pas changé et que le nombre d'enfants et d'écoles est resté stable.

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Elle demande que l'on se concentre sur la piste de l'exposition massive aux écrans des enfants de 0 à 4 ans, en plus des causes génétiques et neuro-développementales de l'autisme. Elle estime que la surexposition aux écrans empêche une stimulation adaptée et nécessaire au développement du cerveau et inhibe les connexions cérébrales.

Constat et Recommandations du Dr Ducanda

Le Dr Ducanda constate que les enfants de 3 à 4 ans en grande difficulté signalés par les écoles sont quasiment tous massivement exposés aux écrans, de 6 à 12 heures par jour. Ils ont peu ou pas de jeux d'imitation et vivent souvent dans des foyers où la télévision est allumée en permanence et où ils ont accès au smartphone ou à la tablette dès leur plus jeune âge.

Elle a modifié son approche du problème et explore désormais en priorité la piste des écrans. Sa première prescription est de convaincre les parents de modifier leurs habitudes en matière d'écrans, en particulier celles de leurs enfants. Elle reconnaît que cela demande un sacrifice important aux parents, mais les assure que ce n'est pas de leur faute.

Le Dr Ducanda constate que la surexposition aux écrans touche tous les milieux sociaux, même si elle peut être plus fréquente dans les familles d'origine étrangère ou les familles confrontées à des difficultés socio-économiques. Elle souligne également que les écrans ont une connotation valorisante et que les parents peuvent penser que leur enfant est "doué" ou "en avance" lorsqu'il utilise une tablette ou un smartphone.

Elle insiste sur le fait que le problème des écrans est qu'ils sont addictifs et que les enfants qui en sont privés peuvent hurler et piquer des crises. Elle souligne que les parents ont besoin d'énergie pour résister et que la volonté parentale est mise à l'épreuve dans ce contexte.

Le Dr Ducanda est convaincue que les familles ne peuvent pas s'en sortir seules et qu'elles ont besoin d'aide et de soutien.

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